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mardi 8 décembre 2015

« Le bonheur est parti avec toi »… en Syrie





Finalement, que sait-on vraiment de toutes ces familles dont les enfants ont rejoint la Syrie ? Les unes préfèrent rester discrètes, les autres sont questionnées par les médias et des familles encore tentent de se regrouper et d’en discuter. Parmi ces familles, une mère en particulier a fait le choix de parler davantage. Elle n’a pas vu venir ce drame, comme beaucoup de parents et se sent coupable de ne rien avoir deviné. Dans l’ouvrage « Le bonheur est parti avec toi », aux éditions Antidote, Samira Laakel raconte sa vie depuis le départ de Nora, sa fille. Des pages déchirantes…


« A ce qui paraît, Nora est partie en Syrie »
En Belgique, Samira Laakel est une maman menant sa vie de famille de manière très ordinaire à Schaerbeek, près de Bruxelles. Mais ça, c’était avant… Avant ce dimanche 20 mai 2013 lorsque sa fille Nora, 18 ans, quitte le foyer familial pour se rendre en Syrie. La pensant d’abord chez des amis comme elle lui dira par téléphone, la jeune fille ne rentrera finalement pas en fin de journée. Et son frère tétanisé viendra annoncer à la mère de famille qu’une rumeur dit Nora partie pour la Syrie. La maman tente alors par réflexe de contacter sa fille, sans succès. Comprenant ainsi que la rumeur est une vérité. Dés lors c’est l’incompréhension. Comment ? Pourquoi ? Mais surtout qui Nora a-t-elle pu avoir sur sa route pour décider de partir vers un pays que la famille n’a jamais vu et pour une guerre que Nora ne connaît même pas ?
Le cri d’une mère
A travers les pages de ce livre, Samira exprime toute sa souffrance de mère. Une mère qui a d’autres enfants hormis Nora. Eux-mêmes très affectés par l’absence de leur soeur. Samira s’en veut de ne pas avoir compris ce qui allait se tramer. Et l’espoir de revoir sa fille revenir en Belgique ne la quitte pas.
« J’ai la foi et mon seul espoir est de te revoir saine et sauve. »
D’ailleurs elle explique avoir tenté de partir en Syrie mais avait dû rebrousser chemin à la frontière. Les lignes de Samira sont des cris, des hurlements. Elle le répète encore et encore : son cœur saigne. Des membres de son entourage ont changé de comportement à son égard. Elle est devenue la mère d’une fille potentiellement « terroriste » dans les bouches de personnes qu’elle connaît. Elle subit, écoute les discours des uns et des autres, parmi ses proches et dans les médias. Peu importe les mots, Samira ne veut pas abandonner sa fille.
« Je resterai debout, je ne t’abandonnerai jamais jusqu’à ton retour parmi nous. »

Qui pour épauler Samira ?
Samira fait partie d’un groupe de paroles avec d’autres parents en Belgique. Eux aussi ont des histoires à raconter, eux aussi ont des parcours à conter, des vies brisées à décrire. Certains ont eu la triste nouvelle de leurs enfants décédés en Syrie. Des mères et des pères espèrent aussi des retours. Les derniers attentats en France mettant en cause des Belges font tourner davantage les regards sur ces enfants partis pour la Syrie. Ils existaient déjà avant, ce n’est pas une découverte mais les autorités ont-elles pris la mesure de ce phénomène ? D’ailleurs Samira parle du fait de ne pas avoir eu l’écoute et le soutien nécessaires de la part des autorités. Elle a été voir la police mais aussi le Ministère des Affaires Etrangères. Sans succès.

 « Je sais que la Belgique ne fera rien pour moi, pour nous. »
La dépression croise le chemin de Samira et une psychologue l’aide à relever la tête. Dans ce livre, elle explique également avoir été trompée par une journaliste intéressée par son histoire pour finalement dépeindre un portrait trompeur de sa fille. Samira est déçue, elle qui souhaitait pouvoir utiliser cette voie pour empêcher que l’endoctrinement de jeunes continue. Nora, aussi victime de ces endoctrineurs, est transformée en monstre.

« Tu es une victime comme tant de jeunes. Mais des journaux veulent créer un monstre que tu n’es pas. J’ai lu tant de bêtises et de mensonges sur toi, ma fille. »
Enfin, Samira dit avec tristesse que sa fille a été radiée de la composition de la famille à l’administration communale. Comme pour lui faire comprendre que les citoyens belges partis pour la Syrie n’existent plus. Mais pas dans le coeur de cette mère, dont le bonheur est parti lorsque sa fille a pris la route syrienne ce dimanche 20 mai 2013…

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Suzanne Veldemans : Dans le paysage médiatique « Le bonheur est parti avec toi » de Samira Laakel est une voix indispensable et authentique

Suzanne Veldeman 2Le cri de douleur d’une maman dont la vie bascule le jour où elle apprend le départ de sa fille pour la Syrie.
Le calvaire commence et… sa marche courageuse à travers l’incompréhension, la culpabilité, l’isolement, la dépression, les jugements, le mépris, le rejet, les humiliations au quotidien.
Le choix est là : s’écrouler ou se lever. Du jour au lendemain il lui faut appréhender interrogatoires, voyages en Turquie, presse, voyeurisme.
Elle s’y révèle faible et forte à la fois. De ce ballotage, émerge une femme devenue battante et magnifique de dignité. Qui a une idée claire de ce qu’elle veut dénoncer.
Cette lutte avec elle-même et avec toutes les pressions extérieures la transforme et se transforme en un combat collectif, une cause à défendre. Il ne s’agit plus seulement d’elle, mais des femmes dévastées par la même épreuve. Drame partagé avec d’autres femmes devenant, à partir de leur douloureuse expérience, une lutte pour empêcher d’autres départs de jeunes. Démontrer que leurs enfants sont victimes de lavage de cerveaux de la part de criminels. Qu’il ne faut pas se tromper de coupables et ajouter du malheur au malheur. Le ressort de Samira ? L’amour. L’amour de sa fille partie. C’est là qu’au fil des pages elle puise la force de lutter. Est-elle morte, vivante ? La souffrance est quotidienne, le questionnement lancinant. De cette souffrance émerge une parole vraie, une transformation, une maturité citoyenne extraordinaire. Et dans le paysage médiatique, une voix indispensable et authentique porteuse de la vérité d’un drame dont elle est devenue, avec les autres parents, une voix autorisée et crédible.

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Saint-Gilles: les détenus restent jusqu'à 22 heures par jour en cellule









La prison de Saint-Gilles .Belgique - © JULIEN WARNAND - BELGA

Des voix s'élèvent pour dénoncer les conditions inhumaines de détention à la prison de St-Gilles.
La ligue des droits de l'homme, l'observatoire des prisons et la commission de surveillance de l'établissement expliquent que faute de personnel, la plupart des activités pour les prisonniers ont été supprimées depuis plusieurs mois. Résultat: les détenus passent 22 heures sur 24 dans leurs cellules
C'est cet été qu'il a été décidé de supprimer les activités culturelles et sportives, les formations, et les thérapies de groupe faute de personnel. Parce que même données par des extérieurs, elles doivent être surveillées.
Selon Laurent Sempot, porte-parole de l'administration pénitentiaire: "A la prison de Saint-Gilles la situation n'est pas favorable en termes de personnel et de surpopulation et donc l'administration a dû faire un choix entre certaines activités pour pouvoir garantir la sécurité de l'établissement , nous avons donc supprimé temporairement certaines activités pour pouvoir en garder d'autres." Seules sont maintenues les activités prioritaires comme les promenades, les visites, et les douches.
Les mesures d'économies décidées par le gouvernement ont en réalité affecté le personnel des prisons, à hauteur de 10%.
Pour l'administration pénitentiaire il s'agit à présent: "de voir à plus long terme et de manière structurelle comment adapter dans toutes les prisons ,y compris à Saint-Gilles, les choses à la nouvelle réalité en personnel, en parallèle quelques engagements pourront avoir lieux et certains des agents engagés iront à Saint-Gilles."
Pas de solution dans l'immédiat. Le régime ne sera pas normalisé d'ici au moins plusieurs mois. Ou à plus long terme, encore.

Keltoum : parcours de vie militante d'une femme combattante

Keltoum : parcours de  vie militante d'une femme combattante
Keltoum est née en 1970 dans le village Tasdermt, commune Ouzioua dans  l'Anti-Atlas, au sud du Maroc. Elle était la sœur de Hassan Id Abdellah (voir : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=6603) fondateur du mouvement des paysans pauvres d’Aoulouz,  depuis 1985. À la base de la fondation se situe la question du barrage d’Aoulouz en relation avec l’exploitation des terres des paysans pauvres au Souss par les grands propriétaires fonciers. 

Son village natal est plongé dans le bassin du barrage Aoulouz au début des années 1990. A l’âge de 15 ans, en 1985, Keltoum avait accompagné Hassan dans sa lutte pour le droit aux indemnisations convenables, à la perte des biens de la famille et à l'exploitation de ses terres “bour” (qui ne son pas couvertes de l'eau dirrigation) qui ne sont pas noyées par l’eau du barrage.

La perte des biens de la famille, l'évacuation de son village natal et harcèlement des autorités contre Hassan constituent une forte raison pour Keltoum de s’intégrer dans le combat pour les droits fondamentaux de toute la communauté d’Ouzioua (voir : La terre, l'eau, l'électricité sont des droits - TLAXCALA).

La liberté de Keltoum a commencé après avoir pu quitter la maison, avoir brisé les chaînes des traditions qui entravent les capacités des paysannes marocaines, pouvoir lutter à côté du leader Hassan et forger sa personnalité par l'apprentissage des enseignements militants de la main directement d'un vrai militant.

 

La lutte pendant 30 ans au sein du mouvement des paysans d'Aoulouz dont 24 ans de combat avec Hassan, chef leader fondateur du mouvement, à forgé une personnalité de femme de fer. La mort de Hassan en fin 2009 lui couta cher, lui posant une lourde responsabilité sur le dos : continuer la lutte d'un grand leader !
Keltoum a participé à la création du syndicat des paysans d'Aoulouz en 2002, ce syndicat paysan étendu au niveau national, après la constitution du syndicat national des petits paysans et professionnels forestiers au sein de l’UMT en 2012.  Hassan est décédé en 2009 après avoir fondé les bases du mouvement syndical paysan. Keltoum continue la lutte paysanne au sein du syndicat national des petits paysans et professionnels forestiers - UMT. Un nouveau stade de lutte syndicale paysanne mène Keltoum vers l'horizon plus loin et plus clair. Voilà donc une femme leader du mouvement syndical paysan au Maroc, par ses activités engagées, aux niveaux local à Aoulouz, provincial à Taroudant, régional au Souss Massa, national au Maroc et international en relation avec des organes syndicaux, droits humains et politiques européens (voir : Colère des paysannes de l'Atlas marocain, par Cécile ...).

voir la vidéo :

lundi 7 décembre 2015

Campagne de Solidarité avec la détenue politique marocaine Wafa Charaf


Wafa Charaf, est une jeune militante associative et politique Marocaine. Elle a été arrêtée le 27 avril 2014 à Tanger au Nord du Maroc.
Wafa a été condamnée le 11 août 2014 à un an de prison ferme et à 5000€ de dommages au cours d’un procès inéquitable. Wafa fera appel. Le procès en appel sera reporté 3 fois et le tribunal doublera la peine de Wafa qui sera condamnée à deux ans de prison.
Rappelons que la jeune femme de 26 ans est une militante active. Elle a participé à plusieurs réunions et sit-in de soutien aux ouvriers et ouvrières de la zone Franche de Tanger. Elle est membre du réseau de soutien aux migrants subsahariens réprimés par les forces de police marocaines.
Wafa est en prison depuis plus d’un an. Elle continue de clamer son innocence. Elle dénonce son enlèvement et réclame la vérité sur son enlèvement.
Des dizaines de personnalités, des centaines d’organisations et des milliers de personnes ont signé l'appel international pour la libération de Wafa Charaf. Ils continuent à faire signer des pétitions en sa faveur et à lui écrire. Ils exigent la libération immédiate de Wafa, sa relaxe et la libération de tous les prisonniers d'opinion au Maroc.
Dans le cadre de ce mouvement de solidarité, nous souhaitons envoyer une deuxième mission, au Maroc, à la prison de Larache où Wafa vient d’être transférée loin de sa famille. 
Nous souhaitons :
- lui rendre visite et l’assurer ainsi que sa famille et ses camarades de notre soutien
- lui faire parvenir des livres pour lui permettre de réussir son cursus universitaire qu’elle poursuit en détention.
 
En effets les campagnes de solidarité des années 80, avec les prisonniers politiques nous ont appris, que les livres et revues, étaient des compagnons précieux en prison.
Nous souhaitons en faire parvenir à Wafa, vers mi décembre. Ce sera un acte de solidarité concrète qui en précédera d'autres.
Bien entendu, la solidarité financière est bienvenue: tout don lui sera remis directement ou servira à l'achat de livres. Une réunion publique pour rendre compte de la mission sera organisée le
10/01/2016 à 14h30 à Paris .
contact: ailesfemmes du Maroc : ailesfm@gmail.com
Adresse postale pour l'envoi de dons: chèque à l’ordre de Agnès Cluzel
MD 20- association ailes –fm boite 7
1-3 Rue Frederick Lemaitre
75020 Paris

dimanche 6 décembre 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 29 novembre au 6 décembre 2015

Comité de Soutien de l'AMDH - Belgique : projection débat avec Joseph Tual"Ben Barka l'obsession"


   



   
6 décembre, 16:09



Résultat de recherche d'images pour ""Ben Barka l'obsession""J-3 avant notre soirée projection débat avec Joseph Tual à l'Espace Magh ce mercredi 9 décembre 2015 à 19h45.
-Projection du documentaire :"Ben Barka l'obsession"
-Dialogue avec l'auteur du documentaire emmené par Mohamed EL Battiui
-Débat avec le publique

N'oubliez pas de vous inscrire sur la page facebook de l'événement : 


  Venez nombreux
Entrée libre

mercredi à 20:45


Chômeurs et précaires défilent «pour la justice sociale» à Paris

Décrétant «l’état d’urgences sociales», ces manifestants ont rappelé la difficulté à vivre sans revenu ou avec un salaire ridicule, alors que le nombre de chômeurs n'a jamais été aussi élevé en France, et que le gouvernement ne revalorise pas les minima.

    Environ 650 personnes selon la police, 1 500 selon les organisateurs, ont défilé ce samedi à Paris «contre le chômage et la précarité» et «pour la justice sociale», à l’appel de quatre associations de chômeurs : AC!, Apeis, CGT-Chômeurs et MNCP, qui avaient reçu le soutien d’autres organisations et de partis politiques (Attac, Droit au Logement, EELV, NPA, PCF, Parti de Gauche ...).
    Rassemblés place de Stalingrad (Xe arrondissement), aux abords de laquelle les stations de métro fermées, ils se sont mis en route dans l’après-midi pour rejoindre la place de Clichy (XVIIIe).
    A cette manifestation contre la précarité, sous haute surveillance des forces de l’ordre, s’étaient joints des militants de Droit au logement, des groupes de soutien aux sans-papiers mais aussi des militants pour le climat. Un groupe de jeunes écologistes, coiffés de perruques roses et de tambours, fermait ainsi le cortège avec des pancartes mettant en parallèle les luttes : «mêmes coupables, mêmes luttes», «l’austérité est climaticide», «changer le système, pas le climat».
    Parmi leurs revendications : la revalorisation des indemnisations, le «libre-choix de son emploi», l’accès à la formation professionnelle et les transports gratuits pour les chômeurs. «Un emploi, c’est un droit ; un revenu, c’est un dû», a lancé une militante au micro avant que le cortège ne s’ébranle. «Temps, travail, argent : changeons les règles» proclamait une grande banderole jaune du MNCP (chômeurs et précaires). Une autre, de l’Apeis, décrétait «l’état d’urgences sociales».

    Prime de Noël inchangée

    L’annonce mardi de la reconduction de la prime de Noël, versée à plus de deux millions de foyers aux revenus modestes, n’a pas calmé le mécontentement. Cette prime restera inchangée à «un peu plus de 150 euros pour une personne seule et un peu plus de 320 euros pour un couple avec deux enfants», avait précisé le Premier ministre, Manuel Valls. Le Smic, quant à lui, ne devrait pas bénéficier de «coup de pouce», selon Les Echos.
    Avec son seul RSA, Carole-Anne, militante du MNCP de 52 ans, explique «être dans la misère». «Je ne peux pas me payer le chauffage», souligne cette ancienne animatrice socio-culturelle, au chômage depuis 2012.
    Après un net repli en septembre, le chômage a connu en octobre sa plus forte hausse depuis 2013, avec 42 000 demandeurs d’emploi supplémentaires sans aucune activité, pour atteindre le niveau record de 3,59 millions en France métropolitaine. Selon l’Insee, le taux de chômage a atteint au troisième trimestre 10,2% de la population active, le plus haut niveau depuis 18 ans.
    LIBERATION avec AFP

    ÉTAT D’URGENCE, LE PEN EN RÊVAIT HOLLANDE L’A FAIT

    “ Plus près des jetables que des notables. ”



    LÀ-BAS HEBDO n°29 (63’47) LE DROIT DE LA FORCE ou LA FORCE DU DROIT ?

    Le
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    Isabelle ATTARD et Olivier BESANCENOT
    Vive l’État d’Urgence ! Selon les sondages, les Français sont unanimes. Sauf les cinq que nous recevons aujourd’hui. Trois ont été arrêtés lors de la manif dimanche place de la République et mis en garde à vue. Ces dangereux suspects sont enseignants dans le 93.
    Avec eux, Olivier BESANCENOT qui était aussi dans la manif et la députée Isabelle ATTARD, l’une des six parlementaires qui ont refusé de voter l’État d’urgence. Suspicion, assignation, perquisition. Pour eux tous, la Sécurité bâillonne la Liberté. Le Front National savoure.
    "Un peuple prêt à échanger un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre et finit par perdre les deux". Citer la phrase fameuse de Benjamin Franklin, fait de vous un laxiste, un munichois, bref un suspect.
    L’administration dispose d’une jolie palette de mesures coercitives : couvre-feu, perquisitions à toute heure, contrôle renforcé d’Internet, fermeture de lieux publics, interdiction de manifester, assignation à résidence douze heures d’affilées, extension de la mise sous surveillance électronique, dissolution d’associations ou de groupement de fait dont l’activité porte atteinte à l’ordre public... Dans le Monde diplomatique, Patrick Baudouin indique que des élus socialistes et des Républicains militent pour un contrôle des médias... Donc profitez encore de cette émission !

    La population d’Oukaimden poursuit son sit-in: Accès aux soins, scolarisation, routes...

    Cela fait plus de dix-huit jours que la population de la région de Setti Fatma et Oukaimden, dans le sud du Royaume, est en sit-in ouvert pour faire entendre sa voix et surtout faire valoir ses droits.
    Aujourdhui.ma | 4-12-2015 Par Imane Nigrou
    Oukaimden sit-in

    Habitants de montagnes, souvent marginalisés, poursuivent leurs protestations et vont jusqu’à appeler à une intervention royale. Quelles sont leurs doléances ?
    Une station de ski, de bons produits touristiques et une virée en nature. C’est là le joli tableau que l’on se fait de loin d’une région qui, en dehors des saisons estivales, souffrait jusque-là en silence. Ne pouvant, à juste titre, se contenter des bonnes intentions et des caravanes de solidarité ainsi que des opérations ponctuelles que mène la société civile pour leur secours chaque hiver, environ soixante-dix-sept associations de la région se sont mobilisées pour poser, selon eux,  «une grande question sur l’origine de la marginalisation de cette région et sa population».
    Depuis le 16 novembre et probablement jusqu’à avoir un retour favorable de leurs échos, les habitants de Setti Fatma et Oukaimden  «se sont engagés à poursuivre cette protestation qui dénote un niveau de conscience des habitants de la montagne, jusqu’à avoir une réponse de la part de Sa Majesté le Roi», apprend-on auprès d’un acteur associatif sur place qui indique que cette voie serait leur dernier recours après avoir frappé «à toutes les portes et l’absence de toute responsabilité des élus locaux». Dans un communiqué représentant le collectif d’associations organisatrices du sit-in, l’on précise qu’il s’agit essentiellement de droits à l’éducation, à la santé, au transport et de leurs droits environnementaux également.
    Les habitants de cette région évoquent également un «crime à l’égard de leurs enfants», faisant référence d’après eux à une non allocation l’année dernière des bourses de scolarité au profit des jeunes de cette région. Fait qui, précise-t-on, a eu comme grave conséquence l’abandon scolaire de pas moins de 150 élèves.  «Malheureusement, notre administration locale reproduit la même erreur cette année (… ) et ne prête pas oreille aux élèves et leurs parents», indique le communiqué.
    A Oukaimden, comme dans d’autres régions du sud, la problématique sanitaire se pose également de façon quasi-récurrente sans qu’une solution durable soit mise en place. En plus du manque des centres de soins pour certaines populations, l’accès demeure compliqué.
    C’est dans ce sens que les organisateurs du sit-in comprennent dans leur plaidoyer l’urgence de prendre les dispositions nécessaires pour mettre fin à l’enclavement de leur région en assurant aussi bien les moyens de transport que la structure routière nécessaire.