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samedi 22 octobre 2011

Programme Festival Migrant'scène - Rabat 2011

Programme Festival Migrant'scène - Rabat 2011 - 
du 31 octobre au 5 novembre 2011 
à la salle Gérard Philippe -
IF RABAT

 2ème EDITION

Par Hafsa Afailal, Chargée de programme Interculturalité GADEM , 17/10/2011

Le GADEM (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), en partenariat avec DABATEATR, a le plaisir de vous convier à la deuxième édition du festival Migrant’scène – Rabat organisé dans le cadre de la semaine DABATEATR Citoyen à l’Institut français de Rabat du lundi 31 octobre au samedi 05 novembre 2011 et soutenu par la CIMADE.

Ce festival fait écho au festival Migrant’scène organisé par la CIMADE en France depuis 2006. Il vise à favoriser la rencontre entre populations marocaines et étrangères et se veut une occasion d’échange et de réflexion autour des questions liées aux migrations, à l’interculturalité et sur la situation spécifique du Maroc en tant que pays de départ, de transit et de destination.

TOUS LES SOIRS A 20H à la salle Gérard Philippe de l’Institut français de Rabat

(2, rue Yanboue – Centre ville Rabat – près de la gare Rabat –ville)
Tarif : 20 DH pour adulte et 10 DH pour les étudiants - Attention places limitées !

PROGRAMME DU FESTIVAL MIGRANT’SCENE

• Lundi 31 octobre 2011 : TAL’FINE
Nombreux étaient les participants au festival Migrant’scène – Rabat 2010 qui demandaient de la musique ! Cette année, Migrant’scène invite Tal’Fine, groupe de jeunes musiciens venant du Maroc, du Sénégal et de Madagascar qui ont uni leurs efforts et leurs forces depuis 2009 autour d’un même langage: celui de la musique. Ce mélange de cultures et origines est aujourd’hui devenu la signature particulière du groupe qui a su faire de ces différences la richesse de leur musique influencée par le reggae, la soul et le jazz.

• Mardi 01 novembre 2011 : Lecture de la pièce de théâtre « Bamako – Paris » de Ian Souliane, mise en espace par Imane Zerouali
Le texte de la pièce de théâtre de Ian Souliane « Bamako – Paris » sera lu par des acteurs de DABATEATR et des migrants et mis en espace par Imane Zerouali, metteure en scène.

« Bou, originaire du Mali accroché au train d'atterrissage d'un Airbus A320 d'Air Mali, nous parle de Bamako, de sa mère, du champ de citrouilles, des hippopotames, des barres chocolatées, d'Amélie Poulain, de la décharge de Djelibougou, de l'hôpital du point G, des poubelles des fast-food, des émeutes de l'Automne noir, du bruit, du froid, des crampes, du roulis, des 9000 mètres d'altitude, de Zoumara le parisien, des Lavomatics, des biscuits pour chiens, du chocolat Mon Chéri, du papier hygiénique à la menthe, de l'idée qui a germé dans son esprit : l'idée de s'accrocher à un train d'atterrissage.

Monologue entrecoupé par le rapport d'autopsie de son cadavre, seize heures plus tard, cadavre posé sur un lit de morgue, dans une salle de l'Institut médico-légal de Paris. Un sujet brûlant d'actualité, traité avec une gravité qui n'interdit pas l'humour ».

• Mercredi 02 novembre 2011 : Représentation de « WAZOO », création de Jaouad Essounani et Salima Moumni
En 2010 pour la première édition du festival Migrant’scène, Salima Moumni, chorégraphe à DABATEATR, avait créé « Pixote » mettant en scène des migrants et réfugiés présentant leurs parcours de migrants et leur vie au Maroc à travers leurs propres récits et la danse.

Cette année, le metteur en scène Jaouad Essounani et la chorégraphe Salima Moumni signent à l’occasion de migrant’scène – Rabat une nouvelle création originale sur le thème des migrations, WAZOO, alliant théâtre et danse et interprétée par le danseur Sosthène Fidissa d’origine congolaise.

• Jeudi 03 novembre 2011 : Projection du film « Larmes et Alarmes » d’Alternative Espace Citoyen (AEC) - Niger et débat
Le film documentaire « Larmes et Alarmes » de l’association Alternatives Espace Citoyen Niger réalisé par Abba Arimi et Abba Kiari avec le soutien de la CIMADE et tourné à la frontière entre la Mauritanie et le Mali sera présenté au cours du festival Migrant’ scène – Rabat 2011 en présence d’Abba Arimi de l’association AEC. Ce film traite de la question des frontières en tant que barrières et particulièrement de la ville de Nioro du Sahel, ville située à la frontière du Mali et de la Mauritanie et lieu de refoulements de personnes ayant fait le choix de quitter leur pays d’origine.

Le film sera suivi d’un débat sur les questions traitées par le film et sur un des travaux clés de l’association AEC : le traitement médiatique des migrations.

• Vendredi 04 et samedi 05 novembre 2011 : « L’Khbar F’lmasrah » spécial Migrations
L’khbar F’lmasrah (les informations au théâtre), produit phare de la semaine DABATEATR Citoyen, est un concept qui consiste en une dramaturgie et mise en scène des informations du mois écoulé. Pour ce mois, L’khbar F’lmasrah se concentrera sur les migrations.

Avec des textes écrits par un atelier d’écriture dirigé par Driss Ksikes et proposé par DABATEATR à tout ce qui acceptent de se prêter à ce jeu, mis en scène et interprétés par la compagnie DABATEATR, les infos se donnent à voir deux soirées pendant la semaine. A l’occasion de Migrant’scène - Rabat, le travail d’écriture sera fait avec les bénévoles et membres de DABATEATR, des membres du partenaire du festival, le GADEM, ainsi qu’avec des migrants.

Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants
78, avenue Allal Ben Abdellah 3ème étage. Appt. 31 Rabat Ville MAROC
+212 537 72 78 78
gademm@gmail.com - contact@gadem-asso.org
DRARI دراري drari.maghreb.internacional@gmail.com à bcc: moi venez nombreux !

Tension à Safi où la police est accusée d’avoir tué un chômeur-militant

    Par Maghrebémergent,15/10/2011


Mohamed Boudouroua, mort en sit-in à l'agence pour l'emploi (dr)

La situation était tendue hier vendredi à Safi où Mohamed Boudouroua, chômeur-diplômé, militant du mouvement du 20 février a été tué à la suite d’une intervention de la police pour mettre fin à une occupation du toit de l’agence de chômage. La version de la police, un suicide, est très vivement contestée par sa famille et ses amis.

« Nous sommes tous des Chahid Mohamed Boudouroua ». En peu de temps, plus de 5200 internautes sont devenus membresde la page Facebook consacrée à Mohamed Boudouroua, chômeur de 38 ans, militant du mouvement du 20 février, tué jeudi, alors qu’il participait à un sit-in, à Safi, à 300 km au sud de la capitale. Mohamed Boudouroua, licencié en littérature et technicien spécialisé en électricité industrielle, occupait, avec trois autres militants-chômeurs, le toit de l’agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec). Dans la nuit du mercredi à jeudi, la police a débarqué en force pour déloger les chômeurs. Selon la version officielle de la police marocaine, relayée par l’agence MAP, Boudouroua se serait jeté « lui-même » du toit de l’immeuble et il avait menacé de se suicider en s’aspergeant d’un liquide inflammable. La version des amis de Mohamed Boudouroua est très différente. Selon Hakim Sikouk, professeur de philosophie et militant à l’Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), Mohamed Boudaroua « est décédé, poussé par un policier [...], en tombant du toit de l'immeuble ». Un autre témoin fait état d’une provocation verbale d’un policier qui a lancé au groupe en sit-in : « que le meilleur d'entre vous se brûle ou se jette si vous êtes courageux ». Les policiers sont ensuite montés sur le toit, l’un d’eux a poussé Mohamed Boudouroua qui est tombé sur sa tête. Ses trois compagnons ont été menottés, interrogés avant d’être abandonnés à plusieurs kilomètres, au nord de la ville de Safi.

Le deuxième mort à Safi
La famille et les proches de Boudouroua soulignent que le toit de l’Anapec où se trouvait Mohamed n’était pas très élevé et se situait à 2,5 mètres du sol et que cela rend improbable la thèse d’un acte suicidaire avancé par les policiers. La famille a donc refusé d’enterrer Mohamed Boudouroua et demande des poursuites contre les policiers qui sont, selon elle, responsables de sa mort. L’association marocaine des droits de l’homme (AMDH) souligne que Mohamed Boudouroua, est la seconde personne tuée à Safi depuis le début du mouvement du 20 février. Elle rappelle que Safi a été, le 29 mai dernier, le théâtre d’une attaque violente contre les citoyens et que certains d’entre eux avaient été torturés. « Ce qui a entrainé la mort de Kamel Laamari, le 2 juin ». L’AMDH souligne que « la vérité sur sa mort n’a pas été faite » et que « les responsables n’ont pas été jugés » ce qui consacre « la logique de l’impunité qui règne dans notre pays et qui va à l’encontre de l’Etat de droit ». Les autorités marocaines ont annoncé avoir ouvert une enquête. Sur Facebook, la photo du chef de la police de Safi, Mohamed Ali Al-Hamed circule. Une page dans laquelle un photomontage le montre avec une corde au cou a été créée pour réclamer son jugement.


Rony Brauman : la Libye est une dangereuse «revanche sur l'Irak»


Entretien, par Joseph Confavreux, 21/10/2011


Rony Brauman, ancien président de l'association Médecins sans frontières (de 1982 à 1994), est professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a été l'un des premiers intellectuels à critiquer la guerre en Libye décidée par Sarkozy (voir notre article). Au lendemain de la mort de Kadhafi, il s'inquiète de ce nouveau «modèle» de guerre qui s'est déroulé en Libye.
La mort de Kadhafi signe-t-elle le dénouement de la guerre en Libye ?

Rony Brauman : C’est une étape importante, mais ce n’est certainement pas un dénouement. Les défaites politiques qui ont suivi des victoires militaires sont incalculables. Les guerres, on sait très bien quand cela commence, mais très mal quand cela finit. Je me garderais donc bien de parler du moment actuel en Libye comme d’un dénouement, encore moins d'un dénouement démocratique, car cette histoire est loin d'être terminée.

Ce qui s’est passé en Libye constitue-t-il un nouveau modèle de guerre ?

Il est indiscutable que ce moment d’euphorie et de victoires militaires, avec les chutes successives de Tripoli, Syrte, puis la mort du despote, font de cette guerre, et de l’intervention de l’Otan, un modèle positif, une sorte de revanche sur l’Irak, au moins du côté anglo-américain.

On entend déjà, dans la bouche des militaires, l’idée qu’on possède, là, un cadre conceptuel pour des interventions ultérieures, avec la force aérienne qui vient à l’appui d’un soulèvement d’hommes au sol, pour faire chuter une dictature et installer un pouvoir ami. On peut le voir comme une évolution du modèle de la guerre du Kosovo, un «Irak réussi», et surtout comme une réhabilitation, du moins théorique, de la guerre juste.

Mais les circonstances très particulières qui ont permis cette guerre retiennent d'en faire un modèle généralisable. Au-delà du «printemps arabe», qui a fourni une justification politique à l'intervention, c’est l’isolement total dans lequel se trouvait Khadafi qui a permis celle-ci. Le succès militaire réel dont on se targue, même s’il est encore loin d’être abouti, doit être situé dans ce contexte géopolitique singulier. Impossible, donc, de dire si cette guerre sera un précédent ou une exception.

Au vu de la victoire, en quelques mois, du CNT aidé par l’Otan, revenez-vous sur les doutes que vous aviez exprimés lorsque cette guerre s’est enclenchée en mars dernier ?

Sur les circonstances du déclenchement de la guerre en Libye, je conserve le même scepticisme. Je dirais même qu’il se renforce. Je constate que le massacre allégué – on parlait de 6.000 à 15.000 personnes tuées par les hommes de Kadhafi –, au moment où la décision de l’ONU a été prise, n'a jamais été commis. Il s'agissait de propagande, comme il y en a d’ailleurs dans toutes les guerres. Les enquêtes approfondies d’Amnesty et de Human Rights Watch, effectuées depuis, ont mis en évidence, avant mars, cent à trois cents morts, en majorité des victimes de combat. On n’est donc pas dans le cas de figure du carnage en cours qui nous avait été annoncé pour justifier d’ouvrir le feu.

Les tenants de cette guerre s’en tirent avec une pirouette en disant qu’un autre massacre serait, de toute façon, arrivé, puisque Kadhafi avait promis de transformer les rues en rivière de sang. Nous n’avons pas pourtant, aujourd’hui, d’éléments probants attestant que des forces en nombre se dirigeaient vers Benghazi pour en tuer tous les habitants. S’en tenir à une lecture littérale de la parole d’un dictateur comme Kadhafi me semble bien léger pour déclencher une guerre, qui plus est une guerre préventive.

Le passé des guerres préventives, de la guerre des Six Jours à la guerre d’Irak, doit nous rappeler que les menaces qu’elles sont censées conjurer sont, très largement, fabriquées. A Benghazi, j’ai l’impression que c’était également le cas, mais je ne peux pas le démontrer. Quoi qu’il en soit, je trouve dangereuse cette réhabilitation, en Libye, des concepts de guerre préventive et de guerre juste, qui re-légitiment la guerre comme mode de règlement des conflits.

La disqualification de l’idée de guerre juste, et de l’idée que la guerre peut résoudre des situations de conflit, a été un progrès politique. On peut, on doit, me semble-t-il, faire confiance aux peuples pour aller vers la démocratie sans en passer par la guerre. L’actualité des vingt dernières années montre que le rejet des formes d’accaparement autocratique du pouvoir est bien à l'œuvre dans le monde. Le scénario libyen, qui réhabilite jusqu’au bout la violence comme mode légitime de saisie du pouvoir, procède au contraire d'une sorte de néo-maoïsme selon lequel la démocratie est au bout des missiles du «monde libre».

Je constate de plus que les insurgés libyens ont opté d’emblée pour la militarisation du soulèvement. Je n’ai pas à en juger, mais je préfère le modèle syrien (ou tunisien dans une certaine mesure), à la fois politiquement et éthiquement, car je le crois plus apte à préparer le futur. La violence favorise mécaniquement les plus radicaux, comme nous le rappellent les exemples afghan, somalien, irakien.

Les circonstances de la mort de Kadhafi demeurent obscures. Mais le probable tir d’avions français sous commandement de l’OTAN sur les véhicules armés d’un convoi pro-Kadhafi fuyant Syrte s’inscrivent-ils dans la résolution initiale de l’ONU et dans la responsabilité de protéger les civils qui l’a fondée ?

Avant même le vote à l’ONU, dès le 25 février, Sarkozy déclare que Kadhafi doit quitter le pouvoir. Et c’est ce qu’ont réaffirmé aussi Cameron et Obama après le vote de la résolution 1973, en violation non seulement de la lettre, mais aussi, à mon avis, de l’esprit de cette résolution. Si la logique du droit international proscrit le fait de s’attaquer au régime en place pour s’intéresser seulement à la protection des civils, la logique politique de la responsabilité de protéger, c’est précisément le changement de régime. Comment, en effet, protéger des civils sans changer le régime qui les menace ?

Les nombreux partisans de la responsabilité de protéger, définie par l’ONU en 2005, qui se sont opposés à l’interprétation qui en a été faite en Libye font, à mon avis, fausse route. Ils ne perçoivent pas ce que la logique politico-militaire engendre comme processus quasi inéluctable des événements. Je ne m’étonne pas de l’issue de ces combats, parce que cette guerre était génétiquement programmée pour en finir avec Kadhafi.

Je ne reproche donc pas à Nicolas Sarkozy de nous avoir menti sur l’objectif. Je lui reproche de nous avoir entraînés dans une guerre civile, en nous plaçant devant une alternative verrouillée : soit vous êtes contre la guerre, et donc pour le tyran et les massacres, soit vous êtes pour la guerre, et donc pour les civils et la démocratie.

Je constate que cette rhétorique d'intimidation a fonctionné au-delà de toute raison. Voyez par exemple les chiffres annoncés à différentes reprises par le Conseil national de transition, selon lequel ce conflit aurait fait 50.000 victimes. Soit le CNT ment, ce qui me semble d'ailleurs probable, et on est en droit de lui demander des précisions sur ce qui n'est pas un détail de cette histoire. Soit il dit la vérité, et cela constitue un véritable réquisitoire contre l’OTAN dont la mission était de protéger les civils libyens.

Je ne sais pas s’il s’agit de propagande ou d’un échec, mais quoi qu’il en soit, j’aimerais en savoir plus. La presse, tout à son euphorie de la victoire et à sa mise en scène d’une Libye libérée, ne semble guère s’intéresser à cette information. Si ces chiffres étaient exacts, la guerre en Libye aurait pourtant d'ores et déjà provoqué dix fois plus de victimes que la répression syrienne...

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