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vendredi 18 décembre 2015

Etat d'urgence : Habib, perquisitionné, frappé par la police et assigné à résidence


Ceci est le témoignage de Habib (son nom a été modifié), recueilli par des membres de l’Observatoire de l’état d’urgence. Nous le publions avec son accord, après relecture.
Mercredi 18 novembre à 4h du matin, Habib1 est chez lui et entend « un gros boum ». Il pense immédiatement à la police "qui vient pour lui" : il a une librairie islamique.
Il a une double porte d’entrée. La police a fait sauter la première porte à l’explosif. Il se lève alors en leur criant « c’est bon, c’est bon, j’ouvre la porte » et leur ouvre la deuxième porte. Étant au courant des perquisitions qui ont déjà eu lieu, et « qu’ils ont amoché des personnes, qu’ils les ont déshabillées puis frappées », il n’a pas envie de subir le même sort. Après avoir ouvert la porte, il s’allonge au sol avec les mains sur la tête, « comme dans les films américains ».

Les policiers de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention) sont alors arrivés nombreux sur lui et ont commencé à le frapper en enchaînant les coups de pieds et poings. Il s’en sortira avec les côtes fêlées, une blessure au pied, la lèvre ouverte, le nez déplacé, des bleus plein le corps (son avocat a pris une photo et ses blessures ont été relevées par un médecin). « C’était interminable ».
« Il y en a un qui a pris des objets qu’il y avait autour, des petits vases, des trucs comme ça, et il me les a jetés dessus. »
Lui qui a déjà pratiqué des sports de combats, Habib dit n’avoir « jamais autant mangé de coups ». « C’était terrible, je ne souhaite à personne ce qui m’est arrivé ».

dimanche 6 décembre 2015

ÉTAT D’URGENCE, LE PEN EN RÊVAIT HOLLANDE L’A FAIT

“ Plus près des jetables que des notables. ”



LÀ-BAS HEBDO n°29 (63’47) LE DROIT DE LA FORCE ou LA FORCE DU DROIT ?

Le
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Isabelle ATTARD et Olivier BESANCENOT
Vive l’État d’Urgence ! Selon les sondages, les Français sont unanimes. Sauf les cinq que nous recevons aujourd’hui. Trois ont été arrêtés lors de la manif dimanche place de la République et mis en garde à vue. Ces dangereux suspects sont enseignants dans le 93.
Avec eux, Olivier BESANCENOT qui était aussi dans la manif et la députée Isabelle ATTARD, l’une des six parlementaires qui ont refusé de voter l’État d’urgence. Suspicion, assignation, perquisition. Pour eux tous, la Sécurité bâillonne la Liberté. Le Front National savoure.
"Un peuple prêt à échanger un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre et finit par perdre les deux". Citer la phrase fameuse de Benjamin Franklin, fait de vous un laxiste, un munichois, bref un suspect.
L’administration dispose d’une jolie palette de mesures coercitives : couvre-feu, perquisitions à toute heure, contrôle renforcé d’Internet, fermeture de lieux publics, interdiction de manifester, assignation à résidence douze heures d’affilées, extension de la mise sous surveillance électronique, dissolution d’associations ou de groupement de fait dont l’activité porte atteinte à l’ordre public... Dans le Monde diplomatique, Patrick Baudouin indique que des élus socialistes et des Républicains militent pour un contrôle des médias... Donc profitez encore de cette émission !