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jeudi 28 mai 2015

Des enquêtes menacent la réconciliation franco-marocaine







Paris (AFP) - La France et le Maroc scelleront leur réconciliation jeudi à Paris, mais des enquêtes judiciaires sur des accusations de torture continuent de troubler leurs relations, ébranlées par une année de brouille diplomatique sans précédent.
Aussi inattendue que violente, la dispute entre ces deux proches alliés a éclaté à la suite d'accusations visant notamment le chef du contre-espionnage marocain (DGST), Abdellatif Hammouchi, dont celles portées par un ancien boxeur, Zakaria Moumni. Elles sont rejetées avec indignation par Rabat, qui dénonce affabulations et diffamation.
La visite en février 2014 à la résidence de l'ambassadeur du Maroc à Paris de policiers venus remettre une convocation d'une juge à Abdellatif Hammouchi avait entraîné la rupture de la coopération judiciaire, avec des conséquences lourdes sur la coopération sécuritaire et antiterroriste.
En janvier dernier, la signature d'une nouvelle convention judiciaire marquait la fin de la brouille.

jeudi 19 février 2015

Ali Lmrabet. «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

Ali Lmrabet. Fondateur du site d’information demainonline.com : «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

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Zine Cherfaoui, 19/2/2015

Ali Lmrabet. Fondateur du site d’information demainonline.com : «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

 

La  situation des droits de l’homme et de la liberté de la presse a connu, ces derniers temps, une dégradation vertigineuse au Maroc. Ali Lmrabet, fondateur du site d’information demainonline.com et journaliste marocain de talent, qui a déjà eu à séjourner dans les geôles du roi Mohammed VI, affirme qu’il n’est pas du tout surpris par l’extrême brutalité de la conduite du makhzen à l’égard de la presse et des militants des droits de l’homme. Il en explique les raisons avec une multitude d’éléments à l’appui.

Nous avons constaté ces derniers mois un rétrécissement du champ des libertés au Maroc. Le gouvernement marocain s’acharne particulièrement sur l’AMDH et les journalistes. Même les journalistes occidentaux ne sont pas épargnés comme en témoigne l’expulsion du Maroc, lundi, de deux confrères de l’agence française Premières lignes.Quelles sont, selon vous, les raisons de cet acharnement ?
S’en prendre à l’Association marocaine des droits humains (AMDH) est un aveu de faiblesse pour le régime marocain.C’est reconnaître que ses rapports et ses avis sur les droits de l’homme font mal. Car l’AMDH est, ne l’oublions pas, la plus importante organisation de défense des droits de l’homme dans le monde arabe. Elle possède des dizaines de bureaux dans chaque ville ou grand bourg du royaume et ses activistes sont des sentinelles qui scrutent l’état des droits de l’homme au Maroc et dénoncent sur le champ les abus des forces de l’ordre, de l’administration, de la justice et des services secrets, omniprésents partout.
Pour une autocratie comme le Maroc, qui vit grâce à la peur qu’elle distille parmi la population et aux protections et complicités occidentales dont elle bénéficie, voir sa prétendue bonne image à l’étranger écornée par les dénonciations de l’AMDH est insupportable. Si l’AMDH inventait les atteintes qu’elle dénonce, ce serait, disons, dans l’ordre des choses que le régime s’en prenne à elle, mais voilà, le récent rapport du Congrès américain prouvant par «A+B» que la DST, la police politique marocaine, torturait dans sa prison secrète de Témara et les poursuites engagées en France pour torture et séquestration à l’encontre du directeur de la DST, Abdellatif Hammouchi, et du directeur du cabinet particulier du roi, Mohamed Mounir El Majidi, démontrent que l’AMDH est dans le vrai.

Pourquoi la monarchie craint-elle la presse et les journalistes ? Le Maroc est pourtant habitué à soigner son image à l’international.
Si vous parlez de la presse marocaine en général, la monarchie marocaine ne la craint nullement. Si c’est pour ce qui reste de la presse indépendante, surtout sur le Net, c’est parce que c’est la seule qui peut encore la déshabiller, et écorner comme je l’ai dit cette fausse image de monarchie modérée gouvernée par un roi modéré, alors que les droits fondamentaux des Marocains sont violés chaque jour.
Sans cette presse-là, on n’aurait pas su que le wali de Rabat, sur instructions du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, refuse obstinément de délivrer, comme l’exige la loi, un récépissé de constitution d’association à Freedom Now, une ONG marocaine de défense de la liberté d’expression, que les activités de l’AMDH sont systématiquement, et illégalement il faut le dire, interdites par les autorités marocaines et que nous sommes dans les faits retournés aux années de plomb, il est vrai, avec d’autres méthodes.
Sans la presse, internationale cette fois-ci, on n’aurait pas su que le roi du Maroc, son directeur de cabinet particulier, le sieur Majidi, des membres de la famille royale et des dignitaires ont ouvert des comptes secrets en Suisse. Des comptes illégaux selon la législation marocaine.

Ce durcissement peut-il s’expliquer aussi par les révélations embarrassantes pour la monarchie marocaine faites, sur les réseaux sociaux cet automne, par le hacker prénommé Chris Coleman ? Pourquoi ?

Pour l’AMDH et la presse indépendante, la répression a toujours existé et va continuer à l’être. La raison d’un régime dictatorial, en djellaba et babouches, dans ce cas précis, c’est de sévir. S’il ne le fait pas, il s’effondre. En ce qui concerne Chris Coleman, cela nous a permis d’avoir enfin les preuves, dont nous avons authentifié la plus grande partie, de ce que nous claironnions depuis longtemps.
A savoir qu’une grande partie de la presse marocaine et notre ministère des Affaires étrangères sont complètement sous la coupe de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), dirigée par un ami du roi, Mohamed Yassine Mansouri ; et que toute la diplomatie marocaine tourne autour du conflit du Sahara occidental, comme si nous n’avions pas d’autres problèmes, d’autres soucis.
Je comprends qu’une résolution onusienne défavorable au Maroc sur le conflit du Sahara soit fatale pour la monarchie qui a géré seule, et bien seule, ce dossier, mais en quoi cela profite au citoyen marocain lambda ? Si c’est légitime et patriotique de crier «Sahara marocain, Sahara pour toujours !», c’est tout aussi légitime et patriotique pour les Marocains de dire qu’ils ont d’autres priorités qui n’ont rien à voir avec des dunes et des sables, comme le manque de libertés fondamentales, le chômage, l’éducation, la santé, etc.

Partagez-vous l’idée, soutenue par certains observateurs, selon laquelle la réconciliation maroco-française risque de se faire sur le dos des droits de l’homme et de la liberté de la presse au Maroc ?

Non seulement sur le dos de la liberté de la presse au Maroc, mais également sur la liberté de la presse en France. Regardez ce qui s’est passé avec ces deux journalistes français, Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, que trente policiers sont allés chercher à l’intérieur du siège de la l’AMDH à Rabat, qui ont été arrêtés, bousculés et expulsés manu militari.
Quand l’un deux a appelé l’ambassade de France à Rabat, un diplomate lui a répondu : «Débrouillez-vous, on ne peut rien faire.» Quant à Romain Nadal, le porte-parole du Quai d’Orsay, il n’a pas voulu réagir à cette atteinte contre la liberté de circulation et l’intégrité physique de deux citoyens français. Et c’est cette même France qui a fait sortir récemment des millions de personnes dans la rue pour crier son attachement à la liberté de la presse et jurer qu’elle va la défendre partout, même à Copenhague. De qui se moque-t-on ?

Alors quid de la suite maintenant  ?
Nous autres journalistes indépendants marocains, en fait deux pelés et trois tondus, nous savons que nous n’avons rien à attendre de la France ou des autres prétendues démocraties occidentales, nous sommes persécutés et nous allons continuer à l’être. Jamais aucun gouvernement, à part dans mon cas l’ex-président du gouvernement espagnol José Maria Aznar, ne nous est venu en aide.
Même moralement. Mais que Paris fasse au moins semblant de défendre ses propres journalistes quand ils sont persécutés par une autocratie moyenâgeuse et liberticide.

mercredi 4 février 2015

Ouf, le Maroc est Charlie !

Vite-Dit

Les "vite dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Ouf, le Maroc est Charlie !

Par le - 09h15 - le neuf-quinze Avec le Maroc, tout est pardonné. On est réconciliés. Pour sceller la réconciliation, le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, accorde une grande interview au Monde, sur une pleine page. L'interview est titrée "Le Maroc exige le respect, la considération". Et pour que les choses soient claires, Le Monde a sorti, en intertitre, cette citation choc : "il ne faut pas considérer sa liberté comme la seule vérité. La France n'est pas la conscience du monde". Entre amis, on peut se dire les choses franchement.
Car on était fâchés. Depuis un an, le Maroc avait cessé toute collaboration avec la France, dans le domaine antiterroriste. On ne l'a pas su tout de suite. On ne l'a su qu'à l'automne dernier, grâce au mystérieux twittos Chris Coleman, le même qui a dévoilé des échanges de mails démontrant que plusieurs journalistes français étaient instrumentalisés, parfois moyennant finances, par le Maroc. Notre copieux dossier sur le sujet est ici.
Pourquoi était-on fâchés ? 
 Pour plusieurs raisons. D'abord, parce que des policiers français avaient osé se présenter à la porte de la résidence de l'ambassadeur du Maroc, pour remettre une convocation au chef des services secrets marocains, Abdellatif Hammouchi, de passage à Paris. Ils ne l'ont évidemment pas remise, mais le Roi s'est néanmoins fâché tout rouge. Hammouchi ne relève que du Roi, et ne répond qu'au Roi. Quelques jours plus tard, vexation supplémentaire, le ministre Mezouar lui-même a dû subir une fouille à Roissy (en enlevant veste, chaussures, chaussettes et ceinture), en dépit de son passeport diplomatique. Et pour couronner le tout, l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, à propos du soutien du Maroc par la France sur le Sahara occidental, aurait traité le royaume de "maitresse dont on n'est pas particulièrement amoureux, mais qu'on doit défendre".
Même si les Marocains étaient absents de la grande marche parisienne, officiellement pour ne pas se trouver confrontés à des caricatures déplaisantes portées par quelques manifestants, "l'esprit du 11 janvier" a réconcilié les vieux amis. On ne sait pas exactement quels sont les termes de la réconciliation, le communiqué signé par Christiane Taubira et son homologue marocain étant un modèle de langue de bois, mais on devine que des policiers français ne sont pas près d'embêter à nouveau le concierge de l'ambassade, ni le ministre de devoir enlever ses chaussettes, ni l'ambassadeur de France à l'ONU d'accorder à nouveau des interviews.
A propos, que venaient-ils faire, ces policiers français, à la porte de l'ambassade ? Le Monde le rappelle dans un encadré elliptique de quelques lignes. Ils souhaitaient interroger le chef des services secrets Hammouchi, à propos d'une plainte, déposée par une ONG, l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture). Motif de la plainte : des accusations de tortures (électrocution, passage à tabac, privation de sommeil), pratiquées par la police sur plusieurs Marocains, notamment un ancien champion de kickboxing, qui avait parlé trop insolemment à un secrétaire du Roi, et un militant sahraoui, de nationalité marocaine. L'interview du Monde ne dit pas non plus ce que vont désormais devenir ces plaintes (d'autant que le Maroc, en représailles, vient d'assigner l'ACAT en diffamation devant la justice marocaine). Mais on ne va pas s'embêter avec des détails. Le principal, c'est que le Maroc soit désormais Charlie, comme tout le monde.
Zakaria Moumni
Zakaria Moumni, champion du monde de light contact (discipline dérivée du kick boxing)
http://www.arretsurimages.net/breves/2015-02-03/Ouf-le-Maroc-est-Charlie-id18509 :

dimanche 1 février 2015

Réconciliation entre Rabat et Paris : Qui gagne ? Qui perd ?

ramid paris 3

C’est l’AFP qui l’annonce. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a appelé samedi à « tourner la page » de la crise diplomatique entre le Maroc et la France, confirmant un plein rétablissement de la lutte anti-terroriste commune.
Les deux États, dont les relations s’étaient notablement détériorées cette dernière année, ont signé samedi un accord permettant de rétablir leur coopération judiciaire, au terme de « deux jours de pourparlers » à Paris entre les ministres Christiane Taubira et Mostafa Ramid.
Ce « dénouement heureux ouvre une nouvelle page dans nos relations, basées sur la confiance mutuelle. Il va nous permettre de regarder vers l’avenir et tourner la page », a réagi auprès de l’AFP M. Mezouar.
En fait, Mostafa Ramid qui dirige un ministère dit de souveraineté, c’est-à-dire un département ministériel sous tutelle du Palais, n’a pas d’autre pouvoir que de faire ce que lui dicte le cabinet royal. On l’a vu lors du scandale du pédophile espagnol Daniel Fino Galvan. Même en étant conscient de l’énormité du scandale qu’allait provoquer la grâce octroyée par le roi à ce pédophile hispano-irakien condamné à plusieurs décennies de prison, il n’avait rien dit.
Il est donc plus que sûr que c’est le Palais, et non le ministère de la justice, qui a décidé de la fin de cette guéguerre qui oppose la France au Maroc. Un conflit qui risquait de porter atteinte aux intérêts du Maroc au moment où s’approche une importante résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental, et embêtait au plus haut point la classe dirigeante ou commerçante marocaines dont la grande majorité possède un pied-à-terre à Paris, et souvent la nationalité française comme c’est le cas de plusieurs ministres de l’actuel gouvernement Benkirane.
Interrogé sur les motifs qui ont permis de débloquer les négociations, Mezouar a évoqué, selon l’AFP, « long processus de discussions franches entre les deux gouvernements, dans le respect des législations des deux pays et de nos engagements internationaux ».
C’est exact. En tout cas en ce qui concerne la deuxième partie de la déclaration de Mezouar qui parle de « respect des législations des deux pays et de nos engagements internationaux ».
Cela signifie que les poursuites engagées en France contre Abdellatif Hammouchi et Mohamed Mounir Majidi ne vont pas être abandonnées de sitôt (elles ne pouvaient pas être en France à moins d’être une république bananière ou un État de non droit comme c’est le cas du Maroc). Le directeur de la DST et le directeur du cabinet particulier du roi sont poursuivis en France pour « torture » et « complicité de torture », puisque la loi française permet la poursuite d’un présumé tortionnaire, français ou étranger, ayant commis ses crimes à l’intérieur ou à l’extérieur de la France, du moment qu’il met les pieds dans l’hexagone.
Mais, il n’est pas impossible que Taubira ait négocié avec Ramid les conditions d’une audition « sécurisée » pour ces deux hauts responsables de l’État….
Pour le reste, s’il y a quelqu’un qui peut crier victoire aujourd’hui c’est bien la France. C’est la première fois depuis longtemps, trop longtemps même, que la France résiste aux desiderata marocains sans céder sur le fond.
Paris a montré que même si elle souhaitait une rapide réconciliation elle le faisait avec moins de fougue que dans le passé.
C’est le Maroc qui donnait l’impression de quémander ce rabibochage en louvoyant pour provoquer un rapprochement avec Paris et en faisant donner de vieilles gloires de la droite française, comme le délinquant politico-financier Charles Pasqua, et cette ribambelle d’amoureux du Maroc qui craignaient de perdre leur sanctuaire marrakechi.
Même le manque des légendaires « précieuses informations » marocaines dans la lutte contre le terrorisme jihadiste n’a semble-t-il pas attristé outre mesure les Français qui piochaient tout ce qu’ils pouvaient chez les Espagnols qui entretiennent aujourd’hui de très bonnes relations avec le Maroc.
Maintenant que la réconciliation est faite, on peut signaler qu’elle coïncide bizarrement avec la disparition subite de tous les comptes du « hacker » Chris Coleman sur Twitter. Des comptes, dont le plus visible, le n°24, distillait à petit feu les secrets de la diplomatie et des services secrets marocains.
Certains avaient vu dans la création de ce compte qui a dénudé l’État marocain la main de Paris. Il a disparu une semaine avant la réconciliation franco-marocaine.
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samedi 17 mai 2014

11 ans après, le dossier du 16 mai n’est toujours pas classé

    • Par : Zakaria Choukrallah, TelQuel, 16/5/2014
    11 ans après, le dossier du 16 mai n’est toujours pas classé
    MEHDI FEDOUACH / AFP
    La plaie des attentats du 16 mai 2003 ne s’est toujours pas refermée. Le sort des islamistes détenus dans les prisons marocaines est désormais otage de la crise syrienne. 

    Ce vendredi, la traditionnelle cérémonie commémorative en hommage aux 33 victimes des attentats se tiendra comme à l’accoutumée à Casablanca. Parallèlement, à Rabat, une manifestation à l’appel du «Comité mixte pour la défense des détenus islamistes» est prévue pour réclamer la libération de détenus islamistes.
    On s’en souvient, au lendemain des attentats sanglants de Casablnca, une vague d’arrestation s’était abattue sur les milieux salafistes. Des figures de proue de cette mouvance, comme Abou Hafs ou Fizazi, sont sortis de prison suite à une grâce royale accordée en 2011 à près de 200 détenus islamistes. D’autres détenus purgent, eux, toujours leur peine de prison.
    Yaura-t-il de nouveau une grâce royale cette année? L’hypothèse reste de mise, mais ce qui est sûr, c’est qu’aucune avancée majeure dans le dossier n’a été enregistrée depuis l’éclaircie de 2011, à la faveur de la pression des manifestations du 20-février.

    Une IER bis nécessaire ?
    « Le contexte de pression du 20-février n’est plus de mise. De plus, certaines figures de la mouvance, comme le cheikh Fizazi, sont devenus des alliés du régime. Enfin, des leaders pjdistes qui réclamaient la réouverture du dossier, comme l’actuel ministre de la Justice Mustapha Ramid, n’ont plus intérêt à la faire à cause de leur position gouvernementale », nous résume le politologue spécialiste des mouvements islamistes Youssef Blal.
    Au delà d’une relaxe de ces détenus et du problème que posera indubitablement leur réinsertion dans la société, le politologue estime qu’il faudra tôt ou tard «un processus de réconciliation similaire à celui de l’instance Equité et réconciliation» pour solder les comptes de cette période.

    L’équation syrienne
    Une telle perspective paraît toutefois encore lointaine, à cause de la nouvelle donne géopolitique notamment en Syrie, où près de 2.000 Marocains se sont enrôlés dans le Jihad, si on inclut les combattants d’origine marocaine venant d’Europe.
    "On nous a demandé de garantir que les détenus libérés n'iront pas combattre en Syrie", explique à l’AFP Khadija Merwazi, directrice du Médiateur pour la démocratie et les droits de l'Homme (MDDH).
    Youssef Blal pense que cette réalité peut poser problème au gouvernement marocain. «Les sécuritaires peuvent se dire qu’une libération massive risque d’être mal interprétée par la communauté internationale», analyse-t-il.
    Faut-il en déduire que le statu quo est toujours de mise? Fort probable, même si l’on est jamais à l’abri d’une surprise, comme l’annonce d’une grâce en faveur de certains détenus de la mouvance salafiste.