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jeudi 26 mai 2016

Le parlement belge choisit Marwan Barghouti pour le Prix Nobel de la Paix



19 mai 2016

Les dirigeants du parlement belge, toutes tendances confondues, ont envoyé une lettre au comité norvégien du prix Nobel de la Paix pour que celui-ci soit remis au prisonnier politique condamné à la perpétuité par l’occupant israélien, estimant qu’il est le "Mandela Palestinien".
“La paix exige la libération de Marwan Barghouti et celle de tous les prisonniers politiques, comme celle de l’ensemble du peuple palestinien, qui vit sous occupation depuis des décennies", ont ils écrit mercredi dans cette lettre.
“En accordant le prix Nobel de la Paix à une personne qui symbilise la lutte du peuple palestinien pour la liberté, mais aussi leur aspiration à vivre en paix, un leader qui a la capacité d’unir les Palestiniens autour d’un projet politique qui s’appuie sur le droit international et le retour aux frontières de 1967, menacées par la colonisation galopante et l’absence d’horizon politique, le Comité du Prix Nobel de la Paix contribuerait à faire revivre l’indispensable espoir de sortir de l’impasse politique actuelle".
Cette lettre rappelle également la "Déclaration de Robben Island" de 2013, signée par huit prix Nobel de la Paix, ainsi que le président Jummy Carter et le Sud-Africain Ahmed Kathrada, à l’intérieur de la cellule occupée durant 27 ans par Nelson Mandela dans la vieille prison de Robben Island.

dimanche 30 mars 2014

PRISONNIERS PALESTINIENS : RENIEMENT ET CHANTAGE ISRALIENS

 Le gouvernement israélien vient une fois de plus de renier ses engagements. Il refuse de libérer le quatrième groupe des 26 prisonniers politiques palestiniens d'avant Oslo, ceux qui ont passé plus de vingt années en prison.
  Les prisonniers de ce quatrième groupe, comme tous les autres prisonniers d'avant les accords d'Oslo, auraient dû être libérés depuis long¬temps comme cela avait été acté au sommet de Charm el Cheikh en 1999. Maintenus en détention par Israël depuis des années au mépris de sa signature, ils devaient enfin être relâchés samedi 29 mars, contrepartie du renoncement de l'AP à son droit de saisir les instances de l'ONU pendant la durée des soit-disant discussions de paix, aux termes d'un accord obtenu par les Américains pour la reprise des négociations le 29 juillet 2013.
 Cette marche arrière, calculée et délibérée, ajoute de la souffrance aux prisonniers qui attendaient tellement ce jour, à leurs familles qui s'apprêtaient à les embrasser et à tout un peuple en quête de ses droits. Pour Israël, tous les moyens sont bons pour tenter de faire plier un peuple qui résiste à une occupation brutale de longue durée. La torture psychologique est une arme au service d'une politique : en conditionnant cette libération à l'acceptation par les Palestiniens de « négociations » sans fin, il s'agit de permettre en toute tranquillité de poursuivre la colonisation et le dépeçage de la Palestine. Ce reniement constitue également un camouflet pour ses parrains américains, l'UE et ceux qui, comme notre gouvernement, s'abritant derrière de supposées négociations, se refusent de prendre leurs responsabilités. Nous l'avons dit et redit : nous sommes face à un pouvoir israélien qui n'a que faire du droit. Ce droit qu'il peut piétiner tous les jours car il bénéficie d'une totale impunité de la part des États-Unis et, encore largement, de l'UE. Cela est parfaitement établi.
 Après les différents rapports de l'ONU, des Chefs de missions de l'UE et de plusieurs ONG, Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU pour les territoires occupés vient de demander à la Cour Internationale de Justice une évaluation de la situation d'occupation prolongée de la Palestine qui relève à la fois du colonialisme, de l'apartheid et de l'épuration ethnique. Pour notre part, nous poursuivons notre campagne de parrainage des prisonniers politiques palestiniens et nous engageons pleinement dans la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens. 
Sur la question des prisonniers aussi, la France doit sortir de son mutisme. Elle doit également reconnaître l'Etat de Palestine et appuyer ses démarches pour accéder aux juridictions internationales et organes de l'ONU. Le Bureau national

samedi 7 décembre 2013

Hommage à Mandela adressé du fond de sa cellule n°28, par notre ami Marwan Barghouti

Du fond de sa cellule n°28, notre ami Marwan Barghouti, nous adresse spécialement un texte en hommage à Nelson Mandela

Blog Mandela Barghouti
« Votre pays est devenu un phare et nous, les palestiniens, nous hissons les voiles pour atteindre ses rivages »
Durant toutes les longues années de mon combat j’ai eu l’occasion à maintes reprises de penser à vous, cher Nelson Mandela. Et encore plus depuis ma propre arrestation en 2002. Je songe à un homme qui a passé 27 ans dans une cellule, en s’efforçant de démontrer que la liberté était en lui avant qu’elle ne devienne une réalité dont son peuple allait s’emparer. Je songe à sa capacité à défier l’oppression et l’apartheid, mais aussi à rejeter la haine et à placer la justice au dessus de la vengeance.

Combien de fois avez-vous douté de la victoire au bout de ce combat ? Combien de fois vous êtes vous demandé vous-même si la justice pourrait s’imposer? Combien de fois vous êtes vous interrogé sur le silence du monde ? Combien de fois vous êtes vous demandé si votre ennemi n’allait jamais pouvoir devenir votre partenaire ? A la fin vous ferez la preuve de cette volonté implacable qui fera de votre nom l’une des plus brillantes références pour la liberté.

Vous êtes beaucoup plus qu’une inspiration. Vous aviez bien compris le jour où vous êtes sorti de prison que vous n’étiez pas seulement en train d’écrire l’histoire mais que vous contribuiez au triomphe de la lumière sur la nuit. Et vous êtes alors resté humble. Et vous portiez une promesse bien au-delà des frontières de votre pays, la promesse que l’oppression et l’injustice seront vaincues et que sera ouverte la voie de la liberté et de la paix. Au fond de ma cellule, je me rappelle sans cesse cette démarche et je poursuis moi-même cette quête, et tous les sacrifices deviennent supportables dans la seule perspective qu’un jour le peuple palestinien puisse accéder aussi à la liberté, à l’indépendance et que ce pays puisse vivre finalement en paix.

Vous êtes devenu une icône. Ce qui a permis l’éclat de votre cause et son rayonnement sur la scène internationale. L’universalité pour contrer l’isolation. Vous êtes devenu un symbole pour tous ceux qui croient que les valeurs universelles sur lesquelles vous fondiez votre combat pouvaient rassembler, mobiliser, pousser à l’action. L’unité est la loi de la victoire pour les peuples opprimés. La cellule exigüe et les heures de travail forcé, la solitude et l’obscurité ne vous auront pas empêché de regarder au-delà de l’horizon et de faire partager votre vision. Votre pays est devenu un phare et nous, les palestiniens, nous hissons les voiles pour atteindre ses rivages.
Vous disiez: « Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas  complète car il lui manque la liberté des palestiniens.» Et depuis l’intérieur de  ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez atteint la votre. L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine. Nous avons eu le grand privilège d’accueillir en Palestine, il y a quelques mois, votre camarade et compagnon de lutte, Ahmed Kathrada, qui a lancé, à la suite de sa visite, la campagne internationale pour la libération des prisonniers palestiniens de leurs  cellules où une part importante de l’histoire universelle s’écrit, démontrant que les liens avec vos combats sont éternels.

Votre capacité à constituer une figure unificatrice et à conduire le mouvement depuis l’intérieur de la prison, d’être confiant dans l’avenir de votre peuple alors que vous étiez vous-même privé de la capacité de choisir votre destin, constituent les marques d’un dirigeant exceptionnel et d’une véritable figure historique. Je salue le combattant de la liberté, le négociateur et faiseur de paix, le commandant militaire et l’inspirateur de la résistance pacifique, le militant infatigable et l’homme d’Etat.

Vous avez dédié votre vie à la cause de la liberté et de la dignité, de la justice et de la réconciliation, de la paix et de la coexistence. Beaucoup maintenant honorent votre lutte dans leurs discours. En Palestine nous promettons de poursuivre le combat pour nos valeurs communes, et d’honorer votre combat pas seulement par des mots, mais aussi en dédiant nos vies aux mêmes objectifs. La liberté, cher Madiba, l’emportera et vous y avez contribué au plus haut point en faisant de cette idée une certitude. Reposez en paix et Dieu bénisse votre âme insoumise.

Marwan Barghouti, Prison Hadarim, cellule n° 28
 http://patrick-le-hyaric.fr/du-fond-de-sa-cellule-n28-notre-ami-marwan-barghouti-nous-adresse-specialement-un-texte-en-hommage-a-nelson-mandela/

mardi 3 septembre 2013

Ahmed Kathrada : « Il faut nous mobiliser pour la libération de notre camarade Marwan Barghouti »

  le 3 Septembre 2013

Fête de l'Humanité 2013. Ahmed Kathrada, compagnon de bagne à Robben Island pendant vingt-six ans de Nelson Mandela, est engagé dans la campagne internationale 
qui sera relayée 
à la Fête. Il s’est rendu récemment dans les territoires palestiniens.

Quel est votre sentiment après cette visite dans les territoires palestiniens occupés ?
Ahmed Kathrada. Nous avions beaucoup d’informations sur l’occupation des territoires palestiniens, sur les luttes existantes et sur la façon de se comporter des Israéliens. Mais en venant ici, en constatant par nous-mêmes ce qui se passe, nous voyons que c’est encore plus grave que ce que nous pensions. Nous avons constaté de quelle manière Israël viole toutes les lois internationales.

Certains parlent d’apartheid. Est-ce votre avis ?
Ahmed Kathrada. Dans beaucoup de domaines, on peut dire que c’est pire que l’apartheid que nous subissions en Afrique du Sud. Par exemple, sous l’apartheid, il n’y avait pas un mur qui nous séparait des Blancs comme c’est le cas ici entre Israéliens et Palestiniens. Il n’y avait pas de check-points, il n’y avait pas de routes séparées. Il y avait, c’est vrai, des expulsions de populations de certains endroits mais ça n’avait rien à voir avec ce qui se passe dans les territoires palestiniens. J’ai vu de quelle manière l’armée israélienne détruit des hameaux, comme à Susiya, au sud d’Hébron. Les habitants rebâtissent et les soldats redétruisent. C’est inimaginable ! Ils tentent de faire disparaître la moindre trace de la présence de ces Bédouins et de ces Palestiniens. Ce n’est rien d’autre qu’une violation des droits de l’homme. Donc, encore une fois, c’est similaire à l’apartheid, la façon dont ils traitent les gens qui ne sont pas israéliens : comme moins que des êtres humains. Mais quand on s’occupe des détails, dans la vie quotidienne, c’est pire que l’apartheid. Vous vous rappelez sans doute que les dirigeants du Parti national (NP) qui ont mis en place l’apartheid en Afrique du Sud en 1948 avaient soutenu Hitler durant la Seconde Guerre mondiale. Eh bien, cela n’a pas empêché Israël de les inviter et de les recevoir à l’occasion d’une visite d’État !

Que pensez-vous 
de l’attitude de ce qu’on appelle la communauté internationale vis-à-vis d’Israël ?
Ahmed Kathrada. Alors que des résolutions internationales ont été votées, Israël continue son défi à la communauté internationale. Malheureusement, certaines des grandes puissances sont pro-israéliennes ou n’utilisent pas leur pouvoir pour faire fléchir Israël.

Les sanctions contre Israël sont-elles nécessaires ?
Ahmed Kathrada. Nous devons faire ce qui est en notre pouvoir. Ce que je peux dire, c’est que dans notre cas, les sanctions n’étaient pas le seul outil qui a été utilisé. Le principal paramètre qui nous a permis de gagner est la lutte. Les sanctions, la lutte armée… ont joué leur rôle, bien sûr. Mais la lutte a été primordiale. Ce qui a été important avec les sanctions, c’est que l’Afrique du Sud a été isolée dans les domaines sportif, culturel et plus tard financier… En ce sens, les sanctions ont joué un rôle important.

Comment renforcer 
la lutte pour la libération 
des prisonniers palestiniens ?
Ahmed Kathrada. Nelson Mandela a toujours dit que notre liberté en Afrique du Sud serait incomplète sans la liberté du peuple palestinien. Il faut que notre soutien soit plus fort et plus efficace. Et, bien sûr, il faut nous mobiliser pour la libération de notre ami, notre camarade Marwan Barghouti, et de tous les prisonniers palestiniens. Je comprends Marwan Barghouti. Il a été condamné cinq fois à la prison à vie. Nous, une seule fois. J’ai été vingt-six ans en prison. Je sais ce que c’est que d’être seul dans une cellule, isolé. Je sais ce que c’est que d’être arrêté, de ne pas avoir de journaux, de ne pas pouvoir voir sa famille, de n’avoir pour seules visites que celles de ceux qui vont vous interroger. Après chaque interrogatoire, je ne pensais qu’à la mort. Mais en même temps, j’ai appris à gérer ma peur. Je me suis souvenu que je n’étais pas seul en prison. Ça a été une bataille. J’ai réalisé que j’avais des responsabilités vis-à-vis de mes camarades de l’ANC et de la lutte. Je pensais à mes camarades détenus. Certains étaient torturés à mort. Malgré cela, nous avons gagné. De la même manière, les Palestiniens luttent. Un jour, avec la solidarité du monde entier, ils gagneront.

Le leader palestinien au cœur de la fête de l’Humanité. Marwan Barghouti est le chef pour la Cisjordanie du Fatah, le parti de Yasser Arafat, et il est détenu depuis avril 2002 dans les geôles israéliennes. Il est l’invité d’honneur de cette édition de la Fête de l’Humanité qui sera un point d’orgue du lancement de la campagne internationale pour sa libération et celle des milliers d’autres prisonniers palestiniens. Sa femme, avocate, Fatwa Barghouti, portera sa voix lors de la Fête.