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vendredi 24 février 2017

L'arrogance marocaine dans tous ses états

  •  AFRIQUE / L'arrogance du pouvoir marocain dans tous ses états 
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    Date de publication sur Tlaxcala : 23/02/2017
    Traductions disponibles : Español 

    Par Niko, Blog Mediapart




    Il y a ces hommes qui font les gros bras à la suite de l’admission du Maroc à l’Union africaine, ce 31 janvier 2017.

    M. Bourita par exemple, ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, a déclaré à propos de la RASD (la République arabe sahraouie démocratique, membre fondateur de l’Union africaine en 2002, après avoir été membre de l’Organisation de l’Unité Africaine dès 1984) : « le Maroc ne reconnaît pas – et ne reconnaîtra jamais – cette entité fantoche », et il annonce qu’il « redoublera d’efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fassent évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques ». Ouah !, « dans le sens de la légalité internationale » !

jeudi 28 avril 2016

Rappel : Colère du Maroc contre Ban Ki-moon Le Sahara occidental est-il « occupé » ?




 
En évoquant l’occupation du Sahara occidental, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a suscité la colère du Maroc. Et rappelé l’incertitude du sort de ce territoire depuis plus de quarante ans.

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Le Maroc ne décolère pas. Ban Ki-moon a effectué une visite — la première du genre — dans les camps de Tindouf, en Algérie, où vivent depuis 1975 des milliers de Sahraouis qui revendiquent l’indépendance du Sahara occidental. Le secrétaire général des Nations Unies s’est également rendu à Bir Lahlou, localité au nord-est du Sahara occidental, en zone contrôlée par le Front Polisario et considérée par les Sahraouis de Tindouf comme une «  zone libérée  ». C’est à cet endroit précis que le 27 février 1976, le Front Polisario annonçait la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et c’est de cette localité qu’émet la «  Radio nacional de la républica árabe saharaui democrática  ». La presse marocaine parle de provocation.
Au-delà de la visite elle-même, ce sont les propos formulés par Ban Ki-moon, en ces lieux hautement symboliques, qui ont paru «  inacceptables  » pour le Maroc. Le plus haut fonctionnaire onusien, qui affiche habituellement une grande réserve, a exprimé beaucoup de compassion pour les réfugiés sahraouis qu’il a vus à Tindouf : «  J’ai été très attristé de voir autant de réfugiés et particulièrement des jeunes qui y sont nés. Les enfants qui sont nés au début de cette occupation ont désormais 40 ou 41 ans. Soit quarante ans d’une vie difficile. Je voulais vraiment leur apporter l’espoir que ce n’est pas la fin du monde pour eux  ».

jeudi 12 novembre 2015

Avec un discours célébrant les 40 ans de la Marche verte, Mohammed VI installe résolument le Maroc dans la provocation à l'égard de la Communauté internationale !" — Novembre 2015

Sahara Info n°83 — Novembre 2015 

À quelques semaines d'intervalle, d'octobre – date de l'examen périodique à Genève – à novembre 2015 – date du discours anniversaire de la Marche verte –, Mohammed VI vient de dénoncer, avec un aplomb insensé, les engagements que son pays, le Royaume du Maroc, a pris en adhérant aux principaux Traités internationaux relatifs aux droits de l'Homme et au droit humanitaire.

N'a-t-il pas pourtant solennellement déclaré, en décembre 1999, pour le 51e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme : « Nous sommes fermement convaincus que le respect des droits de l'Homme et des Conventions internationales qui consacrent ces droits n'est pas un luxe mais une nécessité dictée par les exigences du développement » ?
Ainsi, en adhérant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et en le ratifiant, le Maroc s'est engagé à rendre compte auprès du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de la manière dont il respecte les dispositions de ce Pacte et à tenir compte des observations finales que le Comité adresse aux pays parties qui sont soumis à un examen périodique.

Pour mémoire, chaque Comité – comme celui des droits économiques, sociaux et culturels – est composé d'experts indépendants, qui sont chargés de surveiller la mise en œuvre par les États parties des instruments relatifs aux droits de l'Homme des Nations unies.

Que s'est-il passé dans le cas du Maroc ? Les observations finales sur le quatrième rapport périodique présenté par Rabat sont particulièrement éloquentes sur la question du Sahara Occidental : la première recommandation concerne le nécessaire respect du droit à l'autodétermination ; la seconde demande au Maroc de « garantir le respect du consentement préalable, libre et en connaissance de cause des Sahraouis afin qu'ils puissent exercer leur droit à profiter et à user pleinement et librement de leurs ressources et richesses naturelles ». En outre, à propos du mur de sable ou berm, le Comité recommande au Maroc de « prendre les mesures adéquates pour permettre aux Sahraouis d'accéder à leurs terres et ressources naturelles et de se réunir avec leurs familles », et d'« accélérer son programme de déminage du mur de sable ». 

À cette attention portée aux Sahraouis, le Maroc a réagi avec brutalité en deux épisodes :
- à Genève d'abord, où les autorités marocaines « dénoncent et rejettent l'approche biaisée et tendancieuse », « la partialité et le parti pris flagrants » des experts et leur soumission au point de vue des « autres parties hostiles à l'intégrité territoriale du Maroc » ;
- à El Aïoun ensuite, où Mohammed VI a repris avec emphase, pour célébrer les 40 ans de la Marche verte, la propagande habituelle. Propagande qui tout à la fois mobilise l'histoire revue par le Makhzen : « rappel des liens d'allégeance unissant les Sahraouis au roi du Maroc », et défie la Communauté internationale et ses différents organes : « nous savons aussi que ces organisations internationales n'ont pas le droit de s'immiscer dans les affaires du Maroc » ; « nous préparons un cadre juridique incitatif pour l'investissement étranger dans nos provinces du Sud ».
Pour cet anniversaire, le palais royal a fait venir à El Aïoun de très nombreux Marocains – les sources locales parlent de plusieurs dizaines de milliers qui sont arrivés au cours des deux semaines précédant le 6 novembre – et les a envoyés « manifester » leur hostilité à la présence de la MINURSO devant le siège de la mission des Nations Unies à El Aïoun.

En outre, Christopher Ross, l'envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, est aujourd'hui interdit de Sahara occidental par le Maroc !

Les Nations unies, le Secrétaire général et le Conseil de sécurité doivent en urgence prendre la mesure d'une telle surenchère et mobiliser les moyens juridiques et politiques pour ramener les autorités marocaines à la raison et préserver ainsi l'équilibre du Maghreb.

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com