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samedi 21 novembre 2015

Les lumières de Tanger : Suite 4 Un mois de lutte contre Amendis

Par Souad G. Attac/Cadtm Maroc

Quand les habitants du Tanger des quartiers populaires, ont appelé la population  à couper l’électricité le samedi 17 octobre 2015 et s’éclairer aux bougies, pour protester contre la hausse de la facture d’eau et d’électricité, le mouvement a été largement suivi dans les autres quartiers  de la ville, et s’est poursuivi pour rassembler chaque samedi d’énormes manifestations populaires qui ont bravé les forces de répression. 

« La révolte des bougies » s’est  propagée à d’autres villes du nord Ksar, M’Dik, Fnidek, et obligé les représentants du pouvoir, dirigeants, élus, responsables et… ceux de la société délégataire Amendis à parler un autre langage que celui de la matraque et des menaces.

Le retour des « baltagis »[1] :
La dernière manifestation du samedi 14 novembre 2015, la 5 ème, depuis le début du mouvement partie de Tanger pour réclamer « dégage Amendis »
Malgré les promesses, les divisions, et le retour des « baltagis » à Tanger, entre pression et répression, les habitants continuent à réclamer « dégage Amendis » .
A Tanger, pour ce 5ème samedi de contestation contre Amendis, les habitants ont été bloqués par des bandes au service du pouvoir : les « baltagis », drapeau et portrait du roi brandis,  ont bloqué les manifestants sortis de plusieurs quartiers populaires  pour rejoindre le centre de la ville  et continuer à réclamer le départ d’Amendis.

Le chef du gouvernement ne compte pas résilier le contrat avec Amendis comme les habitant de Tanger l’ont réclamé.

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Benkirane: « Le roi m’a reproché de ne pas avoir fait le nécessaire » sur le dossier Amendis


Le gouvernement ne compte pas résilier le contrat avec Amendis, mais revoir les contrats entre les collectivités territoriales et cette société, ainsi qu’avec Redal. C’est l’annonce phare que le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a fait lors de son grand oral devant la première chambre mardi 17 novembre. 
Il n’existe, selon lui,  aucune société marocaine capable d’assurer ce service. Résilier le contrat avec Amendis obligerait les autorités à chercher une autre société et payer 2 milliards de dirhams à Amendis pour frais de résiliation, a déclaré le Premier ministre.

mercredi 11 novembre 2015

Protester contre les pratiques frauduleuses d’Amendis, filiale de Véolia.

Allocution de l’Association Marocaine des Droits Humains Paris/IDF au rassemblement devant le siège de Véolia le 7 novembre 2015 à Paris.


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CherEs amiEs,
Je souhaite, au nom de l’Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF, remercier tout d’abord toutes celle et tous ceux qui ont répondu présents à cet appel aujourd’hui pour soutenir les habitants du nord du Maroc (mais ailleurs aussi dans le pays) et protester contre les pratiques frauduleuses d’Amendis, filiale de Véolia. J’aimerais remercier aussi toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisé-e-s pour cette cause juste, individus, associations, syndicats et partis politiques.

CherEs amiEs,
Depuis plusieurs semaines des milliers de Marocains sont sorti-e-s dans les rues du nord du Maroc pour protester contre la cherté des factures d’électricité tout en rappelant avec force l’un des slogans du mouvement du 20 février « Amendis dégage ».
Nous avons, à l’AMDH-Paris/IDF, pu consulter plusieurs factures d’électricité. Certaines présentent des sommes exorbitantes à payer. Surtout que des personnes (que nous avons pu consulter) qui habitent en France et ne rentrent au Maroc que pendant les vacances, ont reçu des factures très importantes pour des périodes où leurs maisons/appartements étaient vides. Il y a des milliers de cas incompréhensibles de ce genre.
Nous sommes aujourd’hui ici, devant le siège de cette multinationale, pour insister et transmettre ce même slogan des habitants, « Amendis Dégage », et aussi pour dire aux autorités marocaines qu’elles sont les premières responsables de cette situation.
CherEs amiEs,
Il est du devoir de l’État de garantir les droits fondamentaux à ses citoyens et citoyennes qui leur assureraient une vie digne et respectueuse.
Le Maroc est signataire du « Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels » depuis 1979. Déjà en 2006, le comité chargé de suivi de l’application de ce pacte, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies s’inquiétait de la situation. Il disait être « préoccupé par les mauvaises conditions de logement dont souffrent notamment les personnes déplacées et les habitants de bidonvilles. Dans ce contexte, la privatisation des services publics, tels que l’eau et l’électricité, dans les centres urbains a aggravé l’état de pauvreté des plus vulnérables. ».
Même la Cour des Comptes a révélé plusieurs manquements des entreprises de gestion déléguées (Lydec, Rédal et Amendis). Or, les élus locaux, les différents ministères sont restés silencieux. Certains évoquent même les « intérêts suprêmes » du Maroc quand les citoyens demandent la réddition des comptes.
CherEs amiEs,
S’ajoutent, au mépris des citoyenNEs, une répression sécuritaire et un non-respect des libertés publiques, notamment le droit à manifester pacifiquement contrairement aux engagements internationaux et à la constitution marocaine.
En conséquence, plusieurs citoyens et citoyennes sont poursuivies, arrêté-e-s et harcelé-e-s. Il n’a pas suffi à l’État marocain de faire subir une hausse exorbitante, mais il a fallu aussi que des citoyens soient réprimés parce qu’ils ont exigé dignement et pacifiquement leurs droits. A l’heure actuelle, plusieurs personnes sont poursuivies suite aux diverses manifestations contre Améndis/Véolia.
Nous souhaitons aujourd’hui, rappeler, à travers ce rassemblement, quelques revendications :
  • «Améndis Dégage » mais juste avant
     1. La reddition des comptes. 
    2. La définition des responsabilités. 
    3. L’indemnisation des victimes.
  • Nous rappelons à l’État marocain ses engagements en matière de droits civils, politiques, économiques et sociaux au lieu de suivre des politiques d’appauvrissements depuis des décennies.
  • Nous appelons à l’arrêt des poursuites contre les activistes à Tanger et à la libération de tous et toutes les prisonnierEs politiques et d’opinions.
  • L’État doit prendre ses responsabilités pour garantir à tous les citoyennes et citoyens les conditions d’une vie respectueuse de la dignité de tout un chacun.
Ouadie Elhankouri
Pour l’AMDH-Paris/IDF
Le 7 novembre 2015, à Paris.

Merci au camarade Abou Farid Hassan pour la vidéo.

mardi 10 novembre 2015

Solidarité avec la révolte des bougies au Maroc !



Communiqué de Marie-Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche
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Solidarité avec la révolte des bougies au Maroc !



Depuis plusieurs semaines, les usagers marocains des filiales de Veolia telles qu'Amendis (Tanger), Lydec (Casablanca) et Redal (Rabat) ont constaté l’augmentation de leur facture d’eau et d’électricité.

Leurs réclamations, restées sans réponse de la part des agences de distribution, se sont alors transformées en manifestations : les associations de quartiers et de consommateurs ont appelé à éteindre les lumières et à défiler en s'éclairant à la bougie.

Ces milliers d'hommes et de femmes entendent dénoncer tant les prix exorbitants que la gestion catastrophique de ces sociétés qui n'investissent pas, négligent le réseau et les utilisateurs mais versent des dividendes aux actionnaires.

Déjà, la mobilisation paie : près de 9000 factures auraient été révisées à la baisse, dans des proportions allant de 50 à 70%. Le vrai enjeu réside pourtant dans la révision de tous les contrats de gestion déléguée  - et à terme pourquoi pas la remunicipalisation de ces services.

J'exprime donc toute ma solidarité avec ce mouvement qui démontre que les droits élémentaires aux services publics doivent être défendus des deux côtés de la Méditerranée. 

lundi 9 novembre 2015

Les lumières de Tanger : suite 3


Par Souad G. Attac/CADTM Maroc? 
Désamorcer la crise ouverte par « dégage Amendis » :
Après la 3ème manifestation du samedi 31 octobre 2015 des citoyens de Tanger où le cri des manifestant-es « dégage Amendis » a été plus fort, plus massif, plus déterminé, le mouvement a commencé à s’étendre à d’autres villes.
Le 1er ministre Benkirane, accompagné du ministre de l’Intérieur se sont déplacés à Tanger le lendemain pour désamorcer la crise, appliquant les vieilles recettes pour stopper le mouvement: menaces et répression, promesses et division.
Benkirane a menacé : il ne veut plus entendre « dégage Amendis » car on ne peut se défaire d’Amendis, elle représente la France !
Le roi  a donné ses instructions pour trouver des solutions, « notamment aux catégories à revenu limité », aussi Benkirane a annoncé avoir résolu 8900 litiges !
« Alors pourquoi les manifestations perdurent ? » demande le Premier ministre, « si ce n’est pour manipuler la population » se répond-il.

La crise de la gestion déléguée par Amendis[1] de la ville de Tanger, s’est propagée aux autres villes du nord du Maroc :Tétouan, Martil, M’dik, Fnidek où les citoyens exigent des réponses à leurs nombreuses requètes : hausses des factures d’eau et d’électricité, services défaillants, engagements et promesses non tenues par Amendis…
La nouvelle politique de régionalisation mise en place après les dernières élections municipales, loin d’apporter plus de démocratie et de transparence dans la gestion publique, nourrit d’avantage les conflits de pouvoir et la corruption des élus. Après un mois de protestations populaires et 3 manifestations à Tanger de plus en plus massives, les élus de la ville de Tanger se sont montrés incapables de s’entendre pour gérer la crise qui se propage et faire face à la colère populaire.
Aussi les déclarations menaçantes du Premier Ministre, et du ministre de l'Intérieur, ne font qu'appliquer les "directives royales" : semer la division pour isoler puis casser le mouvement de peur qu'il ne se développe partout ailleurs et que le cri populaire "dehors Amendis"ne se transforme en "dégage".

Désamorcer le mouvement:
La contre-information, les promesses, puis les menaces, les arrestations, la propagande dans les mosquées  durant la prière du vendredi pour appeler les musulmans à éviter la « fitna »(la révolte) … rien n’a été épargné pour stopper le mouvement qui continue à réclamer à l’unisson : « Amendis dégage »
Avant la 4ème marche à Tanger du samedi 7 novembre et après un mois de protestations, 3 manifestations de plus en plus importantes qui s’étendent à d’autres villes du nord du Maroc, la direction de communication de Véolia sort du silence pour annoncer : « 33000 factures ont été révisées par Amendis »[2]



[1] http://telquel.ma/2015/11/07/les-cinq-griefs-cour-comptes-amendis_1469338
[1] http://www.medias24.com/ECONOMIE/ECONOMIE/159369-Tanger.-33.000-factures-ont-ete-revisees-par-Amendis.html

Samedi 7 novembre 2015: La 4ème manifestation des habitants de Tanger contre Amendis.
 La manifestation s’est maintenue malgré les menaces, les arrestations et les « directives du roi » [3]
Malgré la faible couverture médiatique et la contre-information annonçant la fin d’un mouvement qui s’essouffle…

Témoignage de M. militant du mouvement:
Une manifestation courageuse, contre la peur et la terreur !
Après l’impressionnante manifestation du samedi dernier partie de Tanger au cri de « Amendis dégage » pour toucher Tétouan, El Ksar, M’Dik, les autres villes gérées par Amendis, nous avons vécu durant toute cette semaine pressions et menaces pour effrayer les citoyens :cinq militants de Tanger ont été arrêtés puis relâchés .
Pour diviser et affaiblir notre mouvement qui ne cesse de se développer et touche les autres villes du nord : Tétouan, Ksar, Fnidek…  
Ce vendredi, à la veille de notre 4ème manifestation appelée pour le samedi 7 novembre, lors  des prières du vendredi dans les mosquées, les imams ont appelé les musulmans à éviter la « fitna » , à ne pas manifester le samedi et rester chez eux  !
Or, malgré ce contexte de peur, d’intimidation, de menaces et de contre informations, puis ce samedi avant notre 4ème manifestation, malgré la présence imposante des forces de répressions, le bouclage des quartiers populaires, nous avons réussi à rejoindre le centre ville à Tanger au cri de « Amendis dégage ! »
Le premier ministre du PJD (parti islamiste royaliste libéral) qui avait appelé à ne pas manifester contre Amendis, qui représente la France, a été hué : « Benkiran, traitre, menteur »
Cette manifestation, moins importante en nombre que la dernière, a néanmoins rassemblé près de 5000 personnes à Tanger.
D’autres manifestations ce même jour ont eu lieu à Tétouan, Martil,M’Dik, Ksar, Fnidek
Une manifestation courageuse, contre la peur et la terreur.

Dimanche 8 novembre 2015
Souad G. Attac/CADTM Maroc



[1] http://telquel.ma/2015/11/07/les-cinq-griefs-cour-comptes-amendis_1469338
[2] http://www.medias24.com/ECONOMIE/ECONOMIE/159369-Tanger.-33.000-factures-ont-ete-revisees-par-Amendis.html
[3] http://www.medias24.com/Les-plus-de-Medias-24/159221-Amendis-reunion-de-crise-a-Tanger.html

 http://www.medias24.com/Les-plus-de-Medias-24/159221-Amendis-reunion-de-crise-a-Tanger.html

  http://telquel.ma/2015/11/07/les-cinq-griefs-cour-comptes-amendis_1469338
  http://www.medias24.com/ECONOMIE/ECONOMIE/159369-Tanger.-33.000-factures-ont-ete-revisees-par-Amendis.html

Les lumières de Tanger :suite - la révolte des citoyens contre Amendis , et autres luttes de divers secteurs et régions



Souad G.  Attac/CADTM Maroc
26/10/2015




3ème manifestation des citoyens de Tanger: Amendis dégage !

Ce samedi 31 octobre 2015, la 3ème manifestation des citoyens de Tanger a été encore plus importante que les 2 précédentes. Malgré les promesses des autorités locales, des élus, du maire de Tanger[1], des responsables d’Amendis de trouver des solutions à la crise , les manifestants ont répondu en plus grand nombre  avec un seul slogan : « Dégage Amendis » !.

Une réponse claire des citoyens venus des différents quartiers de Tanger manifester en plus grand nombre ce 3ème samedi de révolte populaire contre Amendis.



Témoignages de A. et M. sur les lieux:

Pour ce 3ème samedi de révolte populaire contre Amendis, nous étions encore plus nombreux.

 Répondant à l’appel lancé à travers les réseaux sociaux d’éteindre les lumières durant 3h , de 19H à 20h a été de nouveau largement suivi.

Des milliers de femmes avec leurs enfants, des familles,  beaucoup de jeunes venus des différents quartiers populaires ont marché sur le centre de Tanger,  place des Nations.

Les Forces de répression étaient nombreuses sur les lieux, mais n’ont rien pu faire face à la marée humaine qui affluait en criant « Dégage Amendis ! » 

Les habitants des quartiers populaires notamment de Bir Chiffa, et Bni Makada, les plus déterminés ont été nombreux. Des forces de la répression ont tenté de les empêcher de rejoindre le centre, mais rien ne pouvait arrêter cette marée humaine. La marche longue d’ un kilomètre environ  a rejoint le centre de Tanger. Nous étions encore plus nombreux que samedi dernier. Encore plus nombreux qu’à la première manifestation du Mouvement du 20 février 2011 !



Le mouvement s’étend à d’autres villes :

D’autres villes ont rejoint le mouvement : Tétouan, M’Dik.

Samedi 31 octobre 2015-10-31

Souad G. Attac/CADTM Maroc

A suivre…



Rappel : Le mouvement citoyen contre Amendis :

Depuis cet été 2015, les usagers ont constaté l’augmentation de leur facture d’eau et d’électricité.

Leurs réclamations auprès des agences de distribution sont restées sans réponse.

Depuis plusieurs semaines, les citoyens continuent à manifester  devant les diverses agences de distribution d’eau et d’électricité de Tanger et  poursuivent leur mouvement « Journée zéro dirham pour Amendis » de boycott. Depuis samedi 17 octobre, les associations de quartiers et de consommateurs ont appelé à éteindre les lumières de 20h à 22 h. Le mouvement a été largement suivi dans les commerces, cafés et  restaurants qui se sont éclairés à la bougie.

Dans la nuit du samedi 24 octobre 2015, plusieurs  manifestations sont  parties des quartiers populaires pour converger vers le centre de Tanger  au cri de : « Amandis Dégage ! »

Les forces de répression ont été déployées dès 20h pour disperser les manifestants qui se rassemblaient place des Nations, au centre de Tanger.

Contre les matraques et lances –eau et  les arrestations, les manifestants ont répondu pacifiquement avec les slogans : « le peuple veut la chute d’Amandis », «  Amandis, dégage», tandis que les manifestants continuaient d’affluer par milliers des quartiers populaires périphériques : Bni Makada, Drissia, Moghogha…

Face à la force du mouvement et à la colère des manifestants venus  des quartiers populaires périphériques pour rejoindre le centre de Tanger, les forces de répression ont dû se retirer pour éviter les affrontements et débordements.

A partir de 22h, plus de  20000 manifestants venus des quartiers populaires périphériques se dirigeaient vers le centre de Tanger aux cris « dégage Amendis »
 Témoignage de M. consommateur-militant sur les lieux:

«  Tout-es uni-es autour d’une revendication sociale…pour l’instant. »

« Les factures d’eau et d’électricité  de juillet à de septembre ont fortement augmenté

Depuis 3  semaines les habitants de Tanger  manifestent devant les agences d’Amendis des quartiers populaires.

Le mouvement s’organise et les informations sont relayées à travers  les réseaux sociaux. Le samedi 17 octobre l’appel à éteindre les lumières durant 2h et à manifester est massivement suivi. Face au succès, l’appel est relancé pour la semaine suivante.

Ce samedi 24 octobre de nouveau, les manifestants se rassemblent devant les agences de leur quartier  pour rejoindre le centre. Les forces de répression sont déployées en grand nombre mais font  face à mouvement d’ampleur qui ne cesse de grossir, se déploie vers le centre  au cri de « dehors Amendis ». Cette revendication sociale a rassemblé plus de 20 000 citoyens, une marrée humaine  venant du centre et la périphérie de Tanger. »


Les revendications des citoyens :

Depuis plusieurs mois les habitants de Tanger protestent contre l’augmentation des factures d’eau et d’électricité. Ils réclament :

-modification du système de tarification

- généralisation des compteurs individuels

- un service minimum d’approvisionnement en cas de difficulté de paiement



Luttes de/et pouvoir

Sur fond de crise politique, les dernières élections régionales et communales du 4 septembre 2015, ont permis de mettre en œuvre le projet de régionalisation  décidé par le roi. Ces élections bidon ont connu un  faible taux de participation, avec corruption, achats des voix, mafia de l’argent et des candidats véreux, des partis politiques discrédités, et absence de programme électoral…

A Tanger, la bataille pour le pouvoir entre le PJD (les islamistes de Sa Majesté) et le PAM (le parti des amis de Sa Majesté)  a  éclaté entre le maire de Tanger Bachir Abdallaoui du PJD et le président de la région Elyas El Omari du PAM en conflit ouvert pour la gestion de la ville de Tanger.

Dès les résultats élections de 2015, bras de fer entre le PAM et PJD :

A peine élus, le maire de la ville et président de la région  sont en conflit sur les prérogatives dans la gestion de la ville de Tanger : un bras de fer pour la responsabilité de la gestion de l’eau et l’électricité de la ville. Des intérêts importants sont en jeu et des projets pharaoniques coûteux pour la nouvelle région Tanger-Tétouan-Al Hoceima décidés par le roi. 


A L’origine de la crise :

 Filiale de Veolia Environnement, Amendis est chargée depuis 2002 de la gestion déléguée des services d’assainissement liquide et de distribution d’eau potable et électricité de la municipalité de Tanger.  Sur son site, elle annonce un chiffre d’affaire de 1 414 millions de dh  en 2010.

Les manifestations populaires  avaient éclatées contre Amendis dès 2006, contre l’augmentation des prix des factures et mauvais services, puis avaient repris en 2011 dès le début du M20F, quand les habitants de la ville de Tanger avaient cerné une agence d'Amendis située dans un quartier populaire et menacé de ne plus payer leur facture.


Rappel sur les Mouvements contre les privatisations et la gestion déléguée :

Avec l’ère des privatisations des secteurs publics, les service de l’eau l’électricité, télécom, transports, ramassage ordures, les gestions déléguées des villes et communes sont  partout un échec et sources de scandales, corruption, mauvaises gestions, promesses non tenues, contrats non respectés, et pour les travailleurs, licenciements et non respect des législations du travail, répression syndicale.

Dès 2002, les habitants de Rabat Salé se soulèvent contre la Rédal pour l’augmentation des prix de la facture d’eau et d’électricité, les luttes se sont poursuivies à Tata contre la Santé et se développent à Ifni, puis dans plusieurs villes et région. Malgré les luttes importantes, les privatisations sont imposées, et le démantèlement de secteurs publics, pourtant rentables, se poursuit : RAM, ONCF, Poste, Télécom, avec la casse sociale qui s’en suit : licenciements massifs, pertes des acquis et droits sociaux, démantèlement des résistances et  des luttes...


Avec le M20f en 2011, les manifestations, grèves, sit in dans les villes et les quartiers contre Lydec, Amendis, Areva,… sont quasi permanentes. Les luttes contre Lydec contre l’augmentation des factures d’eau électricité, la mauvaise gestion, les luttes des travailleurs et les grèves  pour dénoncer leurs conditions de travail contre les sociétés Amendis, Areva, les monticules d’ordures qui envahissent les quartiers des villes trouvent un échos parmi les usagers-consommateurs-habitants. Ces luttes convergent avec  les révoltes  des habitants contre les démolissions expropriation , les luttes des usagers contre les augmentations des factures, des consommateurs contre la vie chère et la flambée des prix, des citoyens contre les projets ruineux de TGV et l’absence de transparence des marchés…



Plus de concentration de richesse, plus de pauvres, plus de dettes…

La concentration du pouvoir politique, économique, financier, qui de plus se veut  pouvoir sacralisé, ne fait qu’aggraver la crise et converger les luttes de divers secteurs et régions. Partout de grands projets urbains onéreux, souvent inutiles, profitent aux grands trusts internationaux et barons nationaux, endettent toujours plus le pays, exproprient les habitants de leurs quartiers voués à la démolition, les petits paysans ruinés, chassés de leurs terres, ferment les usines et licencient les ouvrier-es et toutes et tous vont faire l’amère  expérience de l’endettement ou comment devenir encore plus pauvre en s’endettant…


Quand l’été libanais a remis le droit du citoyen au cœur du politique :

Quand à Beyrouth, le 22 aout 2015, éclate « la révolte des ordures », la ville croule sous les montagnes de déchets, le mouvement citoyen s’organise et s’interroge : « comment un gouvernement incapable d’assainir le pays, peut-il le gouverner ?»

De Tanger à Beyrouth à  Athènes, c’est bien la lutte et résistance des peuples contre un système monde tentaculaire financier politique mafieux  qui a déclaré la guerre aux peuples.

Nos luttes sont les mêmes, unissons les du local au global.



Souad G.  Attac/CADTM Maroc

26 octobre 2015








[1] (cf : http://www.medias24.com/ECONOMIE/ECONOMIE/159210-Amendis-le-maire-de-Tanger-annonce-8-mesures.html)

dimanche 20 février 2011

Revendications sociales au Maroc Un sit-in dégénère en émeute vendredi soir à Tanger

Par Aufait Maroc, 19/2/2011
Des manifestants ont lancé des pierres contre un commissariat de police et endommagé une agence de distribution d'eau et d'électricité vendredi soir à Tanger pour protester contre des tarifs jugés excessifs, a-t-on appris samedi de sources concordantes.
Ses émeutes surviennent à un jour de la manifestation pour la réforme politique prévue dimanche, mais il n'existerait aucun lien entre eux.
Le porte-parole du gouvernement et le ministère de l'Intérieur n'ont pas encore commenté les faits.
La police antiémeutes est intervenue pour briser la manifestation qui, de sit-in en face de la préfecture de Tanger, s'est transformée en "une marche de plusieurs centaines de manifestants" comme l'explique l'organisation Attac sur son site internet.
Selon une source à la wilaya de Tanger, "l'association Attac organise de tels rassemblements pratiquement chaque semaine".
Le sit-in était organisé par la branche locale du groupe altermondialiste pour réclamer l'annulation de la concession accordée par les services municipaux à la société Amendis, en raison de "ses tarifs excessifs".
Chargée de la distribution d'eau et d'électricité à Tanger, Amendis est une filiale marocaine de l'entreprise française Veolia.
Plusieurs résidents, s'exprimant anonymement, ont confirmé qu'une manifestation initialement prévue pour contester les tarifs élevés d'Amendis a évolué rapidement en une marche qui s'est heurtée aux forces de police qui voulaient l'empêcher d'atteindre le centre-ville.
"Pas de gaz lacrymogènes, pas de coup de feu. Ils ont utilisé de longues matraques pour disperser les foules" affirme un Tangérois.
Une agence d'Amendis a aussi été la cible de jets de pierre de la part des manifestants, a indiqué un autre habitant joint par téléphone.
Le site Tanjanews a publié plusieurs vidéos et photos montrant des actes de vandalisme sur les locaux du poste de police, d'Amendis et d'une succursale de la banque Société Générale à laquelle a été mis le feu.
On peut voir, dans les vidéos du site Tanjanews, les manifestants scander des slogans pour la "chute d'Amendis", filiale de Veolia. /DR