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vendredi 18 décembre 2015

Etat d'urgence : Habib, perquisitionné, frappé par la police et assigné à résidence


Ceci est le témoignage de Habib (son nom a été modifié), recueilli par des membres de l’Observatoire de l’état d’urgence. Nous le publions avec son accord, après relecture.
Mercredi 18 novembre à 4h du matin, Habib1 est chez lui et entend « un gros boum ». Il pense immédiatement à la police "qui vient pour lui" : il a une librairie islamique.
Il a une double porte d’entrée. La police a fait sauter la première porte à l’explosif. Il se lève alors en leur criant « c’est bon, c’est bon, j’ouvre la porte » et leur ouvre la deuxième porte. Étant au courant des perquisitions qui ont déjà eu lieu, et « qu’ils ont amoché des personnes, qu’ils les ont déshabillées puis frappées », il n’a pas envie de subir le même sort. Après avoir ouvert la porte, il s’allonge au sol avec les mains sur la tête, « comme dans les films américains ».

Les policiers de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention) sont alors arrivés nombreux sur lui et ont commencé à le frapper en enchaînant les coups de pieds et poings. Il s’en sortira avec les côtes fêlées, une blessure au pied, la lèvre ouverte, le nez déplacé, des bleus plein le corps (son avocat a pris une photo et ses blessures ont été relevées par un médecin). « C’était interminable ».
« Il y en a un qui a pris des objets qu’il y avait autour, des petits vases, des trucs comme ça, et il me les a jetés dessus. »
Lui qui a déjà pratiqué des sports de combats, Habib dit n’avoir « jamais autant mangé de coups ». « C’était terrible, je ne souhaite à personne ce qui m’est arrivé ».