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lundi 5 septembre 2011

Le mouvement du 20 février : Réalités et perspectives


Par Abdelhamid AMINE*, 5/9/2011

Le 05 Aout 2011, la Coordination de soutien au mouvement du 20 février à Bruxelles a organisé une activité sur « lemouvement du 20 février : réalités et perspectives » ; j’ai été invité dans ce cadre à faire un exposé sur ce thème via internet. J’ai préparé à cette occasion un texte que je n’ai pu exposer qu’en partie à cause du temps imparti. On trouvera ci-dessous l’intégralité du texte légèrement retouché.
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I) Merci pour l’invitation à participer à ce débat très important, qui à mon avis doit être ouvert partout, non seulement au Maroc, mais également par nos citoyenNEs résidant à l’étranger et plus particulièrement en Europe.
Tout d’abord je me félicite, avec vous, de l’impact combien positif du mouvement du 20 février (M20F) sur nos concitoyenNes dans les pays occidentaux : vos activités et vos manifestations à Bruxelles, à Paris, à Madrid, à Barcelone, en Hollande, en Italie, en Allemagne, aux USA, au Canada et ailleurs nous réchauffent le Cœur.

L’une des conséquences heureuses du M20F c’est qu’il a permis de rassembler nos militantEs démocrates et plus généralement nos militantEs anti-makhzen dans un même combat pour instaurer un régime démocratique au Maroc. C’est pour nous une renaissance salutaire du mouvement démocratique marocain à l’étranger qui a joué, rappelons-le, un rôle essentiel dans le combat contre le despotisme hassanien des années de plomb.

Votre action à l’étranger, et notamment à Bruxelles capitale de l’Union Européenne, nous réconforte, surtout quand elle est conjuguée avec celle des démocrates des pays d’accueil ; nous sommes alors assurés que notre voix sera entendue en Europe ; ceci est d’autant plus important que les gouvernements des pays occidentaux continuent – pour des raisons d’intérêt économique doublées d’analyses de courte vue – à avoir une attitude partiale et à appuyer le pouvoir despotique marocain au dépens des démocrates, de la démocratie et de la liberté au Maroc. Alors les amis, en avant, continuez votre travail, je pense qu’avec le M20F nous sommes cette fois sur la bonne voie, celle menant à la liberté, l’égalité, la solidarité, la démocratie et la justice sociale, celle menant au développement économique, social et culturel et à la dignité – bafouée durant des siècles – pour notre peuple.

II) Quelle explication pour l’émergence du M20F.

Je pense que ce mouvement trouve son explication :
 - D’abord dans les contradictions internes de la société marocaine ; depuis des siècles, le peuple marocain n’a cessé de mener un combat historique contre le Makhzen, véritable obstacle à tout progrès politique, économique, social et culturel ; cette lutte est devenue plus aigue depuis la fin du protectorat.
Le Souvenir des années de plomb, et des violations graves qui les ont caractérisées et qui restent gravées à jamais dans la mémoire populaire, est là pour nous rappeler cette lutte acharnée entre Makhzen et démocrates d’où malheureusement il est sorti vainqueur, momentanément bien sûr, puisque nous le savons, nous militants, que les peuples finissent par vaincre et avoir le dernier mot.

- Ensuite dans l’impact sur notre pays, et sur nos jeunes en particulier, du « Printemps arabe » et surtout des révolutions tunisiennes et égyptiennes qui ont eu un grand écho, puis un énorme impact d’autant plus que nous les avons suivies au jour le jour à travers notre solidarité et notre soutien militant organisé : ce fut d’abord le Réseau Marocain de soutien aux démocrates tunisiens (créé en octobre 2005 et réactivé en décembre 2010 suite à l’immolation du jeune Bouazizi) qui a été développé en Réseau Démocratique marocain de solidarité avec les peuples dont le 1er objectif était la solidarité avec le peuple, égyptien mais dont le rôle permanent est la solidarité avec les peuples, tous les peuples dans leur combat contre l’impérialisme, le sionisme et les réactionnaires ennemis de la démocratie et des droits humains.
C’est la conjonction de ces deux facteurs, interne et externe, qui ont permis l’émergence du mouvement du 20 février (M20F), d’abord sur la toile internet avec les discussions lancées par les jeunes de projets de revendications, de programmes et de moyens d’action ; la date de la première grande manifestation nationale a été fixée d’abord au 27 février puis avancée au 20 février, pour contrecarrer les critiques malveillantes du pouvoir traitant les jeunes qui ont lancé l’initiative d’agents du Polisario du fait que la 1ère date choisie, le 27 février, coïncidait par hasard avec l’anniversaire de la proclamation en 1976 de la RASD.

III) Le mouvement du 20 février en marche
Deux dates importantes à retenir avant le 20 février :

- Le 12 février, une grande manifestation a été organisée à Rabat devant le parlement par le Réseau démocratique Marocain de solidarité avec les peuples pour fêter cette première victoire du peuple égyptien, qu’est la chute le 11 février du Dictateur H.Moubarak, auquel d’ailleurs nous souhaitons un procès juste, qui devrait si justice il y a, être incarcéré pour le restant de sa vie.

Le plus important dans cet évènement c’est la transformation, d’ailleurs organisée, du sit-in en forum de débat auquel ont participé trois à quatre cents personnes avec pour thème : que faire au Maroc ? Après quelques 3 heures de débat la décision était unanime : descendre dans la rue et marcher ensemble et partout au Maroc, le 20 février.

- Le 17 février, une conférence de presse a été organisée par le mouvement marocain des droits humains au siège de l’AMDH, pour appuyer le M20F avec la participation de représentants des jeunes du 20 février et également du coordinateur du réseau démocratique marocain de solidarité avec les peuples qui jouait provisoirement le rôle de coordination nationale d’appui au M20F.

Durant cette conférence, les jeunes du 20 février sont descendus pour la 1ère fois du virtuel pour mettre pied sur terre ; on découvrait alors certains de leurs visages et surtout leur plateforme d’action datant du 14 février qu’ils ont présentée avec fougue et rigueur aux journalistes très nombreux eu cette journée du 17 février ; cette plateforme a été reprise par la presse ; elle a été également publiée en Arabe et en Français par le mensuel de l’AMDH, Attadamoune, paru fin février.

Le Mouvement du 20 février, avant son passage à l’action, a été farouchement combattu par le pouvoir Makhzenien et les forces réactionnaires qui le soutiennent et qui n’ont pas hésité à qualifier les jeunes du M20F d’agents du Polisario et de l’Algérie, de mécréants, d’athés, de mangeurs de Ramadan, d’homosexuels etc.… On a eu recours à la désinformation pour déstabiliser le mouvement, puisqu’ils sont arrivés jusqu’à annoncer le 19 février à la télévision gouvernementale que les manifestations du 20 février ont été annulées par le M20F lui-même.

Malgré cela les manifestations du 20 février ont connu un énorme succès :
- Quelques 60 villes ont connu des marches ou d’autres types de manifestations ; quelques 300.000 personnes sont descendues dans la rue.
Beaucoup d’hésitants y compris des membres influents de partis gouvernementaux étaient là, à défiler avec les jeunes !!

- Les manifestations se sont déroulées généralement de manière pacifique même si le pouvoir n’a pas manqué de gâcher la fête : quelques fins de manifestation (notamment à AL Hoceima, Sefrou, Larache) se sont terminées par l’usage de la violence, des violences d’origine douteuse qui se sont soldées par la mort de cinq jeunes incendiés dans une banque d’Al Hoceima et par le tabassage à mort du jeune Kamal Chaib à Sefrou.

Deux réunions successives du Réseau Démocratique Marocain de Solidarité avec les peuples, le 20 et 23 février au siège de l’AMDH, ont permis de constituer le Conseil National d’Appui au Mouvement du 20 février (CNAM20) regroupant des dizaines d’organisations politiques, syndicales, des droits humains, des femmes, des jeunes, culturelles et associatives diverses ainsi d’ailleurs que des personnalités ; le CNAM20 a appelé immédiatement à la constitution dans toutes les villes des CLAM20 : Conseils locaux d’appui au mouvement du 20 février.

Ainsi donc le M20F avait dès sa naissance deux ailes pour voler vers la démocratie :

- Le mouvement des jeunes du 20 février qui existe dans la plupart des localités ; c’est un mouvement constitué essentiellement de jeunes, mais souvent ouvert aux militants non jeunes dans plusieurs villes.

- Les Conseils National et locaux d’appui aux mouvements des jeunes du 20 février, mais ayant également pour objectif déclaré de participer aux manifestations décidées par le mouvement des jeunes du 20 février.

Depuis le début, un débat a été et reste ouvert pour trouver la voie vers la coopération organisée puis la fusion des deux ailes dans le cadre du M20F.

- Le 5 mars s’est tenue la 2ème AG du CNAM20 avec la participation de 99 organisations à caractère national. Une grande décision était prise : la 2ème journée nationale militante du M20F aura lieu le 20 Mars.

Le Pouvoir ne pouvait rester inactif devant le succès inattendu pour lui des marches du 20 février, de leur impact médiatique et populaire, devant l’organisation réussie du CNAM20 et surtout devant la détermination du M20F à continuer le combat et redescendre le 20 mars dans la rue ; il fallait faire quelque chose, et ce furent la 1ère réunion, très médiatisée du CES (Conseil Economique et Social), l’embauche de quelques milliers de diplômés enchômagés, la création du Conseil National des Droits de l’Homme (en remplacement du CCDH) la création du médiateur en remplacement de Diwane Al Madalim ; mais ce fut surtout le discours royal du 09 mars annonçant l’amendement de la constitution avec l’annonce des 5 constantes intangibles (que sont la monarchie, la commanderie des croyants, le caractère islamique de l’Etat, l’unité nationale et l’intégrité territoriale et le choix démocratique) et des sept fondements à respecter par le comité de rédaction des amendements présidé par Manouni et constitué de 18 autres personnes toutes désignées, sans consultations préalables, par le Roi.

L’offre royale concernant la constitution était considérée comme inattendue et très avancée par ceux qui ont toujours soutenu le pouvoir, d’où leur enthousiasme affiché, et comme insuffisante, décevante tant sur la forme, que sur le contenu par le M20F qui n’a pas manqué de le faire savoir.

Le 13 mars, et avant même la journée nationale militante programmée pour le 20 mars, des marches ont été organisées dans quelques villes, notamment à Casablanca. Et ce fut la répression farouche et surtout gratuite, qui d’ailleurs a été dénoncée par la presse nationale et également par l’opinion internationale, ce qui a créé les conditions d’un recul du pouvoir et du grand succès des deux journées militantes nationales du 20 mars (avec 100 marches nationales) et du 24 avril (avec 110 marches au niveau national et également des marocains à l’étranger) auxquelles ont participé plus d’un demi-million de manifestantEs chacune.
La lutte sur le terrain est devenue quasiment irréversible. Et ce furent après le 20 février, le 20 mars, et le 24 avril :

- Les grandes manifestations à l’occasion du 1er mai et auxquelles ont participé les militantEs du M20F.

- Les manifestations du 08 mai qui ont eu pour thème la dénonciation de l’acte terroriste du 28 avril à Marrakech au Café Argana, tout en continuant à dénoncer le despotisme et la prévarication (« Al Fassad »).

- Les manifestations quasi hebdomadaires avant le référendum du 1er juillet et après le référendum, et qui continuent jusqu’à maintenant, et qui vont continuer encore malgré les vacances d’été et malgré le Ramadan.

- Parmi les marches à caractère national, six journées militantes nationales ont été organisées par le CNAM20 en se basant sur les décisions des coordinations locales du mouvement des jeunes du 20 février.

Ce furent, outre les 3 journées militantes nationales citées ci-dessus, les journées du 22 mai, du 26 juin et du 17 juillet ; une autre journée nationale militante a été organisée le 05 juin à l’initiative autonome du CNAM20 pour protester contre la répression des marches du 15, 22 et 29 mai.

Notons que le M20F a connu plusieurs moments difficiles et des goulots d’étranglement qui auraient pu freiner ou briser sa marche, mais qu’il a dépassés avec succès. On pourra notamment évoquer :

- La répression directe (le 13 mars, le 15,22 et 29 mai).

-L’instrumentalisation des « baltagias », ces forces auxiliaires non régulières commanditées par les services de police.

- L’attentat terroriste du 28 avril à Marrakech.

- Les mesures à caractère social déjà évoquées et auxquelles on pourra ajouter l’accord du 26 avril suite au dialogue social.

- les deux discours royaux du 9 mars et du 17 juin présentant le projet de constitution amendée et appelant les marocainEs à voter oui pour ce projet.

- le Référendum du 1er juillet, avec les moyens de tout bord et souvent illicites utilisés pour arriver au résultat déclaré de 73.5% de participants et 98.5% de Oui pour le Référendum ; ce résultat analysée objectivement montre en fait que près de 60% de citoyenNEs marocains en âge de voter au Maroc et à l’étranger n’ont pas participé au vote.

En fait le M20F continue, et tous les goulots d’étranglement ont été dépassés, y compris celui du Référendum. Puisque d’une part deux jours après, le dimanche 3 juillet les marches ont continué de plus bel en avançant toujours – à côté de revendications politiques et sociales générales, de la libération des prisonniers politiques, de la vérité et de la justice pour ce qui concerne les martyrs du M20F, des libertés publiques, de la lutte contre l’impunité – celle d’une constitution démocratique de par la méthodologie de son élaboration, son contenu et son adoption ; tout s’est passé pour le M20F comme si les mesures du pouvoir dans le domaine constitutionnel étaient un simple coup d’épée dans l’eau.

IV) Comment caractériser brièvement le M20F ?

C’est d’abord un mouvement démocratique populaire, en ce sens qu’il vise la chute de la domination séculaire du makhzen et l’édification d’un régime démocratique, avec les fondements de l’état de droit, d’une société de dignité et de citoyenneté respectueuse des droits humains pour touTEs.
C’est un mouvement complexe qui a deux composantes, ou comme dit plus haut deux ailes :
- Le mouvement des jeunes du 20 février ; ce sont eux qui ont pris l’initiative d’abord sur le réseau internet puis sur le terrain à partir du 20 février.

- Le mouvement d’appui au mouvement des jeunes du 20 février le CNAM20 (Conseil National) et les CLAM20 (Conseils locaux).

Le CLAM20 a été constitué formellement le 23 février lors d’une 1ère AG ; il a tenu deux autres AG le 05 mars et le 11 juin ; lors de cette dernière AG le CNAM20 a adopté deux documents importants : d’une part une déclaration finale où figuraient notamment les revendications du Conseil national et d’autre part une plateforme appelée « fondements de l’action du CNAM20) ; ces deux documents ont permis de voir plus clair dans l’action du CNAM20.

Rappelons par ailleurs qu’une réunion importante a eu lieu le 17 avril à Rabat entre le comité de suivi du CNAM20 et les représentants des CLAM20 et qui ont permis d’améliorer la communication entre le centre et les régions.

Notons également que dans l’avenir et à partir de la 4ème AG du CNAM20 y seront représentés outres les représentants des organisations nationales membres du CNAM20, ceux des divers CLAM20.

V) Quelles perspectives pour le M20F

Notons tout d’abord qu’il est heureux que le M20F se soit débarrassé d’une certaine tendance au mimétisme des expériences tunisiennes et égyptiennes ; l’expérience de Maydane Attahrir subjuguait nos jeunes qui voulaient la reproduire dès le 1er jour ; ils n’ont pas cessé au départ de vouloir organiser une grande manifestation nationale qui devait se terminer par un grand sit-in continu jusqu’à la satisfaction des revendications du M20F.

Or si nous avons en commun avec toutes les expériences arabes l’objectif de nous débarrasser du despotisme et du « Fassad » (prévarication), chaque pays a sa spécifité quand il s’agit des modes de lutte. Je pense que pour le Maroc nous nous acheminons vers un combat qui – après avoir duré près de 6 mois –pourrait durer encore plusieurs mois avant de donner des résultats qualitatifs.

Il est donc clair qu’on ne peut reproduire l’expérience tunisienne ou égyptienne au Maroc, non seulement parce que chaque pays à son histoire et ses spécifités de lutte, mais également parce que, après l’Egypte il y a eu les expériences sanglantes de Libye, du Yemen, du Bahreïn et de Syrie, et il y a eu les actions impérialistes visant à briser l’élan populaire pour contrôler la marche des mouvements pour le changement et sauvegarder leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région. Surpris au départ, les dirigeants des pays occidentaux, ont appris à prévoir et à prévenir pour sauvegarder leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région : Israël et les régimes réactionnaires arabes ; ce qui peut passer par la promotion de changements superficiels sans répercussions négatives sur les intérêts vitaux de l’occident et ses alliés de la région, Israël en tête.

Le mouvement du 20 février est devenu en quelques mois une grande force politique et un véritable levier pour le changement démocratique ; c’est déjà le plus grand mouvement politique qu’à connu notre pays depuis le combat contre le protectorat et pour l’indépendance tant par le nombre de ses partisans, des villes participantes, que par sa durée. C’est aussi un mouvement qui a permis de briser le tabou de la peur et de se réapproprier la rue comme cadre principal du combat politique et social ; de nombreux acquis ont déjà été arrachés par ce jeune mouvement ; mais l’essentiel reste à faire.
L’atteinte des objectifs du M20F est tributaire du respect et du développement de ses fondements et des conditions de succès en tant que mouvement démocratique, de masse et populaire, indépendant, combatif et pacifique, pluriel et unifié :

- Le Caractère démocratique du M20F est reflété par deux aspects :

Premièrement, dans le fonctionnement interne du mouvement où tout le monde doit veiller à l’égale participation de tous, sans hégémonie, ni exclusion. Les décisions doivent continuer à être prises par consensus en respectant la tendance générale ; et si parfois on est obligé de recourir au vote il faut qu’il soit nettement majoritaire ; c’est en tout cas ce qui est décidé par le CNAM20 où le résultat du vote n’est acceptable que s’il y a une majorité dépassant les 80%

Deuxièmement, le caractère démocratique du mouvement signifie que le mouvement a pour objectif d’en finir avec le Makhzen comme régime anti-démocratique et de le remplacer par un régime démocratique qui doit se baser sur une constitution démocratique, revendication de base du M20F et qui reste d’actualité malgré le Référendum du 1er Juillet.

- Le caractère de masse et populaire du M20F devra être renforcé et développé pour aboutir à des résultats qualitatifs, jusqu’à présent, le mouvement a pu être présent dans sa sortie de fin de semaine dans 40 à 110 villes, en mobilisant quelques centaines de milliers de citoyenNEs ; je pense que le M20F devra arriver à mobiliser quelques millions de citoyenNes avec quelques 200 manifestations pour arriver au seuil critique permettant d’arracher les revendications du mouvement.

Pour cela, il va falloir mobiliser plus et mieux les habitants des quartiers populaires, les salariés, qu’ils soient syndiqués (comment impliquer de manière active les centrales syndicales notamment l’UMT et la CDT ?) ou pas, la paysannerie laborieuse, le mouvement estudiantin (n’est-il pas temps que l’UNEM puisse rejouer son rôle actif dans le mouvement populaire ?) les lycéens, les femmes, les enchômagés – toutes catégories comprises – les intellectuels démocrates, le mouvement des droits humains.

- L’indépendance du M20F devra être préservée et consolidée tant vis-à-vis du Makhzen que des composantes du mouvement ; l’indépendance ne veut pas dire neutralité politique ; elle signifie simplement que les décisions, les programmes, les moyens de lutte sont adoptés démocratiquement en prenant en considération la volonté collective de ses membres et non les dictats d’une partie de ses composantes ;

L’indépendance est une question sensible, parce que les ennemis du M20F mettent souvent en exergue tel ou tel aspect de notre action, de nos slogans, de nos comportements pour dénigrer notre mouvement ; nous devons être vigilants sur cette question.

- Le Caractère combatif et pacifique du M20F ; il est évident qu’on ne pourra pas vaincre le Makhzen – avec ses énormes moyens politiques, économiques, et culturels, avec le soutien apporté par l’impérialisme et avec son expérience séculaire dans l’oppression et la répression de tout mouvement populaire aspirant à la démocratie – sans mener un combat acharné multiforme et une combativité croissante.

Toutefois le M20F a opté pour le caractère pacifique de son combat (« Haraka silmya, la hajra, la janwiya » = « mouvement pacifique, ni pierre, ni couteau ») ; d’abord pour éviter toute effusion de sang et d’autre part pour ne donner aucun alibi aux tenants de la manière forte au sein du pouvoir qui veulent en découdre avec le M20F qui menace leurs énormes intérêts acquis à l’ombre du despotisme et du «Fassad ».

- Le caractère pluriel et unitaire du M20F ; notre mouvement est pluriel : il regroupe en pratique des organisations et groupes politiques de la gauche radicale (Voie Démocratique, PADS, PSU, CNI, groupes trotskystes ou marxistes léninistes, étudiants basistes radicaux de tendances diverses, islamistes de Al Adl Wal Ihsane, du parti de la Nation, d’Al Badil Alhadari, des tendances à l’intérieur du PPS et de l’USFP,…) des organisations syndicales ; la grande majorité des organisations des droits humains, des organisations de jeunes, de femmes, des associations diverses et des personnalités démocratiques. Ce caractère pluriel est une richesse pour le M20F car il permet de drainer un large soutien populaire au combat anti-makhzen et pour la démocratie.

Nous avons pu jusqu’à présent sauvegarder l’unité sur le terrain et dans la pratique du M20F. or le pouvoir makhzénien qui n’a lésiné sur aucun moyen pour abattre notre mouvement (par la désinformation médiatique, le dénigrement, la répression directe par les forces de sécurité et indirecte par les baltagis, la récupération des opportunistes, les manœuvres politiques, les concessions à caractère social) axe actuellement ses efforts contre l’unité de notre mouvement ; il cherche directement ou par média ou groupes interposés à diviser notre mouvement et nous affaiblir pour nous écraser par la suite. Oui bien sûr il y a de grandes divergences, idéologiques et politiques entre composantes de notre mouvement ; mais nous sommes tous d’accord sur la plateforme du 14 février et nous pouvons l’améliorer collectivement pour y intégrer d’un commun accord d’autres composantes comme l’égalité homme femme (c’est déjà un acquis pour le CNAM20), la revendication de la liberté de croyance, la liaison entre combat pour la démocratie et lutte contre la domination impérialiste.

Nous avons l’obligation par notre sagesse et notre perspicacité de sauvegarder l’unité de notre mouvement contre les diviseurs de tout bord, même s’ils sont bien intentionnés ; nous n’avons pas peur de nos divergences ; nous pouvons en discuter en long et en large mais toujours dans la perspective de renforcer notre unité et en écartant toute velléité de division ; car si l’union fait notre force, notre division fait la force de nos ennemis. Alors attention à tout ce qui peut nous diviser, restons ultra vigilants sur cette question.

Notons que la division ne vient pas seulement des divergences politiques et idéologiques entre composantes du M20F (revendication de la monarchie parlementaire ou autre, participation ou pas aux élections législatives, manifester dans les quartiers populaires ou pas, slogans à choisir, etc…). Mais peut provenir également de la faiblesse ou de l’absence d’organisation ; nous devons dans l’avenir nous préoccuper beaucoup plus de cette question pour aboutir au renforcement du mouvement dont le caractère national doit être renforcé par une meilleure coordination inter-régionale.

VI) Pour terminer, Permettez-moi chers amiEs de revenir sur votre rôle, en tant que citoyenNEs marocains militants à l’étranger, tant à l’égard de la communauté marocaine migrante qui doit être soustraite à l’influence du makhzen et acquise à la perspective du combat pour la démocratie au Maroc, qu’à l’égard de l’opinion démocratique en Europe que vous aurez par votre travail de proximité à conquérir pour la cause du peuple marocain et mobiliser dans le combat contre ceux des dirigeants européens qui ont choisi, contre toute logique démocratique, de défendre le despotisme au Maroc.

Merci pour votre attention

*Abdelhamid AMINE est Vice-Président de l’AMDH et Coordinateur adjoint du CNAM20
http://fr.lakome.com/opinion/62-chroniques-dopinion/795-le-mouvement-du-20-fevrier-realites-et-perspectives.html

Ecrire au roi du Maroc pour demander le respect des droits de l'Homme au Sahara Occidental

Appel du mois : agir avec l’ACAT France

Sahara Occidental : une zone de non-droit
septembre 2011
Dans un discours prononcé le 6 novembre 2009, pour célébrer l’annexion du Sahara occidental par le Maroc en 1975, le roi Mohammed VI avait promis que ceux qui porteraient atteinte à l’intégrité territoriale du maroc ne seraient pas tolérés.Promesse tenue
Les négociations entre le front Polisario et les autorités marocaines sur la définition du statut du Sahara occidental sont dans l’impasse. Le référendum d’autodétermination du territoire, programmé depuis vingt ans, n’a toujours pas été organisé. en attendant, le Maroc poursuit sa politique répressive à l’encontre des militants sahraouis.

Les Sahraouis contraints au silence
Les libertés d’association, d’expression et de rassemblement pacifique sont constamment mises à mal au sahara occidental. Jusqu’à présent, aucune des associations sahraouies de défense des droits de l’homme n’a pu être officiellement reconnue. Les militants sahraouis sont harcelés par la police, aussi bien pendant leurs déplacements qu’à leur domicile. plusieurs d’entre eux se sont fait confisquer
leur passeport et interdire de quitter le Maroc.

Régulièrement, des manifestants et des militants sont tabassés par les forces de sécurité, parfois avec la complicité de Marocains résidant au Sahara occidental, au cours de rassemblements pacifiques considérés comme illégaux.
Certains sont même arrêtés, maltraités, voire torturés. ils sont poursuivis pour atteinte à l’intégrité territoriale du pays ou atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’état et encourent ainsi de lourdes peines d’emprisonnement.
Les violations des droits de l’homme perpétrées par les forces marocaines se déroulent en outre en toute impunité, les agents de l’état n’étant jamais condamnés pour les atteintes commises.

Les évènements de Gdeim Izik
Pour protester contre les discriminations économiques et sociales dont ils s’estiment victimes, des milliers de Sahraouis ont lancé, en octobre 2010, une mobilisation de grande ampleur consistant à quitter leur résidence pour s’installer dans un campement temporaire à gdeim izik, près de la ville d’El-Ayoun, au Sahara occidental.
Le 8 novembre 2010, les militaires marocains ont évacué le camp sans recourir aux armes à feu, mais en faisant preuve d’une grande violence. Plusieurs des manifestants sahraouis ont réagi très  violemment et ont affronté les forces marocaines, tuant neuf soldats. en rétorsion, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des civils à El-Ayoun, saccagé des maisons et passé à tabac leurs habitants. Ils ont arrêté des centaines de militants sahraouis. Beaucoup d’entre eux déclarent avoir été torturés. Des dizaines sont toujours détenus à la prison d’El-Ayoun, poursuivis pour destruction de biens publics, violence contre les forces de l’ordre ou encore pour participation à une organisation
criminelle, en raison de leur soutien à la mobilisation.

Torture et détention de militants sahraouis
Parmi les personnes arrêtées dans le cadre du démantèlement du camp de Gdeim Izik, 22 militants ont été transférés à la prison de Salé, près de Rabat. Ils sont aujourd’hui poursuivis devant le tribunal militaire notamment pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’état, formation d’une bande
criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction, crimes passibles de la réclusion à perpétuité. D’après les témoignages des détenus recueillis par leurs avocats, au moins treize d’entre eux ont été torturés à la Brigade de la gendarmerie d’El-Ayoun, avant leur transfert.
La plupart ont été maintenus pendant plusieurs jours menottés, les yeux bandés, privés de sommeil et de nourriture. certains ont notamment été maintenus dans la position du poulet rôti (suspendus à une barre de fer) et d’autres ont été brûlés avec des cigarettes ou électrocutés. Tous ont été insultés et humiliés.Six détenus ont été violés avec une matraque et se sont fait uriner dessus.

Passez à l’action : vous voulez agir ?
• Ecrivez à sa Majesté le roi Mohammed VI avant le 7 octobre 2011.

mode d’emploi
• découper ou recopier la lettre d’intervention ci-dessous
• préciser vos nom et adresse
• signer la lettre
• l’affranchir à 0,89 euro et l’envoyer à l’adresse mentionnée sur la lettre
NB : La lettre d’intervention est aussi disponible et téléchargeable au format A4 sur notre site Internet : www.acatfrance.fr – Rubrique « Agir avec l’ACAT »


Sa majesté le roi Mohammed VI
Palais royal
Rabat
Maroc
à...le...

Majesté,
Sur la base d’informations communiquées par l’ACAT-France, je vous exprime ma plus
grande inquiétude concernant la situation des militants sahraouis pour l’autodétermination du Sahara occidental et pour les droits de l’homme qui font l’objet d’une politique de répression systématique de la part des services de sécurité marocains.
Parmi les derniers exemples en date, en novembre et décembre derniers, les forces de
sécurité ont ouvert le feu sur des civils à El-Ayoun, saccagé des maisons, passé à tabac
leurs habitants et arrêté des centaines de Sahraouis. Beaucoup d’entre eux déclarent
avoir été torturés, et ce, en toute impunité. Des dizaines de Sahraouis sont toujours
détenus à la prison d’El-Ayoun, tandis que 22 autres, détenus à la prison de salé, sont
poursuivis devant le tribunal militaire de Rabat, malgré leur qualité de civils.
Il semble que tous soient poursuivis en raison de leur participation ou de leur soutien
apporté à la mise en place des camps de protestation, en octobre 2010.
Conformément à la convention contre la torture et au pacte relatif aux droits civils et
politiques ratifiés par le Maroc, je vous demande de :
• ordonner la libération immédiate de tous les militants sahraouis détenus, si leur
arrestation n’est motivée que par l’expression de leur engagement politique ;
• diligenter une enquête sur les allégations de torture et de mauvais traitements ;
• garantir le respect des libertés d’association, d’expression et de manifestation pacifique des Sahraouis.
Je vous prie d’agréer, Majesté, l’expression de ma plus haute considération.


ACAT, 7, rue Georges-Lardennois 75019 Paris
Tél. 33 (0)1 40 40 42 43 • Fax 33 (0)1 40 40 42 44 • Mail acat@acatfrance.fr • Site web www.acatfrance.fr
http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=8912489601817808232

Liberté pour le détenu politique marocain Abdelhak TalhaouiL


Déclaration du détenu politique Abdelhak Talhaoui

Par Le détenu politique : Abdelhak Atalhaoui,numéro d'écrou : 10239 5/9/2011

Liberté pour Abdelhak Talhaoui
Le détenu politique Abdelhak Atalhaoui comparaîtra pour son procès le 07 septembre 2011 tout en étant en grève de la faim. Le camarade a, en effet, décidé d’entamer deux jours de grève de la faim, le 06 et le 07 septembre 2011, comme premier avertissement. Voici sa déclaration :

Le 07 septembre prochain se déroulera la deuxième partie du procès fomenté à mon encontre, après que le tribunal de première instance m'ait condamné à 4 ans de prison ferme - peine dont je viens déjà de purger 5 mois.

Avec 5 de mes camarades - dont deux ont purgé déjà 4 mois de leur peine -, j'ai été arrêté suite à la glorieuse marche du 20 février, durant laquelle les masses populaires par dizaine de milliers ont manifesté pour imposer leurs revendications de transformation radicale et pour dénoncer les décennies d'exploitation et d'oppression que le régime actuel et ses acolytes ont exercé et continuent d'exercer aujourd'hui encore. A la suite de cette manifestation, ont eu lieu des vagues massives d'arrestation et de poursuite à l'encontre de dizaines de militants et à l'encontre de centaines de fils du peuple marocain, et ces arrestations se sont soldées par de nombreuses condamnations à des peines d'emprisonnement ferme. Par cette répression, le régime cherche à empêcher le peuple marocain de réaliser ses aspirations pour une transformation radicale et globale, et tente en même temps de créer "l'exception marocaine" - et cela, même s'il est conduit à tuer un tiers du peuple et à jeter le reste de la population dans les geôles du pays.

Abdelhak
Mais le peuple marocain, - ce héros qui n'a eu de cesse de combattre le colonialisme d'antan et l'impérialisme actuel, en sacrifiant les meilleurs de ses fils comme martyrs - n'acceptera jamais cette soi-disante "exception marocaine".
Nous appelons les masses populaires à accentuer sa lutte jusqu'à la victoire ; et à l'opinion publique nationale et internationale, nous disons ce qui suit :

- je déclare la volonté qui est la mienne d'entamer une grève de la faim de deux jours, le 6 et le 7 septembre prochains

- nous dénonçons la répression féroce que subissent les différentes couches des masses populaires (ouvriers, paysans, étudiants, chômeurs, et le mouvement du 20 février)

- nous dénonçons aussi les procès fomentés que j'ai subis et que subissent tous les détenus politiques au Maroc

- nous dénonçons aussi les conditions inhumaines que j'endure et qu'endurent les détenus politiques dans les prisons de l'oppression et de la misère au Maroc

- nous revendiquons ma libération immédiate et sans condition ainsi que celle de tous les détenus politiques

- nous revendiquons aussi la levée de toutes les poursuites menées à l'encontre des militants

- nous exigeons que tous les tortionnaires soient jugés et condamnés

- nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec la lutte de toutes les couches des masses populaires, et en particulier avec celle qui oeuvre à la transformation radicale et globale.

- nous exprimons aussi notre solidarité avec tous les détenus politiques et en particulier avec les camarades Mourad Chouini et Youssef Alhamdiya

- nous exprimons notre solidarité avec la lutte de tous les peuples qui aspirent à se libérer du joug de l'impérialisme et du colonialisme, et avec la lutte de la classe ouvrière et de tous les opprimés dans les centres impérialistes.

Vive la lutte du peuple marocain !

Vive toutes les luttes de tous les peuples du monde !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=8912489601817808232

Le Mouvement Marocain du 20 Février Paris/IDF a fêté l'Aïd ! Une soirée pas comme les autres.

Par JAITE Mohamed, Militant du Mouvement Marocain Du 20 Février Paris/IDF

Le Mouvement Marocain du 20 Février Paris/IDF a fêté le Aïd, le vendredi 2 septembre.

 Une présence remarquable et variée. Une harmonie entre toutes les générations de lutte.




Une banderole "Makhzen DÉGAGE" décorait la salle.







Nos chanteurs engagés (Saïd Mesnaoui, Ghassan, ...) ont assuré comme d'habitude. Ils ont animé la soirée avec du Ghiwan, des chansons engagées en faveur de la lutte du peuple marocain et ils n'ont pas oublié la Palestine. Et pendant la soirée, les présent(e)s ont scandé, spontanément, des slogans (Mamfakinch, Mamfakinch, Ya magherbi Ya Megherbiya Intikhabat Aalik o Aaliya Maserahya, etc) ...







Vidéo de la soirée par notre camarade Said La : https://www.youtube.com/watch?v=GufmEZL0QJg&feature=player_embedded


Bravo au Mouvement Marocain Du 20 Février Paris/IDF
Bravo au Mouvement du 20 février.
Vive la lutte du peuple marocain.

Liberté, Dignité et Justice sociale.
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من أقوال عبد الكريم الخطابي  Citations d'Abdlkrim Al khatabi
ليس في قضية الحرية حل وسط Il n'existe pas de compromis dans la revendication de libertéالحرية حق مشاع لبني الإنسان وغاصبها مجرم La liberté est un DROIT commun à tout les humains et son violeur est un criminel !

L'universel conflit : parking contre place ombragée

AUX ARBRES, CITOYENS GAPENÇAIS !

Par Roland de Miller, 31/8/2011
Monsieur le Maire de Gap, petite préfecture des N
Hautes Alpes (France) prépare en douce à ses habitants une bien mauvaise surprise pour cette rentrée. C'est même un massacre honteux qu'il va commettre : il va supprimer le dernier espace vert en centre ville, le square Henri Dunant.

Ce square est petit mais c'est un lieu agréable à vivre avec de la pelouse et quatre magnifiques arbres de haute tige (trois érables et un marronnier d'environ 150 ans). Voisin de l'école Sainte Jeanne d'Arc et de la crèche et halte-garderie La Pountinella, ce jardin public est fréquenté par les enfants pour y jouer sur le tourniquet, par les adolescents, les lycéens et les parents pour se reposer, se ressourcer, lire un livre ou manger un morceau. Il pourrait être amélioré mais vouloir le détruire pour y faire un parking est une vision passéiste et ne correspond pas aux orientations prises par la Ville de Gap dans l'Agenda 21, notamment les actions 6, 7, 8, 9, 10 et 15 et le Plan de Déplacement Urbain qui prônent plus de végétal et moins de parkings en ville.
En fait, le square Henri Dunant va subir le contre-coup de la transformation de la place de la République dont il est mitoyen. Il faut dire aux Gapençais la vérité : cet « aménagement », prévu dans le programme municipal, est le résultat d'un véritable complot entre le seul Maire et l'association des commerçants de la place de la République. Pourquoi ? Pour satisfaire un marchandage électoral remontant aux élections cantonales de mars 2011 : le boulanger et président de cette association a ouvertement fait campagne pour le candidat Roger Didier sur le canton de Gap-centre et, bien que nous n'en ayons pas la preuve formelle, il y a eu probablement un accord entre ce dernier et l'association pour faire « l'aménagement » de cette place une fois Roger Didier réélu au Conseil Général. À qui profite le crime ? À cette association qui prétend installer les tables, chaises, parasols et clients des quatre bars et restaurants au centre de la place. Il n'y a rien de plus démagogique que de développer les terrasses de cafés ! Mais au nom d'une saine démocratie, il est inacceptable qu'une municipalité accorde à des commerçants une appropriation privée de l'espace public, en l'occurrence sur une place qui a une longue histoire populaire depuis le début du 20e siècle.
Les commerçants de la place de la République s'imaginent que supprimer les 40 places de parking existantes va leur retirer leur clientèle. Qu'à cela ne tienne, ils ont réussi à convaincre le Maire (mais pas totalement ses services techniques !) de remplacer ces stationnements par 14 places nouvelles au détriment du square Henri Dunant. Les 5 platanes et les 5 marronniers de la place de la République vont aussi être arrachés car ils gênent soi-disant le bon déroulement des « travaux d'infrastructure ». Ils ne sont pas du tout malades mais bien portants, comme l'a établi un expert consulté exprès. Un commerçant aurait même dit : « les arbres c'est sale, ça fait des feuilles ! ». Ce sont pourtant ses arbres qui font le charme de la place de la République, qui lui donnent son caractère provençal et qui donnent une ombre salutaire aux commerçants et clients du marché en été. Et qu'on ne vienne pas nous berner avec la plantation de jeunes arbres à la place des anciens qui seuls ont une ombre appréciable. Loin des places provençales souvent ombragées, la place de la République va maintenant devenir une place stalinienne, sans aucun arbre hormis quelques maigres baliveaux, sur le modèle des villes soviétiques des années 1940.
Dans un projet d'aménagement urbain n'est-il pas indispensable de consulter tous les habitants du quartier concerné et non pas uniquement les commerçants ? L'aberration du projet en cause ne s'explique que par le marchandage électoral du Maire et sa volonté de satisfaire les quatre bars au détriment de l'espace public. Les arbres et la qualité de vie en centre-ville vont donc, une fois de plus, être sacrifiés au profit de magouilles politico-financières. Les intérêts économiques des commerçants que prétend défendre le Maire ne sont pas – et de loin - l'intérêt général qui est, pour des raisons sociales et d'hygiène urbaine, de maintenir des arbres en centre-ville, coûte que coûte.
Les propriétaires, les habitants du quartier et les autres élus de la Ville n'ont jamais pu s'exprimer à ce sujet. Le Maire a tenu à l'écart tout débat démocratique sur le devenir de la place de la République pour imposer unilatéralement le projet élaboré par les commerçants. Il a pris soin de ne jamais aborder cette question en Conseil Municipal, jusqu'à la séance du 24 juin où il a été sommé par l'opposition de s'expliquer sur les plans des travaux qui restent encore secrets à ce jour et qui n'ont été précédés d'aucun examen en commissions Travaux ou Urbanisme. C'est manifestement un abus d'autorité ! Il est surtout consternant de voir un pareil mépris pour les enfants et les mères de famille qui ont plaisir à fréquenter le square Henri Dunant. D'ailleurs, pour transformer un jardin public en parking, il semblerait qu'au moins une délibération du conseil municipal et une décision formelle de désaffectation soient nécessaires. Le Maire a aussi fait fi de la pétition signée par 200 habitants qui lui a été remise à l'ouverture du Conseil Municipal du 24 juin. Dans la plus grande confusion, il a voulu rassurer la population en affirmant dans le Dauphiné Libéré que « le square Henri Dunant est sauvé », tout en déclarant le 24 juin qu'il ferait arracher les arbres, pour en replanter d'autres, « très jolis ». Prend-il les Gapençais pour des imbéciles ? Que les Gapençais ne se laissent pas faire et n'abdiquent pas de manière fataliste devant le pouvoir du prince qui agit par désinformation, comme tous les manipulateurs et dictateurs.
En autocrate, le Maire fait ce qu'il veut, en utilisant les commerçants et en bernant tout le monde. Il parle de concertation mais n'en fait aucune et trahit ses engagements. A-t-il le droit de décider ainsi tout seul ? Très peu de Gapençais sont au courant de ce qu'il complote. Seules quelques personnes présentes aux réunions des 23 juin et 10 août sont conscientes des enjeux et en appellent à une concertation des habitants du quartier.
Ce que les Gapençais ont oublié c'est que le square Henri Dunant a été inauguré le 25 octobre 1963 par Emile Didier, l'avant dernier maire et le père du maire actuel : ainsi le fils est en train de détruire cyniquement l'œuvre du père ! Notre Maire bafoue allègrement les valeurs républicaines de respect, de tolérance et de dialogue. Certains regretteront amèrement la disparition du square, d'autres s'en moquent, du moment qu'ils peuvent garer leur sacrée bagnole …
Si l'on élargit notre horizon au reste de la France, voire du monde, on peut constater que dans beaucoup de villes, depuis 30 ou 40 ans, des projets technocratiques similaires de suppressions d'espaces verts ou d'arrachages d'arbres ont été combattus, avec plus ou moins de succès, par des citoyens déterminés à défendre leur cadre de vie contre des autorités technocratiques qui se moquent des arbres et de la démocratie, ignorant cette vérité simple qu'il n'y a pas de démocratie sans arbres. 

 Lorsque le dialogue n'était plus possible, ces citoyens sont allés jusqu'à s'enchaîner aux arbres et ont souvent réussi à faire reculer les tronçonneuses, comme à Stockholm par exemple. Les espaces verts dans les centres villes sont des socles de sociabilité intergénérationnelle et d'une prévention de la délinquance. L'être humain est ainsi fait qu'il a besoin de la présence des arbres pour vivre. Les femmes, plus intuitives, le perçoivent plus facilement que les hommes.
Le commerce de qualité exige des rues piétonnes. L'évolution souhaitable et inévitable du centre ville de Gap est de faire sortir progressivement la circulation automobile. Les Gapençais sont-ils prêts à l'accepter ? Mais remplacer 40 places de parking par 14 nouvelles au détriment du dernier espace vert du centre est une fausse solution inacceptable. À quoi cela servira d'avoir un centre ville piétonnier dans dix ans, quand les commerçants et les automobilistes en auront enfin compris l'intérêt, si dans l'intervalle on a abattu tous les arbres qui en font le charme, justement parce qu'ils sont vieux et qu'ils donnent une âme et une respiration au quartier ?
Couramment en France, nos autorités institutionnalisent le mensonge en prétendant protéger l'environnement et le patrimoine tout en les détruisant sous le vernis du développement durable. La municipalité de Gap, en la personne de son indigne maire, n'échappe pas à cette manie technocratique. Elle est incapable de se remettre en cause. Abattre des arbres, c'est peut-être sa manière à elle de contribuer à l'Année Internationale de la Forêt ?
La municipalité de Gap a déjà abattu trop d'arbres sous des prétextes divers ; elle prétend en replanter beaucoup mais comme on ne les voit pas, ils doivent être vraiment minuscules ! Nous ne devons plus accepter qu'un seul arbre soit abattu, ni sur la place de la République, ni sur le square Henri Dunant. Surtout quand on mesure la futilité des motifs au regard de la riche histoire de la ville de Gap ! Le Maire poussera-t-il sa rage de faire table rase du passé jusqu'à supprimer aussi la fontaine qui a abreuvé les Gapençais pendant les siècles où il n'y avait pas encore l'eau dans les maisons ?
Car le Maire ne recule devant aucun forfait ! La preuve, à l'heure où j'écris ces lignes j'apprends que l'irréparable a déjà été commis : comme pour être sûr que personne ne vienne s'opposer physiquement à l'abattage du vieux marronnier du square Henri Dunant, celui-ci a été exécuté froidement à la tronçonneuse ce lundi 29 août à 6 h du matin, c'est-à-dire à l'aube, comme pour un condamné à mort. Celui qui a commis ce meurtre odieux, sans autorisation légale, devrait être traîné devant les tribunaux ! Mais c'est peut-être cela la politique de l'environnement dont la présente municipalité et la précédente se sont tant gargarisées ? Bravo ! Que ceux qui sont révoltés se fassent connaître !
Les travaux commenceront en principe le lundi 5 septembre et coûteront la coquette somme de 1,5 million d'euros, mais ils n'ont été votés par aucun élu !

Que peut-on encore faire pour éviter le pire ?
Des pourparlers sont en cours avec l'association des commerçants de la place de la République et avec les Services Techniques de la Mairie. Tous les citoyens attachés à la défense de l'environnement doivent se mobiliser !
Un goûter informatif sera offert aux enfants et à tous les Gapençais concernés dans le square Henri Dunant le vendredi 9 septembre à 16 h 30. Venez nombreux !

Roland de MILLER
écrivain, bibliothécaire et libraire. Tél : 04 92 52 71 47. 31 août 2011

Le massacre a commencé !!
6/9/2011
Le marronnier du square Dunant qui était centenaire a été coupé et dans quelques heures ou quelques jours c'est les 10 arbres de la place de la République qui seront sacrifiés.

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dimanche 4 septembre 2011

Agrexco : La campagne BDS est-elle efficace ?


Par Giulio Meotti - Israel News, 4/9/2011
Ynet News - traduction : JPP

La campagne internationale de boycott contre l’État d’Israël, puissance occupante, et pour les droits des Palestiniens, vue et interprétée par la presse sioniste, avec son bilan. Oui, le boycott est efficace. (ndp)

Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :

1) mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres Arabes et en démantelant le Mur ;
2) reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d’Israel à une égalité absolue ; et
3) respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU.

(JPG)
Un Palestinien met au feu des produits venant des colonies israéliennes implantées illégalement en Cisjordanie occupée.
AP

Spécial Ynetnews : les boycotteurs anti-Israël ont de plus en plus de succès dans l’étranglement de l’économie de l’État juif : plus de 20 organisations en Europe, dans 13 pays, approuvent le boycott d’Agrexco, fer de lance d’Israël pour l’exportation de fleurs.

De nombreux produits agricoles israéliens ont été récemment ciblés par la campagne de boycott d’Israël : tomates, poivrons, agrumes, carottes, melons, fraises et céleris. Mais les fleurs ont été la première obsession du mouvement de désinvestissement, lequel veut étrangler l’économie israélienne.

Agrexco, fer de lance d’Israël pour l’exportation de fleurs, a récemment été déclarée en faillite, en partie à cause du boycott mondial de ses produits, selon certains rapports. Plus de 20 organisations en Europe, dans 13 pays, ont approuvé le boycott d’Agrexco.

Les pressions, boycotts et sanctions au niveau international contre le gouvernement d’apartheid en Afrique du Sud ont joué un rôle essentiel dans la fin de son règne. Modelé sur cette campagne mondiale, le mouvement de boycott anti-Israël a remporté des victoires remarquables ces derniers temps, tout en faisant usage d’un lexique vieux marxiste (« impérialisme », « colonialisme », « occupation » et « société colonisatrice »).
Le premier symbole de la campagne économique anti-Israël, Caterpillar, était très éloigné de la conscience collective occidentale. Pourtant, les roses israéliennes furent un meilleur bouc émissaire juif, les fleurs étant un pilier de l’économie d’Israël (dans les années quatre-vingt, Israël est devenu le deuxième exportateur de fleurs mondial). Agrexco a été boycottée parce qu’elle était détenue partiellement par le gouvernement israélien et que l’entreprise possédait des exploitations dans la vallée du Jourdain et à Tekoa, une colonie aux portes du désert de Judée. (terres palestiniennes occupées - ndt)

L’an dernier, les fonds pétroliers de Norvège ont retiré leurs investissements d’Africa-Israël et de Danya Cebus, évoquant leur implication dans les « constructions de colonies ». Tout récemment, la Coopérative suédoise a décidé de mettre fin à ses achats de machines à gazéifier l’eau de Soda Stream. Alors que dans le même temps, l’Église méthodiste adoptait une motion « anti-Israël » demandant le boycott des produits issus des colonies « illégales ». Les Quakers en Grande-Bretagne ont également convenu de boycotter les produits israéliens.

Par ailleurs, les principaux fonds de pension néerlandais, Pensioenfonds Zorg en Welzijn, qui avaient investi un total de 97 milliards d’euros, ont retiré pratiquement toutes les sociétés israéliennes de leur portefeuille (banques, sociétés de communication, de construction et Elbit Systems). Un important fonds de pension suédois s’est également désinvesti d’Elbit en raison de son rôle dans la construction de la clôture de sécurité d’Israël en Cisjordanie. De même que les conseils d’éthique de quatre fonds de pension tampon ont exhorté Motorola « à sortir des territoires occupés par Israël en Cisjordanie » sinon ils se désinvestissent.

Sur le plan culturel, un festival de cinéma en Écosse a remboursé ses frais à l’ambassade israélienne après avoir cédé aux militants du boycott qui menaçaient de former un cordon de protestation devant le festival. Ailleurs, certains artistes indiens de premier plan ont annoncé le boycott d’une représentation prévue à Tel Aviv, au Musée d’État, au printemps 2012. Des tas de stars de la musique ont également approuvé le boycott cette dernière année (Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Roger Waters).

Les universités occidentales infestées
Et il y a pire : un boycott important est sur le point d’être approuvé à la Park Slope Food Coop, une coopérative de renom de Brooklyn, boycott qui touchera le paprika, les sels de bain, les guimauves végétaliennes et les machines pour l’eau de Seltz de chez Soda Stream.

Les pensions gouvernementales de Norvège et la Deutsche Bank en Allemagne se sont aussi désinvestis d’Elbit. Le débouché phare londonien de la société Ahava de produits de beauté a été bouché après des années de manifestations. Un conseil municipal écossais a récemment interdit les livres israéliens dans ses bibliothèques publiques. Eden Springs, principale compagnie des eaux israélienne, ne verra pas son contrat renouvelé avec la célèbre École d’économie de Londres.

La Compagnie de la Baie d’Hudson, la plus ancienne société commerciale d’Amérique du Nord, a elle aussi interrompu la vente des produits Ahava. Bien que cette décision ait été prise davantage pour des « raisons commerciales », elle n’en coïncide pas moins avec une campagne agressive de plusieurs organisations défendant le boycott d’Ahava.

La plupart des universités occidentales sont aujourd’hui infestées par un état d’esprit anti-juif virulent. Les étudiants de l’université d’Edinbourg viennent de voter en faveur d’un boycott d’Israël. L’université de Johannesburg a coupé ses liens avec l’université Ben-Gourion de Beersheba. L’association des étudiants de l’université DePaul a adopté le boycott de l’houmous Sabra. L’université française d’Aix-en-Provence a annulé une rencontre avec l’écrivain israélien, Esther Orner après son boycott par les auteurs arabes. Alan Dershowitz a récemment accusé les universités norvégiennes de mener un « boycott implicite d’Israël ».

Plusieurs entreprises, principalement la société suisse Assa Abloy qui détient Mul-T-Lock (Mul-T-Lock, filiale d’Assa Abloy, leader mondial dans la fabrication et la fourniture de solutions de verrouillage) et la Wine Cellars (vignoble), en partie néerlandaise, ont quitté la zone industrielle de Barkan, près de la ville israélienne d’Ariel (en Cisjordanie occupée). Le gouvernement espagnol a éliminé le centre universitaire de Samarie à Ariel de la compétition en finale d’un concours international entre des départements universitaires d’architecture, pour construire une maison auto-suffisante en énergie avec l’énergie solaire. Le syndicat norvégien El et IT, qui représente des milliers de salariés de l’énergie et des télécommunications, a adopté le boycott de la fédération syndicale israélienne Histadrut.

Le plus grand syndicat du Brésil a voté en faveur du boycott et a appelé à la suspension des accords économiques Israël/Brésil et des relations militaires. La société française Veolia, qui travaillait pour le projet de tramway à Jérusalem, a dû vendre ses parts dans le projet. La Deutsche Bahn (entreprise ferroviaire allemande) vient juste de se retirer du même projet, le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer, expliquant ainsi la fin de ce projet : « Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki, les membres du Parlement et les médias allemands ont critiqué un projet dans lequel Deutsche Bahn International agissait comme conseil pour le tramway géré par l’État d’Israël. » La société italienne Pizzarotti est actuellement mise sous pression à propos de ce même projet de tramway.

Quand les magasins italiens ont annoncé l’an dernier l’interdiction d’Agrexco, le directeur de la société, Shimon Alchasov, m’a demandé sans prendre de gants : « Dois-je marquer les produits avec une étoile jaune de David ? ». Le grand et regretté historien Raul Hilberg expliquait que l’étranglement économique des juifs dans le business, l’enseignement et l’emploi avait été la première étape de l’holocauste. Aujourd’hui, le même boycott « avec nous » saigne l’État d’Israël.

Giulio Meotti, est également journaliste au quotidien Il Foglio.
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A quand la même campagne pour dénoncer le pillage des richesses (sous-sol, agrumes, poissons) du Sahara Occidental vendues comme produits marocains ? ndlr

L’agonie du Sahara Occidental : Compte-rendu du livre de l’auteur nigérian Ike Abonyi

Par Sola BALOGUN, 2/9/2011

Traduit par Esteban G.. Édité par Fausto Giudice

Pour la majorité de la population nigériane les mots « Sahara Occidental » évoquent le désert du Sahara. Et très peu de personnes au Nigeria (et en Afrique en général) connaissent l'existence d'un pays de notre continent qui s’appelle Sahara Occidental. Peut-être ignorent-ils son existence à cause de l’étranglement que le Maroc a imposé à ce pays.

En effet, de nos jours il y a un pays qui souffre toujours de l'oppression d'un autre. Le pire c’est qu’il s'agit de deux pays africains. La République Démocratique Arabe Sahraouie (son peuple porte le nom de sahraoui) est une ex-colonie espagnole riche en ressources minérales comme les phosphates et a dans ses eaux territoriales une des plus grandes réserves de poisson du monde. Actuellement ses gisements sous-marins de pétrole sont en cours d’exploration.

Lorsqu’en 1975 l'Espagne se retirait de sa colonie en laissant le processus de décolonisation inachevé, elle avait laissé la facilité au Maroc, pays voisin du Sahara, de l’envahir immédiatement et de prendre possession du territoire. La Mauritanie s’était, elle aussi, approprié d’une partie des terres sahraouies, mais elle ne tarda pas à signer la paix et à les restituer au Front Polisario, mouvement politique qui a poursuivi la guerre contre le Maroc.

Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc) décrit avec justesse la situation et les circonstances atroces qui marquent la vie du peuple sahraoui : eau empoisonnée, torture, disparitions forcées et autres aberrations.

Le livre rassemble l'expérience de l'auteur, Ike Abonyi, qui a visité la République Démocratique Arabe Sahraouie. Dans son introduction, Abonyi déplore qu’une histoire aussi inquiétante que celle de ce pays soit méconnue ou ignorée par le reste du monde. Le livre est divisé en trois parties, il est d’une écriture simple et accessible. Le titre complet est très pertinent : Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin; An African Journalist’s Diary On Western Sahara (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc. Journal d'un journaliste africain au Sahara Occidental).

Le prologue est écrit par le professeur Nuhu Yaqub, qui a récemment quitté son poste de recteur adjoint de l'Université d'Abuja, et il décrit le livre comme étant une œuvre qui complète opportunément la littérature existante sur la décolonisation africaine. Yaqub souligne également le fait que beaucoup d’Africains, même s'ils sont progressistes ou ont reçu une éducation sérieuse, méconnaissent l'existence d'un pays qui s’appelle République Démocratique Arabe Sahraouie, et encore moins sa lutte pour l’indépendance.

Dans son prologue, il dénonce l'hypocrisie de ces pays occidentaux qui se vantent de respecter les droits humains (la France, l'Allemagne et l'Espagne) tandis qu'ils ferment les yeux aux violations flagrantes des droits humains commises par le Maroc. De plus, il ajoute que le Nigéria a le devoir, en tant qu’État africain, d’aider le Sahara Occidental dans sa lutte pour la récupération de son indépendance.

La première partie du livre résume l'histoire du Sahara Occidental du temps de la colonie espagnole, le retrait espagnol de ce pays et l'invasion marocaine et mauritanienne. Il explique aussi la manière avec laquelle la Mauritanie avait restitué les territoires qu’elle avait spoliés alors que le Maroc s’est obstiné à garder les territoires occupés.

Tout comme d'autres analystes, Abonyi accuse l'Espagne de ne pas avoir finalisé le processus de décolonisation, c'est-à-dire, de ne pas avoir donné la direction du pays au Front Polisario, groupe politique fondé en 1973 pour en finir avec la colonisation espagnole.

Malgré la résolution de la Cour Internationale de Justice votée en 1975 stipulant que le Sahara Occidental était dès lors un pays indépendant de la colonisation espagnole et que sa souveraineté appartenait à son peuple, le Maroc a refusé de se retirer de ses territoires occupés et la guerre contre le Front Polisario a continué. En 1991 l'ONU avait négocié un cessez-le- feu et avait approuvé un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, mais le Maroc a empêché sa concrétisation.
Plus de 150.000 Sahraouis sont des réfugiés, d'autres sont déplacés à l’intérieur même de leur propre pays. Ils vivent grâce à une ration quotidienne du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU ou bien ils sont harcelés et arrêtés sans procès légal, ou forcés à l'exil.

Dans la seconde partie du livre, Abonyi raconte l’expérience de son voyage au Sahara. En tant que hôte de la présidence, il a pu dormir sur un matelas de six pouces (15 cm) d’épaisseur, une chose courante dans les internats du Nigéria. Il avait pu observer que le camp avait bénéficié d'une certaine paix durant les 17 dernières années, mais il a également été témoin de la désillusion d'une grande partie de la jeunesse sahraouie, notamment au regard de la politique marocaine d'exploitation unilatérale des ressources et de l’indifférence totale face aux besoins du peuple sahraoui.

Notre indignation doit certainement se réveiller lorsque dans son récit, Abonyi raconte de quelle manière de jeunes Sahraouis ont perdu un de leurs membres et même la vie à cause de l’explosion des mines que le Maroc a disséminées tout le long du mur de 2.500 kilomètres qu’il a dressé dans le Sahara Occidental occupé. De même, il rapporte des détails terribles sur la vie de 140 personnes qui reçoivent des soins médicaux dans le Centre de Réadaptation pour les Victimes de la Guerre et des Mines au siège administratif des camps sahraouis.

Mohammed Abdelaziz
La troisième partie de Africa’s Last Colony est composée d'interviews avec des responsables du gouvernement sahraoui. Au cours d’une conversation avec Abonyi, le président Mohammed Abdelaziz fait l'éloge de l'attitude du Nigéria envers d'autres pays africains et de son leadership dans le continent. D’autres interviews y sont également retranscrites, notamment celle avec Mohamed Salem, commandant de l'école militaire sahraouie, et celle avec Mohammed Yeslem Beisat, ministre pour l'Afrique.

L'auteur pose des questions d’une très grande importance : pourquoi l’Espagne n'a-t-elle pas achevé un processus total de décolonisation dans lequel elle aurait fait une passation de pouvoir au Front Polisario ? Pourquoi le fait de partager la religion, la langue et la géographie n'aide pas à résoudre le problème entre le Maroc et le Sahara Occidental ? Qui peut bien fabriquer et fournir les armes que le Maroc utilise pour terroriser la population sahraouie ? Quel sont les autres pays qui profitent de l'exploitation marocaine du Sahara Occidental ? Quel est, dans cette situation, le rôle de la France, ex-puissance colonisatrice du Maroc ?

Il y a d'autres questions qui exigent des réponses : pourquoi le reste du monde arabe reste-t-il indifférent à l'oppression d'un « peuple frère » ? Quelles sortes de pressions l'Union africaine et d'autres organismes régionaux qui reconnaissent le Sahara Occidental comme un État souverain exercent-ils sur le Maroc ?

La dernière colonie africaine met sur la table une situation réelle et regrettable: tandis que d'autres peuples sont passés, entre autres, à la discussion de problèmes internes liés à des questions ethniques et de népotisme, il existe un gouvernement africain qui continue à vouloir arracher le droit à l'autodétermination à un peuple africain. Le plus abject de cette situation, c’est que des soldats torturent et tuent des Sahraouis, sans distinction d'âge ni de sexe, dans une guerre qui a pourtant cessé officiellement.

Source : Daily Sun-Agony in Western Sahara
Article original publié le 27/10/2009

Sur l’auteur

Esteban G., rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com, et Fausto Giudice, rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste, sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

http://www.spsrasd.info/fr/content/l%E2%80%99agonie-du-sahara-occidental-compte-rendu-du-livre-de-l%E2%80%99auteur-nig%C3%A9rian-ike-abonyi