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samedi 2 novembre 2013

Algérie-Maroc : L'éternel western


Algérie-Maroc : L'éternel western

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Par S. Mesbah, Ad. Meddi et H. Faten , 1/11/2013

La visite de John Kerry, les tensions internes, l’extension des prérogatives de la Minurso... L’Algérie et le Maroc ont toutes les raisons de réactiver une vieille querelle.

L’Algérie gardera ses diplomates au Maroc.Et «forme le ferme espoir que cet épisode malheureux dans le cours des relations algéro-marocaines pourra être contenu dans sa juste dimension et être rapidement dépassé». Après l’escalade verbale de ces dernières semaines et le rappel par Mohammed VI, mercredi, de son ambassadeur à Alger, l’heure semble être à l’apaisement. «L’ambassadeur va bientôt rentrer, assure l’ancien ministre et ambassadeur Abdelaziz Rahabi. 
Sur le dossier du Sahara occidental, les Marocains ont toujours joué la politique de la tension. Le roi a rappelé son ambassadeur juste le temps de gâcher la visite de Kerry dans la région (début novembre, ndlr). Au lieu de se focaliser sur ce qui nous intéresse, nous, Algériens, c’est-à-dire la lutte contre le terrorisme, les discussions vont se recentrer autour du Sahara occidental.»
 L’ancien diplomate, professeur en Sciences politiques, Ahmed Adimi, s’étonne toutefois que le Maroc réagisse «à une position connue de l’Algérie depuis 1976, et que ce regain de tension intervient quelques jours après une intrusion marocaine sur le territoire algérien et après les déclarations des Algériens des derniers jours. Cela me laisse penser à une mise en scène opérée par les deux régimes pour des raisons internes». C’est aussi l’avis du journaliste et opposant marocain Ali M’rabet, directeur de la publication Demain. «Je crois que ça a un rapport avec notre cuisine interne - crise économique avec augmentation prochaine de 20% de la TVA sur les produits de première nécessité, récent remaniement du gouvernement - parce que quand on tape sur l’Algérie, il y a tout de suite un consensus national

Pressions

Les Marocains seraient aussi très nerveux à cause du projet d’extension de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme. «D’autant que cette question revient de manière de plus en plus insistante et qu’elle leur pend vraiment au nez», précise Ali M’rabet. Othmane Mazouz, chargé de la communication du RCD, estime aussi que si «les relations algéro-marocaines ont tout le temps été marquées par des attitudes irresponsables, les raisons sont d’ordre politique et historique et elles sont intimement liées à la nature des deux régimes. Il est habituel qu’à chaque fois que des enjeux internes minent les équilibres des deux régimes, on verse dans la manipulation et l’instrumentalisation pour détourner les opinions publiques de leur destin.» 
Hasard ou coïncidence, hier, Al Haqiqa (Vérité), un collectif regroupant des associations marocaines des droits de l’homme activant en Europe, a déclaré vouloir rouvrir prochainement au Parlement européen le débat sur les «disparitions forcées» au Maroc. Pour Mohamed Hadibi, député du parti Ennahda, «cette guerre politico-médiatique» serait surtout «provoquée par des étrangers afin de soumettre l’Algérie à des pressions qui leur permettront d’acquérir des positions plus importantes dans la région».  Du député FLN Abdelwahid Bouabdallah au général-major à la retraite Abdelaziz Medjahed, les Algériens sont nombreux à penser, pour des raisons différentes, qu’il ne faut pas entrer dans le jeu marocain. «Il ne faut pas suivre le makhzen sur cette voie de la provocation, estime Medjahed. Car il tente d’entraîner l’Algérie dans une politique qui n’est pas la nôtre.»

Rivalités

Pour Naoufel Brahimi El Mili, enseignant à Sciences-po Paris, cette altercation révèle surtout un nouveau terrain d’affrontement des deux pays : l’Afrique. «Ce n’est pas un hasard si la déclaration du président Bouteflika s’est faite à Abuja, analyse-t-il. Ce qui gêne les Marocains, c’est l’axe Alger-Pretoria. L’Afrique du Sud est un acteur majeur sur le continent, son alliance avec l’Algérie gêne le Maroc.» Un proche du pouvoir confirme que cette rivalité n’est pas un mythe. Et de prendre en exemple l’investiture du président malien Ibrahim Boubacar Keïta en septembre dernier. «Mohammed VI est arrivé en force, il est resté trois jours, a payé le grand dîner. Les Algériens, qui n’avaient envoyé que Sellal, l’ont vécu comme une gifle.» Mais pour un autre analyste algérien, «le Maroc est présent en Afrique depuis si longtemps que les velléités algériennes ne risquent pas d’empêcher le roi de dormir. Le roi Mohammed VI a déjà fait trois visites en Afrique, Bouteflika, aucune. Par ailleurs, la déclaration de Lamamra, qui annonce ‘‘le retour des Algériens sur la scène africaine’’ est extrêmement maladroite, elle donne l’impression qu’ils ne s’y intéressaient plus depuis longtemps.»
Est-ce que cela compromet les réunions de consultations qui se tiennent régulièrement entre les deux pays ? «Non, je ne pense pas, car ces réunions sont tenues par des techniciens, avance l’ancien ministre et ambassadeur Kamel Bouchama, mais tout de même, cela contribue à distiller de la méfiance de part et d’autre.» Pour la politologue Louisa Dris Aït Hamadouche,  on ne peut, de toutes manières, pas parler de coopération économique. «Les deux économies sont très différentes, elles ne sont pas complémentaires.» Les deux pays ont, conclut le sociologue marocain Mehdi Alioua, intérêt à trouver un terrain d’entente. «Car aucun des deux ne s’entendent sur les zones sahariennes alors qu’elles sont extrêmement vulnérables.» Et de garder bon espoir : «Aujourd’hui, on hérite d’un problème, des querelles de vieux généraux, qui se résoudra que lorsqu’ils disparaîtront.»

Vu du Maroc :

Selon Driss Lachgar, «l’attitude hostile de l’Algérie envers le Maroc n’est pas surprenante» car «encore prisonnière d’une conjoncture qui remonte aux années 1970 », a affirmé hier le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP). «Ce que l’Algérie a exprimé tant à Abuja, à travers sa presse ou au niveau de son comportement populaire ou officiel, ne nous a aucunement surpris au sein de l’USFP, car cette hostilité dure depuis plusieurs années déjà», a-t-il ajouté.
De son côté, le parti du Mouvement populaire (MP) a fait part de son rejet total «des vaines tentatives du régime algérien d’exporter ses problèmes, ses échecs et la défaillance de sa direction vers le Maroc». Le Front des forces démocratiques (FDD), quant à lui, a condamné «l’hostilité manifeste envers le Maroc, clairement exprimée par le président algérien dans son message adressé à une réunion à Abuja, et ce, après avoir passé des années à comploter dans les coulisses. Le contenu provocateur de ce message «confirme la position officielle d’Alger, à travers la plus haute autorité du pays, en tant que partie prenante à ce conflit artificiel autour du Sahara marocain», a estimé le secrétariat général du parti dans un communiqué.
Faten Hayed

Diplomatie : les degrés du désaccord

Cette illustration, qui montre la façon dont évolue un désaccord entre deux pays, ne fait l’objet d’aucun règlement écrit, elle est le résultat d’une pratique internationale.
4e degré
Rupture diplomatique, la guerre est déclarée.

3e degré
L’ambassadeur du pays A est rappelé pour une plus longue durée. Et au lieu de nommer un chargé d’affaires par intérim, un chargé d’affaires «sur pied» est détaché dans le pays B.

2e degré
Le pays A rappelle son ambassadeur en pays B pour une consultation. La durée de cette consultation est un indice de la gravité du mécontentement du pays A. En général, cette étape est suivie de discours d’apaisement des deux côtés et l’ambassadeur revient dans un délai raisonnable, entre un mois et un mois et demi. Pendant ce temps, le pays A envoie au pays B un chargé d’affaires par intérim.

1er degré
Un pays A appelle l’ambassadeur du pays B, qui se trouve sur son territoire, pour des explications.

S. Mesbah, Ad. Meddi et H. Faten 
 http://www.elwatan.com//actualite/algerie-maroc-l-eternel-western-01-11-2013-233382_109.php

Appel Pour l’Amitié entre les Peuples Algérien et Marocain


Par Abdellatif IMAD, Professeur universitaire, Lille, France, Appel du Vendredi 1er novembre 2013

A chaque fois que les peuples Algérien Marocain amplifient les pressions sociales pour la justice sociale, la dignité, la démocratie et l’égalité, les gouvernants, les partis politiques et les médias officiels trouvent une occasion pour allumer le feu de la division et de la haine. 
A chaque fois que des voix, de part et d’autre, s’élèvent pour exiger l’ouverture des frontières terrestres, fermées depuis 1994,  les gouvernants, les partis politiques et les médias officiels cherchent  des prétextes pour ériger des barrières entre les deux peuples.
Comment peut-on accepter indéfiniment que deux peuples voisins, avec une histoire commune, continuent à s’ignorer ?
Pire, comment peut-on accepter que nos deux peuples tombent dans les pièges de la division voire de la haine ?
 
Il est temps que nos deux peuples tissent et retissent une amitié forte pour constituer une force capable d’exiger une véritable démocratie dans nos pays respectifs et dans tout l’espace maghrébin.
Car, l’avenir dans notre région dépend fortement de cette amitié entre nos peuples pour faire face au despotisme, à la corruption, à l’arbitraire, à la division, à la haine, etc. Car, nos peuples sont confrontés aux mêmes injustices sociales, aux mêmes inégalités, au même pillage des richesses, etc. Nos combats sont communs et ce qui nous réunit et plus important que ce qui peut nous diviser.
L’unité entre nos deux peuples est une garantie considérable pour bâtir un grand Maghreb démocratique émanant de la volonté de nos peuples, et pour faire face à tous les appétits de l’Europe et des USA qui continuent à profiter de nos divisions voire les entretenir.


Pour toutes ces raisons, il est urgent de lancer un appel large pour bâtir une Amitié Forte et Durable entre les Peuples Algérien et Marocain, pour faire échouer toutes les politiques de division et de haine. Il est urgent d’amplifier nos combats pour l’ouverture des frontières terrestres afin de désenclaver nos régions et permettre une véritable libre circulation.
L’Union fait la Force !!!

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Je demande pardon à tout le peuple algérien !

Ce qu’a fait aujourd’hui un ignare débile endoctriné de la jeunesse royaliste est inadmissible et fait honte à mon pays. (Cette même personne avait attaqué un rappeur marocain indigné, avec la complicité des services il y a quelques mois…)

J’exige des autorités marocaines d’interner leur chien et de présenter officiellement des excuses au Grand et Fier Peuple Algérien Frère.

Bonne fête du 1er novembre à tous les Algériens, ce jour, symbole du début, il y a 59ans, de votre incroyable Révolution (malheureusement encore polluée par les généraux,) nous rappelle qu’il est peut être temps qu’on commence la nôtre…
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LA TRANSE DU CHAUVINISME.


LA TRANSE DU CHAUVINISME.
Hier, le 31 octobre 2013, se sont réunis les "chefs des partis" makzeniens. Ils ont décidé d'organiser quelques scènes de transe (al hadra). Imaginez la réunion d'hier: Ben Kirane, Chabat, Lachguer, Benabdellah entourés des "partis", produits purs du makhzen. La surenchère contre l'Algérie. On comprend ces bouffons et potentats
 Ils sont incapables de défendre les vrais intérêts des masses populaires marocaines qui souffrent des politiques de l'Etat makhzen: santé, enseignement, travail, liberté d'expression...En ces temps difficiles que vivent le makhzen et ses satellites, cette troupe de potentat n'a d'autre alternative que de se déchaîner contre des pays étrangers. Nous avons déjà vécu la marche contre l'Espagne, l'escalade verbale contre Mandela, aujourd'hui contre l'Algérie. De toute façon, ils travaillent sur commande. Ils font partie de la harka. Piètres politicards!
https://www.youtube.com/watch?v=a4rCM_3RM2o#t=88
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Fouzia Ejjawi 
Radouane Baroudi a changé la description du groupe Peuple frère Marocain et Algérien.
Ce vendredi 1er novembre 2013 a vu le théâtre d'un acte inqualifiable au consulat d'Algérie à Casablanca.

Des manifestants encadrés par les forces de l'ordre devant le Consulat s'écriaient "Drapo y nzel " (Le drapeau doit tomber).
L'un d'entres-eux s'introduit par effraction dans le consulat , grimpe sur toit et y déloge le drapeau algérien sous les houras d'une masse attroupée devant les grilles du bâtiment.

Nous ne devons pas tolérer cet acte d'une insolence sans nom.
Nous le condamnons!!

Et rappelons les liens indéfectibles qui unissent nos deux pays , nos deux peuples qui à bien des égards n'en forme qu' UN !

Nous sommes conscients que cela donne du grain à moudre aux gouvernements qui se prélassent, quand ils ne sont pas à l'initiative de ce genres de manipulations, et qui souhaitent détourner l'attention des populations sur les réalités qui devraient les préoccuper !

Ce groupe est un espace de partage Maroco/Algériens : Pour dire Non ! Nous ne cèderons pas à ces vils manipulations !!
Nous réaffirmons notre attachement mutuel et dénonçons les tyrannies qui nous gouvernent !
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  Par Ali Idir, fb, TSA, 1/11/2013

Drapeau algérien arraché à Casablanca : 

le Maroc présente des excuses officielles


Le Maroc s’excuse officiellement suite à l’arrachage du drapeau algérien ce vendredi 1er novembre du consulat d’Algérie à Casablanca, a-t-on appris de source diplomatique algérienne.
« Le ministre et le secrétaire général du MAE (marocain) ont présenté des excuses officielles à notre ambassadeur à Rabat et ils lui ont indiqué que l'individu qui a commis ce forfait inadmissible a été arrêté et sera déféré en urgence devant le procureur du Roi », affirme notre source.
Drapeau algérien arraché à Casablanca : le Maroc présente des excuses officielles
Un manifestant a réussi à se hisser, ce vendredi 1er novembre, sur le toit du consulat d’Algérie à Casablanca avant d’arracher le drapeau algérien de son mât puis de tenter de s’enfuir en l’emportant, avant d’être arrêté par la police.

Alger a aussitôt réagi en condamnant cet acte et en convoquant le chargé d’affaires marocain pour des explications.





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Casablanca, le consulat algérien attaqué 

et son drapeau déchiré

Un homme arrache le drapeau algérien de son mât (Photo prise d'écran)
Un homme arrache le drapeau algérien de son mât (Photo prise d’écran)
Une petite foule de marocains scandant « drapeau in’zel » (le drapeau doit tomber), et exhibant des drapeaux marocains a attaqué ce matin le consulat algérien à Rabat. Devant l’apparente passivité de la police marocaine, qu’on sait plus vigoureuse et même violente quand il s’agit de casser du dissident marocain, qui a laissé faire.
Dans cette vidéo, on voit des policiers qui ne tentent même pas de retenir le petit groupe qui est scotché aux grilles qui ceinturent l’ambassade.
Devant plusieurs policiers, un homme escalade la grille et pénètre dans l’enceinte de l’ambassade. Puis, il escalade l’un des murs de l’édifice, se dirige vers le mât où est accroché le drapeau algérien et l’arrache sous les applaudissements de la foule. « Aâcha al malik » (Vive le roi), entend-on.
La vidéo se termine sans que l’on sache ce qui s’est passé avec le drapeau et si la police a finalement arrêté le Marocain qui a violé le territoire algérien, puisque le consulat bénéficie, selon les lois internationales, de l’extraterritorialité.
Ce n’est pas la première fois que certains « milieux » de l’entourage royal (car on imagine mal que cela puisse provenir du gouvernement…), se substituent à la politique et à la diplomatie marocaines pour promouvoir une sorte de stratégie de la tension. Quand l’Espagne était dirigée par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, un politicien dont le maître mot en relations bilatérales avec le Maroc était pourtant de satisfaire la plupart des exigences marocaines, ces « milieux » ont utilisé quelques « associations » frontalières pour bloquer les postes frontières entre le Maroc et l’Espagne, s’en prendre physiquement à des policiers espagnols (qui ne sont certes pas des anges) et monter des « actions » contre les îlots et rochers occupés par l’Espagne dans le nord du Maroc.
Deux hommes étaient à l’avant-garde de ces actions. Le sénateur Yahya Yahya et son fidèle lieutenant Saïd Chramti. Pourtant depuis l’arrivée du conservateur Mariano Rajoy au gouvernement espagnol, ces deux personnalités ont disparu de la circulation du patriotisme à la commande. Alors que la situation de Sebta, Melilla et des îlots et rochers occupés par l’Espagne n’a pas changé d’un iota….
Pour l’Algérie, le récent rappel de l’ambassadeur du Maroc à Alger, tel qu’il est présenté par la diplomatie marocaine, est simplement inexplicable. Rabat argue que l’ambassadeur marocain a été rappelé pour protester contre une déclaration à Abuja, la capitale du Nigeria, « plus particulièrement, le message adressé, le 28 octobre, par le Président algérien à une réunion, à Abuja, d’une nébuleuse hostile au Maroc illustre cette volonté délibérée d’escalade et confirme cette démarche de blocage et de maintien du statu quo ».
Une explication peu convaincante. Cela fait des décennies que l’Algérie prononce des discours hostiles au Maroc (on en a entendu pire dans la bouche des ex-premiers ministres Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia), sans que cela ne provoque le rappel de l’ambassadeur marocain à Alger.
Comme ni le Maroc ni l’Algérie ne sont des régimes démocratiques, et qu’autant le roi Mohamed VI que le président Abdelaziz Bouteflika, régissent leurs Etats respectifs comme une boutique de famille, il est difficile de savoir ce qui se passe au sommet.
Mais une chose est sûre : Rabat veut dire quelque chose à Alger, mais quoi ?
Badr Soundouss
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27652
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 Par Salah Elayoubi, fb
Lamentable opération téléguidée par les services marocains contre l'ambassade d'Algérie à Rabat, histoire de faire la démonstration que le peuple est derrière son roi dans l'affaire du Sahara ! On entend des "Vive Mohammed VI" ! Ils ne savent plus quoi inventer après avoir tout raté !
http://www.youtube.com/watch?v=a4rCM_3RM2o

1er Festival Culturel Maghrebin du Cinema - Alger 03-08 Novembre 2013


 Le cinéma maghrebin s'invite a Alger!

 Wassim Korbi - 1er Festival Culturel Maghrebin du Cinema - Alger 03-08 Novembre 2013

Site officiel de la 1ére édition du Festival Culturel Maghrebin du Cinema -

 Wassim KorbiWassim Korbi

biographie

Natif de Kélbia en 1982, il est maître-assistant à l’Ecole Supérieure de l’Audiovisuel et Cinéma (Gammarth), il obtient sa thèse de doctorat en audiovisuel et cinéma en mars 2013. Il est vice-président de l’Association tunisienne de la promotion à la critique cinématographique. Il a été membre du jury dans plusieurs festivals : Allemagne 2011, Suisse 2013, Maroc 2013.





Vidéos

Le film d'ouverture

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le-president-bouteflika-accuse-le-maroc-de-violations-massives-des-droits-de-l-homme-au-sahara-occidental


Par Massissilia Chafai, 28/10/2013
    L’Algérie réclame la mise en place d’un mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara occidental occupé par le Maroc. Le président Bouteflika, dans un message lu en son nom par le ministre de la Justice Tayeb Louh à Abuja au Nigéria, ce lundi 28 octobre, a jugé « plus que jamais d’actualité » la nécessité de mettre en place ce mécanisme.
    Le président Bouteflika accuse le Maroc de violations massives des droits de l’Homme au Sahara occidental
    « La nécessité de la mise en place d’un mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental est plus que jamais d’actualité », a indiqué le président Bouteflika dans ce message à la conférence africaine de solidarité avec la cause sahraouie, rapporte l’agence officielle l’APS.

    L’Algérie réclame  « l’élargissement » de la mission de la Minurso à la prise en charge par les Nations unies de la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental, selon la même source. « Ce recadrage de la mission de la Minurso permettra aux Nations unies de jouer pleinement leur rôle en matière de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental et, ce faisant, complètera le mandat de la Minurso qui, faut-il le rappeler, est la seule mission de maintien de paix des Nations unies à ne pas englober les droits de l’Homme dans son mandat », a souligné Bouteflika.

    Le Président estime que la mise en place de ce mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés est d’autant plus nécessaire que « l’organisation des Nations unies, particulièrement le Conseil de sécurité sont, au quotidien, interpellés par les souffrances qu’endure le peuple du Sahara occidental depuis près de quarante années ».

    M. Bouteflika accuse le Maroc de « violations massives et systématiques » des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, contre des citoyens pacifiques qui luttent pour la liberté d’association, de manifestation et d’expression.

    Le président Bouteflika a renouvelé « le soutien » de l’Algérie à la cause sahraouie et aux efforts du secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel, Christopher Ross, visant à aider les deux parties en conflit à parvenir à une solution qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental à travers l’organisation d’un référendum libre et régulier, sous les auspices des Nations unies.

    Le président Bouteflika avertit que « toute autre approche, qui viserait à imposer le fait accompli colonial en niant le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination, constituerait une grave violation du droit international et irait à l’encontre de la doctrine des Nations unies en matière de décolonisation. »

    Le président Bouteflika insiste que « la seule solution, juste et durable, est celle qui permettrait au peuple sahraoui d’exprimer librement et souverainement son choix. »


    Bande frontalière ouest : le Makhzen piétine le territoire national

    Par Chahredine Berriah, El Watan, 28/10/2013

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     © D. R.

    Les soldats de Sa Majesté reviennent à la charge pour tenter de grappiller quelques mètres du territoire national.

    Jeudi et vendredi derniers, les villageois d’Ouled Mellouk, sur le tracé frontalier algéro-marocain (12 km de Maghnia) ont été surpris par des engins militaires commandés par des gradés marocains en train de déblayer une superficie appartenant à des Algériens.
    Encore une fois, ce sont les agriculteurs d’Ouled Mellouk qui sont intervenus pour stopper la cupidité expansionniste des autorités chérifiennes. «Devant nos réclamations, le colonel marocain nous a rétorqué cyniquement que le gouvernement algérien avait creusé des tranchées, ce qui pourrait être considéré comme le tracé frontalier séparant les deux pays et qu’eux (les Marocains) ont respecté cette limite».  «Nos terres sont situées au-delà de ces tranchées. La preuve : on y a accès tous les jours pour nos occupations. Le poste militaire marocain est plus loin, à près de 500 m», tempête Ahmed Belkheir, un des défenseurs de l’environnement sur cette partie du territoire national.
    Rachid B., exploitant algérien, explique à son tour : «Les pouvoirs publics algériens ont creusé ces fossés pour lutter contre les trafics de carburant et autres, mais ce qui est incompréhensible, c’est que ces fossés ont été creusés à une trentaine de mètres avant le vrai tracé frontalier, cédant, sans s’en rendre compte peut-être, une grande partie de notre territoire aux Marocains.» «Ces terres que tente d’exploiter le Makhzen nous appartiennent», renchérit Rachid, exhibant des documents cadastraux.
    La bourgade d’Ouled Mellouk a déjà été la cible du Makhzen en 2007, qui avait procédé avec la même stratégie pour tenter de spolier quelques centaines de mètres.
    Les mêmes agriculteurs algériens s’y étaient opposés, obligeant les autorités de la wilaya de Tlemcen à réagir et arrêter les militaires de l’autre rive. 24 heures plus tard,  des experts fonciers sont arrivés d’Alger pour constater le litige et procéder à un relevé topographique et rassurer les riverains algériens. «Cinq années après cette visite, non seulement on n’est plus rassurés, mais nos terres ont été ‘‘offertes’’ aux Marocains», commentent des fellahs d’Ouled Mellouk.



    vendredi 1 novembre 2013

    Sahara Marocain, le discours de la panique



    Un réveil tardif
    Le roi du Maroc, une fois n'est pas coutume, reconnaît que le dossier du Sahara traverse un moment pénible.
    Lors du discours d'ouverture de la nouvelle session parlementaire le 10 octobre 2013, il a notamment déclaré: « La situation est difficile. Rien n'est encore tranché. Les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale ne vont pas s'arrêter, ce qui pourrait placer notre cause devant des développements décisifs. »

    Ahmed Benseddik
    Mohammed VI en a profité pour  reprocher aux parlementaires et aux partis leur passivité en affirmant, une fois n'est pas coutume aussi, que « la question du Sahara n'est pas seulement la responsabilité du Roi, mais elle est également la cause de tous et de chacun : institutions de l'Etat, parlement, Conseils élus, et tous les acteurs politiques, syndicaux et économiques, les organisations de la société civile, les médias et l'ensemble des citoyens. »
    Le reproche est plus vif quand il a déclaré que « la majorité des acteurs ne se mobilisent avec force qu'en cas de danger imminent menaçant notre intégrité territoriale, comme s'ils attendaient le feu vert avant d'entreprendre quoique ce soit. »
    Ainsi, après avoir monopolisé avec ses proches courtisans, la gestion de ce dossier, la  franchise soudaine traduit le désarroi d'un homme et l'échec d'un système de gouvernance qui demeure en état de gravitation perpétuelle autour du même homme et de ses humeurs, autoritarisme oblige.

    Rétrospective rapide
    Pourtant, c'est le même Mohammed VI qui, il y a à peine trois mois, affirmait sur un ton   satisfait, lors du discours du trône le 30 juillet 2013 : « Le capital sympathie dont jouit notre première cause à l'international, s'est accru grâce à une bonne appréciation des tenants et des aboutissants de la question de notre intégrité territoriale. Cette évolution trouve son illustration dans le soutien grandissant apporté à notre initiative judicieuse, en l'occurrence notre proposition d'autonomie. A cet égard, Nous relevons notamment que la dernière résolution du Conseil de Sécurité a fermement réaffirmé les paramètres incontournables pour parvenir à une solution politique consensuelle et réaliste. »
    C'est aussi le même roi, qui une année auparavant, déclarait sereinement le 30 juillet 2012: «  A cet effet, le Royaume du Maroc réaffirme sa détermination à continuer à s'investir de bonne foi dans le processus de négociation visant à trouver une solution définitive au différend régional artificiel autour du Sahara marocain, sur la base de la proposition marocaine d'autonomie, dont le sérieux et la crédibilité sont reconnus par la communauté internationale, et dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc. »
    Deux années auparavant, le 30 juillet 2010, le discours rappelait les vertus de seule vision royale: « En tout état de cause, le Maroc continuera à défendre sa souveraineté, son unité nationale et son intégrité territoriale, avec la détermination de ne pas renoncer au moindre pouce de son Sahara. Nous continuerons donc à aller de l'avant dans la mise en œuvre de la vision ambitieuse que Nous avons définie dans Notre dernier discours de la Marche Verte. Ainsi, le Sahara marocain sera en tête des bénéficiaires du processus de régionalisation avancée. De même que seront poursuivis sans relâche les efforts soutenus que nous déployons en faveur du développement solidaire de nos provinces du Sud. Nous comptons au même titre, procéder à une restructuration profonde du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS). »

    Depuis, la régionalisation, avancée n'a pas avancé d'un iota. Quant au malheureux  CORCAS, il est tombé dans les oubliettes et a même été royalement "zappé" lorsque le roi a confié au conseil économique, social et environnemental la mission de définir une feuille de route  pour le développement des provinces du Sud. Les honorables parlementaires-applaudisseurs n'ont pas levé le petit doigt.

    Une diplomatie sans vision stratégique
    En réalité, le discours du roi du 10 Octobre reconnait à demi-mot le déficit de vision stratégique diplomatique au Maroc et l'absence de la diplomatie préventive. En effet, les millions de dollars dépensés par le Palais et ses organes, sans aucun contrôle parlementaire, pour s'attirer la sympathie de certains lobbies aux USA et ailleurs, n'ont pas été très rentables. La « taginisation » et la « mamounisation » de la diplomatie ont permis, à titre d'exemple, de gaspiller 30 millions de dollars pour financer un complexe touristique dans une île des caraïbes (Dominique) en espérant acheter la voix de son gouvernement aux Nations Unies.
    De même, le fait de décorer l'un des plus grands sionistes du monde, Malcolm Honlein en espérant que l'AIPAC, le plus grand lobby pro israélien, fasse pression sur le Congrès et l'Exécutif américains en faveur du Maroc, ne semble pas mettre à l'abri l'affaire du Sahara des turbulences qu'elle traverse et n'efface pas les dégâts causés à l'image du Maroc par la violence policière quotidienne au nord comme au sud du pays. Cette image a été encore plus ternie par le scandale de la malheureuse grâce royale accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan puis par l'emprisonnement injuste pendant 39 jours d'un journaliste talentueux, Ali Anouzla, directeur de publication de la version arabe du site Lakome, en vue de le punir d'avoir souvent brisé les lignes rouges. Ces faits successifs révèlent au grand jour les dysfonctionnements d'une gouvernance basée sur la docilité, la corruption, l'incompétence et l'absence de contre-pouvoir.
    Il est évident que le souvenir de la tentative de Washington, en avril 2013, de faire voter par le conseil de sécurité de l'ONU une résolution élargissant le mandat de la MINURSO au contrôle du respect des droits d'homme, a laissé des cicatrices profondes sur la diplomatie marocaine. Si la résolution a été retirée in extremis, rien ne garantit qu'en avril 2014 une résolution similaire (ou une autre mauvaise surprise), ne viendra pas gâcher la fête.
    Le récent rapport du US Army War College montre que la demande US d'étendre ce mandat n'était pas un coup de tête contre le Maroc mais une décision stratégique pour la région (page 74). Le rapport parle clairement d'« authoritarian regimein Rabat » (page 68) et explique les succès du Polisario par trois facteurs : le soutien de l'Algérie, la faiblesse de la Mauritanie et les erreurs du Maroc. Il signale aussi que le scepticisme des Sahraouis à propos des intentions de Rabat est bien fondé, et que ce n'est qu'à travers de vraies réformes, l'autonomie et une réduction significative de clientélisme et de la corruption que le gouvernement marocain a une chance de gagner une certaine crédibilité parmi les Sahraouis (Sahrawi skepticism about Rabat's intentions is well grounded; only through genuine reforms, autonomy, and a significant reduction in clientelism and corruption does the Moroccan government stand a chance of gaining some credibility among the Sahrawis.)
    Les brutalités légendaires des forces de sécurité marocaines, qui ne rendent compte qu'aux hommes du Palais, sont toujours prêtes à agir comme le footballeur qui marque contre son propre camp.
    En plus de l'attitude peu amicale des USA, que la diplomatie marocaine continue de qualifier d'allié stratégique du Maroc, les derniers développements de l'affaire sur le plan mondial ont de quoi inquiéter Rabat, puisque les pressions se font de plus en plus fortes pour trouver une issue à ce conflit qui a trop duré.
    Si le Maroc s'accroche à une seule solution, à savoir le plan d'autonomie, le rapport Tannock voté le 22 octobre par le parlement européen cite, dans son paragraphe 99, le mot anglais self-determination (auto-détermination) à trois reprises. A ce propos, il n'est pas inutile de rappeler que la MINURSO veut dire Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental. Signalons au passage, à propos de ce rapport, que la propagande officielle marocaine s'en est "félicité",  tout en omettant de relever que, selon le texte, le Parlement européen « se dit gravement préoccupé par le récent rapport du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture », « condamne les violations des droits de l'homme dont sont victimes les femmes sahraouies qui se manifestent notamment par du harcèlement et des violences sexuelles »,  « déplore vivement que, le 6 mars 2013, le Maroc ait expulsé une délégation de quatre députés au Parlement européen » et « soutient la création d'une mission MINURSO-CICR (Comité International de la Croix Rouge) officielle dans la zone de Fadret Leguiaa afin de procéder à l'exhumation et à la restitution des dépouilles aux familles, à la suite de la découverte de fosses communes par l'équipe d'investigation de l'Université du Pays basque. »
    Les puissances mondiales pourraient pousser vers une formule de confédération ou de fédération, sans toutefois écarter l'indépendance pure et simple, même si elles sont convaincues qu'un petit Etat Sahraoui est peu viable et serait une source d'instabilité. Quoique, le Soudan a bien perdu son sud, l'Espagne pourrait être amputée de la Catalogne, la Belgique est menacée d'être coupée en deux et le Maroc lui-même considérait la Mauritanie comme territoire marocain et n'a reconnu son indépendance qu'en 1969.
    Mais tant que les autorités Marocaines continuent de violer les droits de l'homme au Sahara, comme partout au Maroc d'ailleurs, lesquelles violations n'ont pas cessé depuis l'épisode d'avril 2013, la crédibilité de la proposition marocaine s'amenuise. En effet, autonomie ne rime pas avec absence de vraie démocratie et avec autoritarisme, qui demeure au cœur de la nature intrinsèque du régime marocain.
    En mai dernier, l'académicien espagnol Bernabé López García avait publié une analyse pertinente sur l'échec du Maroc au Sahara, qui n'a pas pris une seule ride. Il met en lumière la politique de répression, les incohérences stratégiques de Rabat et surtout son «  incapacité au cours des six années écoulées à faire évoluer vers une solution le problème du Sahara, alors qu'il constitue la plus grande hypothèque de la monarchie et sa maladie chronique. » Il conclut que « loin de constituer le point final des négociations, ce plan (d'autonomie) peine maintenant à en constituer le point de départ, si tant est qu'il puisse y arriver. »  En d'autres mots, le Maroc a une cause juste mais de mauvais avocats.

    Des services de renseignements  dépassés
    Le discours royal est aussi un aveu de l'incapacité des organes sécuritaires et de renseignements intérieurs DGST et extérieurs DGED, à contrecarrer les efforts du Front Polisario qui a réalisé des percées au sein de certains parlements nationaux (comme la Suède) et du Parlement Européen. Le dossier Sahara est devenu un élément qui hypothèque les relations Morocco-Européennes comme le montre l'évolution des accords de pêche entre les deux parties. Or, ces organes sont sous le strict contrôle du Palais. Ni le gouvernement, ni les parlementaires dont le roi a tiré les oreilles, ne les contrôlent.
    Nos services de renseignements et diplomatiques ont-ils vraiment anticipé les changements de l'administration US ? L'ancienne secrétaire d'Etat, Mme Hillary Clinton qui défendait à Washington et New-York la vision marocaine a été remplacée par un John Kerry qui semble bien moins séduit par les beaux caftans. En même temps, d'autres positions clés US ont été prises par des personnages moins sensibles au discours marocain et surtout intransigeantes lorsqu'il s'agit des violations avérées des droits de l'Homme, comme Susan Rice, responsable de la sécurité nationale et Samantha Power, ambassadrice US à l'ONU.
    Ces services ont-ils assimilé les changements majeurs de la scène mondiale: la guerre froide est finie et la guerre contre le terrorisme a pris une autre tournure. Comment élaborent-ils leurs analyses ? En principe, ils doivent  définir et mettre en œuvre des stratégies pour prémunir le pays, sa sécurité et son unité, des dangers et risques. Or, ils ont échoué sur le plan interne à contenir les aspirations séparatistes et sur le plan externe à gagner la sympathie de l'occident, y compris sa société civile et ses médias. Ils ont aussi échoué à construire une stratégie de communication crédible et convaincante. Ces services n'ont pas réussi à saisir les nouvelles techniques de la diplomatie mondiale, basée sur la coopération continue avec les grandes ONG internationales comme Transparency ou RSF, et sur les canaux de coopération avec les faiseurs d'opinion mondiale et les grands centres de recherches stratégiques.
    A l'heure où ces derniers sont devenus à travers le monde des partenaires à part entière des décideurs, de par les notes de recherche qu'ils produisent et les débats qu'ils animent, le Maroc se distingue par un Institut Royal des Etudes Stratégiques qui ne réfléchit que sur ordre du roi, puisque son texte de création  stipule : « L'Institut a pour mission de mener des études et analyses stratégiques sur les questions dont il est saisi par Notre Majesté. » Pourquoi n'a-t-il pas tiré la sonnette d'alarme avant que le roi ne prononce son discours de panique ?
    Le Maroc dispose-t-il de services de renseignement au sens noble et moderne du terme ?  Voilà un débat absent. Par ailleurs, la partie du site Internet du Ministère des AE consacrée au dossier du Sahara est loin d'être à la hauteur d'une cause réputée être nationale.

    Des parlementaires applaudisseurs
    Comme pour le dossier de l'éducation, le palais cherche à tout prix à faire endosser la responsabilité des ses propres échecs aux autres acteurs. Le roi sait très bien que dans la question du Sahara, comme tous les autres domaines dont le Palais  monopolise la gestion, les parlementaires sont réduits à de simples applaudisseurs. Après chaque discours du roi, ils se précipitent devant les caméras pour en saluer le caractère historique et exceptionnel et ânonner que leurs partis sont mobilisés derrière Sa Majesté le Roi pour appliquer ses Hautes  directives.
    Les élites politiques, dont les députés et les partis, de par leur "béni-oui-ouisme" et leur silence, le populisme et l'indigence intellectuelle de certains de leurs leaders, portent une lourde responsabilité dans cette tragi-comédie dont l'enjeu n'est autre que l'unité nationale.

    Bis repetitae
    Ainsi, la démarche est la même : le Palais s'accapare le monopole d'un dossier qui engage la nation, utilise des fonds publics colossaux sans contrôle institutionnel, le confie à ses proches nationaux ou ses soi-disant amis internationaux, et impose un discours unique. Lorsqu'il s'aperçoit qu'il y a le feu et que son meccano est défaillant, il cherche des boucs émissaires. On l'a vu pour le dossier de l'éducation où le roi a voulu faire endosser l'échec à un gouvernement qui a moins de deux ans.
    En septembre 1981, Abderrahim Bouabid, leader du parti USFP à l'époque, s'est trouvé jeté en prison pour avoir osé exprimer une divergence avec le roi Hassan II au sujet du Sahara. Lors de son procès, il a déclaré : « Ce procès s'inscrira dans l'histoire. La prison m'est plus agréable que de me taire et de ne pas exprimer mon opinion sur une question nationale déterminante et sacro-sainte. »
    Le 30 avril 2013, après l'épisode de l'ONU, le site d'information Lakome a publié un éditorial lumineux et prémonitoire cosigné Aboubakr Jamai et Ali Anouzla, intitulé Le coût de l'autoritarisme. On y lit que « seul un processus de démocratisation crédible permettrait la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara », que si « les défaillances tactiques n'ont pas manqué, plus problématique et plus lourde de conséquence est leur incohérence stratégique. » et aussi : « le Maroc a, depuis le début de cette affaire, misé sur le facteur temps pour affaiblir ses adversaires. Aujourd'hui, ce facteur s'est transformé en guerre d'usure en raison de l'accumulation des erreurs. Le temps, au lieu d'effacer ces erreurs ou les faire oublier, ne fait qu'en amplifier le coût. »
    Ils ont eu le tort d'avoir raison.