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samedi 10 mai 2014

Un Saoudien tue deux mille outardes houbara, une espèce menacée d’extinction

  • Par : Telquel, 7/5/2014
Un Saoudien tue deux mille outardes houbara, une espèce menacée d’extinction
Crédit photo : DR
Extinction. Lors d’une partie de chasse au Pakistan, un Saoudien a tué deux mille oiseaux.
 Il s’agissait d’outardes houbara, une espèce menacée d’extinction à l’état sauvage dans toutes les zones où elle vit, Asie centrale, Moyen-Orient et Afrique du Nord. Au Maroc, l’outarde houbara, très prisée par les chasseurs, se fait rare depuis les années 1970. En 1990, ces oiseaux étaient estimés au nombre de 10 000 à travers tout le Maghreb, dont plus de 50 % en Algérie, 30 % au Maroc et 10 % en Libye. 

lundi 8 octobre 2012

L'affaire Imider : Communiqué de presse


boire.....un droit !
boire.....un droit !
Suite à un appel pour soutenir la lutte des populations d’Imider, dans la région de Tinghir/Ouarzazate (au sud-est du Maroc), une réunion d’information s’est tenu le samedi 29 septembre 2012 , au siège du Parti socialiste unifié à Rabat.

Cette réunion, qui a regroupé des militants appartenant à diverses organisations démocratiques et progressistes marocaines, avait pour objectif de collecter les données et informations relatives aux différentes formes de la lutte entamées par la populations concernées et de retracer la chronologie de ces manifestations depuis 1986 et jusqu’à aujourd’hui (en évoquant notamment le mouvement populaire de contestation engagé depuis 1996), en s’arrêtant sur la réaction extrêmement violente et totalement partiale des autorités locales dans ce dossier.


Il est a noter que la population n’arrête pas de protester contre l'exclusion et la marginalisation complète que connait la région à tous les niveaux et ce en dépit du fait qu’elle abrite dans son sous-sol l’une des mines d'argent les plus importantes au monde, avec une capacité de production d'environ 200 tonnes par an d'argent pur et de haute qualité, ce qui génère pour l'entreprise exploitante d'énormes profits sans véritable contre partie pour la région et ses habitants – et aussi pour le pays - qui ne récoltent malheureusement que du chômage et un important déficit en matière d’infrastructures éducative et socioculturelle, tout en vivant sous la menace permanente d’énormes risques pour leur santé, en rapport avec les déchets toxiques liés à l’extraction minière et le traitement de la matière première, notamment le mercure et les cyanures, ainsi que la dégradation des sols menaçant leur modeste agriculture vivrière, et la raréfaction des ressources hydriques résultant de l’épuisement de la nappe phréatique, ainsi que l’extraction et le déplacement d’énormes quantités de sable nécessaire au remblayage cimenté des chambre déjà exploitées du métal en question. Le tout contribuant à une véritable catastrophe écologique affectant l’ensemble de la région et ses habitants.


Les personnes présentes à la réunion, après avoir pris note de l’ensemble de ces aspects de l’affaire Imider, ont décidé la constitution d’une commission qu’elles ont appelée ’’Commission nationale pour le soutien à la population d’imider’’ ainsi que la mise en œuvre d’une série d’actions militantes, le moment opportun, pour la sensibilisation et la conscientisation aux défis posés par la cause ‘’imiderienne’’ et pour mobiliser le soutien et la solidarité, tant au niveau national qu’internationale, avec le juste combat de la population, en ayant recours à tous les moyens légitimes, de nature à mettre fin à l’injustice qui frappe, encore une fois, une population pauvre et isolée .



L'affaire Imider : Communiqué de presse


mercredi 20 juin 2012

Maroc: l'oasis d'Errachidia menacée par la surexploitation de l'eau

Par Omar BROUKSY, 19/6/2012

 Nichée dans les montagnes du Haut-Atlas, la vaste oasis d'Errachidia, parmi les plus belles du sud marocain, est aujourd'hui menacée par l'exploitation irraisonnée des points d'eau qui lui donnent vie depuis des millénaires.
 voir le zoom : Une oasis de la région de Ouarzazate, au Maroc, le 13 juin 2012
  Une oasis de la région de Ouarzazate, au Maroc 
 Nichée dans les montagnes du Haut-Atlas, la vaste oasis d'Errachidia, parmi les plus belles du sud marocain, est aujourd'hui menacée par l'exploitation irraisonnée des points d'eau qui lui donnent vie depuis des millénaires. Elle illustre la question de la gestion de l'eau dans le monde, qui sera l'un des thèmes abordés lors du Sommet sur le développement durable Rio+20, prévu du 20 au 22 juin à Rio de Janeiro, au Brésil. A quelques encablures d'une route goudronnée qui sillonne l'oasis de Goulmima, près d'Errachidia, un puits jalousement gardé par la famille M'barek alimente en eau le petit champ de maïs via une pompe à eau. "L'eau a beaucoup baissé. Dieu seul sait pourquoi", regrette sur un ton amer Moha M'barek, un octogénaire né dans l'oasis où il possède un petit terrain agricole. "J'ai creusé quatre puits avant de trouver l'eau. Autour de moi, les voisins n'ont pas d'eau. Avant, il y en avait partout. C'est la volonté de Dieu", ajoute-t-il, fataliste, les yeux fixés sur un ruisseau qui conduit l'eau du puits vers le champ de maïs. 

 Anciennement appelée "Ksar Souk", la ville d'Errachidia (200.000 habitants) est le chef-lieu de la province qui porte le même nom. Cette région est connue par la beauté de ses oasis, au milieu des montagnes arides et d'un désert qui s'étend jusqu'au Sahara occidental. La répartition de l'eau dans l'immense oasis aujourd'hui menacée d'assèchement se faisait via +les khattaras+, un système d'irrigation séculaire assuré par la pratique des tours d'eau, et géré par les habitants selon des rites berbères ancestraux. Ce système permettait de maintenir un débit d'eau régulier tout au long de l'année. 

 Mais à partir des années soixante-dix, l'utilisation des pompes à eau par les agriculteurs a conduit à l'assèchement progressif de la nappe phréatique. Et les champs, naguère régulièrement cultivés et verdoyants, ne sont plus que des terrains vagues abandonnés par les habitants de l'oasis. 

 "Les traces des champs... vous voyez comme ils sont grands. Regardez: un, deux, trois, quatre mètres de largeur. Ils sont grands, donc ça veut dire qu'il y avait beaucoup d'eau", s'indigne Lahcen Kabiri, professeur en géosciences de l'environnement à la faculté d'Errachidia. 

désastre écologique 

"Les agriculteurs ont peu à peu opté pour des puits individuels, qu'ils ont équipés de pompes à eau... des milliers de forages creusés, et en quelques années la nappe s'est vidée", poursuit l'universitaire en montrant un immense terrain entouré de quelques palmiers à moitié desséchés. Selon M. Kabiri, cette situation "pourrait évoluer vers une véritable catastrophe écologique compte tenu du rôle des oasis dans la lutte contre la désertification". "Si la nappe s'épuise, alors tout ce qui est en aval va être dans une situation dramatique. On va se retrouver avec un désastre écologique jamais vu", s'inquiète-t-il. 
<strong>L’oasis de Fint, dans la région de Ouarzazate, au Maroc, le 13 juin 2012</strong> <span>A partir des années soixante-dix, l’utilisation des pompes à eau par les agriculteurs a conduit à l’assèchement progressif de la nappe phréatique. Et les champs, naguère régulièrement cultivés et verdoyants, ne sont plus que des terrains vagues abandonnés par les habitants de l’oasis.</span> <span> - AFP - Abdelhak Senna</span>
Habitants et autorités locales prennent de plus en plus conscience des menaces qui pèsent sur cet oasis, parmi les plus vastes du Maroc. Dans la petite palmeraie d'Izilf au coeur de l'oasis, quelques agriculteurs décident de faire face collectivement à ce problème. "Nous avons créé une coopérative pour gérer l'eau collectivement. Sinon, tout ce que vous voyez autour de vous n'existerait plus. Il n'y aurait plus rien, tout serait mort, séché", prévient Moha Bousseta, le président de la coopérative d'eau d'Izilf.

 Pour les habitants de la région d'Errachidia, pour la plupart des Berbères, la gestion de l'eau est "non seulement un enjeu écologique majeur, mais c'est une question de vie ou de mort", conclut M. Kabiri.

 © 2012 AF