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jeudi 19 février 2015

Ali Lmrabet. «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

Ali Lmrabet. Fondateur du site d’information demainonline.com : «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

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Zine Cherfaoui, 19/2/2015

Ali Lmrabet. Fondateur du site d’information demainonline.com : «Les Marocains sont retournés aux années de plomb»

 

La  situation des droits de l’homme et de la liberté de la presse a connu, ces derniers temps, une dégradation vertigineuse au Maroc. Ali Lmrabet, fondateur du site d’information demainonline.com et journaliste marocain de talent, qui a déjà eu à séjourner dans les geôles du roi Mohammed VI, affirme qu’il n’est pas du tout surpris par l’extrême brutalité de la conduite du makhzen à l’égard de la presse et des militants des droits de l’homme. Il en explique les raisons avec une multitude d’éléments à l’appui.

Nous avons constaté ces derniers mois un rétrécissement du champ des libertés au Maroc. Le gouvernement marocain s’acharne particulièrement sur l’AMDH et les journalistes. Même les journalistes occidentaux ne sont pas épargnés comme en témoigne l’expulsion du Maroc, lundi, de deux confrères de l’agence française Premières lignes.Quelles sont, selon vous, les raisons de cet acharnement ?
S’en prendre à l’Association marocaine des droits humains (AMDH) est un aveu de faiblesse pour le régime marocain.C’est reconnaître que ses rapports et ses avis sur les droits de l’homme font mal. Car l’AMDH est, ne l’oublions pas, la plus importante organisation de défense des droits de l’homme dans le monde arabe. Elle possède des dizaines de bureaux dans chaque ville ou grand bourg du royaume et ses activistes sont des sentinelles qui scrutent l’état des droits de l’homme au Maroc et dénoncent sur le champ les abus des forces de l’ordre, de l’administration, de la justice et des services secrets, omniprésents partout.
Pour une autocratie comme le Maroc, qui vit grâce à la peur qu’elle distille parmi la population et aux protections et complicités occidentales dont elle bénéficie, voir sa prétendue bonne image à l’étranger écornée par les dénonciations de l’AMDH est insupportable. Si l’AMDH inventait les atteintes qu’elle dénonce, ce serait, disons, dans l’ordre des choses que le régime s’en prenne à elle, mais voilà, le récent rapport du Congrès américain prouvant par «A+B» que la DST, la police politique marocaine, torturait dans sa prison secrète de Témara et les poursuites engagées en France pour torture et séquestration à l’encontre du directeur de la DST, Abdellatif Hammouchi, et du directeur du cabinet particulier du roi, Mohamed Mounir El Majidi, démontrent que l’AMDH est dans le vrai.

Pourquoi la monarchie craint-elle la presse et les journalistes ? Le Maroc est pourtant habitué à soigner son image à l’international.
Si vous parlez de la presse marocaine en général, la monarchie marocaine ne la craint nullement. Si c’est pour ce qui reste de la presse indépendante, surtout sur le Net, c’est parce que c’est la seule qui peut encore la déshabiller, et écorner comme je l’ai dit cette fausse image de monarchie modérée gouvernée par un roi modéré, alors que les droits fondamentaux des Marocains sont violés chaque jour.
Sans cette presse-là, on n’aurait pas su que le wali de Rabat, sur instructions du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, refuse obstinément de délivrer, comme l’exige la loi, un récépissé de constitution d’association à Freedom Now, une ONG marocaine de défense de la liberté d’expression, que les activités de l’AMDH sont systématiquement, et illégalement il faut le dire, interdites par les autorités marocaines et que nous sommes dans les faits retournés aux années de plomb, il est vrai, avec d’autres méthodes.
Sans la presse, internationale cette fois-ci, on n’aurait pas su que le roi du Maroc, son directeur de cabinet particulier, le sieur Majidi, des membres de la famille royale et des dignitaires ont ouvert des comptes secrets en Suisse. Des comptes illégaux selon la législation marocaine.

Ce durcissement peut-il s’expliquer aussi par les révélations embarrassantes pour la monarchie marocaine faites, sur les réseaux sociaux cet automne, par le hacker prénommé Chris Coleman ? Pourquoi ?

Pour l’AMDH et la presse indépendante, la répression a toujours existé et va continuer à l’être. La raison d’un régime dictatorial, en djellaba et babouches, dans ce cas précis, c’est de sévir. S’il ne le fait pas, il s’effondre. En ce qui concerne Chris Coleman, cela nous a permis d’avoir enfin les preuves, dont nous avons authentifié la plus grande partie, de ce que nous claironnions depuis longtemps.
A savoir qu’une grande partie de la presse marocaine et notre ministère des Affaires étrangères sont complètement sous la coupe de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), dirigée par un ami du roi, Mohamed Yassine Mansouri ; et que toute la diplomatie marocaine tourne autour du conflit du Sahara occidental, comme si nous n’avions pas d’autres problèmes, d’autres soucis.
Je comprends qu’une résolution onusienne défavorable au Maroc sur le conflit du Sahara soit fatale pour la monarchie qui a géré seule, et bien seule, ce dossier, mais en quoi cela profite au citoyen marocain lambda ? Si c’est légitime et patriotique de crier «Sahara marocain, Sahara pour toujours !», c’est tout aussi légitime et patriotique pour les Marocains de dire qu’ils ont d’autres priorités qui n’ont rien à voir avec des dunes et des sables, comme le manque de libertés fondamentales, le chômage, l’éducation, la santé, etc.

Partagez-vous l’idée, soutenue par certains observateurs, selon laquelle la réconciliation maroco-française risque de se faire sur le dos des droits de l’homme et de la liberté de la presse au Maroc ?

Non seulement sur le dos de la liberté de la presse au Maroc, mais également sur la liberté de la presse en France. Regardez ce qui s’est passé avec ces deux journalistes français, Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, que trente policiers sont allés chercher à l’intérieur du siège de la l’AMDH à Rabat, qui ont été arrêtés, bousculés et expulsés manu militari.
Quand l’un deux a appelé l’ambassade de France à Rabat, un diplomate lui a répondu : «Débrouillez-vous, on ne peut rien faire.» Quant à Romain Nadal, le porte-parole du Quai d’Orsay, il n’a pas voulu réagir à cette atteinte contre la liberté de circulation et l’intégrité physique de deux citoyens français. Et c’est cette même France qui a fait sortir récemment des millions de personnes dans la rue pour crier son attachement à la liberté de la presse et jurer qu’elle va la défendre partout, même à Copenhague. De qui se moque-t-on ?

Alors quid de la suite maintenant  ?
Nous autres journalistes indépendants marocains, en fait deux pelés et trois tondus, nous savons que nous n’avons rien à attendre de la France ou des autres prétendues démocraties occidentales, nous sommes persécutés et nous allons continuer à l’être. Jamais aucun gouvernement, à part dans mon cas l’ex-président du gouvernement espagnol José Maria Aznar, ne nous est venu en aide.
Même moralement. Mais que Paris fasse au moins semblant de défendre ses propres journalistes quand ils sont persécutés par une autocratie moyenâgeuse et liberticide.

mardi 3 février 2015

Maroc-France: fin de la crise, reprise de la coopération judiciaire

Maroc-France: fin de la crise, reprise de la coopération judiciaire
Christiane Taubira et Mustapha Ramid. Crédit: Map.ma

Après presque un an de brouille diplomatique, le Maroc et la France ont conclu un accord le 31 janvier, rétablissant leur coopération judiciaire et anti-terroriste. Un réchauffement que le roi Mohammed VI et le président François Hollande pourraient concrétiser par une rencontre à Paris.

Le ministre de la Justice Mustapha Ramid et son homologue française Christiane Taubira ont trouvé un accord permettant le rétablissement « immédiat » de leur coopération judiciaire, selon un communiqué commun publié samedi 31 janvier.
Les ministres de la Justice des deux pays, qui se sont rencontrés les 29 et 30 janvier à Paris, ont trouvé un « accord sur un texte amendant la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine permettant de favoriser, durablement, une coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays et de renforcer les échanges d’informations», indique le communiqué.
« Cet amendement très important, qui vient couronner des discussions entamées depuis plusieurs mois par les gouvernements des deux pays, a été paraphé par les deux ministres le 31 janvier« , est-il ajouté.
Les deux ministres « ont décidé du rétablissement immédiat de la coopération judiciaire et juridique entre la France et le Maroc ainsi que du retour des magistrats de liaison« , conclut le texte.

« On ne permettra pas à qui que ce soit (…) de venir entacher la réputation des responsables marocains »

Les discussions ayant amené le Maroc et la France à parapher, samedi à Paris, un accord sur l’amendement de la convention d’entraide judiciaire ont permis « de remettre les choses en ordre », a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, dans une déclaration à la chaîne française d’information en continu BFMTV.
« Le système judiciaire français a l’obligation de respecter le système judiciaire marocain comme, nous, on respecte le système judiciaire français« , a insisté le ministre, notant que le Maroc est « un pays du respect des droits de l’Homme, un pays qui avance dans la construction de sa démocratie sur la base des valeurs universelles et du respect des droits de l’Homme« .
« On ne permettra pas à qui que ce soit et dans quelle circonstance que ce soit de venir entacher la réputation des responsables marocains et de l’institution judiciaire marocaine» , a-t-il tranché, relevant qu’il s’agit de l’une des principales conditions pour que les relations entre les deux pays retrouvent leur crédibilité et la confiance indispensable entre deux partenaires.
Le Maroc avait suspendu fin février 2014 cette coopération avec la France à la suite d’une crise bilatérale inédite provoquée par une descente de police à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Paris, le 20 février 2014, pour notifier une demande d’audition de la justice française au patron du contre-espionnage Abdellatif Hammouchi, accusé de torture par des opposants marocains.
Elle s’était envenimée avec d’autres dépôts de plainte en France, ainsi qu’une série d’impairs diplomatiques, dont une fouille policière inopinée du chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar, à l’aéroport parisien de Roissy, en mars.

Reprise de la coopération sécuritaire

Saleheddine Mezouar a confirmé que l’accord judiciaire ouvrait aussi la voie à la pleine reprise de la coopération sécuritaire, alors que Paris et Rabat sont engagés dans une lutte anti-terroriste. « Quand on dit ‘reprise des relations’, naturellement c’est au niveau de tous les aspects« , a-t-il insisté auprès de l’AFP.
Toute la coopération judiciaire avec le Maroc était suspendue depuis près d’un an, avec des répercussions au niveau civil pour les dizaines de milliers de Franco-Marocains, et au niveau pénal pour toutes les procédures judiciaires entre la France et son ancien protectorat.
Et la coopération sécuritaire, cruciale entre les deux pays qui ont chacun des centaines, voire des milliers de ressortissants tentés par le terrorisme ou enrôlés au sein du groupe Etat islamique (EI), souffrait également de cette querelle.

Une rencontre entre Mohammed VI et François Hollande?

Alors qu’un récent déplacement de sa part à Paris avait été reporté sine die, Salaheddine Mezouar a également indiqué qu’il rencontrerait « prochainement » son homologue, Laurent Fabius.
Cette réconciliation pourrait aussi déboucher sur une rencontre rapide entre le président Hollande et le roi du Maroc, qui selon certains médias se trouve à Paris. Vendredi 30 janvier, avant même l’annonce de ce rapprochement, une source diplomatique avait indiqué à l’AFP que François Hollande était « disponible » pour une rencontre avec le roi Mohammed VI.
Selon plusieurs médias, le roi a en effet quitté le Maroc pour la France tard vendredi soir, dans le cadre d’une visite privée, mais qui pourrait donner lieu à un entretien avec M. Hollande.
Et dimanche 1er février, la princesse Lalla Meryem doit remettre au nom du roi, au cours d’une cérémonie à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, une « distinction royale » à trois personnalités représentatives des religions monothéistes : un rabbin, un imam et un évêque, a annoncé Jack Lang, le président de l’IMA.
Avec AFP, MAP
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Aucune condition exigée côté français ? Même pas le respect de la convention contre la torture ? NDLR

mardi 7 octobre 2014

Maroc-France : les relations diplomatiques restent au point mort

Après la demande de révision de l'accord de coopération judiciaire entre le Maroc et la France suite à l’incident diplomatique provoqué par le parquet parisien en février dernier, la relation franco-française n’a pas beaucoup évolué. En effet, le gouvernement français tarde à se pencher sur la révision de l’accord judiciaire entre Rabat et Paris, nous fait savoir le360. Suite à cet incident, ajoute le site d’information, Mustapha Ramid, ministre de la Justice, a demandé à son homologue français la révision de l'accord de coopération judiciaire bilatérale afin qu'un tel problème puisse se régler par les voies diplomatiques et judiciaires appropriées. "Paris n'a pas encore répondu à cette demande", souligne-t-on de même source.
 

samedi 5 avril 2014

Maroc-France : Tensions ou pas, un crime est un crime et nécessite Vérité et Justice!


Tensions ou pas, un crime est un crime et nécessite Vérité et Justice!

 « Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est d’aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. »
                                                                                                                                 ainsi s'exprimait Emile zola dans son illustre article «J'accuse... !»


D'aucuns diront que le torchon brûle entre les deux vieux amis !
En effet, ces derniers temps, on ne cesse de nous parler de tensions, d'imbroglio ou de crise diplomatique entre le Maroc et la France, suite aux dépôts de plaintes pour torture et complicité de torture à l'encontre du patron marocain de la direction générale de la surveillance du territoire (DGST) Abdellatif Hammouchi, qui, lors de son séjour à Paris, s'est vu notifier sa convocation par la justice française par des policiers à l'ambassade du Maroc provoquant une réaction enflammée des officiels marocains « surpris » et « indignés » par une telle procédure et demandant à ce que les « habitudes » diplomatiques reprennent le pas sur l'indépendance de la justice.

Le Maroc est allé même jusqu'à suspendre les accords de coopération judiciaires avec la France. Pire encore, l’état marocain a mandaté des avocats en vue de déclencher des poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs des plaintes, notamment le boxeur franco-marocain Zakaria Lmoumni, qui affirme avoir été torturé au Maroc et avoir reconnu l'un de ses tortionnaires en personne...Monsieur Hammouchi .

La France, quant à elle, s'est empressée de s'excuser de cet « incident regrettable ». Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères, a même précisé qu' "il aurait fallu prévenir les intéressés et les choses auraient dû se faire d'une manière plus diplomatique" tout en soulignant que "... la justice en France est indépendante et donc il faut en tenir compte" !

 Mais quand on connaît la nature et les rouages des relations franco-marocaines, les amitiés entretenues entre les dirigeants et les hauts responsables de ces deux états ainsi que les intérêts partagés sur le plan économique ou encore sécuritaire et stratégique, on ne peut s’empêcher de penser que toute cette agitation ne constitue en fin de compte qu'un écran de fumée visant à brouiller les pistes et à masquer encore plus la complaisance et la complicité criminelle de ces deux états dans la protection et l'impunité des tortionnaires connus et reconnus.

L'affaire Ben Barka par exemple, est à elle seule, révélatrice de cette complicité malsaine. La fameuse « raison d'état »  est souvent invoquée et utilisée à chaque fois pour enterrer définitivement cette affaire et pour empêcher le travail et l'indépendance de la justice, par peur que vérité soit enfin dite et révélée au grand jour. Une procédure enrayée et usée par les blocages politiques des deux cotés de la méditerranée, que poursuit, malgré tout et depuis 50 ans, la famille de Mehdi Ben Barka et son avocat Me Maurice Buttin, qui se voit paradoxalement trainé en correctionnelle par l'un des ravisseurs présumé de l'opposant politique marocain. Serait-il la seule personnalité condamnée dans cette affaire? Le comble du ridicule!

 On est en droit alors, de se demander à qui profite le crime ?
Qui a intérêt à ce que ces pseudo-tensions viennent entraver le cours de la justice et son indépendance ?
Qui a intérêt à travers cela à occulter la vraie nature du régime marocain ?
Jusqu'à quand la torture restera un « incident regrettable » ? Une torture érigée en politique d'état au Maroc, avérée et dénoncée par des ONG de défense des droits humains marocaines et internationales et même par le rapporteur spécial des Nations-Unies, Juan Mendes lors de sa mission au Maroc en 2012.
Jusqu'à quand le cri des détenus politiques au Maroc sera étouffé par la sacro-sainte raison d'état ?
Jusqu'à quand les victimes des disparitions forcées, de torture et des violations des droits humains les plus élémentaires feront les frais des « bonnes relations » entre le Maroc et la France ?
Jusqu'à quand la liberté, la vérité et la justice seront sacrifiés sur l'autel des intérêts « affairistes » et « clientélistes » des dirigeants de ces deux états ?

 Cette situation a, certainement, assez duré comme ça. Le temps de l'impunité et des silences complices est révolu. Des cris d'alarme retentissent de plus en plus fort et les initiatives citoyennes se multiplient.

Je vous fais part ici, de l'une d'entre elles, il s'agit de l' Appel « Vérité et Justice, Contre l'impunité, la torture et la détention politique au Maroc » lancé par l'AMDH-Nord/France (Association Marocaine des Droits Humains) et soutenu par plus d'une centaine d'Organisations (ONG, associations, partis politiques..) et de Personnalités (députés, sénateurs, écrivains, intellectuels et militants d'horizons différents...).
Un meeting citoyen et solidaire est prévu à cet effet, le 14 avril prochain à Lille.
Bonne Lecture !
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Ensemble
Pour la Vérité et la Justice
Contre l’Impunité et la Torture
et Pour la Libération de Tou(te)s les Détenu(e)s Politiques au MAROC.
 Il y a trois ans, le Mouvement du 20 février (M20F) au Maroc est sorti dans les rues de plusieurs villes et villages pour exiger la Liberté, la Dignité, la Démocratie, la Justice Sociale et l’Égalité. Le M20F s’est mobilisé contre la concentration et la confusion des « Pouvoirs », la corruption, le despotisme, la répression, les arrestations arbitraires et pour la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d’opinion.
Trois ans après, force est de constater que le régime marocain continue sa politique répressive à l’égard des militant(e)s des droits humains, des jeunes du M20F, des militant(e)s syndicaux, des avocat(e)s, des journalistes, etc. Les procès préfabriqués, la répression des manifestations pacifiques se multiplient de plus en plus, tout en continuant à présenter un «vernis démocratique» pour l’extérieur.
Mais, les faits sont têtus et la réalité est consternante!
Plus de 250 détenu(e)s politiques et d’opinion dans les prisons marocaines, violations graves de la liberté d’expression et de la presse, grâce royale d’un pédophile notoire, torture dans les commissariats et les centres de détentions, …
En France, nous sommes, aussi, toutes et tous concerné(es) !
Quelques faits récents:
► L’ACAT (l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture), une ONG reconnue, Me Joseph Breham et Me William Bourdon, ont déposé deux plaintes en France (le 21 mai 2013) contre Abdellatif HAMOUCHI, directeur général de la DST au Maroc, pour torture sur deux franco-marocains et deux autres plaintes, déposées le 20 février 2014, contre le Maroc, pour torture subie par Naama Asfari (militant Sahraoui), une auprès du Comité contre la torture de l'ONU et une deuxième auprès du doyen des juges d'instruction de Paris.
Le jeudi 20 février 2014, des policiers se sont présentés au domicile de l’ambassadeur du Maroc en France pour notifier ces plaintes au concerné, qui se trouvait en France, en ce moment. Une procédure judiciaire, rien de plus normale, répondant aux exigences élémentaires des conventions internationales.
Face à cela, nous avons assisté à une surenchère politico-médiatique pour une remise en cause de cette procédure : L’officiel marocain s’indigne, l’officiel français se courbe comme d’habitude en évoquant un « incident regrettable » !
Non, la torture n’est pas un incident regrettable, c’est une atteinte grave à l’intégrité et à la dignité humaine.
Dans le pays qui se dit des droits de l’Homme, quand l’État s’excuse parce que la justice fait son travail, c’est une violation grave de l’indépendance de la justice.
L’ACAT a exercé son plein droit d’exiger toute la vérité sur les conditions de détention et la torture dont sont victimes des êtres humains par l’appareil étatique marocain.
Cet acte citoyen exige de nous un sursaut démocratique pour exiger la Vérité et la Justice.
 Nous, associations, syndicats, organisations politiques et personnalités, par cet appel, nous soutenons l'ACAT dans sa démarche citoyenne et légitime.
Nous exigeons :
  • la Vérité et la Justice sur tous les actes de torture et sur les arrestations et emprisonnements arbitraires au Maroc.
  • la levée de l’impunité dont jouissent les tortionnaires au Maroc, dont la liste est connue de tous.
  • la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d’opinion au Maroc.
  • Mettre un terme à la complicité de la France quant à la protection et l'impunité des tortionnaires marocains et quant aux entraves au travail et à l'indépendance de la justice.
► Le même sécuritaire marocain, Abdellatif Hammouchi, est visé par une autre plainte, pour des faits de torture, déposée le 21 février 2014 par Zakaria Moumni, ancien champion mondial de boxe, qui a subit les sévices du « makhzen » et la torture dans le centre de détention de Témara juste pour avoir réclamé ses droits et pour avoir dénoncéla corruption au sein de la fédération royale marocaine de boxe.
► Autre fait : Mehdi BEN BARKA, dirigeant de l'opposition politique face au régime de Hassan II et militant du combat des peuples du tiers-monde est enlevé et assassiné à Paris le 29 octobre 1965 par la complicité entre les services marocains et français. Sa famille attend toujours depuis 50 ans que toute la vérité sur son sort soit connue, ses assassins dénoncés et toutes les responsabilités établies. Mais, le 18 février 2014, c’est l’avocat de la famille BEN BARKA, Me Maurice BUTTIN qui a été présenté devant la barre au tribunal de Lille, suite à une plainte pour « violation du secret professionnel » déposée par Miloud TOUNSI, un policier marocain complice de cet assassinat politique odieux sur le territoire français. Le jugement sera rendu le 15 avril 2014. C’est le monde qui tourne à l’envers, la justice française a su accélérer ce procès contre un avocat qui se bat depuis 50 ans pour la Vérité et la Justice, alors que, la plainte de la famille de Mehdi BEN BARKA reste dans le giron du sacro-saint secret d’Etat, véritable entrave à la justice et à son indépendance en bloquant les commissions rogatoires, les mandats d’arrêt internationaux ainsi que l'accès aux pièces et archives du dossier !
Ensemble, Pour la Vérité et la Justice
Contre l’Impunité et la Torture
Pour la Libération de Tous les Détenus Politiques au MAROC.
Pour soutenir l'ACAT dans sa démarche légitime, pour soutenir Zakaria Moumni dans son combat pour sa dignité et ses droits, pour exiger la vérité et la justice dans l'affaire Ben Barka, pour dénoncer la complicité des états marocain et français dans la protection et l'impunité des tortionnaires et pour la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d'opinion au Maroc :
Nous vous appelons à participer massivement au Rassemblement-Meeting citoyen et solidaire qui aura lieu le lundi 14 avril 2014 à partir de 19h30 à la Maison de l’Éducation Permanente (MEP) à Lille, (1, place Georges Lyon, 59800 Lille)
-Veille du verdict de la plainte déposée contre l’avocat de la famille de Mehdi BEN BARKA-
Infos et Contact:site:www.amdh-lille.org / e-mail:amdh.nordfrance@gmail.com
Premiers signataires :
              Associations et organisations :
*AMDH Nord-France (Association Marocaine des Droits Humains), *AMDH-Paris-Ile de France, *Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante, *Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France), *Forum Citoyenneté des Marocains en Europe (FCME), *Forum Marocain Vérité Justice (FMVJ-France), *Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc (APADM), *AMDH-Maroc (Association Marocaine des Droits Humains), *AMDH-Belgique, *Mouvement 20 février Paris , *Association des Marocains en France (AMF), *Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), *Voie Démocratique-Paris, *Parti Socialiste Unifié(Maroc) (PSU-France), *L'Inter-Collectif de solidarité avec la lutte des peuples du monde arabe (L'Inter-Co), *Solidarité Pour une Alternative Socialiste (Maroc), *Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), *Ligue des Droits de l'Homme (LDH-Nord), *MRAP-Nord, *Front Unie des Immigrations et des Quartiers Populaires ( FUIQP ), *Parti Communiste Français (PCF-Nord), *Coordination Communiste-Nord (CC59-62), *Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), *Front de Gauche – Nord, *Comité de Soutien au Mouvement Marocain du 20 février-Montpellier, *L'Observatoire Amazigh des Droits et des Libertés (OADL-Maroc), *Association France Palestine Solidarité (AFPS-Nord), *Collectif des Sans Papiers (CSP59), *Comité des Familles des détenus Européen au Maroc (Belgique), *Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), *Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique (AFASPA), *Sortir du Colonialisme, *Association des Tunisiens du Nord de la France (ATNF), *Solidarité Maroc 05 (GAP-France), *Collectif Afrique, *Tiwizi59 (Association pour la promotion de la Culture Amazigh, Noord/France), *Citoyenneté en Syrie, *Union des Travailleurs Sénégalais en France (UTSF-Nord), *Association Franco-Chilienne CORDEILLERA, *Centre Culturel du Monde Arabe (CCMA), *Les Alternatifs-Lille, *Vérité et Justice pour l'Algérie, *Voie Démocratique-Lille, *Centre d'Information Inter-Peuples(CIIP), *Solidarité Maroc Citoyenne-Grenoble, *Fédération Syndicale Unitaire (FSU59/62), *. . .
         Personnalités :
*Khadija Ryadi(Prix des N.U 2013 pour la cause des droits de l'Homme), *Bachir Ben Barka(Professeur), *Hélène Legeay(Responsable des programmes Maghreb Moyen Orient à l'ACAT), *Me Joseph Breham(Avocat), *Joseph Tual(journaliste), *Michelle Demessine(Sénatrice du Nord et ancienne Ministre), *Jean-Jacque Candelier(député du Nord), *Marie-Christine Blandin( Sénatrice du Nord), *Marc Dolez(Député du Nord)*Alima Boumedienne-Thiery(Avocate, Ex-Parlementaire), *Aline Archimbaud(Sénatrice de Seine-Saint-Denis), *Françoise Duthu(Universitaire et ancienne Députée Européenne), *Julien Bayou(Porte-Parole national d'EELV), *Roger Maly(Adjoint au maire d'Hellemmes), *René Gallissot ( Historien, Professeur émérite d'université), *Pierre Vermeren( Historien), *Pierre Outteryck(Professeur Agrégé d'Histoire), *Dominique Vidal(Historien et Journaliste), *François Burgat(Politologue), *Gérard Minet(Militant des droits de l'Homme), *Said Bouamama(Sociologue), *Rudolf Bkouche(Professeur émérite d'université), *Kenza Sefrioui(Journaliste et écrivaine), *Hind Arroub ( Politologue), *Dounia Benqassem(Universitaire, écrivaine et éditrice), *Fouad Abdelmoumni(Économiste et militant des droits de l'Homme), *Jean-François Larosière(Responsable syndicale et associatif), *Louisette Fareniaux ( Professeur de Cinéma et militante des droits de l'Homme), *Annick Batalan(Militante des droits de l'Homme), *Mohammed Belmaizi(Écrivain), *Jean-Paul Le Marec(Ingénieur agronome), *Aline Pailler(Journaliste), *Olivier Le Cour Grandmaison (Universitaire, Historien), *Youssef Belal(Politologue, Sociologue), *Thérèse-Marie Cardon(Professeur d'arts plastiques, Syndicaliste), *Aboubakr Jamai(Journaliste), *Ahmed Benani(Politologue), *Taha Adnan (Ecrivain), *Ahmed Benseddik (Ingénieur), *Ahmed Benchemsi(Journaliste), *Ahmed Boughaba(Journaliste, Critique cinéma), *Mustapha Kharmoudi (Écrivain, poète), *Sadri Khiari(Écrivain, militant associatif), *Tewfik Allal(Militant syndicaliste et associatif), *Michel Collon (Journaliste, écrivain), *Josette Breton (Théâtre de la Gayolle, militante associative), *Mohamed Moubaraki (Militant associatif), *Marie-Jo Fressard(Militante associative), *Epery Patrice(Professeur), *Roland Diagne(Militant associatif), *Souad Chaoui(Cadre associatif), *Jean-Claude Dulieu(Responsable associatif), *Jean-Luc Delière(Agent hospitalier, Militant associatif), *Annette Rit(Militante associative), *Jean-Claude Eyraud(Mutualiste et Conseiller municipale à Gap), *Maryse Oudjaoudi(Membre du BE d'EELV), *Abdelhamid Amine (Ex-Président de l'AMDH), *Jorge Masetti (Journaliste, écrivain), *Anna Guiol (Militante ATTAC-Gap), *Olivier Besancenot(Porte-Parole du NPA), *Philippe Poutou(Porte-Parole du NPA), *Christine Poupin(Porte-Parole du NPA), *Corinne Bouchoux(Sénatrice de Maine et Loire), *Abdallah El Harrif( Ex-secrétaire national de la Voie Démocratique), *El Titi Elhabib( Membre du secrétariat national de la V.D), *Abdelhak El Ouassouli(Professeur universitaire), *Nesroulah Yous(Écrivain), *Leila Aichi(Sénatrice de Paris), *Lucile Schmid(Membre du BE d'EELV), *Jean Desessard(Sénateur de Paris), *Alexandre Jurado(Membre du BE d'EELV), *Karima Delli(Députée européenne), *André Gattolin(Sénateur des Hauts de Seine), *Danielle Auroi(Députée du Puy-de-Dôme), *Nicole Kiil-Nielsen(Députée européenne), *Laurence Abeille(Députée du Val-de-Marne), *Hélène Lipietz(Sénatrice de Seine et Marne), *Fethi Benslama(Écrivain et psychanalyste), *Abdallah Baroudi( Écrivain poète et exilé politique marocain), *...