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samedi 11 janvier 2014

Anciens mineurs marocains du Nord Pas-de-Calais discriminés

"Les ayants-droit", un documentaire sur d'anciens mineurs marocains du Nord Pas-de-Calais discriminés

Entre 1960 et 1980, 78.000 hommes avaient été recrutés au Maroc par les Charbonnages de France pour travailler dans les mines. Durant 30 ans de service, ils se sont battus pour obtenir les mêmes droits que leurs collègues polonais ou italiens. Sans succès. Retour sur cette histoire rocambolesque !
  • Par Laura Lévy, 06/01/2014
© Image extraite de la bande annonce du documentaire "Les ayants droit"
© Image extraite de la bande annonce du documentaire "Les ayants droit"

Vingt ans après la fermeture des mines de charbon dans le Nord Pas-de-Calais, Samate Abdellah, ancien mineur marocain, mène son dernier combat : un procès contre l'Etat pour discrimination raciale.

Voir la vidéo
Documentaire "Les Ayants droit" bande-annonce

Notre invitée la réalisatrice Marie Bonnard a suivi en France et à Ouarzazate au Maroc le combat de Samate et de ces 10 ex-mineurs discriminés. En janvier 2013, ils ont finalement obtenu gain de cause en cassation. Quatrevingt-dix nouveaux dossiers sont aujourd'hui en cours de traitement. Le combat continue.

A 19h20, nous serons en direct de l'hippodrome de Douai où le documentaire de 52 minutes "Les ayant-droits" sera diffusé ce soir en avant-première. II sera ensuite diffusé sur notre antenne le samedi 11 janvier à partir de 15h20.

L'ANGDM, l'agence nationale pour la garantie des droits des mineurs, a été condamnée à verser 40 000 euros à chacun des demandeurs. Cette jurisprudence devrait concerner 1.600 ex-mineurs marocains.


http://nord-pas-de-calais.france3.fr/2014/01/06/les-ayants-droit-un-documentaire-sur-d-anciens-mineurs-marocains-du-nord-pas-de-calais-discrimines-389177.html?fb_action_ids=10152101773341168&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map={%2210152101773341168%22%3A758517564178343}&action_type_map={%2210152101773341168%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map=[]

vendredi 23 novembre 2012

Ricardo Montserrat, un artiste engagé aux côtés des mineurs marocains


Découvrir Ouarzazate, Zagora, Errachidia, Tinghir et la région Sud Est du Maroc

Romancier, nouvelliste et surtout scénariste et dramaturge, Ricardo Montserrat est un artiste engagé voir humaniste. Il était présent à Ouarzazate dans le cadre de la caravane des mineurs marocains du Nord Pas de Calais pour y présenter son roman « Mauvaise Mine » consacré à l’histoire des anciens mineurs marocains. Artiste militant en faveur des exclus, il partage son regard et son expérience dans ce domaine.
Ricardo Montserrat à Ouarzazate par A. Azizi

Almaouja.com - Comment cette dimension humaniste est née en vous en tant qu’artiste ?
Ricardo Montserrat - Je suis né dans une famille engagée depuis plusieurs générations. Mon grand père maternel a été condamné à un an de prison en 1913 pour avoir refusé de faire la guerre au rif marocain. Mes propres parents sont des catalans engagés. Quant à mon père, il était dans la résistance en France, arrêté puis envoyé en Allemagne. Mais moi j’ai choisi un autre moyen face à la violence de la guerre, particulièrement celle de la guerre civile : j'ai choisi le parti du dialogue.

Le choix du dialogue
Je pense que les gens peuvent sortir de l’engrenage de la guerre, de la haine et de l’humiliation par la culture. Autrement dit par l’échange des mots, par la possibilité de trouver des histoires, d’inventer une autre façon de vivre ensemble. Personnellement, j’ai vécu au Chili sous la dictature du général Pinochet. Il y avait deux choix en matière d’engagement : la voie de la violence et la voie de la culture. C’est-à-dire inventer ensemble une identité avec les victimes qui souffraient de l’oppression. L’objectif était alors de créer un espace de liberté par les musiciens, les peintres et les artistes à travers l’éducation populaire. C’était efficace car le Chili a relever le défi de la démocratie sans passer par un bain de sang.

Almaouja.com - Vous optez alors dans la résolution des conflits pour une voie de paix au lieu de la force ou toutes les parties concernées perdent d’une manière ou d’une autre ?
RM - Oui bien sûr en passant par l’art et la culture. Chacun à sa petite histoire qui rejoint la grande histoire. Si on aide chacun à réparer sa petite histoire, on répare indirectement la grande histoire. Surtout une histoire humiliée, blessée, sous estimée. Si on prend l’exemple de la grande histoire des peuples marocains, car il n’y en a pas uniquement un, il y a toute une histoire qui n’existe pas parce qu’elle n’a pas été écrite, chantée ou valorisée. Or cette histoire que vous croyez avoir oubliée, vous la portez dans votre corps, votre façon de vivre ...
Je pense qu’il faut créer un espace où toute cette mémoire offensée voir oubliée puisse ressurgir. Je cite l’exemple de cette magnifique histoire des mineurs marocains. Elle était au départ écrasée. Alors qu’en réalité, c’est une histoire de héros, de gens qui sont toujours beaux.

Mauvaise Mine de Ricardo MonserratAlmaouja.com Dans le cadre relatif aux anciens mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais, pourriez-vous nous rappeler le contexte d’écriture de votre roman « mauvaise mine » ?
RM - Ce livre n’est fait que de paroles que j’ai collectées, des paroles croisées. Nous avons accueilli des mineurs marocains dans des ateliers. Différents d’origine, d’âge, de langue… Ils ont raconté des choses très intéressantes. Il faut remettre aussi ce roman dans le contexte actuel. Aujourd’hui en France il y a une montée d’un mouvement xénophobe, raciste. Un racisme anti arabe, antimusulman, anti islam avec de plus en plus de jeunes néonazis fascinés par des idées extrémistes. Face à cette réalité, nous avons décidé de réagir en collaboration avec l’association « colère du présent ». Dans ce cadre j’ai écrit une pièce de théâtre intitulé « Naz ». Elle raconte comment un jeune français devient con, raciste, xénophobe…
Le problème de ces jeunes, c’est qu’ils ne connaissent pas leur histoire, particulièrement l’histoire de l’émigration. Alors nous avons décidé de créer une collection de feuilletons populaires destinés à être lus par un large public. Nous avons aussi constitué des groupes, celui des mineurs marocains était le premier, de gens vivant dans le Nord qui racontent l’histoire telle qu’ils l’ont vécue, leur propre histoire. Une histoire de petites gens inconnus auprès du public, dans une forme populaire où amour, sang, émotion, suspens sont tous présents. Cette initiative a eu un grand écho. Dans le journal la Voix du Nord on a eu 120.000 lecteurs par jour qui on découvert l’histoire de mineurs marocains.
C’est dans l’invention que se joue l’avenir de l’humanité
Almaouja.com - Quel est l’objectif de votre initiative ?
RM - L’objectif est de changer le regard sur cette catégorie de personnes en l’occurrence les anciens mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais en réparant leur histoire. Nous pouvons changer les choses à travers les moyens éducatifs et culturels. « Si on change les mots et les images qui disent le monde, le monde changera ». Je suis convaincu que l’éducation populaire est un moyen efficace qui permet à un peuple de revendiquer son histoire, de la réinventer afin de concevoir un autre destin que celui qu’on lui a promis.

Almaouja.com - Croyez-vous que vos idées sont partagées par les acteurs politiques et les décideurs en général sachant qu’il y a toujours un rapport dominant-dominé entre les pays ?
RM - Quand vous dites fort, ça sous entend un rapport de force. Personnellement, je crois à la force des faibles puisque ils sont nombreux et ils n’ont rien à perdre. Ils ont tout à inventer. Or c’est dans l’invention que se joue l’avenir de l’humanité. Prenons l’exemple de nos vieux pays riches qui se croient forts. Leur force est fondée sur des choses du passé. Alors que c’est dans le présent, parmi ceux qui n’ont rien ou pas grand chose que le monde de demain est en train de s’inventer. Dans cette situation de faiblesse, il y a lieu d’inventer une nouvelle force différente d’une vieille basée sur le pouvoir financier, médiatique, militaire ...

SOLIDARITE AVEC LES MINEURS MAROCAINS en France

AMMN PAS-DE-CALAIS
SOLIDARITE AVEC LES MINEURS MAROCAINS

COMMUNIQUE DE PRESSE
« La mémoire au service des droits de l’Homme »
Les participants à la caravane pour réhabiliter la mémoire des mineurs marocains de France s’indignent du sort réservé aux mineurs de Bouazzer et autres mines de la région de Ouarzazate

Les responsables de l’association des mineurs marocains du Nord-pas-de calais (AMMN) présents au Maroc avec le soutien  du Conseil national des droits de l’Homme, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et le Ministère chargé de la communauté marocaine à l’étranger, sillonnent les villes de Ouarzazate, Tiznit , d’Agadir, Goulimine et Taroudant, en vue de valoriser et de réhabiliter la mémoire et l’histoire des mineurs marocains installés dans le Pas-De Calais en France et rappeler leurs droits. 
L’AMMN s’est réjouie de l’apport des institutions marocaines pour la réussite de cette caravane et l’avancé de notre pays dans le chemin des réformes avec la volonté de réhabiliter les victimes des années dites de «plomb » . Durant cette caravane, nous avons eu la liberté d’exprimer publiquement et devant les hauts fonctionnaires de l’Etat la nécessité de réparer les dégâts causés par la signature par le Maroc des accords avec la France pour brader les droits des mineurs marocains et les renvoyer dans le pays sans aucune couverture sociale. 
La solidarité entre mineurs nous a aussi conduits, à rencontrer les mineurs de la région de Ouarzazate et leurs familles.  L'A.M.M.N a souhaité  avec cette caravane de la mémoire au service des droits humains témoigner sa solidarité aux mineurs en grève notamment à BOU AZZER où la répression est omniprésente. 
Des  mineurs marocains sont venus témoigner aux militants de l'A.M.M.N de leurs terribles conditions de travail et des multiples violations des droits du travail marocain. Un pays qui ne respecte pas sa propre législation et un pays qui perd la confiance de ses propres enfants. Dans nos régions d’origine, loin des grandes villes, l'Etat marocain est incapable de faire respecter par des entreprises "Gangster" son propre code de travail (Smic, titularisation, congés payés...)

L'A.M.M.N soutient les mineurs et leurs familles en lutte et demande le respect du droit du travail  et le respect de la dignité humaine.

La caravane présente à Tiznit et sa région jusqu’  au 17 novembre, à Taroudant et sa région du 19 au 23 novembre, à Guelmim et sa région du 26 au 30 novembre et à Agadir du 3 au 8 décembre 2012 relayera ici au Maroc et en France les revendications légitimes des mineurs de la région de Ouarzazate.   
Contact presse :                                                                                                                         Abdallah Samat Président de l’AMMN: 00212 (0)678779853   
  33 rue casimir Beuget 59187 DECHY/Tél : 03.27.96.23.34 /Fax : 03.27.98.14.76/Ammn59-62@wanadoo.fr
  • Par Khouya Mhamed,AMMN PAS-DE-CALAIS
    SOLIDARITE AVEC LES MINEURS MAROCAINS

              COMMUNIQUE DE PRESSE

               « La mémoire au service des droits de l’Homme »

    Les participants à la caravane pour réhabiliter la mémoire des mineurs marocains de France s’indignent du sort réservé aux mineurs de Bouazzer et autres mines de la région de Ouarzazate

    Les responsables de l’association des mineurs marocains du Nord-pas-de Calais (AMMN) présents au Maroc avec le soutien du Conseil national des droits de l’Homme, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et le Ministère chargé de la communauté marocaine à l’étranger, sillonnent les villes de Ouarzazate, Tiznit , d’Agadir, Goulimine et Taroudant, en vue de valoriser et de réhabiliter la mémoire et l’histoire des mineurs marocains installés dans le Pas-De Calais en France et rappeler leurs droits.
    L’AMMN s’est réjouie de l’apport des institutions marocaines pour la réussite de cette caravane et l’avancée de notre pays dans le chemin des réformes avec la volonté de réhabiliter les victimes des années dites de «plomb » . Durant cette caravane, nous avons eu la liberté d’exprimer publiquement et devant les hauts fonctionnaires de l’Etat la nécessité de réparer les dégâts causés par la signature par le Maroc des accords avec la France pour brader les droits des mineurs marocains et les renvoyer dans le pays sans aucune couverture sociale.
    La solidarité entre mineurs nous a aussi conduits, à rencontrer les mineurs de la région de Ouarzazate et leurs familles. L'A.M.M.N a souhaité avec cette caravane de la mémoire au service des droits humains témoigner sa solidarité aux mineurs en grève notamment à BOU AZZER où la répression est omniprésente.
    Des mineurs marocains sont venus témoigner aux militants de l'A.M.M.N de leurs terribles conditions de travail et des multiples violations des droits du travail marocain. Un pays qui ne respecte pas sa propre législation et un pays qui perd la confiance de ses propres enfants. Dans nos régions d’origine, loin des grandes villes, l'Etat marocain est incapable de faire respecter par des entreprises "Gangster" son propre code de travail (Smic, titularisation, congés payés...)

    L'A.M.M.N soutient les mineurs et leurs familles en lutte et demande le respect du droit du travail et le respect de la dignité humaine.

    La caravane présente à Tiznit et sa région jusqu’ au 17 novembre, à Taroudant et sa région du 19 au 23 novembre, à Guelmim et sa région du 26 au 30 novembre et à Agadir du 3 au 8 décembre 2012 relayera ici au Maroc et en France les revendications légitimes des mineurs de la région de Ouarzazate. 

    Contact presse : Abdallah Samat Président de l’AMMN:
    00212 (0)678779853
    33 rue casimir Beuget 59187 DECHY
    /Tél : 03.27.96.23.34 /Fax : 03.27.98.14.76/Ammn59-62@wanadoo.fr
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    AMMN PAS-DE-CALAIS
SOLIDARITE AVEC LES MINEURS MAROCAINS

COMMUNIQUE DE PRESSE
« La mémoire au service des droits de l’Homme »
Les participants à la caravane pour réhabiliter la mémoire des mineurs marocains de France s’indignent du sort réservé aux mineurs de Bouazzer et autres mines de la région de Ouarzazate

Les responsables de l’association des mineurs marocains du Nord-pas-de calais (AMMN) présents au Maroc avec le soutien  du Conseil national des droits de l’Homme, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et le Ministère chargé de la communauté marocaine à l’étranger, sillonnent les villes de Ouarzazate, Tiznit , d’Agadir, Goulimine et Taroudant, en vue de valoriser et de réhabiliter la mémoire et l’histoire des mineurs marocains installés dans le Pas-De Calais en France et rappeler leurs droits. 
L’AMMN s’est réjouie de l’apport des institutions marocaines pour la réussite de cette caravane et l’avancé de notre pays dans le chemin des réformes avec la volonté de réhabiliter les victimes des années dites de «plomb » . Durant cette caravane, nous avons eu la liberté d’exprimer publiquement et devant les hauts fonctionnaires de l’Etat la nécessité de réparer les dégâts causés par la signature par le Maroc des accords avec la France pour brader les droits des mineurs marocains et les renvoyer dans le pays sans aucune couverture sociale. 
La solidarité entre mineurs nous a aussi conduits, à rencontrer les mineurs de la région de Ouarzazate et leurs familles.  L'A.M.M.N a souhaité  avec cette caravane de la mémoire au service des droits humains témoigner sa solidarité aux mineurs en grève notamment à BOU AZZER où la répression est omniprésente. 
Des  mineurs marocains sont venus témoigner aux militants de l'A.M.M.N de leurs terribles conditions de travail et des multiples violations des droits du travail marocain. Un pays qui ne respecte pas sa propre législation et un pays qui perd la confiance de ses propres enfants. Dans nos régions d’origine, loin des grandes villes, l'Etat marocain est incapable de faire respecter par des entreprises "Gangster" son propre code de travail (Smic, titularisation, congés payés...)

L'A.M.M.N soutient les mineurs et leurs familles en lutte et demande le respect du droit du travail  et le respect de la dignité humaine.

La caravane présente à Tiznit et sa région jusqu’  au 17 novembre, à Taroudant et sa région du 19 au 23 novembre, à Guelmim et sa région du 26 au 30 novembre et à Agadir du 3 au 8 décembre 2012 relayera ici au Maroc et en France les revendications légitimes des mineurs de la région de Ouarzazate.   
Contact presse :                                                                                                                         Abdallah Samat Président de l’AMMN: 00212 (0)678779853   
  33 rue casimir Beuget 59187 DECHY/Tél : 03.27.96.23.34 /Fax : 03.27.98.14.76/Ammn59-62@wanadoo.fr

    Abdellah Samate, une figure illustre du combat des mineurs marocains en France 

    Écrit par La rédaction, 11/11/2012

    Ancien mineur de fond et fervent militant dans le combat des anciens mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais, Abdellah Samate a reçu en 2009, et avec mérite, la médaille française de la légion d’honneur. En tant que Président de l’Association des Mineurs Marocains du Nord-Pas-de Calais (AMMN), il continue à lutter sur différents fronts en faveur des centaines de marocains qui ont été engagés dans les houillères de France, victimes d’exploitation et de méconnaissance. Retour sur une époque riche en émotions que Mr Abdellah Samat a vécu corps et âme.
    Abdellah Samat à Ouarzazate - mineurs marocains en France par A. Azizi

    Tout a commencé au début des années soixante. La France avait un besoin urgent de mineurs de fond après le départ des polonais et le désintérêt des ouvriers français pour ce genre de travail semé de dangers. Un certain Félix M est entré en ligne auprès des autorités françaises et prétendait connaitre des gens, en l’occurrence les hommes du sud-est du Maroc, qui répondent parfaitement aux critères exigés par la France : patience, persévérance, soumission et illettrisme particulièrement en langue française. Il a ainsi été chargé alors par les autorités en question pour recruter ces personnes dans des conditions pour le moins inhumaines avant de les envoyer dans les houillères du Nord-Pas-de Calais.

    Une brèche pour sortir de la misère
    L’indigence nous a poussés à nous diriger vers l’inconnu qui était une brèche d’espoir pour sortir de la misère, nous qui avions en charge des familles très modestes. Nous avons alors quitté notre pays en quête d’une vie meilleure. Une fois arrivés en France, le rêve est devenu cauchemar. Nous avons vécu dans des conditions dures. Nous habitions dans des baraques sans chauffage et sans eau. Au début, 1963, nous travaillions avec un contrat renouvelable d’un an. En cas d’accidents de travail ou de maladie, surtout de silicose, nous étions menacés de licenciement.

    Cette précarité sociale et cette défaillance juridique nous ont menés à sortir de notre docilité. Nous avons alors commencé à contacter les syndicats pour défendre nos droits. Un contrat de 18 mois a été mis en place. Ce contrat traduit encore une fois la mauvaise intention des responsables français à notre égard. Ils savaient bien que les mineurs marocains étaient fortement attachés à leurs familles et à leur pays. Chose qu’ils avaient bien exploitée. Un faux avantage dit visite de famille pour 3 mois a été intégré dans ce fameux contrat afin de persuader les mineurs de le signer. Environ 95% d’entre nous avaient signé ce contrat, moi j’ai refusé de le faire. C’était un stratagème de leur part pour se débarrasser sans difficulté des personnes inaptes notamment les malades de silicoses, les blessés, ceux qui souffrent de surdité et les membres qui font partie des syndicats. Dans ce cadre, de nombreux mineurs ont été licenciés.
    Les mineurs de la Lorraine (autre département français avec des houillères NDLR), quant à eux, avaient entamé une grève d’un mois et nous avions manifesté notre solidarité avec eux. Nos revendications étaient claires : annuler le contrat de 18 mois et avoir le même statut de mineur que les autres nationalités. Durant ce bras de fer entre les responsables miniers et les mineurs, la France a contacté les autorités marocaines. Rabat a dépêché un émissaire en France pour faire avancer les négociations. De fausses promesses nous ont été transmises oralement. En 1985, un accord a été signé entre le Maroc et la France par l’ambassadeur du Maroc à Paris Mr Youssef B. Ils nous ont fait comprendre clairement qu’il faut accepter les principes de cet accord signé à notre insu. Je leur ai demandé de nous laisser au moins une chance de dialogue avec les autorités de notre pays.

    Au début des années quatre vingt six, le drame du retour en masse des mineurs et leurs familles au Maroc a commencé. Nombreux sont ceux qui ont été obligés de rentrer au bled, surtout les mineurs issus de Ouarzazate. C’était une sorte d’expulsion sous menace qui a englouti les mineurs dans une situation plus précaire qu’avant : privés de la sécurité sociale, la scolarité de leurs enfants fut interrompue, de maigres pensions, des malades qui ne sont plus pris en charge ... En 1987 nous avons reçu des lettres de menace pour rentrer au Maroc parce que les mines allaient être définitivement fermées. L’option de la lutte était inévitable. Alors nous avons créé le collectif des mineurs marocains au sein de Confédération Générale du Travail (CGT). Nous avons bloqué les mines pendant deux mois pour obliger les responsables à passer aux négociations. Parallèlement à notre combat en France, nous avons également créé un comité composé de neuf personnes chargé de se concerter avec les instances marocaines en l’occurrence le parlement et le gouvernement. Mais les résultats étaient décevants. Dans ce climat de tension, nous avons occupé le siège de la direction des mines. Le directeur et deux ingénieurs ont été bloqués dans leurs bureaux toute la journée. Enfin les responsables français avaient accepté de négocier. Notre interlocuteur était le directeur général Mr Verlaine. Un accord a été signé. Il intégrait alors nos principales revendications : droit à la reconversion, retraite anticipée, retraite normale, congé charbonnier, droit à la création d’entreprise, droit de retour au Maroc ...

    Or dans la réalité, les entreprises refusaient d’embaucher des mineurs illettrés et épuisés par les maladies spécifiques aux mines. De nombreux mineurs souffrent aujourd’hui en France. Leurs homologues rentrés au Maroc ne sont pas mieux lotis. Dernièrement, le Maroc et la France ont signé un accord relatif au dossier des anciens mineurs marocains du Nord-Pas-de Calais. Mais il n’est pas encore mis en œuvre.
    Nous méritons une reconnaissance de la part des responsables marocains
    La Maroc doit d’abord procéder à un recensement des mineurs marocains du Nord de France : leur nombre, leurs origines, leur état de santé, leur situation socioéconomique et familiale, la scolarité de leurs enfants ... Il est du devoir des responsables marocains de se pencher sérieusement sur ce dossier. Il faut être reconnaissant à ces ressortissants qui ont sacrifié leur vie pour leur pays auquel ils ont rapporté des devises. Il faut donc rendre droit et hommage à ces gens avant qu’il ne soit tard. Nous méritons une reconnaissance de la part des responsables marocains en récompense à notre dévouement voir notre attachement à notre pays.

    Finalement j’appelle les anciens mineurs marocains du Nord- Pas-de Calais à se regrouper dans un cadre associatif ou syndical pour continuer à mieux défendre leurs droits légitimes. 
    Dans le cadre de l’organisation de la caravane des mineurs marocains Nord-Pas-de-Calais, je tiens à remercier le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME), le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), la Province et le conseil municipal de Ouarzazate pour leur coopération.

    A découvrir :
    - Sur almaouja.com : Ricardo Montserrat, un artiste engagé aux côtés des mineurs marocains
    Sur almaouja.com : mémoires d'un mineur marocain dans les houillères du Nord Pas de Calais
    - Sur almaouja.com : Une femme qui milite pour le droit et la dignité des anciens mineurs marocains Nord-Pas-de Calais
    Sur almaouja.com : la caravane des mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais
    Présentation officielle de la caravane
    Programme de la caravane
    Dans la presse : article de l'Observateur
    --------------------------------------------------------------

     

mardi 13 avril 2010

Les anciens mineurs marocains du Nord pas de Calais occupent les locaux de l'ANGDM

Par Ayad Ahram, secrétaire général de l'ASDHOM, 13/4/2010
L’ASDHOM vient d’apprendre qu’un Collectif formés d’anciens mineurs marocains du Nord Pas de Calais, soutenu par l’Association des Mineurs Marocains du Nord Pas de Calais, occupe actuellement les locaux de l’Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs (ANGDM) de Noyelles sous Lens (62) pour protester contre les inégalités de traitement. Ces anciens mineurs marocains ont tous été licenciés suite à un « plan social » décidé en 1987. Ils sont victimes d’exclusion et ne bénéficient pas, comme tous leurs collègues français, du droit au logement.
L’ASDHOM soutient leur mouvement et demande à l’ANGDM de satisfaire leurs doléances.
Vous trouverez ci-après le communiqué de l’AMMNPC à ce sujet.
Pour le bureau exécutif,
Dechy Le 13 avril 2010
COMMUNIQUÉ 
LE COLLECTIF D’ANCIENS MINEURS SE DÉPLACE A L’ANGDM
Soutenu par l’association des Mineurs Marocains du Nord Pas de Calais, un collectif d’anciens mineurs Marocains du Nord Pas de Calais est actuellement dans les locaux de L’ANGDM (avenue de la Fosse 23, BP 19 62 221 Noyelles sous Lens) pour dénoncer les inégalités de traitement qu’ils subissent encore aujourd’hui suite à l’échec du plan social établi à la fermeture des mines.
Le collectif des anciens mineurs et l’A.M.M.N ont déjà sollicité par écrit le 19 mars 2010 l’ANGDM pour être reçu mais en vain.
Dans l’espoir d’être entendu, nous attendons les responsables de l’ANGDM au sein de leurs locaux.
Association des Mineurs Marocains du Nord Pas de Calais
33 rue Casimir Beugnet
59187 DECHY
Tél : 03.27.96.23.34
Fax : 0327981476