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vendredi 19 mars 2010

Casablanca 21 mars : les raisons d'une marche populaire

par Ali Fkir, 18/3/2010
Nos questions et les réponses du camarade Mohammed Abounasr, coordinateur du "Comité de Suivi du Dossier de l'habitat à Casablanca":
1 - Quel est l'objectif de la marche que vous organisez en coordination avec l'AMDH, section de Casablanca?
- Abounasr: la satisfaction des revendications légitimes des citoyen-nes relatives à des logements salubres; à des logements qui respectent la dignité humaine.
2 - Quels sont les quartiers de Casablanca qui sont représentés dans ce mouvement?
- Abounasr: pratiquement tous les quartiers populaires qui souffrent de la précarité de l'habitat: Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Mohammedi, Medina, Bourgogne, Beauséjour...
3 - Quelle est la réaction de l'Etat?
- Abounasr: l'administration a essayé de "dialoguer" avec la section de l'AMDH en l'absence des représentant- es des victimes. Le bureau de la section a refusé tout dialogue en l'absence des premiers concernés.
4 - Qui se solidarise avec ce vaste mouvement des victimes de la marginalisation ?
- Abounasr: Les militant-es des droits humains, les forces démocratiques, les syndicats militants...


Abounasr (à droite) accompagné du camarade Saïd Chihab, en visite aux victimes de la marginalisation et de l'exclusion.
Le camarade Mohammed Abounasr est né et a grandi à Hay Mohammedi, l'un des plus pauvres quartiers de Casablanca. Il a trimé depuis l'âge de 16 ans pour subvenir aux besoins les plus élémentaires de sa famille restée sans ressource aucune après le décès de son père. Aujourd'hui enseignant chercheur, militant incontournable du Syndicat National de l'Enseignement Supérieur, se retrouve dans la tourmente de la lutte des siens pour les droits de citoyennetés les plus élémentaires.
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Nos questions et les réponses de la militante Zineb Alaoui, membre du "Comité de Suivi du Dossier de l'habitat à Casablanca"
1 - Vous êtes en train de préparer la marche du dimanche 21 mars 2010. Quelles sont vos revendications?
- Zineb: je peux résumer nos revendications dans les points suivants:
a - Annuler les décisions prises par les pouvoirs publics en 1989, qui exclurent pratiquement des milliers de familles du droit aux logements salubres.
b - Généraliser ( dans la transparence, sans corruption.. .) la distribution des logements salubres.
c - Accorder des facilités des payement aux bénéficiaires (selon les moyens de chaque famille).
3 - Dans quel cadre vous - t on arrêtée le mardi 16 mars 2010?
- Zineb: Les citoyen-nes distribuaient normalement l'appel à la marche du 21 mars. La police a embarqué ma camarade Fatima et mon camarade Abdennabi, je me suis alors précipitée pour monter dans la fourgonnette. Les policiers n'en revenaient pas. C'est la première fois qu'une citoyenne ne s'enfuit pas et ose monter dans la fourgonnette sans qu'elle y soit "invitée".
Nous avons protesté énergiquement au commissariat: nous distribuons légalement l'appel d'une association légale (AMDH) à une marche populaire pacifique.
En apprenant que nous sommes membres de l'AMDH, ils ont changé de ton et on a été traité avec respect. Ils voulaient connaître notre appartenance politique. Nous avons répondu que nous sommes simplement militantes de l'AMDH. Ce qui est vrai. Nous avons insisté sur le fait que nous continuerons notre légitime combat et qu'on a pas peur de la prison. Nous voulons des logements salubres.
On a été relâchés après 2h30mn de détention
4 - Vous n'étiez pas brutalisée?
- Zineb: absolument pas. De toute façon, ils avaient compris que nous n'avions pas peur et qu'on était prêt pour le pire.
5 - Vous êtes toujours déterminée à combattre pour des logements de dignité?
- Zineb: bien sûr. Je ne peux pas dormir tranquillement tant que ma petite famille n'a pas où vivre dignement. Nous sommes, toutes et tous déterminé-es à arracher nos droits.
Zineb, à la gauche du camarade Saïd Chihab, tous les deux membres du "Comité de Suivi..."
 Zineb Al Alaoui, femme au foyer (mère de deux enfants) se retrouve aujourd'hui au cœur de la lutte des sans-droits de citoyenneté. Forgée dans le feu de la lutte, oratrice convaincue et convaincante, cette femme née et grandi dans la édina, n'a pas froid aux yeux. "On m'a toujours dit que Dieu me viendra en aide, aujourd'hui j'ai décidé d'arracher moi-même mes droits".

Photos des précédentes manifestations (Ali Fkir, 05/03/2010)
Finie l'époque de "la femme à la maison!". Elles prennent la lutte en main. Merci combattantes! . Vous êtes la fierté de ce peuple.
 Pas d'âge pour protester.
Le camarade Abdellatif Dchiche, président de la section de l'AMDH -Casablnaca, toujours avec les sans-droits en lutte.
 Le discours des foules n'est plus le monopole des hommes. Elles sont nombreuses les oratrices à drainer les foules. Elles sont sur le terrain. Quant à nos "intello-bourgeoises " , elles peuvent fêter tranquillement le 8 mars dans les palaces à cinq étoiles.
De toute façons elles ne vivent pas dans les mêmes conditions et donc elles ne peuvent pas avoir les mêmes priorités.  C'est une question d'appartenance de classe.

SMESI: cafouillage

Communiqué du Comité de Solidarité avec les Ouvriers de SMESI, 19/3/2010
Transmis par Ali Fkir, coordinateur du CSOS
Le gouverneur de la ville de Khouribga a reçu, sur son "invitation" (le 17 mars 2010), le bureau syndical (UMT) des 850 ouvriers licenciés abusivement par l'OCP, géant groupe minier public (il monopolise plus de 90% de la production minière au Maroc, en plus de la quasi totalité de l'industrie de transformation minière en aval).
Selon notre première évaluation de la dite rencontre, nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'une opération de cafouillage, puisque rien de positif n'a été proposé aux victimes de l'arbitraire. Le gouverneur a parlé d'une rencontre ayant essentiellement pour but de "mieux se connaître".
Sa dernière phrase fut " vous avez raison, mais l'autre partie n'a pas tort".
C'est clair, l'Etat ne veut pas prendre ses responsabilités. La législation de travail est là, il suffit de l'appliquer: licenciement abusif, atteinte délibérée à la liberté syndicale...
Nous protestons contre l'attitude négative des représentants de l'Etat
Nous condamnons la connivence Etat-OCP
Nous dénonçons les tergiversations du gouverneur
Reprenons le flambeau de la solidarité, nationale, internationale et internationaliste
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE

mercredi 17 mars 2010

Solidaridad con trabajadores mineros de SMESI (OCP Khourigba) desde Cargill SLU Sevilla (España)

COMUNICADO

EL COMITE DE EMPRESA DE CARGILL, S.L.U. ( SEVILLA) QUIERE EXPRESAR:
SOLIDARIDAD CON LA LUCHA POR LA ESTABILIDAD DE LOS MINEROS DE SMESI Y EXIGE A LA OCP QUE NO PERMITA NINGUN DESPIDO DE NINGUN MINERO DE SUS EMPRESAS SUBCONTRATADAS, ASI COMO EXIGIR DE LAS AUTORIDADES MARROQUIES LA LIBERACION DE TODOS LOS MINEROS QUE HAYAN SIDO DETENIDOS POR DEFENDER SUS JUSTOS DERECHOS.

FIRMADO, Comité de empresa de Cargill SLU (Sevilla), 16 de marzo de 2010

mardi 16 mars 2010

HOY MARTES 16 SE ABREN LAS NEGOCIACIONES CON LOS TRABAJADORES DE SMESI-OCP DE KHOURIBGA

El pasado día 12, el comité local de la UMT de Khouribga ha hecho público un comunicado en el que anuncia la apertura de negociaciones con el gobernador de Khouribga que ha prometido llevar a la reunión “propuestas positivas”. Hay que hacer notar que ésta es una primera victoria de los trabajadores, puesto que, hasta ahora, las autoridades se habían negado a reconocer a la sección sindical de SMESI de la UMT como el sindicato representativo de los trabajadores despedidos.

En el comunicado, la UMT de Khouribga recuerda que hasta ahora todos los intentos de negociación han sido burlas con la única intención de frenar la lucha y las reivindicaciones de los trabajadores y ocultar la falta de transparencia en la gestión de la OCP.

Denuncian la salvaje represión sufrida por los trabajadores el 23 y el 25 de febrero sobre la que han presentado denuncia en el Juzgado de Instrucción nº 2 de Khouribga para que los responsables policiales de estas agresiones paguen su culpa y se hagan cargo de los gastos médicos de los heridos, especialmente de los que han sufrido fracturas y daños irreparables.

Reafirman la continuidad de su lucha contra el hambre, la exclusión y la represión, exigiendo sus derechos ante las autoridades, la OCP y el Ministerio de Energía y Minas.

Continúa el comunicado, esperando que la OCP esté presente en las negociaciones de hoy y acabe con su actitud de “Silla vacía”. Se debe poner fin al sufrimiento de los 850 trabajadores y sus familias, mediante la readmisión, la integración en la plantilla de la empresa y el reconocimiento del sindicato. Han sido años de trabajo sin derechos para la OCP, 7 meses despedidos sin ningún ingreso, todo esa sufrimiento debe acabar. En estos momentos, la OCP necesita mano de obra cualificada, se están acabando los stock existentes de fosfatos y la única solución adecuada es la incorporación de estos 750 trabajadores, que tienen ya una experiencia y una calificación profesional. También es preciso limpiar la empresa de la corrupción y de los ex directivos especuladores que crean empresas auxiliares fantasmas para enriquecerse con una empresa pública.

El comunicado termina agradeciendo a todas las organizaciones sindicales, políticas, humanitarias, tanto nacionales como internacionales, que han prestado su apoyo y solidaridad a la justa lucha de los trabajadores de SMESI-OCP y denuncian la falsedad de un comunicado emitido por la UNTM .

Traducción libre del árabe: CGT- ANDALUCÍA

lundi 15 mars 2010

OCP-SMESI : première victoire

Comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI(CSOS)
-Maroc-
             
خريبڭة، في: 12 مارس 2010
Première victoire des ouvriers des ouvriers de SMESI (filiale de l'OCP): les autorités ont été obligée de discuter avec le bureau syndical (UMT) des ouvriers, bureau considéré jusqu'à présent illégal.
 Après le Pacha, c'est au tour du gouverneur de recevoir les représentants des mineurs du phosphate (le 17/03/2010). Le représentant de l'État (propriétaire de l'OCP) serait porteur de "propositions positives".
  Les ouvriers ont reporté leurs sit-in et autres marches, en attendant la rencontre du mardi 16 mars 2010.
        Bravo prolétaires!
        Nous sommes toujours de votre côté!
                 Ali Fkir, coordinateur du CSOS (15mars 2010)
 
 Ci-dessous dernier communiqué de l'UMT Khouribga
 
الاتحاد المغربي للشغل
الاتحاد المحلي لنقابات
خريبكة
الاتحاد المغربي للشغل بخريبكة يطالب بإنصاف عمال سميسي ـ  ريجي وعائلاتهم، ويندد بقمع العمال وبالمفسدين داخل قطاع الفوسفاط، ويحيي عاليا المتضامنين بالداخل والخارج
 
    إن الاتحاد المحلي لنقابات خريبكة، التابع للاتحاد المغربي للشغل، وبعد تدارسه للتطورات التي عرفها ملف نقابة عمال سميسي ريجي، وما خلفه القمع الأسود الذي تعرضت له نضالات العمال يومي 23 و 25 فبراير 2010 من إصابات بليغة في صفوف العشرات من العمال ضمنها حالات كسر؛ وبعد اللقاء الذي عقده الخليفة الأول لعامل إقليم خريبكة صحبة مندوب الشغل والمدير الجهوي للطاقة والمعادن مع وفد من نقابة سميسي ـ ريجي، والذي لم يكن الهدف منه للأسف الشديد الاستجابة للمطالب البسيطة والعادلة للنقابة بإرجاع العمال إلى عملهم وإدماجهم وترسيمهم في إطار المجمع الشريف للفوسفاط، وإنما امتصاص غضب العمال بعد المجزرة الرهيبة التي ارتكبت في حقهم، ومعاودة طرح موضوع توقيع عقود مع شركات وهمية، وهو الطرح الذي ظل العمال يرفضونه على الدوام؛ وبعد لقاء ثان للخليفة الأول بمفرده مع نقابة سميسي ـ ريجي والذي أخبرهم فيه بترتيب لقاء لهم مع عامل إقليم خريبكة في بحر الأسبوع المقبل للتداول في الملف، وهو ما حدا بالعمال إلى تعليق الوقفتين الاحتجاجيتين اللتين كان من المقرر خوضهما أمام إدارة الفوسفاط بخريبكة يومي 11 و 12 مارس 2010 كتعبير منهم عن حسن النية والرغبة في أن يتم إنصافهم في اللقاء المرتقب.. كما تزامنت هذه الأحداث وتزايد الضغوطات الخارجية على الدولة وإدارة الفوسفاط من أجل إيجاد حل لهذا الملف الذي طال أمده، مع توقيف مدير القطب المنجمي  وعناصر أخرى من طرف الإدارة العامة للمجمع الشريف للفوسفاط، والذي يبدو أن من بين أسبابه تداعيات الفضائح و التلاعبات التي فجرها ملف سميسي ـ ريجي..،  وبناء عليه، فإننا في الاتحاد المحلي لنقابة خريبكة:                                                          
    1 ـ نجدد إدانتنا للقمع الهمجي الذي تعرض له العمال يومي 23 و 25 فبراير 2010، مطالبين الوكيل العام للملك بمحكمة الاستئناف بخريبكة بفتح تحقيق في الموضوع ومتابعة المسؤولين عن قمع العمال، وكذا توفير العلاج للمصابين وتعويضهم عن الأضرار الجسمانية والمعنوية التي لحقت بهم، خاصة وأن هناك من تحتمل إصابته بعاهة مستديمة.
    2 ـ نحيي عاليا صمود العمال وعائلاتهم ضد التجويع والتشريد والقمع وكذا استعدادهم العالي للتضحية، مطالبين الجهات المسؤولة من سلطات إقليمية ومحلية وإدارة المجمع الشريف للفوسفاط ووزارة الطاقة والمعادن والوزارة الأولى بالاستجابة الفورية لمطالب العمال.
    3 ـ نأمل أن تحضر إدارة الفوسفاط، التي ظلت تنهج  سياسة الكرسي الفارغ، اللقاء الذي سيعقد بإشراف عامل إقليم خريبكة ، وأن يكون هذا اللقاء تفاوضيا ومحطة تضع حدا لمعاناة العمال بإرجاعهم إلى عملهم وإدماجهم وترسيمهم، بعد سنوات طويلة ومسترسلة من العمل داخل المجمع الشريف للفوسفاط دون حقوق، وبعد توقيف جائر تعدى 7 أشهر.
    4 ـ نعتبر حاجة إدارة الفوسفاط إلى يد عاملة مدربة أمرا ملحا في الظرفية الحالية مع قرب نفاد المخزون الاحتياطي من الفوسفاط، وعليه فإن إرجاع وإدماج عمال سميسي ريجي يعتبر الحل الأمثل بحكم خبرتهم وتجربتهم في الميدان بشهادة الإدارة نفسها، وأن اللجوء إلى حلول خارج ذلك يضر بالاقتصاد الوطني أولا، ويزيد من وطأة الظلم والقهر على العمال ومن حدة الاحتقان الاجتماعي ثانيا.
    5 ـ نعتبر أن فتح تحقيق شامل حول التلاعبات التي تتم في القطاع والتي كان من ضحاياها عمال سميسي ـ ريجي، وتطهيره من المفسدين، لمن شأنه أن يساهم في ترميم صورة المجمع  الشريف للفوسفاط التي اهتزت أمام الرأي العام الوطني والدولي.   
    6 ـ نحيي بحرارة كل الهيئات السياسية والنقابية والحقوقية والمدنية في الداخل والخارج التي عبرت عن إدانتها للقمع الوحشي الذي تعرض له العمال أو ساندت نضالاتهم، وكذلك الأمر بالنسبة للمنابر الإعلامية، مشيدين بالضغط الخارجي على الدولة وعلى إدارة الفوسفاط من أجل العمال، معتبرين ما جاء في بيان المكتب الإقليمي للاتحاد الوطني للشغل بالمغرب بخريبكة حول علاقة العمال بشركات الوساطة خاطئا  تماما مطالبين بتصحيحه.
عاشت كفاحات نقابة سميسي ريجي
عاش الاتحاد المغربي للشغل
المكتب المحلي

mercredi 10 mars 2010

Nezha toujours à l'hôpital

par Ali Fkir, 8/3/2010
Au cours du sit-in organisé le jeudi 4 mars 2010 par les sans-droits de citoyenneté, madame NEZHA (enceinte de 7 mois) a succombé aux conditions de pression exercées par les "forces de l'ordre"sur les victimes des politiques de l'État en protestation. Elle est toujours hospitalisée et les médecins craignent pour le fœtus.

Nezha n'a pas pu participer ainsi aux activités organisées par ses camarades au sein du local d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD) et au sit-in du 7 mars 2010 devant la Wilaya de Casablanca
   Nezha est du Douar Maallam Ali, hay Essalem.
    Souhaitons prompt rétablissement à NEZHA
    La solidarité nous interpelle
                                          
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Najlae de retour !

par Ayad Ahram, ASDHOM, 8/3/2010
Sarkozy vient d’annoncer à l’issue d’une rencontre à l’Elysée qui a regroupé le 8 mars 2010 plusieurs responsables d’associations que « la France est prête à accueillir Najlae Lhmiri ».
Najlae, c’est cette jeune étudiante marocaine qui a été expulsée le 20 février 2010 après être allée déposer une plainte pour violence subie. Un comité de soutien autour de RESF du Loiret s’est constitué pour réclamer son retour. L’ASDHOM avait également interpellé sur ce sujet le préfet du Loiret. En cette journée internationale des femmes, on ne peut que se réjouir de cette bonne nouvelle et nous présentons à Najlae et à son comité de soutien toutes nos félicitations. La mobilisation paye…
 

Pourquoi sauver Kaddour Terhzaz



La justice militaire marocaine a condamné l’ancien colonel-major Kaddour Terhzaz à douze ans de réclusion pour «atteinte à la sécurité extérieure de l'État». En raison de ses états de service honorables, de ses distinctions, de la procédure expéditive de son procès et de son état de santé précaire, il vaudrait mieux le libérer.

Tout en faisant preuve de compassion humaine, un tel geste lui rendrait sa sérénité et contribuerait à l’amélioration de l’image du pays à l’étranger.

Le colonel-major Kaddour Terhzaz est arrêté le 9 novembre 2008. Il est jugé par la justice militaire marocaine, de manière expéditive. Mais avant d’analyser le(s) motif(s) de son incarcération, faisons le portrait de celui qui était le numéro deux de l’armée de l’Air marocaine. Cela permettra de juger de la validité des accusations portées contre lui.

Kaddour Terhzaz, un homme d’honneurs et de distinctions militaires et civiles

Terhzaz était un des douze pilotes de la première promotion de l'aviation marocaine, l’«escadrille Mohammed V», formée à Salon-de-Provence. Ce militaire de carrière est né en 1937 à Tahala. Vingt-deux ans plus tard, il a décroché son diplôme d’ingénieur de l’École de l’Air française. Il est nommé en 1958 commandant de la première base militaire aérienne, puis chef du Bureau du personnel et opérationnel État-Major de l’Aviation durant les années 1964-1967. Cette mobilité atteste de la confiance placée en lui par la monarchie.

Après une année à l’École d’État-Major aux États-Unis, Terhzaz est nommé en 1968 chef du Bureau «Opérations État-major Aviation». Il y est resté deux ans. De retour d’une formation de deux ans à l’École de Guerre de Paris, il est désigné commandant en second de l’armée de l’Air (1972-1973). À l’époque, Hassan II avait échappé par deux fois à des tentatives de putsch militaires. Une occasion qui lui a permis de reprendre en main la Grande muette, en attendant l’ouverture du front méridional face au Front Polisario. Après trois années (1973-1976) passées à Washington comme attaché militaire, Terhzaz est nommé inspecteur en second de son corps d’armée. Fonction occupée de 1977 à 1988. Sept ans plus tard, il est mis à la retraite.

Durant sa longue carrière, Terhzaz a cumulé plusieurs distinctions nationales et internationales. Son pays lui a décerné le titre d’« Officier de l’Ordre du Trône» (1968) et la Médaille militaire «Sahara» (1985). La France lui a accordé la Croix de Guerre (1963), les États-Unis la «Legion of Merit-Degree of Officer» (1977) et l’Espagne le «Grand Cordon du Mérite» (1984). Paris lui a également accordé le titre prestigieux de «Chevalier de la Légion d'Honneur» (1980). C’est dire la confiance placée en lui par la monarchie marocaine et par l’Occident. D’où la stupéfaction de plusieurs au moment du prononcer de la sentence à son encontre.

Terhzaz et l’«atteinte à la sécurité extérieure de l'État»

Placé hors cadre en 1988, il est mis à la retraite en 1995, en guise de mesure disciplinaire, «pour violation des consignes militaires générales», selon ses détracteurs. On lui a reproché d’avoir violé des «consignes militaires générales». Affirmation rejetée par sa défense qui estime que cette mise à la retraite était due à sa limite d’âge (58 ans). De plus, étant «hors cadre», il n’assumait plus aucune fonction officielle et ne pouvait donc violer quelques «consignes militaires générales» que ce soit. Le 28 novembre 2008, il est condamné à douze ans de prison ferme pour avoir «divulgué des secrets de la défense nationale». Mais y a-t-il eu vraiment matière à condamnation?

Avec l’éclatement en 1975 du conflit armé entre le Maroc et la guérilla indépendantiste du Polisario («Maghreb: Barack Obama et la crise du Sahara occidental»), Terhzaz était (en sa qualité d’inspecteur en second de son corps d’armée) responsable notamment des pilotes chargés de bombarder les colonnes mobiles du Polisario. Celui-ci a capturé plusieurs d’entre eux. Il fallait attendre 2003 pour que les survivants d’entre eux et des soldats puissent retourner au Maroc, grâce à la Croix Rouge international et au sénateur de l’Arizona, John McCain. Après plus de vingt ans d’enfermement dans les geôles du Polisario.

Une fois de retour au pays, ces anciens militaires s’étaient rendu compte qu’ils conserveraient le même grade que celui qu’ils avaient au moment de leur capture. Cela est contraire à l’article 54 du code des officiers, qui prévoit l’avancement d’un grade pour les prisonniers de guerre. Pour corriger cette situation, un des leurs, Ali Najab, a contacté son ancien chef, Terhzaz. D’où la lettre manuscrite adressée en 2005 par l’ex-numéro deux de l’armée de l’Air à Mohammed VI, chef suprême des Armées et chef d’État-Major général des Forces armées royales. Une missive qui n’est pas arrivée au bon port.

Dans cette lettre, il a expliqué la situation précaire de centaines d’anciens soldats prisonniers et imploré le roi de s’occuper de leur situation puisque leur libération ne s’est accompagnée ni de dédommagement ni de reconstitution de carrière. Il a également souligné «les lacunes (techniques) de l’aviation marocaine pendant les années 1970 à travers leur incapacité à faire face aux fameux SAM7 soviétiques de l’adversaire» (voir des extraits de cette lettre dans «Maroc Hebdo international», 25-31 décembre 2009). Il en a remis une copie à Najab. Mais la sécurité militaire y a mis la main! Celui-ci s’est défendu d’en être le «couleur».

Un peu plus de trois ans plus tard, le général Abdelaziz Bennani a porté plainte contre Terhzaz. Il est arrêté et condamné en 2008 par un tribunal militaire, lors d’un procès expéditif, à douze ans de réclusion pour le chef d’accusation d’«atteinte à la sécurité extérieure de l'État», pour avoir «divulgué des secrets de la défense nationale.»

Mais différents éléments montrent le caractère injuste de cette sentence. Nous en relevons ici deux. D’abord, le motif de condamnation, à savoir «l’atteinte à la sécurité extérieure de l'État». En envoyant sa lettre à Mohammed VI, on ne peut l’accuser d’avoir divulgué des secrets militaires puisqu’il s’adressait au chef suprême des Armées et chef d’État-Major général des FAR. De plus, en évoquant «les lacunes» (techniques) de l’aviation marocaine, il n’a fait que rapporter un secret de polichinelle connu depuis les années 1970-1980. D’ailleurs, l’instigateur de la démarche de Terhzaz avait dès 2006 révélé à «Maroc Hebdo international» que les avions F5 de la chasse marocaine «n'étaient pas équipés de moyens électroniques anti-missiles» (21-27 avril 2006), sans provoquer de courroux. Pour ces deux raisons, la thèse du règlement de comptes est avancée par plusieurs, dont la famille Terhzaz (Le Nouvel Observateur, 25 février 2010).

Le deuxième élément de l’iniquité du jugement concerne la procédure. D’abord, la lettre, seule pièce d’accusation. Le tribunal a ordonné sa destruction! Ensuite, deux semaines seulement après son arrestation, Terhzaz est jugé par le tribunal permanent des FAR. Le procès, tenu à huis clos, a duré une heure seulement! La cour a non seulement refusé d’appeler les témoins de la défense à la barre, mais a laissé le procureur présenter un dossier vide (selon l’avocat de la défense, Mohammed Ziane). Le prévenu est condamné à une peine de douze ans. Cela montre le caractère expéditif de la procédure.

Faute de grâce royale et à cause du rejet du recours en cassation, la famille Terhzaz est sortie un an plus tard de sa réserve. Craignant le pire, elle tente depuis de mobiliser l’opinion publique pour amener les autorités à le libérer. D’où notamment les interventions infructueuses à ce jour auprès du roi. Sans oublier leur organisation de manifestations, dont la plus récente s’est déroulée les 6-7 mars à Grenade, lieu du premier sommet Maroc-Union européenne consacré au «statut avancé» que l’UE avait accordé au royaume en octobre 2008. Terhzaz a quant à lui vu ses conditions de détention se durcir.

Ne laissez pas Kaddour Terhzaz mourir en prison

L’ancien numéro deux de l’armée de l’Air est désormais l’objet d’un régime d’incarcération très rigoureux. Son isolement n’a pas de restrictions. Il est privé de plusieurs droits dont bénéficient la plupart des détenus. Plus préoccupant encore son état de santé très précaire. À son âge vénérable (72 ans) s’ajoute ses problèmes cardiaques qui ne devront qu’empirer si d’aventure les autorités pénitentiaires n’allégeaient pas son régime d’incarcération. En raison de son passé militaire et du caractère inique de son jugement, Rabat devrait réviser son jugement en attendant de le libérer. D’ailleurs, pour faire rejuger l’affaire, le célèbre et unanimement respecté avocat Abderrahim Jamaï s’apprête à intenter un «recours de rétractation». Mais le temps presse. Il faudrait agir vite pour éviter le pire.
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L’affaire Kaddour Terhzaz est emblématique de la non-indépendance du système judiciaire marocain. C’est pourquoi une intervention royale rapide pour sauver la vie de cet ancien officier et lui rendre sa dignité est plus que nécessaire. Tout en sauvant la vie d’un homme, elle inspirera un certain degré de confiance dans la sérénité des institutions marocaines au pays comme à l’étranger.



lundi 8 mars 2010

La intifada té nom de dona/La intifada tiene nombre de mujer/L'Intifada a un nom de femme


 
                  
           

  El 8 de Març és el Dia internacional de la Dona i recordem les dones que han lluitat per un món amb igualtat, més just. Les dones sahrauís han tingut i tenen un paper fonamental en l’estructura social i política de la RASD i assolit un estatus molt més avançat que la majoria de societats àrabs i musulmanes.
Les dones sahrauís són combatives. Històricament, han format part de l’exèrcit i en l’organització dels campaments de refugiats, però també als territoris ocupats lluitant amb les úniques armes de la paraula i la raó. Elles reclamen justícia, respecte als drets humans i el dret a l’autodeterminació del poble sahrauí. Dones que no s’acovardeixen davant de l’amenaça de presó, tortura, violació o repressió. Recordem Aminetu Haidar o Sultana Khaya. El terror que sofreixen les dones sahrauís és estratègia programada i executada per destruir la resistència del poble sahrauí.
La violència de les forces d’ocupació marroquines contra les dones sahrauís és perquè el règim alauita té por de les dones sahrauís? La resposta és “sí”. La intifada té nom de dona.


Miquel Cartró i Boada, llicenciat en Filologia Catalana, és tècnic en comunicació i relacions públiques, membre de la junta directiva de l'ACAPS (Associació Catalana d'Amics del Poble Sahrauí), de l'ACAPS Wilaia Alt Penedès i de Resistència Sahrauí, i forma part de diverses associacions solidàries, culturals, socials i esportives.

  El 8 de Marzo es el Día internacional de la Mujer y recordamos las mujeres que han luchado por un mundo con igualdad, más justo. Las mujeres saharauis han tenido y tienen un papel fundamental en la estructura social y política de la RASD (República Árabe Saharaui Democrática) y han alcanzado un estatus más avanzado que la mayoría de sociedades árabes y musulmanas.

Las mujeres saharauis son combativas. Históricamente, han formado parte del ejército y en la organización de los campamentos de refugiados, pero también a los territorios ocupados luchando con las únicas armas de la palabra y la razón. Ellas reclaman justicia, respeto a los derechos humanos y el derecho a la autodeterminación del pueblo saharaui. Mujeres que no se acobardan ante la amenaza de prisión, tortura, violación o represión. Recordemos Aminetu Haidar o Sultana Khaya. El terror que sufren las mujeres saharauis es programada y ejecutada para destruir la resistencia del pueblo saharaui.

La violencia de las fuerzas de ocupación contra las mujeres saharauis es porque el régimen alauí teme a las mujeres saharauis? La respuesta es "sí". La intifada tiene nombre de mujer.
Miquel Cartró Boada, licenciado en Filologia Catalana es  técnico en comunicación y relaciones públicas, miembro de la junta directiva de la ACAPS (Associació Catalana d’Amics del Poble Sahrauí), de la ACAPS Wilaia Alt Penedès y de Resistencia Sahrauí, y forma parte de varias asociaciones solidarias, culturales, sociales y deportivas.

  Le 8 Mars, Journée internationale de la femme, nous célébrons les femmes qui ont combattu pour un monde d'égalité, plus juste. Les femmes sahraouies ont eu et ont un rôle clé dans la structure sociale et politique de la RASD (République árabe sahraouie démocratique) et ont atteint un statut plus avancé que dans la plupart des sociétés arabes et musulmanes.
Les femmes sahraouies sont combatives. Historiquement elles ont fait partie de l'armée et de l'organisation des camps de réfugiés, mais aussi dans les territoires occupés, se battant avec les seules armes de la parole et de la raison.
Elles demandent la justice, le respect des droits humains et le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

Des femmes qui n’ont pas peur des menaces d'emprisonnement, de torture, de viol ou de répression. Rappelons-nous Aminatou Haidar ou Sultana Khaya.

La terreur subie par les femmes est programmée et exécutée pour détruire la résistance du peuple sahraoui.
La violence des forces d'occupation contre les femmes sahraouies est-elle due au fait que le régime alaouite craint les femmes sahraouies? La réponse est «oui». L'Intifada a un nom de femme.

Miquel Cartró i Boada, licencié en philologie Catalane est  technicien en communication et relations publiques, membre du conseil d'administration de l' ACAPS (Association Catalane des Amis du Peuple Saharoui), de l'ACAPS Wilaya du Haut Penedès et de Resistencia Sahrauí, et il est membre de diverses associations de solidarité, culturelles et sportives.

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala