Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est mort d'un jeune Camerounais. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mort d'un jeune Camerounais. Afficher tous les articles

jeudi 12 décembre 2013

Une communication sur la haine et la xénophobie au Maroc

07/12/2013

Suite au meurtre d'un jeune camerounais dans la région de Tanger , en l'absence d'une réaction officielle du gouvernement camerounais, nous vous livrons ci-dessous l'intégralité de la communication du Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie, la nature ayant horreur du vide...
CSD
Augmenter la taille
Diminuer la taille
Noirs Maocr
Suite au meurtre d'un jeune camerounais dans la région de Tanger et à la montée des violences à caractère raciale qui touchent la communauté noire au Maroc, le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie par la voix de son président a initié un dialogue avec Me Driss LACHGAR Premier Secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires du Maroc.
En l'absence d'une réaction officielle du gouvernement camerounais, nous vous livrons ci-dessous l'intégralité de la communication, la nature ayant horreur du vide...
_______________
Monsieur le Premier Secrétaire et cher Camarade,

Mercredi 4 décembre dernier au quartier de Boukhalef, à Tanger un de nos jeunes compatriotes, installé au Maroc depuis 5 ans a trouvé la mort. Ceci à la suite d’une course poursuite avec la police de la ville ainsi que le rapporte le Yassine Lachiri, journaliste à Tanger. Ce troisième meurtre en l’espace de trois mois nous amène à saisir votre parti qui est notre partenaire politique afin d’attirer votre attention, mais aussi celle du parlement marocain et évidemment du gouvernement frère et ami du Royaume du Maroc.
L’immigration est un problème partout dans le monde aujourd’hui et le Cameroun comme le Maroc ne sont pas en reste. Le Maroc est pour beaucoup une porte vers l’Europe et nous comprenons les inquiétudes du Royaume à cet effet. Avec gravité et sincérité, nous voulons vous dire que nous sommes les interprètes d’un Cameroun qui reste attaché à l’amitié séculaire qui unit nos deux peuples et les gouvernants de notre pays et ceux de votre Royaume. Cette longue amitié entre nos peuples ne doit pas être stigmatisée. Aujourd’hui, son inquiétude est réelle, sa cause est profonde et argumentée.
De nombreux hommes d’affaires du Royaume du Maroc sont installés dans notre pays, et au niveau gouvernemental, les autorités camerounaises ont accordé des facilités aux multinationales marocaines notamment dans la gestion et la distribution de l’eau. Nous constatons que les nombreux assassinats et la maltraitance dont sont victimes nos compatriotes font surgir des tensions, plus que détestables. Les réseaux sociaux sont trop souvent devenus les vecteurs d’une violence féroce entre immigrants et population locale voire avec les autorités policières. Nous sommes les premiers à affirmer, pour avoir visité le Maroc à plusieurs reprises, que la société marocaine a progressé ces dernières années en tolérance, mais voici que renaissent des comportements préjudiciables à tous.
Face à cette situation, nous ne pouvons oublier qu’en dehors de vos fonctions à l’Internationale Socialiste où nous avons eu l’honneur de nous rencontrer, vous êtes avocat, défenseur des droits de l’homme et député. Nous ne pouvons donc que vous demander d’agir, car les risques de rupture existent. De nombreux parents camerounais ont leurs enfants dans les grandes écoles et universités marocaines; l’inquiétude est grandissante et cette inquiétude devrait être entendue.
Nous nous inscrivons ici dans le respect de la souveraineté du Royaume du Maroc qui se doit d’appliquer sur son territoire les lois, les siennes, nous ne pouvons donc pas nous ériger en juges. Cependant, les gémissements des parents, les inquiétudes de nos enfants et compatriotes même en situation d’illégalité par rapport à leur statut nous interpellent.

Cher camarade, au moment, où nous rédigeons cette correspondance, les images embarrassantes, insupportables des barques atterrissant sur les plages de Lampedusa avec leurs chargements de « boat people » en provenance de Tunisie, de Libye, et de plus loin encore occupent les écrans de télévision sans fin prévisible. Ce n’est pas du Royaume du Maroc et de son peuple que nous devons entendre cette voix : nous sommes chez nous – Noirs-Africains, mourez ou rentrez chez vous le fusil dans les reins.
Si l’on a quelque honnêteté intellectuelle, de telles situations interdisent tout discours bien-pensant. Nous risquerions-nous alors, comme nous le proposions déjà lors de notre première correspondance, à faire l’éloge de l’hospitalité, voire de cette hospitalité « inconditionnelle » que notre maître et devenu avec les années un ami le philosophe Jacques Derrida, dans des essais désormais célèbres, avait définie comme la forme même de la démocratie, et donc de la politique à venir? Cette hospitalité qui nous demande d’accueillir l’étranger, non seulement comme un « semblable » ou un « frère », mais comme un égal avec qui construire la « maison commune » de nos droits et de nos projets? Eh bien oui, en dépit des difficultés dont nous avons une conscience aiguë comme acteur politique, mais aussi comme intellectuel. Et cela pour trois raisons.

Premièrement, l’appel à une hospitalité inconditionnée doit certes exercer une influence, et même une contrainte sur les États. Mais il ne s’adresse pas à eux. Des États, qui gèrent (fort mal) les flux de population, les codes de nationalité, les polices des frontières, nous n’attendons rien de tel. Non seulement parce qu’ils n’en sont pas capables, mais parce que telle n’est pas leur fonction. Cela ne veut pas dire que nous les déchargions de leur responsabilité dans le déchaînement d’un manque d’hospitalité généralisé qui - surtout pour les plus démunis - affecte désormais la circulation et la condition des hommes dans le monde. Au contraire, au nom du principe d’hospitalité et de l’inconditionnalité qu’il comporte, nous exigeons des États qu’ils créent les conditions, autant qu’ils le peuvent, d’une circulation des habitants de la planète, convenablement « réglementée » ou, mieux, organisée avec le concours de tous ceux qu’elle concerne, mais essentiellement libre. Et, pour cela, qu’ils cessent d’instrumentaliser les peurs et les xénophobies, mais exposent à la discussion les vraies dimensions économiques, culturelles ou démographiques de la migration, les changements qu’elle induit, les problèmes qu’elle pose et les bénéfices mutuels qu’elle comporte.
Deuxièmement, un tel appel ne s’adresse pas non plus aux personnes qui nous entourent, mais pour une raison inverse : c’est qu’elles n’ont pas besoin qu’on les exhorte à ce qu’elles font déjà, et dont elles nous enseignent à la fois l’urgence, la valeur, et la difficulté. L’hospitalité inconditionnelle, c’est la solidarité, c’est l’hébergement, les secours, l’écoute, la connaissance qui brisent l’isolement des étrangers sur le territoire national, et particulièrement de ceux qui s’y trouvent en situation de précarité, d’illégalité ou d’exclusion, en raison de la contradiction violente entre les nécessités de leur existence et le pouvoir des intérêts dominants. Mais beaucoup d’entre nous, en terre africaine, avons oublié à cet égard les enseignements de notre histoire, et de nos textes fondateurs. Nous avons déchu par rapport à d’autres civilisations à qui nous ne nous privons pas de donner des leçons.

Enfin, la résistance au manque d’hospitalité importe à notre citoyenneté : nous voulons parler de cette citoyenneté active, collectivement instituée, qui ne se réduit jamais à l’obéissance aux gouvernements, mais ne se réfugie pas pour autant dans l’irresponsabilité politique. Faute d’hospitalité, les étrangers (ou certains d’entre eux, en quelque sorte « plus étranges » que d’autres) sont traités comme des ennemis redoutables, indésirables et haïssables. Cette perversion de l’appartenance ne renforce pas les États et ne préserve pas les nations. Au contraire, elle les délégitime et les déstabilise. Elle instaure un état d’exception permanent qui s’apparente à une guerre civile mondialisée. Elle annonce des catastrophes qui ne seront plus seulement « humanitaires ».
Faute d’hospitalité, les citoyens d’ici et les citoyens d’ailleurs (par exemple ceux du Cameroun et ceux du Maroc), entre lesquels se dresse un mur de ségrégation et de préjugés, sont privés des moyens de penser leurs intérêts communs (travail, emploi, création, environnement, éducation...) et de régler leurs différends (qu’ils datent d’hier ou d’aujourd’hui). Personne ne peut croire que les intérêts s’harmoniseront spontanément, mais personne ne doit, non plus, prétendre sans débat qu’ils soient inconciliables. Faute d’hospitalité, les populations ne sont que des « variables d’ajustement » pour l’économie de marché ou des « races », servant de boucs émissaires en temps de crise. Ce ne sont pas des peuples, au sens historique, culturel et démocratique du terme. Faire l’éloge de l’hospitalité, et la pratiquer en dépit de tout, ce n’est donc pas se réfugier dans le moralisme ou, comme disent certains, dans « l’angélisme », mais c’est travailler sans relâche, en tant que citoyens de certains États et du monde, à faire en sorte que l’inconditionnel, qui est tout simplement l’humain, entre dans la réalité. C’est faire de la politique, et recréer la politique.

Monsieur le Premier secrétaire et cher camarade, comme social-démocrate, nous estimons qu’il est de bon ton de vous saisir, comme élu de la Nation. Oui, votre combat est au Parlement, mais comme leader socialiste vous avez le devoir de sensibiliser. Les parents et nos enfants ont besoin d’être rassurés. Réconciliez nos peuples!
Dr Vincent-Sosthène FOUDA
Président du M.C.P.S.D

http://cameroonvoice.com/news/article-news-13529.html#.UqNsIAIKYeA.facebook

samedi 7 décembre 2013

La police marocaine apprend à « voler » aux clandestins africains

Par Simo Sbaï, 5/12/2013

Le cadavre de Cédric transporté par ses camarades de désespoir (Photo Tanja24)Le cadavre de Cédric transporté par ses camarades de désespoir (Photo Tanja24)


Et de trois. Certains diront de cinq, six ou même plus. Hier soir, un clandestin subsaharien est mort pendant une rafle durant laquelle la police marocaine, qui respecte, comme tout le monde sait, les droits d’autrui, a utilisé la violence gratuite pour se faire quelques pauvres hères qui attendaient le moment propice pour passer en Espagne.

Comme au bon vieux temps des années de plomb, nos forces de l’ordre ont fait le nécessaire. Les coups et les injures racistes ont fusé, raconte un témoin. Et tout le monde en a pris pour sa couleur de la peau.
Cette violence naturelle, dans un pays dont le chef de l’Etat a déclaré il y a peu qu’il allait régulariser la situation des migrants africains bloqués chez nous, est déclenchée à intervalles réguliers ces derniers temps pour plaire aux « nouveaux amis » espagnols du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.
L’Espagnol, englué dans une crise économique sans précédents, a demandé aux Marocains de faire le sale boulot chez eux afin de préserver sa police, qui ne peut contenir les assauts massifs des barrières de Sebta et Melilla à partir du territoire marocain, mais ne peut non plus utiliser la force brute comme le font si bien les « merdas » de chez nous. L’Espagne est un Etat régi par des règles de droit. Ce qui n’est pas le cas du Maroc

Le jeune Camerounais est mort dans un quartier périphérique de l’ex-cité internationale, Boukhalef. Et le pauvre « frère » immigré africain est tombé sur la tête depuis le quatrième étage d’un immeuble. On ne sait pas s’il est tombé en voulant s’enfuir devant la horde des forces de l’ordre qui agressent et pillent leurs victimes (voir à cet effet les nombreuses vidéos qui circulent sur internet et qui montrent les forces de l’ordre attisant le désordre) ou parce que quelqu’un a voulu lui apprendre à voler et par la même terroriser le reste de ses camarades d’infortune.
C’est une vieille méthode de la terreur, et la réputation de la police marocaine n’est plus à faire dans ce domaine. En plus, le Maroc fait partie de ces pays où l’impunité policière est totale et où la justice n’enquête jamais quand il y a des allégations de torture ou d’assassinat visant des membres des forces de l’ordre.
Le mort s’appelait Cédric, il était jeune et camerounais, et surtout il bénéficiait du statut de réfugié puisqu’il était reconnu comme tel par la délégation du Haut Commissariat aux réfugiés.
C’est pour cela qu’on se demande honnêtement pourquoi quelqu’un qui possède des papiers en règle aurait-il eu la tentation de s’enfuir ?
En attendant une énième enquête qui n’aboutira pas, même si au Maroc on a un ministère dit, sans rire, « de la justice et des libertés », on se demande ce que font les ambassades africaines de Rabat pour protester contre un accroissement substantiel des violences policières et une montée en flèche du racisme dont sont victimes leurs compatriotes.
Quoi ? On attend les instructions de Messier le Présida, Bwana !
Hier, contrairement aux autres fois, les mauvais « nègres » pourchassés par les bons blancs se sont rebellés, appuyés par quelques citoyens marocains, pas nombreux mais suffisamment pour sauver l’honneur d’une nation qui a vite oublié ce qu’est le racisme quand on le souffre dans sa propre chair.

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28431