Huit mois et quatre reports plus tard, le procès hautement politique de 24 Sahraouis reprend ce lundi à la cour d’appel de Salé (Maroc). Ils sont accusés d’avoir tué plusieurs policiers marocains en 2010 à Gdeim Izik, un camp de fortune situé à une quinzaine de kilomètres de Laâyoune, la «capitale» du Sahara occidental. Le royaume chérifien revendique et occupe la majeure partie de ce territoire depuis le départ des Espagnols en 1976. La guerre d’indépendance menée par les militants sahraouis du Front Polisario a débouché sur la signature d’un cessez-le-feu, en 1991, sous l’égide de l’ONU. Depuis, malgré la présence sur place des Casques bleus de la Minurso, la Mission onusienne pour le Sahara occidental, le Maroc considère la région comme sienne.
L’affaire de Gdeim Izik remonte à l’automne 2010. En octobre, près de 20 000 Sahraouis se rassemblent et installent un camp pour protester contre les discriminations sociales et économiques dont ils se disent victimes. C’est aussi l’occasion de réaffirmer leur volonté d’autodétermination. Un geste de défi qui déplaît aux autorités marocaines. 

Elles envoient 3 000 policiers pour démonter le campement. Le 8 novembre, des émeutes éclatent. Le bilan est lourd : 11 morts et 159 blessés parmi les forces de sécurité marocaines, 2 morts côté sahraoui. Les violences atteignent la ville de Laâyoune, où des bâtiments publics et privés sont incendiés. 24 militants sont arrêtés en marge des violences et condamnés en février 2013 par un tribunal militaire à des peines allant de vingt ans de prison à la perpétuité. 

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