Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

samedi 22 mai 2010

200 travailleurs sans papiers déposent leur déclaration de revenus

Par ANTOINE LANNUZEL, Libération - fr,20/5/2010
Six collectifs et syndicats mènent une opération pour inciter les salariés en situation irrégulière à déclarer collectivement leurs revenus pour faire pression sur les pouvoirs publics.
Une déclaration de revenus (AFP Thomas Coex)
«Contrairement aux riches évadés fiscaux, nous voulons être de vrais citoyens en déclarant nos revenus.» Myriam, sans papiers, mais surtout élégante standardiste dans un cabinet médical parisien, n’aspire qu’à «la reconnaissance».
Arrivée du Sénégal en 2004, la jeune femme reçoit des quittances de loyer et des factures à son nom. Seule sa fiche de paye, qui mentionne une fausse identité, la différencie des autres salariés.
Cette semaine, comme quelque 200 travailleurs sans papiers, Myriam, s’est présentée dans les locaux de l’association Droits Devant, dans le 18e arrondissement de Paris, pour déposer sa déclaration de revenus 2009. Il est 18 heures et la file d’attente enfle dans le hall de l’association.
«Les salariés viennent de terminer leur journée de travail», indique Laurent Ripoche, un adhérent de l’association. Certains arrivent avec une déclaration pré-remplie. D’autres, pour qui c’est une première, la complètent sur les conseils des militants.
Faire pression sur les pouvoirs publics
Lancée par six collectifs et syndicats d’aide aux sans papiers, cette opération de soutien aux travailleurs sans papiers avait lieu, lundi et mardi, dans différents lieux de la capitale. Objectif: inciter ces salariés à déclarer collectivement leurs revenus pour faire pression sur les pouvoirs publics, qui, jusqu’à maintenant, ne pratiquent la régularisation qu’au cas par cas.
Au total, selon les associations, 300.000 à 400.000 sans papiers travaillent en France. «Même ceux qui bossent au noir ont intérêt à déclarer ce qu’ils gagnent», martèle Rita, employée dans un hôtel, régularisée il y a un mois, après avoir émigré de République démocratique du Congo en 2005. À 44 ans, la vie sans papiers, elle connaît: «Certains avocats vous prennent 2 000 euros en liquide pour vous défendre, assure-t-elle. Il y a aussi ces gens, qui vous prêtent leur titre de séjour contre 10 % de votre salaire.»
Rita assure désormais un rôle de soutien au sein du collectif Droits Devant. «On vit ici, on travaille ici, on a le droit de vivre dignement!», répète-t-elle à qui veut l’entendre.
Pour Aïcha, 52 ans, le combat pour la régularisation vient de reprendre. Arrivée d’Algérie il y a 20 ans, elle a vu son titre se séjour expirer il y a quelques mois, après le décès de son mari. Fière d’exercer le métier d’aide à domicile pour les personnes âgées, Aïcha exhibe le trousseau de clés des gens chez qui elle travaille, symbole, à ses yeux, d’une «confiance» qu’elle attend toujours de la part des pouvoirs publics.
«On nous accuse encore de leur voler le travail des Français, mais l’économie de ce pays a besoin de nous», lâche-t-elle, amère, mais déterminée à «retrouver [sa] dignité» malgré «les tentatives de découragement de l’administration».
Le 31 mai, les associations et syndicats à l’origine de l’opération donnent rendez-vous aux travailleurs sans papiers devant le siège du Trésor public, place Saint-Sulpice, à Paris. Les salariés auront en main la photocopie de leur déclaration de revenus. L’occasion de montrer publiquement leur volonté d’adhésion à une société qu’ils contribuent à faire fonctionner.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire