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vendredi 13 janvier 2017

Le Maroc continue d'empêcher les observateurs des droits de l'Homme de se rendre au Sahara occidental

jeudi, 12 janvier 2017 19:14Le Maroc continue d'empêcher les observateurs des droits de l'Homme de se rendre au Sahara occidental

WASHINGTON - L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé jeudi l'expulsion par le Maroc des observateurs des droits de l'Homme des territoires sahraouis occupés, en s’indignant des manoeuvres marocaines pour saper le processus onusien.

"Les autorités (marocaines) ont expulsé plusieurs visiteurs étrangers venus pour témoigner de la situation des droits humains au Sahara occidental ou bien pour y participer à des événements liés aux droits humains", relève HRW dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme dans le monde.
L’ONG cite le cas de Carlos Beristain, un expert espagnol des droits humains au Sahara occidental et de deux autres Espagnols, expulsés par le Maroc, alors qu’ils devaient participer à un événement public organisé par l'Association sahraouie des victimes de graves violations des droits de l'homme (ASVDH).
"Les autorités marocaines ont restreint les activités des associations locales de défense des droits humains et étendu les restrictions imposées aux organisations internationales de défense des droits humains", souligne l’ONG, dont le siège se trouve à Washington.
 En 2016, de nombreuses personnes ont continué à purger de longues peines de prison après des procès inéquitables pour des infractions reposant sur des motifs politiques, s’indigne l’ONG, citant en cela les détenus de Gdeim Izik, condamnés par un tribunal militaire marocain sur la base de fausses déclarations arrachées sous la torture.
Appuyant son constat, l’ONG américaine se réfère au rapport 2016 du département D’État sur la situation des droits de l’homme dans le monde qui a accablé le Maroc pour les violations des droits de l’homme.
Le département d’État a "insisté sur la véracité du contenu de fond du chapitre (consacré au Maroc)" après que le ministre marocain de l'Intérieur ait nié l’existence de ces violations, pourtant documentées et confirmées par plusieurs ONG et défenseurs des droits de l’homme, rappelle l’ONG américaine.
HRW est revenu dans son rapport sur les propos tenus par l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d'"occupation" en évoquant la nécessité de la tenue d’un référendum d’autodétermination.
L’ONG américaine critique également la mesure du Congrès de 2016 qui a permis que l’aide américaine alloué au Maroc soit dépensée au Sahara occidental.
Pour rappel, le département d’État avait déjà rejeté en 2016 une mesure pareille, estimant que son application revenait à reconnaître indirectement le Maroc comme puissance administrante.
Cette mesure se trouve ainsi en contradiction avec la position des Etats-Unis qui "ne reconnaissent pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental", explique HRW qui évoque à ce sujet un autre financement gouvernemental accordé à une ONG américaine, International Republican Institute, pour la réalisation d'un programme de deux ans au Sahara occidental sur la société civile et la gouvernance participative.
Human Rights Watch relève, par ailleurs, que la Cour de justice de l’Union européenne (UE) a rendu son verdict concernant l’application des accords d’association et de libéralisation entre l’UE et le Maroc en se basant sur le fait que l’accord était "défectueux" car il "ne présente pas les garanties nécessaires pour que les ressources de la région du Sahara profitent aux habitants locaux".


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