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dimanche 30 décembre 2012

Résistance obstinée des Sahraouis a Dakhla et EL AYOUNE




Par Olivier Quarante, Monde Diplomatique, 30/12/2012
 
Dans un tintamarre incroyable et beaucoup de mauvaise foi certains sujets de sa majesté le roi Mohamed IV s'adonne à une propagande digne du moyen-age.

1) La pénétration marocaine au Sahara occidental en 1975 s'apparente à celle des conquistadors en Amérique. Ce qui explique le repli important des Sahraouis vers les camps de Tindouf (Bombardement au napalm, etc..). L'article de Paul BALTA le 28/02/1976 dans "lemonde" donne la parole aux Sahraouis brûlés.

2) La présence marocaine s'apparente à celle des colons européens en Algérie ou  celle des colons juifs à HEBRON. Des colons armés aidant les soldats coloniaux à mater toute velléité de révolte. C'est vrai que les colons marocains se servent uniquement de bâtons contrairement à leur semblable israéliens qui sont armés. Mais le scénario est toujours le même.

3) La présence marocaine au Sahara occidental a exacerbé les haines et les méfiances entre les colons marocains et les sahraouis. Les évènements de GDIM EZIK  l'ont suffisamment montré.

L'article d'Olivier QUARANTE paru dans le très sérieux  "monde diplomatique" du numéro de février 2012
 (http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/QUARANTE/47389 )  intitulé "la résistance obstinée des Sahraouis" est révélateur. L'auteur décrit les évènements de septembre 2011 survenus à Dakhla. Il décrit le climat de haine entre les colons marocains et les Sahraouis. Les deux communautés ne se mélangent pas et n'hésitent pas à en venir aux mains (sabres je dirais) à la moindre occasion. L'auteur revient sur les évènements de GDIM EZIK que beaucoup qualifient de première révolution arabe.
En tous les cas 37 ans après l'envahissement du Sahara occidental, le problème reste entier. Et ce n'est pas la nature du régime algérien qui décidera de l'avenir du Sahara occidental mais bien des Sahraouis eux-même. Et contrairement aux allégations des uns et des autres les Sahraouis auront leur indépendance aujourd'hui ou demain ou après-demain. Le soutien stupide de la FRANCE (de gauche ou de droite) comme celle de l'AMERIQUE ne suffiront pas. 
Le pouvoir marocain entretient un Black-out sur le Sahara occidental. Ne rentrent au Sahara occidental que les personnes dont on est sûr qu'ils soutiennent la marocanité du territoire. Tout manifestation indépendantiste est violemment réprimée par les colons et les services de sécurité.
 Le royaume entretient au S.O une armée de 100 000 hommes qui doit représenter plus de 25 % du budget. Cet argent est jeté par dessus bord car la situation ne fait que s'empirer. Sans compter que le royaume du Maroc est très pauvre et ne subsiste que grâce aux dons saoudiens  et autres français. Ces aides se font au détriment de la souveraineté marocaine. Cette situation n'est pas viable dans le temps. 
 Le Sahara occidental est toujours inscrit dans la liste des territoires à décoloniser à l'ONU. Le voisin algérien soutient les Sahraouis quel que soit le pouvoir à ALGER. Au jour d'aujourd'hui ce soutien est bien timide. Rien ne laisse présager un quelconque changement dans la position de l’Algérie et tout pouvoir futur ne peut que rehausser ce soutien aux Sahraouis.
Le pragmatisme veut que le royaume honore sa signature du mois septembre 1991 en laissant travailler la minurso (mission des nations-unis pour un référendum au Sahara occidental)implémentant le référendum d'autodétermination  tel que signé par les deux parties. Toute autre alternative ne fera que retarder l’avènement d'un Maghreb arabe uni et solidaire. Pourquoi alors s'acoquiner avec un royaume qui n'a que cure de sa signature ?  

samedi 12 février 2011

« Je cours pour pouvoir parler de la cause du Sahara Occidental. »

A Gap Salah Hmatou Amaïdan, sportif sahraoui de haut niveau, nous a raconté son parcours de sportif militant

Lundi 7 février 2011, l’association Solidarité Maroc 05, soutenue par le Mouvement de la Paix 05 et d’autres associations *, a organisé une soirée débat sur le Peuple du Sahara Occidental, sa lutte pacifique pour le référendum d’autodétermination et son inépuisable espoir d’indépendance.Nous avions de la chance d'avoir Salah Amaïdan parmi nous.

Salah  a passé une dizaine de jours dans la région gapençaise, profitant du climat idéal pour s’entraîner à la course. Ses spécialités sont les 1500m, 8000m, et 10 000m sur piste et sur route. En février 2008, il avait découvert Gap en participant au cross court hommes où il a terminé 2ème. Il nous a expliqué que pour lui, le sport de haut niveau est son seul moyen d' aider son pays, faire connaître son oppression par l'occupant marocain, et participer à la conquête de l’indépendance de cette dernière colonie africaine..

L'admirable DVD de Cheikh Djemaï « Une République en exil » a montré les conditions extrêmes, « provisoires » dans lesquelles survivent des Sahraouis dans des campements depuis 35 ans, dépendant de l'aide internationale, depuis qu’une partie de ce peuple a fui les bombardements  au napalm et au phosphore blanc et s’est réfugiée dans la région de Tindouf, au sud du désert algérien. « C’est très dur, mais au moins on est libre ! »

Salah a parlé ensuite l’autre partie de la population sahraouie qui vit au Sahara Occidental occupée par le Maroc, où vit sa famille : misère, chômage, surveillance de chaque instant, arrestations, répression,  tortures, enlèvements, meurtres...Et pillage de toutes les richesses : poissons, phosphates, tomates vendues avec le label "Maroc"(en particulier la marque idyl)...
Une vidéo nous montre l’installation du camp de protestation non violente de Gdeim Izik, d’abord par quelques jeunes, puis par une grande partie de la population, jusqu’à devenir une ville de 8000 tentes et 20 000 occupants qui commencent à jouir à ce petit air de liberté et veulent montrer au monde leur détermination à retrouver leur liberté et leur dignité.
démolition du camp par les forces de l'"ordre"
Mais les forces de l’ordre marocaines veillent, encerclent le camp, puis l’attaquent violemment le 8 novembre à la levée du jour, avec bombes lacrymogènes et jets d’eau chaude, obligeant vieillards, handicapés, enfants, mamans avec bébés à fuir et rejoindre à pied la ville distante d’une quinzaine de kilomètres, chassés par les policiers, survolés par les hélicoptères…

L’émotion dans la salle était palpable. Salah, en tenue blanche traditionnelle, a répondu aux nombreuses questions de l’assistance gagnée par la détermination, la simplicité et la grande gentillesse qui émane de ce garçon.
Sahara Marathon 2009
Il parle de son enfance, et, avec humour de ses premières courses  : «on court toujours avec la police ! », de sa formation de sportif en section sport du collège de Rabat où il subit le racisme à cause de sa différence dont il est fier. A 17 ans il entre en résistance active et connaît la prison et l'obligation de quitter le territoire occupé.
Avec l'équipe nationale du Maroc il participe à des courses en Europe, en catégorie minime et cadet.
En 2003, lors de la course des 8 km d’Agde, pour « fêter » sa victoire, il parcourt les 200 derniers mètres en brandissant le drapeau de la République Arabe Sahraouie Démocratique. Depuis il est réfugié politique en France et exilé de son pays. Il s’entraîne avec l’espoir d’être sélectionné un jour pour les Jeux olympiques, si toutefois les fédérations sahraouies d‘athlétisme bénéficient enfin d’une reconnaissance mondiale.
Ses prochaines courses : la demie-finale des championnats de France à Bastia et le Sahara-Marathon 2011 .
 
le mur de la honte
L’assistance a participé généreusement à la collecte pour le projet de formation de formateurs en vue d’initier la population à la prévention d’accidents dus aux mines antipersonnel : le mur de 2700 km qui « protège » la partie "utile" du Sahara Occidental occupé (sous sol, poissons, légumes...)  est la région au monde où il y a la plus grande concentration de ces mines. Les enfants dans leurs jeux,  et les nomades avec leurs troupeaux sont particulièrement exposés à ce danger.

*ATTAC 05, Aide et Action, Le collectif SSI, CCFD, France Palestine Solidarité 05,E’changeons le Monde, Les enfants du Mékong, La Ligue des Droits de l’Homme Gap et Gapençais
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 Salah à Lyon lundi dernier
Par APSO, le 6/2/2011
Lundi 31 janvier, le Toboggan de Décines a consacré sa journée au Sahara Occidental et au peuple Sahraoui dans le cadre du cycle « A la découverte de notre Terre ». Après les projections du film « Une république en exil » de Cheikh Djemai, des débats avec des membres d’APSO parmi lesquelles le sportif de haut niveau sahraoui Salah Amaidane, ont permis aux spectateurs de s’interroger sur ce peuple oublié.
Le public s’est dit très touché par la situation vécue par les Sahraouis aussi bien dans les campements de réfugiés que dans les territoires sous occupation marocaine. La discussion a soulevé de nombreuses questions, mais a aussi montré une grande incompréhension face au silence et à la passivité de la communauté internationale et des médias à propos du Sahara Occidental.
« Comment se fait-il que nous ne connaissions pas la situation d’un pays aussi proche que le Sahara Occidental ? Et pourquoi avons nous si peu d’information sur les agissements de cet autre pays proche qu’est le Maroc ? »
L’actualité des pays arabes est bien entendu venue s’immiscer dans le débat. Car là où on voyait il y a très peu de temps des régimes intouchables sans le moindre espoir de changement, le vent de révoltes conduit par les populations elles-mêmes commence à faire espérer du contraire. En Tunisie, en Égypte, en Algérie et aussi au Maroc.
Et là où la situation du Sahara Occidental apparaissait pour beaucoup comme éternellement bloquée et vouée au statu quo, une vague d’espoir et de réformes est en train de nous prouver que rien n'est immuable. Si tout le Maghreb et les pays arabes se soulèvent, le Sahara Occidental pourrait bien être le prochain pays à profiter de cette vague de soif de liberté et de rejet des dictatures.

Salah a été interviewé par radio Survie. 
A écouter demain dimanche 13 janvier à 17h,
sur http://www.campusfm.fr/  

mercredi 10 novembre 2010

Pourquoi le Conseil de sécurité doit-il intervenir d’urgence au Sahara occidental

Par Le Temps dz, 09/11/2010
35 ans après avoir occupé militairement le Sahara occidental, avec la complicité de l’Espagne, ancienne puissance coloniale de ce territoire non autonome placé sous la responsabilité de l’ONU, le Maroc continue de torpiller systématiquement tous les efforts des Nations unies en vue de trouver une solution juste et durable à un problème de décolonisation contrariée, dans le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Cette position est celle qui recueille aujourd’hui le maximum de consensus au sein de la communauté internationale. Même un pays comme la France, soutien inconditionnel de Rabat, partage en partie ce principe et hésite aujourd’hui à cautionner une flagrante politique coloniale fondée sur le fait accompli et la répression permanente du mouvement populaire indépendantiste sahraoui.
C’est le cas également du gouvernement Zapatero qui a ménagé le Maroc jusque dans son comportement le plus brutal contre les populations civiles sahraouies et qui n’a plus d’autre choix que de prendre ses distances à l’égard d’une monarchie haïe par la société civile espagnole et pointée du doigt par l’ensemble de la classe politique, y compris dans les milieux socialistes pro-marocains.
La farouche prise d’assaut mardi à l’aube du camp de toile d’El Ayoune a été décidée lorsque le roi Mohammed VI avait acquis la certitude que les motivations des 20 000 Sahraouis qui s’y trouvaient n’étaient pas au fond sociales mais politiques. L’acte de violence en soi n’est pas inédit,mais, pour le malheur du palais royal, il a lieu à un moment le régime marocain est unanimement condamné par les organisations humanitaires internationales les plus influentes pour violation des droits de l’homme au Sahara, pour le pillage systématique de ses richesses naturelles, pour le procès sommaire des indépendantistes au tribunal de Casablanca, pour les expulsions des journalistes, avocats, membres des organisations civiles et parlementaires étrangers d’Al Ayoune. Pour avoir expatrié Aminatu Haider de chez elle vers l’Espagne, en 2000.
Pour avoir échappé jusque-là à toute impunité. Mieux, pour bénéficier, paradoxalement, de privilèges de toute nature des mains de l’Union européenne.
C’est dans de telles conditions humiliantes pour la communauté internationale que le gouvernement de Rabat veut que soit reconduit en mars 2011 l’accord de pêche élargi aux eaux territoriales sahraouies signé de 2008 avec l’Union européenne, et se présente à des négociations informelles avec le Front Polisario, près de New York, qu’il entend imposer comme unique base de travail.
Tout sur le terrain démontre donc que le roi Mohammed VI n’entend rien changer à la politique de statu quo sur fond de répression pour l’ancienne colonie espagnole depuis l’ère de son défunt père, le défunt Hassan II, encouragé dans cette voie par l’absence de réaction concrète de la communauté internationale, qui se contente chaque fois de réaffirmer des principes et de regretter le comportement violent de la force d’occupation.
Constater et déplorer ne suffit pas pour décourager la violence d’Etat d’une puissance coloniale contre les peuples colonisés ou dont les territoires sont sous occupation étrangère. Christopher Ross, qui doit présenter le 23 novembre au Conseil de sécurité le rapport de sa tournée maghrébine, le mois dernier dans la région, avait clairement laissé entendre à Alger que le «statu quo devenait intenable».
C’est là un appel clair à la communauté internationale pour l’inciter à prendre des décisions concrètes, pour imposer le référendum d’autodétermination autour de ces trois options : l’intégration au Maroc, l’autonomie ou l’indépendance.
D’autres voix se sont élevées pour réclamer d’urgence des sanctions politiques et économiques contre Rabat, obliger le régime marocain à se conformer à la légalité internationale et à cesser sa politique de violation systématique des droits de l’homme.
Parmi ces voix, il y a celles des deux parlementaires européens Meyer et Lecoq, refoulés brutalement ces derniers jours de l’aéroport d’Al Ayoune, ainsi que celles d’éminents juristes qui font valoir la résolution 331 du Conseil de sécurité sur les situations de peuples en danger de mort qui ont le droit de se défendre et de demander assistance internationale à cette fin.
En laissant la voie ouverte désormais à la reprise de la lutte armée, le mouvement sahraoui fait valoir une disposition du droit international.
Le roi du Maroc, lui, joue l’instabilité régionale en menaçant directement l’Algérie dans son discours à l’occasion du 35e anniversaire de la «marche verte», pour le soutien que le gouvernement algérien n’a jamais cessé d’apporter au principe du «droit des peuples et des territoires coloniaux à disposer d’eux-mêmes» (résolution 1514 de décembre 1960).
De ce point de vue légal, le Conseil de sécurité ne peut plus continuer, comme il l’a fait jusque là, de s’abstenir d’«imposer une solution» aux parties impliquées dans le conflit sahraoui, le Front Polisario et le Maroc.
C’est cette attitude de passivité, inspirée et défendue par la France dans le cas du Sahara, qui a encouragé le Maroc à sévir dans sa politique de rejet de la légalité internationale et de répression des populations civiles sahraouies qu’il mène depuis 35 ans dans l’ancienne colonie espagnole.
H. A.