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jeudi 29 janvier 2015

32 ans après, un neveu du général Dlimi donne la version de sa famille sur son assassinat

Hicham Dlimi, et en médaillon la photo du général Ahmed Dlimi (Photo DR)
Hicham Dlimi, et en médaillon la photo du général Ahmed Dlimi (Photo DR)
Hicham Dlimi, le neveu du général Ahmed Dlimi, tué dans un mystérieux accident de voiture à Marrakech le 22 janvier 1983, a publié sur Facebook la version de sa famille sur la mort de ce général proche du roi Hassan II qui aurait été liquidé pour avoir, probablement, essayé de faire la fête à son maître.
Hicham Dlimi, qui vit actuellement à Paris, a décidé de faire ces révélations 32 ans après le plus que certain assassinat de son oncle qui, comme le défunt tyran Hassan II, n’était pas un tendre.
Nous avons décidé de ne pas toucher le texte publié par Hicham Dlimi sur sa page Facebook.
Nous le publions en l’état.
Demain

Y’a 32 ans jour pour jour, mourut un grand homme qui à marqué positivement le règne du feu Roi Hassan II. Le Général Ahmed DLIMI … j’ai décider de rendre plublic le chapitre le plus douloureux de ma vie.
La tombe de Dlimi (Photo DR)
La tombe de Dlimi (Photo DR)
Tout à commencé au moment où la gauche française est arrivée au pouvoir, en Mai 81. Convaincu que le nouveau gouvernement français n’allait pas  » tendre  » à son égard, qu’il allait privilégier l’Algérie par rapport au Maroc, que ses problèmes au Sahara risquaient de s’aggraver du fait de la position officielle du PS français à l’égard des mouvements de libération, le Roi Hassan II décide de se tourner plus directement vers Washington qui lui dépêche un certain  » Colonel Attwood  » pour renforcer sa sécurité personnelle et celle de son régime.


 » pas question dit-il à son proche entourage en présence du Général Dlimi de faire confiance à l’équipe de François Mitterrand qu’elles que soient les tentatives qu’il fasse pour se rapprocher de nous, car elle choisira toujours Alger au détriment de Rabat ou de Tunis. Il nous faut en prendre acte et soit l’obliger à changer de position, soit procéder à une rupture graduelle. Selon les assurances formelles que j’ai reçu de nos amis de Washington. Ils sont prêt à se substituer à la France, dont le gouvernement leur déplaît profondément … « 
Le Général Dlimi, ne semble pas particulièrement satisfait, même s’il ne s’oppose pas directement, il se contente en effet de dire au souverain qu’il ne sera pas facile de procéder à un tel virage compte tenu de la dépendance du Maroc par rapport à la France dans plusieurs domaine politique économique, culturel et surtout militaire et puis notre armée est formé à l’école militaire française et le risque de malaise au sein des officiers, notamment supérieurs est grand …
Les mois passent et la pénétration américaine s’intensifie.Mais c’est surtout les entretiens du Roi Hassan II à Washington et les décisions qu’il a prises avec le président Reagan, le secrétaire d’état George Shult, le secrétaire au pentagone Caspar Wenberger, le responsable du conseil national de sécurité, William Clark et le directeur de la CIA William Casey … qui trouble profondément le Général Dlimi, qui n’est tenu au courant ni par son souverain ni par ses collaborateurs de l’étendue des relations qu’il a décidé d’établir avec l’administration américaine.
Les rapports entre Dlimi et l’ambassadeur américain Joseph Verner Reed se tendent ce dernier accuse d’une manière à peine voilée mon oncle d’être tantôt profrancais, tantôt antiamericain. Les services spéciaux américain eux informent directement le Roi qu’il ait à se  » méfier  » de son proche collaborateur. Et l’orsque le Général Dlimi connu pour sa droiture et son franc parler, accuse le gouvernement américain de n’avoir pas  » respecté  » tous ses engagements de soutien militaire au Maroc et de vouloir lui imposer une alliance politico-militaire en utilisant ses bases, ses ports, ses aéroports pour ses forces de déploiement sans véritable contre-partie qui pourrait aider le pays a surmonter sa grave crise économique et sociale et lui assurer une supériorité militaire. Le Roi se fâche.
Mis en alerte par les soins de la CIA et de son chef, William Casy, qui a déjà signé la sentence de mort de Dlimi et décidé de le faire exécuter par Hassan II.
Que se passe t’il avec Dlimi, s’inquiète le Roi ? Va t’il suivre l’exemple d’Oufkir ? Va t’il préparer un coup d’état militaire avec les centaines d’officiers supérieurs qui lui sont fidèles depuis qu’il a pris le commandement des forces armées du Sahara ? Aurait il par hasard des contacts  » secret  » avec les français, surtout les anciens officiers supérieurs du SDECE, l’actuel DGSE ? autant de questions qui assaillent le Roi et qui marquent en Octobre 1982 le début de la  » crise Dlimi  » et l’amorce du plan visant à l’éliminer du pouvoir.
Comment ? Le nommer membre du gouvernement royal ? L’envoyer comme ambassadeur dans un poste lointain ? Le décharger de ses responsabilités en lui accordant de nouvelles fonctions qui n’aient rien à voir ni avec les services secrets qui a lui même créé sur le modèle américain et ni avec l’armée ? Peut être mais quel serait la réaction de l’armée ? Notamment celle de centaines d’officiers supérieurs qui ne sont satisfaits, ni de l’impasse dans laquelle se trouve l’affaire du Polisario ni de ce virage proamericain qui les inquiète d’autant plus qu’ils savent qu’il est fortement influencé par le Roi Fahd et les Ryals Saoudiens.
Hassan II décide alors que seule l’élimination physique du Général Dlimi lui assurera la tranquillité d’esprit et le permettre de poursuivre sa collusion totale avec les américains. En outre, des  » rumeurs  » soigneusement téléguidées par le chef de la station de la CIA à Rabat lui laissent entendre que le gouvernement Algérien placerait  » certains espoirs  » dans le Général Dlimi.
Dans les services secrets français, certains milieux qui sont encore en place et qui doivent beaucoup à Dlimi, l’invertissent en Octobre dernier au cours d’un voyage à Paris de la volonté du Roi de le liquider …
Car Hassan II à pris sa décision: Dlimi doit disparaître, mais il ne peut pas échauder de toutes pièces  » un complot  » crédible aux yeux de l’opinion surtout l’armée … ce sera donc  » l’accident  » d’avion ou de voiture. A deux reprises, le jet de Dlimi échappe à un sabotage, l’escorte du Général découvre dans la soute de son avion une charge explosive avec détonateur altimetrique. En Décembre, en plein vol, voilà que le pilote observe une défaillance dans le système hydraulique. Quelques jours avant Noël, Dlimi projette de prendre un M 133 ( véhicule blindé tout terrain fortement armée ) pour se rendre sur la barrière de sécurité protégeant la zone utile du Sahara, voulant visiter d’autres postes, il choisit au dernier moment de voyager en hélicoptère mais il demande que le M133 vienne le rejoindre par la route. Une heure après le départ du M133, le blindé explose tuant tous les occupants. Dlimi mettait tout ça officiellement sur le dos du Polisario mais il se savait visé … comme patron de la DGED, il n’ignorait rien de ce qui se disait sur lui au palais … dans la cour et les ministères.
Mon oncle fut convoqué à Marrakech moins de 24h de l’arrivée pour une visite d’état du président de la république française le Mardi 25 Janvier 1983 afin d’endormir sa méfiance … Mon oncle rencontre Hassan II sur le terrain du golf, t’es témoins observent que le ton monte … Dlimi gesticule de façon peu protocolaire … vers 17h 30, ils rejoignent le palais royal dans la vieille ville à l’intérieur des remparts. Tout prêt de là au palais de la bahia ( dans le mellah ) souvent utilisé par le défunt prince Moulay Abdallah, trois hommes branchent un émetteur récepteur et sur une petite table un haut parleur relié à un micro caché dans le palais royal. Le haut parleur leur permet de suivre la conversation entre Hassan II et Dlimi. Le trio, Basri-Moulay hafid-Mediouri sont à l’écoute …
Vers 17h 30, mon oncle quitte le palais, le trio donne à la voiture de le filer, puis ils mettent en alerte deux groupes d’agents secrets, qui attendent leur ordres à bord de deux camionnettes garés à la sortie de Marrakech. Le premier est posté sur la route qui mène à Rabat, le second près de la maison de mon oncle caché en pleine palmeraie. La Mercedes blindé sort de la vieille ville par la porte de nkob et longeant les remparts, laisse sur sa gauche l’avenue des USA. Elle roule vers la route de Fez, c’est le chemin que Dlimi emprunte habituellement pour rentrer chez lui. Tenu en courant par la voiture radio. Le trio ordonne à la camionnette posté près de chez le Général Dlimi de passer à l’action … ils ordonnent aussi à la gendarmerie royal de se rendre chez Dlimi pour contrer un  » projet d’attentat contre le Général « 
Quand la Mercedes du Général quitte la route pour s’engager dans la palmeraie, la camionnette planquée à proximité se met en route tous feux éteins. La Mercedes prend un virage assez serré et voir la camionnette de loin qui fonce vers elle … la poudre s’est fait sentir … Le Guerrier Sarahoui de la puissante Tribu Ouled Dlim attrape une grenade incendiaire et la balance par le toit ouvrant de sa voiture blindé et la camionnette explose mais le périmètre est investi par une armada de commando et Dlimi est mort la tête haute avec les armes à la main criblé de balles au point de rendre l’identification du corps presque impossible … Hassan II est venu sur place et a pris sa tête entre ses mains en disant  » y’a latif y’a latif « .
Le Général à eu des funérailles nationale avec le prince héritier et le frère du Roi le prince Abdallah en tête du cortège et le gouvernement en son entier et une foule considérable au milieu d’une intense émotion. Le Roi Hassan II est venu nous présentée ses condoléances à la maison du Général à Rabat est fut accueilli par mon défunt Grand père Haj Lahcen Dlimi.
Repose en paix mon oncle
Hicham Dlimi
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