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vendredi 17 août 2012

Une chose est sûre : la table garnie ne va pas descendre du ciel !

Par Mohammed Hifad, 17/8/2012
Les pays grands producteurs de blé cette année , à cause de la sécheresse aussi bien aux USA qu’en Russie , ne peuvent fournir pour le marché mondial cette denrée vitale .

Les USA viennent de refuser de vendre au Maroc leur blé tendre . Pour leur propre sécurité alimentaire, ces pays producteurs gardent pour leurs populations leurs maigres récoltes à cause de la sécheresse.


L’effrayante crise ou révolution du pain à l’horizon ?
Et dire que le Maroc était un grand exportateur de blé et d’orge au début du siècle dernier au point où les anciens Caïds à la solde du Makhzen et de la France coloniale , labouraient même les forêts et faisaient trimer gratuitement les paysans sous peine de les exproprier de leurs propres lopins de terre.

A quoi donc ont servi les sacrifices des marocains pendant des années pour construire tant de barrages si le pays est incapable d’assurer sa propre autosuffisance en blé ?

Et dire qu’il voulait être le grenier de l’Afrique du Nord dite l’Union du Maghreb Arabe!

Un bien économique par définition est un bien rare et ce critère de rareté fait qu’il acquiert automatiquement de la valeur.

Je plains si Benkirane qui a mal choisi son moment car les marocains aussi fanatiques qu’ils sont,pour eux « al 3aboud sbeq al ma3boud »(la nourriture ou le pain précède Dieu)

Sera-t-il obligé de nouveau d’augmenter le prix du pain ce qui risque de mettre le pays à feu et à sang ?


Que s’est-il passé au juste depuis l’indépendance ?
Les pays occidentaux , en particulier la France , savent que le pain est une arme redoutable. Pour faire agenouiller un pays comme le Maroc avec ses riches terres à vocation agricole, ils ont imposé les agrumes aux grands agriculteurs marocains , par l'intermédiaire des crédits octroyés , en réservant pour eux l’essentiel à savoir la production du blé.

Les riches terres de Souss, des millions d’hectares, ont servi pour produire des oranges, des tomates et de la pastèque à la place du blé et de l’orge à faible valeur ajoutée.Il en va de même de Doukkala où l’eau des barrages a servi surtout pour la production de la betterave sucrière au profit des usines de l’Etat. 

Un expert japonais a fait remarquer aux responsables marocains qu’ils exportent des milliards de mètres cubes d’eau ce qui les a étonnés . Ils ont compris lorsqu’il leur a expliqué et calculé la quantité d’eau contenue dans nos oranges, nos tomates et pastèques exportées par millions de tonnes chaque année sans compter l’eau qui s’évapore et celle qui est de nouveau absorbée par la terre et qui n’a servi à rien en l’absence par le passé et encore aujourd’hui du procédé du goutte à goutte. 

Nos responsables ne réagissent depuis toujours que lorsqu'il est trop tard complices de nos pires ennemis.A quoi peut servir aujourd'hui le goutte à goutte à Souss une fois que la nappe est bradée pour rien?

La nappe phréatique qui a mis des siècles pour sa formation est mise à sac en moins de quatre décennies. Il faut maintenant creuser pour un puits plus de 400 mètres de profondeur.

Les plus malins sont venus acheter des terres à Chichawa où ils sont en train de répéter la même expérience criminelle dans l’inconscience totale et l’absence de tout contrôle de la part des responsables tous de passage , originaires d’autres régions du Maroc et qui ne cherchent qu’à se remplir les poches dans l’attente de leur mutation.

Ce système administratif hérité du protectorat ancien romain et arabo-musulman et du nouveau français, ne donne jamais le pouvoir et la responsabilité aux originaires du pays par suspicion et manque de confiance. 

Ils craignent que ces responsables natifs de la région ne se solidarisent avec les habitants et se rebellent contre eux.

Le triste constat, c’est la destruction , la déprédation des richesses de tout le pays , le déséquilibre entre les régions qui se volent mutuellement par l’intermédiaire de leurs filles et fils qui détiennent les postes clés de l’administration.

Aucune précaution ni aucun souci à court ou long terme pour laisser aux générations futures de quoi vivre et rester sur place.

Il faudra raser bien des champs pour laisser place de nouveau au blé et à l’orge en octroyant des subventions et en garantissant des prix raisonnables pour les producteurs .Sinon, la révolution du pain fera revenir le pays au stade du moyen âge. 

Que l’homme aille en espace ou reste sur terre , il a besoin de manger ce qui doit être la priorité des priorités dans un Maroc fou qui veut se doter par dessus le marché d’un TGV et ne peut même pas assurer une bouchée de pain pour ses habitants.


Y-a-t-il pire folie et irresponsabilité que celles-ci ? 
La sécurité alimentaire ne relève-t-elle pas de la stratégie militaire des Nations qui se respectent et dignes de ce nom?

Où allons-nous avec toutes ces calamités ?

Une chose est sûre : la table garnie ne va pas descendre du ciel !

mogador7.forumactif.com

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mercredi 20 juin 2012

Maroc: l'oasis d'Errachidia menacée par la surexploitation de l'eau

Par Omar BROUKSY, 19/6/2012

 Nichée dans les montagnes du Haut-Atlas, la vaste oasis d'Errachidia, parmi les plus belles du sud marocain, est aujourd'hui menacée par l'exploitation irraisonnée des points d'eau qui lui donnent vie depuis des millénaires.
 voir le zoom : Une oasis de la région de Ouarzazate, au Maroc, le 13 juin 2012
  Une oasis de la région de Ouarzazate, au Maroc 
 Nichée dans les montagnes du Haut-Atlas, la vaste oasis d'Errachidia, parmi les plus belles du sud marocain, est aujourd'hui menacée par l'exploitation irraisonnée des points d'eau qui lui donnent vie depuis des millénaires. Elle illustre la question de la gestion de l'eau dans le monde, qui sera l'un des thèmes abordés lors du Sommet sur le développement durable Rio+20, prévu du 20 au 22 juin à Rio de Janeiro, au Brésil. A quelques encablures d'une route goudronnée qui sillonne l'oasis de Goulmima, près d'Errachidia, un puits jalousement gardé par la famille M'barek alimente en eau le petit champ de maïs via une pompe à eau. "L'eau a beaucoup baissé. Dieu seul sait pourquoi", regrette sur un ton amer Moha M'barek, un octogénaire né dans l'oasis où il possède un petit terrain agricole. "J'ai creusé quatre puits avant de trouver l'eau. Autour de moi, les voisins n'ont pas d'eau. Avant, il y en avait partout. C'est la volonté de Dieu", ajoute-t-il, fataliste, les yeux fixés sur un ruisseau qui conduit l'eau du puits vers le champ de maïs. 

 Anciennement appelée "Ksar Souk", la ville d'Errachidia (200.000 habitants) est le chef-lieu de la province qui porte le même nom. Cette région est connue par la beauté de ses oasis, au milieu des montagnes arides et d'un désert qui s'étend jusqu'au Sahara occidental. La répartition de l'eau dans l'immense oasis aujourd'hui menacée d'assèchement se faisait via +les khattaras+, un système d'irrigation séculaire assuré par la pratique des tours d'eau, et géré par les habitants selon des rites berbères ancestraux. Ce système permettait de maintenir un débit d'eau régulier tout au long de l'année. 

 Mais à partir des années soixante-dix, l'utilisation des pompes à eau par les agriculteurs a conduit à l'assèchement progressif de la nappe phréatique. Et les champs, naguère régulièrement cultivés et verdoyants, ne sont plus que des terrains vagues abandonnés par les habitants de l'oasis. 

 "Les traces des champs... vous voyez comme ils sont grands. Regardez: un, deux, trois, quatre mètres de largeur. Ils sont grands, donc ça veut dire qu'il y avait beaucoup d'eau", s'indigne Lahcen Kabiri, professeur en géosciences de l'environnement à la faculté d'Errachidia. 

désastre écologique 

"Les agriculteurs ont peu à peu opté pour des puits individuels, qu'ils ont équipés de pompes à eau... des milliers de forages creusés, et en quelques années la nappe s'est vidée", poursuit l'universitaire en montrant un immense terrain entouré de quelques palmiers à moitié desséchés. Selon M. Kabiri, cette situation "pourrait évoluer vers une véritable catastrophe écologique compte tenu du rôle des oasis dans la lutte contre la désertification". "Si la nappe s'épuise, alors tout ce qui est en aval va être dans une situation dramatique. On va se retrouver avec un désastre écologique jamais vu", s'inquiète-t-il. 
<strong>L’oasis de Fint, dans la région de Ouarzazate, au Maroc, le 13 juin 2012</strong> <span>A partir des années soixante-dix, l’utilisation des pompes à eau par les agriculteurs a conduit à l’assèchement progressif de la nappe phréatique. Et les champs, naguère régulièrement cultivés et verdoyants, ne sont plus que des terrains vagues abandonnés par les habitants de l’oasis.</span> <span> - AFP - Abdelhak Senna</span>
Habitants et autorités locales prennent de plus en plus conscience des menaces qui pèsent sur cet oasis, parmi les plus vastes du Maroc. Dans la petite palmeraie d'Izilf au coeur de l'oasis, quelques agriculteurs décident de faire face collectivement à ce problème. "Nous avons créé une coopérative pour gérer l'eau collectivement. Sinon, tout ce que vous voyez autour de vous n'existerait plus. Il n'y aurait plus rien, tout serait mort, séché", prévient Moha Bousseta, le président de la coopérative d'eau d'Izilf.

 Pour les habitants de la région d'Errachidia, pour la plupart des Berbères, la gestion de l'eau est "non seulement un enjeu écologique majeur, mais c'est une question de vie ou de mort", conclut M. Kabiri.

 © 2012 AF