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lundi 5 septembre 2011

Liberté pour le détenu politique marocain Abdelhak TalhaouiL


Déclaration du détenu politique Abdelhak Talhaoui

Par Le détenu politique : Abdelhak Atalhaoui,numéro d'écrou : 10239 5/9/2011

Liberté pour Abdelhak Talhaoui
Le détenu politique Abdelhak Atalhaoui comparaîtra pour son procès le 07 septembre 2011 tout en étant en grève de la faim. Le camarade a, en effet, décidé d’entamer deux jours de grève de la faim, le 06 et le 07 septembre 2011, comme premier avertissement. Voici sa déclaration :

Le 07 septembre prochain se déroulera la deuxième partie du procès fomenté à mon encontre, après que le tribunal de première instance m'ait condamné à 4 ans de prison ferme - peine dont je viens déjà de purger 5 mois.

Avec 5 de mes camarades - dont deux ont purgé déjà 4 mois de leur peine -, j'ai été arrêté suite à la glorieuse marche du 20 février, durant laquelle les masses populaires par dizaine de milliers ont manifesté pour imposer leurs revendications de transformation radicale et pour dénoncer les décennies d'exploitation et d'oppression que le régime actuel et ses acolytes ont exercé et continuent d'exercer aujourd'hui encore. A la suite de cette manifestation, ont eu lieu des vagues massives d'arrestation et de poursuite à l'encontre de dizaines de militants et à l'encontre de centaines de fils du peuple marocain, et ces arrestations se sont soldées par de nombreuses condamnations à des peines d'emprisonnement ferme. Par cette répression, le régime cherche à empêcher le peuple marocain de réaliser ses aspirations pour une transformation radicale et globale, et tente en même temps de créer "l'exception marocaine" - et cela, même s'il est conduit à tuer un tiers du peuple et à jeter le reste de la population dans les geôles du pays.

Abdelhak
Mais le peuple marocain, - ce héros qui n'a eu de cesse de combattre le colonialisme d'antan et l'impérialisme actuel, en sacrifiant les meilleurs de ses fils comme martyrs - n'acceptera jamais cette soi-disante "exception marocaine".
Nous appelons les masses populaires à accentuer sa lutte jusqu'à la victoire ; et à l'opinion publique nationale et internationale, nous disons ce qui suit :

- je déclare la volonté qui est la mienne d'entamer une grève de la faim de deux jours, le 6 et le 7 septembre prochains

- nous dénonçons la répression féroce que subissent les différentes couches des masses populaires (ouvriers, paysans, étudiants, chômeurs, et le mouvement du 20 février)

- nous dénonçons aussi les procès fomentés que j'ai subis et que subissent tous les détenus politiques au Maroc

- nous dénonçons aussi les conditions inhumaines que j'endure et qu'endurent les détenus politiques dans les prisons de l'oppression et de la misère au Maroc

- nous revendiquons ma libération immédiate et sans condition ainsi que celle de tous les détenus politiques

- nous revendiquons aussi la levée de toutes les poursuites menées à l'encontre des militants

- nous exigeons que tous les tortionnaires soient jugés et condamnés

- nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec la lutte de toutes les couches des masses populaires, et en particulier avec celle qui oeuvre à la transformation radicale et globale.

- nous exprimons aussi notre solidarité avec tous les détenus politiques et en particulier avec les camarades Mourad Chouini et Youssef Alhamdiya

- nous exprimons notre solidarité avec la lutte de tous les peuples qui aspirent à se libérer du joug de l'impérialisme et du colonialisme, et avec la lutte de la classe ouvrière et de tous les opprimés dans les centres impérialistes.

Vive la lutte du peuple marocain !

Vive toutes les luttes de tous les peuples du monde !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=8912489601817808232

Le Mouvement Marocain du 20 Février Paris/IDF a fêté l'Aïd ! Une soirée pas comme les autres.

Par JAITE Mohamed, Militant du Mouvement Marocain Du 20 Février Paris/IDF

Le Mouvement Marocain du 20 Février Paris/IDF a fêté le Aïd, le vendredi 2 septembre.

 Une présence remarquable et variée. Une harmonie entre toutes les générations de lutte.




Une banderole "Makhzen DÉGAGE" décorait la salle.







Nos chanteurs engagés (Saïd Mesnaoui, Ghassan, ...) ont assuré comme d'habitude. Ils ont animé la soirée avec du Ghiwan, des chansons engagées en faveur de la lutte du peuple marocain et ils n'ont pas oublié la Palestine. Et pendant la soirée, les présent(e)s ont scandé, spontanément, des slogans (Mamfakinch, Mamfakinch, Ya magherbi Ya Megherbiya Intikhabat Aalik o Aaliya Maserahya, etc) ...







Vidéo de la soirée par notre camarade Said La : https://www.youtube.com/watch?v=GufmEZL0QJg&feature=player_embedded


Bravo au Mouvement Marocain Du 20 Février Paris/IDF
Bravo au Mouvement du 20 février.
Vive la lutte du peuple marocain.

Liberté, Dignité et Justice sociale.
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من أقوال عبد الكريم الخطابي  Citations d'Abdlkrim Al khatabi
ليس في قضية الحرية حل وسط Il n'existe pas de compromis dans la revendication de libertéالحرية حق مشاع لبني الإنسان وغاصبها مجرم La liberté est un DROIT commun à tout les humains et son violeur est un criminel !

L'universel conflit : parking contre place ombragée

AUX ARBRES, CITOYENS GAPENÇAIS !

Par Roland de Miller, 31/8/2011
Monsieur le Maire de Gap, petite préfecture des N
Hautes Alpes (France) prépare en douce à ses habitants une bien mauvaise surprise pour cette rentrée. C'est même un massacre honteux qu'il va commettre : il va supprimer le dernier espace vert en centre ville, le square Henri Dunant.

Ce square est petit mais c'est un lieu agréable à vivre avec de la pelouse et quatre magnifiques arbres de haute tige (trois érables et un marronnier d'environ 150 ans). Voisin de l'école Sainte Jeanne d'Arc et de la crèche et halte-garderie La Pountinella, ce jardin public est fréquenté par les enfants pour y jouer sur le tourniquet, par les adolescents, les lycéens et les parents pour se reposer, se ressourcer, lire un livre ou manger un morceau. Il pourrait être amélioré mais vouloir le détruire pour y faire un parking est une vision passéiste et ne correspond pas aux orientations prises par la Ville de Gap dans l'Agenda 21, notamment les actions 6, 7, 8, 9, 10 et 15 et le Plan de Déplacement Urbain qui prônent plus de végétal et moins de parkings en ville.
En fait, le square Henri Dunant va subir le contre-coup de la transformation de la place de la République dont il est mitoyen. Il faut dire aux Gapençais la vérité : cet « aménagement », prévu dans le programme municipal, est le résultat d'un véritable complot entre le seul Maire et l'association des commerçants de la place de la République. Pourquoi ? Pour satisfaire un marchandage électoral remontant aux élections cantonales de mars 2011 : le boulanger et président de cette association a ouvertement fait campagne pour le candidat Roger Didier sur le canton de Gap-centre et, bien que nous n'en ayons pas la preuve formelle, il y a eu probablement un accord entre ce dernier et l'association pour faire « l'aménagement » de cette place une fois Roger Didier réélu au Conseil Général. À qui profite le crime ? À cette association qui prétend installer les tables, chaises, parasols et clients des quatre bars et restaurants au centre de la place. Il n'y a rien de plus démagogique que de développer les terrasses de cafés ! Mais au nom d'une saine démocratie, il est inacceptable qu'une municipalité accorde à des commerçants une appropriation privée de l'espace public, en l'occurrence sur une place qui a une longue histoire populaire depuis le début du 20e siècle.
Les commerçants de la place de la République s'imaginent que supprimer les 40 places de parking existantes va leur retirer leur clientèle. Qu'à cela ne tienne, ils ont réussi à convaincre le Maire (mais pas totalement ses services techniques !) de remplacer ces stationnements par 14 places nouvelles au détriment du square Henri Dunant. Les 5 platanes et les 5 marronniers de la place de la République vont aussi être arrachés car ils gênent soi-disant le bon déroulement des « travaux d'infrastructure ». Ils ne sont pas du tout malades mais bien portants, comme l'a établi un expert consulté exprès. Un commerçant aurait même dit : « les arbres c'est sale, ça fait des feuilles ! ». Ce sont pourtant ses arbres qui font le charme de la place de la République, qui lui donnent son caractère provençal et qui donnent une ombre salutaire aux commerçants et clients du marché en été. Et qu'on ne vienne pas nous berner avec la plantation de jeunes arbres à la place des anciens qui seuls ont une ombre appréciable. Loin des places provençales souvent ombragées, la place de la République va maintenant devenir une place stalinienne, sans aucun arbre hormis quelques maigres baliveaux, sur le modèle des villes soviétiques des années 1940.
Dans un projet d'aménagement urbain n'est-il pas indispensable de consulter tous les habitants du quartier concerné et non pas uniquement les commerçants ? L'aberration du projet en cause ne s'explique que par le marchandage électoral du Maire et sa volonté de satisfaire les quatre bars au détriment de l'espace public. Les arbres et la qualité de vie en centre-ville vont donc, une fois de plus, être sacrifiés au profit de magouilles politico-financières. Les intérêts économiques des commerçants que prétend défendre le Maire ne sont pas – et de loin - l'intérêt général qui est, pour des raisons sociales et d'hygiène urbaine, de maintenir des arbres en centre-ville, coûte que coûte.
Les propriétaires, les habitants du quartier et les autres élus de la Ville n'ont jamais pu s'exprimer à ce sujet. Le Maire a tenu à l'écart tout débat démocratique sur le devenir de la place de la République pour imposer unilatéralement le projet élaboré par les commerçants. Il a pris soin de ne jamais aborder cette question en Conseil Municipal, jusqu'à la séance du 24 juin où il a été sommé par l'opposition de s'expliquer sur les plans des travaux qui restent encore secrets à ce jour et qui n'ont été précédés d'aucun examen en commissions Travaux ou Urbanisme. C'est manifestement un abus d'autorité ! Il est surtout consternant de voir un pareil mépris pour les enfants et les mères de famille qui ont plaisir à fréquenter le square Henri Dunant. D'ailleurs, pour transformer un jardin public en parking, il semblerait qu'au moins une délibération du conseil municipal et une décision formelle de désaffectation soient nécessaires. Le Maire a aussi fait fi de la pétition signée par 200 habitants qui lui a été remise à l'ouverture du Conseil Municipal du 24 juin. Dans la plus grande confusion, il a voulu rassurer la population en affirmant dans le Dauphiné Libéré que « le square Henri Dunant est sauvé », tout en déclarant le 24 juin qu'il ferait arracher les arbres, pour en replanter d'autres, « très jolis ». Prend-il les Gapençais pour des imbéciles ? Que les Gapençais ne se laissent pas faire et n'abdiquent pas de manière fataliste devant le pouvoir du prince qui agit par désinformation, comme tous les manipulateurs et dictateurs.
En autocrate, le Maire fait ce qu'il veut, en utilisant les commerçants et en bernant tout le monde. Il parle de concertation mais n'en fait aucune et trahit ses engagements. A-t-il le droit de décider ainsi tout seul ? Très peu de Gapençais sont au courant de ce qu'il complote. Seules quelques personnes présentes aux réunions des 23 juin et 10 août sont conscientes des enjeux et en appellent à une concertation des habitants du quartier.
Ce que les Gapençais ont oublié c'est que le square Henri Dunant a été inauguré le 25 octobre 1963 par Emile Didier, l'avant dernier maire et le père du maire actuel : ainsi le fils est en train de détruire cyniquement l'œuvre du père ! Notre Maire bafoue allègrement les valeurs républicaines de respect, de tolérance et de dialogue. Certains regretteront amèrement la disparition du square, d'autres s'en moquent, du moment qu'ils peuvent garer leur sacrée bagnole …
Si l'on élargit notre horizon au reste de la France, voire du monde, on peut constater que dans beaucoup de villes, depuis 30 ou 40 ans, des projets technocratiques similaires de suppressions d'espaces verts ou d'arrachages d'arbres ont été combattus, avec plus ou moins de succès, par des citoyens déterminés à défendre leur cadre de vie contre des autorités technocratiques qui se moquent des arbres et de la démocratie, ignorant cette vérité simple qu'il n'y a pas de démocratie sans arbres. 

 Lorsque le dialogue n'était plus possible, ces citoyens sont allés jusqu'à s'enchaîner aux arbres et ont souvent réussi à faire reculer les tronçonneuses, comme à Stockholm par exemple. Les espaces verts dans les centres villes sont des socles de sociabilité intergénérationnelle et d'une prévention de la délinquance. L'être humain est ainsi fait qu'il a besoin de la présence des arbres pour vivre. Les femmes, plus intuitives, le perçoivent plus facilement que les hommes.
Le commerce de qualité exige des rues piétonnes. L'évolution souhaitable et inévitable du centre ville de Gap est de faire sortir progressivement la circulation automobile. Les Gapençais sont-ils prêts à l'accepter ? Mais remplacer 40 places de parking par 14 nouvelles au détriment du dernier espace vert du centre est une fausse solution inacceptable. À quoi cela servira d'avoir un centre ville piétonnier dans dix ans, quand les commerçants et les automobilistes en auront enfin compris l'intérêt, si dans l'intervalle on a abattu tous les arbres qui en font le charme, justement parce qu'ils sont vieux et qu'ils donnent une âme et une respiration au quartier ?
Couramment en France, nos autorités institutionnalisent le mensonge en prétendant protéger l'environnement et le patrimoine tout en les détruisant sous le vernis du développement durable. La municipalité de Gap, en la personne de son indigne maire, n'échappe pas à cette manie technocratique. Elle est incapable de se remettre en cause. Abattre des arbres, c'est peut-être sa manière à elle de contribuer à l'Année Internationale de la Forêt ?
La municipalité de Gap a déjà abattu trop d'arbres sous des prétextes divers ; elle prétend en replanter beaucoup mais comme on ne les voit pas, ils doivent être vraiment minuscules ! Nous ne devons plus accepter qu'un seul arbre soit abattu, ni sur la place de la République, ni sur le square Henri Dunant. Surtout quand on mesure la futilité des motifs au regard de la riche histoire de la ville de Gap ! Le Maire poussera-t-il sa rage de faire table rase du passé jusqu'à supprimer aussi la fontaine qui a abreuvé les Gapençais pendant les siècles où il n'y avait pas encore l'eau dans les maisons ?
Car le Maire ne recule devant aucun forfait ! La preuve, à l'heure où j'écris ces lignes j'apprends que l'irréparable a déjà été commis : comme pour être sûr que personne ne vienne s'opposer physiquement à l'abattage du vieux marronnier du square Henri Dunant, celui-ci a été exécuté froidement à la tronçonneuse ce lundi 29 août à 6 h du matin, c'est-à-dire à l'aube, comme pour un condamné à mort. Celui qui a commis ce meurtre odieux, sans autorisation légale, devrait être traîné devant les tribunaux ! Mais c'est peut-être cela la politique de l'environnement dont la présente municipalité et la précédente se sont tant gargarisées ? Bravo ! Que ceux qui sont révoltés se fassent connaître !
Les travaux commenceront en principe le lundi 5 septembre et coûteront la coquette somme de 1,5 million d'euros, mais ils n'ont été votés par aucun élu !

Que peut-on encore faire pour éviter le pire ?
Des pourparlers sont en cours avec l'association des commerçants de la place de la République et avec les Services Techniques de la Mairie. Tous les citoyens attachés à la défense de l'environnement doivent se mobiliser !
Un goûter informatif sera offert aux enfants et à tous les Gapençais concernés dans le square Henri Dunant le vendredi 9 septembre à 16 h 30. Venez nombreux !

Roland de MILLER
écrivain, bibliothécaire et libraire. Tél : 04 92 52 71 47. 31 août 2011

Le massacre a commencé !!
6/9/2011
Le marronnier du square Dunant qui était centenaire a été coupé et dans quelques heures ou quelques jours c'est les 10 arbres de la place de la République qui seront sacrifiés.

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dimanche 4 septembre 2011

Agrexco : La campagne BDS est-elle efficace ?


Par Giulio Meotti - Israel News, 4/9/2011
Ynet News - traduction : JPP

La campagne internationale de boycott contre l’État d’Israël, puissance occupante, et pour les droits des Palestiniens, vue et interprétée par la presse sioniste, avec son bilan. Oui, le boycott est efficace. (ndp)

Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :

1) mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres Arabes et en démantelant le Mur ;
2) reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d’Israel à une égalité absolue ; et
3) respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU.

(JPG)
Un Palestinien met au feu des produits venant des colonies israéliennes implantées illégalement en Cisjordanie occupée.
AP

Spécial Ynetnews : les boycotteurs anti-Israël ont de plus en plus de succès dans l’étranglement de l’économie de l’État juif : plus de 20 organisations en Europe, dans 13 pays, approuvent le boycott d’Agrexco, fer de lance d’Israël pour l’exportation de fleurs.

De nombreux produits agricoles israéliens ont été récemment ciblés par la campagne de boycott d’Israël : tomates, poivrons, agrumes, carottes, melons, fraises et céleris. Mais les fleurs ont été la première obsession du mouvement de désinvestissement, lequel veut étrangler l’économie israélienne.

Agrexco, fer de lance d’Israël pour l’exportation de fleurs, a récemment été déclarée en faillite, en partie à cause du boycott mondial de ses produits, selon certains rapports. Plus de 20 organisations en Europe, dans 13 pays, ont approuvé le boycott d’Agrexco.

Les pressions, boycotts et sanctions au niveau international contre le gouvernement d’apartheid en Afrique du Sud ont joué un rôle essentiel dans la fin de son règne. Modelé sur cette campagne mondiale, le mouvement de boycott anti-Israël a remporté des victoires remarquables ces derniers temps, tout en faisant usage d’un lexique vieux marxiste (« impérialisme », « colonialisme », « occupation » et « société colonisatrice »).
Le premier symbole de la campagne économique anti-Israël, Caterpillar, était très éloigné de la conscience collective occidentale. Pourtant, les roses israéliennes furent un meilleur bouc émissaire juif, les fleurs étant un pilier de l’économie d’Israël (dans les années quatre-vingt, Israël est devenu le deuxième exportateur de fleurs mondial). Agrexco a été boycottée parce qu’elle était détenue partiellement par le gouvernement israélien et que l’entreprise possédait des exploitations dans la vallée du Jourdain et à Tekoa, une colonie aux portes du désert de Judée. (terres palestiniennes occupées - ndt)

L’an dernier, les fonds pétroliers de Norvège ont retiré leurs investissements d’Africa-Israël et de Danya Cebus, évoquant leur implication dans les « constructions de colonies ». Tout récemment, la Coopérative suédoise a décidé de mettre fin à ses achats de machines à gazéifier l’eau de Soda Stream. Alors que dans le même temps, l’Église méthodiste adoptait une motion « anti-Israël » demandant le boycott des produits issus des colonies « illégales ». Les Quakers en Grande-Bretagne ont également convenu de boycotter les produits israéliens.

Par ailleurs, les principaux fonds de pension néerlandais, Pensioenfonds Zorg en Welzijn, qui avaient investi un total de 97 milliards d’euros, ont retiré pratiquement toutes les sociétés israéliennes de leur portefeuille (banques, sociétés de communication, de construction et Elbit Systems). Un important fonds de pension suédois s’est également désinvesti d’Elbit en raison de son rôle dans la construction de la clôture de sécurité d’Israël en Cisjordanie. De même que les conseils d’éthique de quatre fonds de pension tampon ont exhorté Motorola « à sortir des territoires occupés par Israël en Cisjordanie » sinon ils se désinvestissent.

Sur le plan culturel, un festival de cinéma en Écosse a remboursé ses frais à l’ambassade israélienne après avoir cédé aux militants du boycott qui menaçaient de former un cordon de protestation devant le festival. Ailleurs, certains artistes indiens de premier plan ont annoncé le boycott d’une représentation prévue à Tel Aviv, au Musée d’État, au printemps 2012. Des tas de stars de la musique ont également approuvé le boycott cette dernière année (Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Roger Waters).

Les universités occidentales infestées
Et il y a pire : un boycott important est sur le point d’être approuvé à la Park Slope Food Coop, une coopérative de renom de Brooklyn, boycott qui touchera le paprika, les sels de bain, les guimauves végétaliennes et les machines pour l’eau de Seltz de chez Soda Stream.

Les pensions gouvernementales de Norvège et la Deutsche Bank en Allemagne se sont aussi désinvestis d’Elbit. Le débouché phare londonien de la société Ahava de produits de beauté a été bouché après des années de manifestations. Un conseil municipal écossais a récemment interdit les livres israéliens dans ses bibliothèques publiques. Eden Springs, principale compagnie des eaux israélienne, ne verra pas son contrat renouvelé avec la célèbre École d’économie de Londres.

La Compagnie de la Baie d’Hudson, la plus ancienne société commerciale d’Amérique du Nord, a elle aussi interrompu la vente des produits Ahava. Bien que cette décision ait été prise davantage pour des « raisons commerciales », elle n’en coïncide pas moins avec une campagne agressive de plusieurs organisations défendant le boycott d’Ahava.

La plupart des universités occidentales sont aujourd’hui infestées par un état d’esprit anti-juif virulent. Les étudiants de l’université d’Edinbourg viennent de voter en faveur d’un boycott d’Israël. L’université de Johannesburg a coupé ses liens avec l’université Ben-Gourion de Beersheba. L’association des étudiants de l’université DePaul a adopté le boycott de l’houmous Sabra. L’université française d’Aix-en-Provence a annulé une rencontre avec l’écrivain israélien, Esther Orner après son boycott par les auteurs arabes. Alan Dershowitz a récemment accusé les universités norvégiennes de mener un « boycott implicite d’Israël ».

Plusieurs entreprises, principalement la société suisse Assa Abloy qui détient Mul-T-Lock (Mul-T-Lock, filiale d’Assa Abloy, leader mondial dans la fabrication et la fourniture de solutions de verrouillage) et la Wine Cellars (vignoble), en partie néerlandaise, ont quitté la zone industrielle de Barkan, près de la ville israélienne d’Ariel (en Cisjordanie occupée). Le gouvernement espagnol a éliminé le centre universitaire de Samarie à Ariel de la compétition en finale d’un concours international entre des départements universitaires d’architecture, pour construire une maison auto-suffisante en énergie avec l’énergie solaire. Le syndicat norvégien El et IT, qui représente des milliers de salariés de l’énergie et des télécommunications, a adopté le boycott de la fédération syndicale israélienne Histadrut.

Le plus grand syndicat du Brésil a voté en faveur du boycott et a appelé à la suspension des accords économiques Israël/Brésil et des relations militaires. La société française Veolia, qui travaillait pour le projet de tramway à Jérusalem, a dû vendre ses parts dans le projet. La Deutsche Bahn (entreprise ferroviaire allemande) vient juste de se retirer du même projet, le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer, expliquant ainsi la fin de ce projet : « Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki, les membres du Parlement et les médias allemands ont critiqué un projet dans lequel Deutsche Bahn International agissait comme conseil pour le tramway géré par l’État d’Israël. » La société italienne Pizzarotti est actuellement mise sous pression à propos de ce même projet de tramway.

Quand les magasins italiens ont annoncé l’an dernier l’interdiction d’Agrexco, le directeur de la société, Shimon Alchasov, m’a demandé sans prendre de gants : « Dois-je marquer les produits avec une étoile jaune de David ? ». Le grand et regretté historien Raul Hilberg expliquait que l’étranglement économique des juifs dans le business, l’enseignement et l’emploi avait été la première étape de l’holocauste. Aujourd’hui, le même boycott « avec nous » saigne l’État d’Israël.

Giulio Meotti, est également journaliste au quotidien Il Foglio.
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A quand la même campagne pour dénoncer le pillage des richesses (sous-sol, agrumes, poissons) du Sahara Occidental vendues comme produits marocains ? ndlr

L’agonie du Sahara Occidental : Compte-rendu du livre de l’auteur nigérian Ike Abonyi

Par Sola BALOGUN, 2/9/2011

Traduit par Esteban G.. Édité par Fausto Giudice

Pour la majorité de la population nigériane les mots « Sahara Occidental » évoquent le désert du Sahara. Et très peu de personnes au Nigeria (et en Afrique en général) connaissent l'existence d'un pays de notre continent qui s’appelle Sahara Occidental. Peut-être ignorent-ils son existence à cause de l’étranglement que le Maroc a imposé à ce pays.

En effet, de nos jours il y a un pays qui souffre toujours de l'oppression d'un autre. Le pire c’est qu’il s'agit de deux pays africains. La République Démocratique Arabe Sahraouie (son peuple porte le nom de sahraoui) est une ex-colonie espagnole riche en ressources minérales comme les phosphates et a dans ses eaux territoriales une des plus grandes réserves de poisson du monde. Actuellement ses gisements sous-marins de pétrole sont en cours d’exploration.

Lorsqu’en 1975 l'Espagne se retirait de sa colonie en laissant le processus de décolonisation inachevé, elle avait laissé la facilité au Maroc, pays voisin du Sahara, de l’envahir immédiatement et de prendre possession du territoire. La Mauritanie s’était, elle aussi, approprié d’une partie des terres sahraouies, mais elle ne tarda pas à signer la paix et à les restituer au Front Polisario, mouvement politique qui a poursuivi la guerre contre le Maroc.

Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc) décrit avec justesse la situation et les circonstances atroces qui marquent la vie du peuple sahraoui : eau empoisonnée, torture, disparitions forcées et autres aberrations.

Le livre rassemble l'expérience de l'auteur, Ike Abonyi, qui a visité la République Démocratique Arabe Sahraouie. Dans son introduction, Abonyi déplore qu’une histoire aussi inquiétante que celle de ce pays soit méconnue ou ignorée par le reste du monde. Le livre est divisé en trois parties, il est d’une écriture simple et accessible. Le titre complet est très pertinent : Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin; An African Journalist’s Diary On Western Sahara (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc. Journal d'un journaliste africain au Sahara Occidental).

Le prologue est écrit par le professeur Nuhu Yaqub, qui a récemment quitté son poste de recteur adjoint de l'Université d'Abuja, et il décrit le livre comme étant une œuvre qui complète opportunément la littérature existante sur la décolonisation africaine. Yaqub souligne également le fait que beaucoup d’Africains, même s'ils sont progressistes ou ont reçu une éducation sérieuse, méconnaissent l'existence d'un pays qui s’appelle République Démocratique Arabe Sahraouie, et encore moins sa lutte pour l’indépendance.

Dans son prologue, il dénonce l'hypocrisie de ces pays occidentaux qui se vantent de respecter les droits humains (la France, l'Allemagne et l'Espagne) tandis qu'ils ferment les yeux aux violations flagrantes des droits humains commises par le Maroc. De plus, il ajoute que le Nigéria a le devoir, en tant qu’État africain, d’aider le Sahara Occidental dans sa lutte pour la récupération de son indépendance.

La première partie du livre résume l'histoire du Sahara Occidental du temps de la colonie espagnole, le retrait espagnol de ce pays et l'invasion marocaine et mauritanienne. Il explique aussi la manière avec laquelle la Mauritanie avait restitué les territoires qu’elle avait spoliés alors que le Maroc s’est obstiné à garder les territoires occupés.

Tout comme d'autres analystes, Abonyi accuse l'Espagne de ne pas avoir finalisé le processus de décolonisation, c'est-à-dire, de ne pas avoir donné la direction du pays au Front Polisario, groupe politique fondé en 1973 pour en finir avec la colonisation espagnole.

Malgré la résolution de la Cour Internationale de Justice votée en 1975 stipulant que le Sahara Occidental était dès lors un pays indépendant de la colonisation espagnole et que sa souveraineté appartenait à son peuple, le Maroc a refusé de se retirer de ses territoires occupés et la guerre contre le Front Polisario a continué. En 1991 l'ONU avait négocié un cessez-le- feu et avait approuvé un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, mais le Maroc a empêché sa concrétisation.
Plus de 150.000 Sahraouis sont des réfugiés, d'autres sont déplacés à l’intérieur même de leur propre pays. Ils vivent grâce à une ration quotidienne du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU ou bien ils sont harcelés et arrêtés sans procès légal, ou forcés à l'exil.

Dans la seconde partie du livre, Abonyi raconte l’expérience de son voyage au Sahara. En tant que hôte de la présidence, il a pu dormir sur un matelas de six pouces (15 cm) d’épaisseur, une chose courante dans les internats du Nigéria. Il avait pu observer que le camp avait bénéficié d'une certaine paix durant les 17 dernières années, mais il a également été témoin de la désillusion d'une grande partie de la jeunesse sahraouie, notamment au regard de la politique marocaine d'exploitation unilatérale des ressources et de l’indifférence totale face aux besoins du peuple sahraoui.

Notre indignation doit certainement se réveiller lorsque dans son récit, Abonyi raconte de quelle manière de jeunes Sahraouis ont perdu un de leurs membres et même la vie à cause de l’explosion des mines que le Maroc a disséminées tout le long du mur de 2.500 kilomètres qu’il a dressé dans le Sahara Occidental occupé. De même, il rapporte des détails terribles sur la vie de 140 personnes qui reçoivent des soins médicaux dans le Centre de Réadaptation pour les Victimes de la Guerre et des Mines au siège administratif des camps sahraouis.

Mohammed Abdelaziz
La troisième partie de Africa’s Last Colony est composée d'interviews avec des responsables du gouvernement sahraoui. Au cours d’une conversation avec Abonyi, le président Mohammed Abdelaziz fait l'éloge de l'attitude du Nigéria envers d'autres pays africains et de son leadership dans le continent. D’autres interviews y sont également retranscrites, notamment celle avec Mohamed Salem, commandant de l'école militaire sahraouie, et celle avec Mohammed Yeslem Beisat, ministre pour l'Afrique.

L'auteur pose des questions d’une très grande importance : pourquoi l’Espagne n'a-t-elle pas achevé un processus total de décolonisation dans lequel elle aurait fait une passation de pouvoir au Front Polisario ? Pourquoi le fait de partager la religion, la langue et la géographie n'aide pas à résoudre le problème entre le Maroc et le Sahara Occidental ? Qui peut bien fabriquer et fournir les armes que le Maroc utilise pour terroriser la population sahraouie ? Quel sont les autres pays qui profitent de l'exploitation marocaine du Sahara Occidental ? Quel est, dans cette situation, le rôle de la France, ex-puissance colonisatrice du Maroc ?

Il y a d'autres questions qui exigent des réponses : pourquoi le reste du monde arabe reste-t-il indifférent à l'oppression d'un « peuple frère » ? Quelles sortes de pressions l'Union africaine et d'autres organismes régionaux qui reconnaissent le Sahara Occidental comme un État souverain exercent-ils sur le Maroc ?

La dernière colonie africaine met sur la table une situation réelle et regrettable: tandis que d'autres peuples sont passés, entre autres, à la discussion de problèmes internes liés à des questions ethniques et de népotisme, il existe un gouvernement africain qui continue à vouloir arracher le droit à l'autodétermination à un peuple africain. Le plus abject de cette situation, c’est que des soldats torturent et tuent des Sahraouis, sans distinction d'âge ni de sexe, dans une guerre qui a pourtant cessé officiellement.

Source : Daily Sun-Agony in Western Sahara
Article original publié le 27/10/2009

Sur l’auteur

Esteban G., rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com, et Fausto Giudice, rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste, sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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samedi 3 septembre 2011

Indécence

Par Aboubakr Jamaï, lakome, 11/8/2011

Hamid El Kanouni, marchand ambulant, s’est immolé par le feu. Selon ses proches, un policier l’a humilié, frappé et insulté parce qu’il a eu l’heur de se plaindre de la disparition de sa carriole. Son outil de travail qui lui permettait de subsister. L’histoire est familière. Bien sûr. L’histoire Bouazizi au détail près. El Kanouni est décédé de ses brûlures dans la nuit de mardi à mercredi.

Que croyez-vous que L’Economiste, ce quotidien économique porte voix d’au moins une partie de la classe des affaires, a choisi comme sujet pour son éditorial au lendemain du décès du jeune El Kanouni ? Le fléau de l’informel avec « la clochardisation de nos villes envahies par les marchands ambulants ». « Un bon marchand ambulant est un marchand ambulant mort », ose-t-on penser à la lecture de ce sommet de pharisaïsme. Le ton se veut sérieux, responsable. On ne s’apitoie pas chez L’Economiste, on gère. Le message est clair. En gros, vous, Lecteur au cœur tendre, ne vous laissez surtout pas émouvoir par ces histoires de pauvres hères qui se suicident. N’oubliez jamais que ce sont des hors la loi. Et en violant la loi, ils portent atteinte à l’intérêt de la communauté. Mais que fait l’Etat ? Où sont les forces publiques ?

Hamid El Kanouni
Sauf que Hamid El Kanouni commettait l’horrible crime de vouloir survivre, subvenir à ses besoins physiologiques les plus élémentaires. Manger. Par quelle incroyable inversion de valeurs condamne-t-on le pauvre hère qui cherche pitance et ferme-t-on les yeux sur les brigands en col blanc qui siphonnent le pays pour s’acheter une énième résidence à l’étranger, une dernière Porsche ? L’intégrité d’un système de loi est remise en cause lorsque les puissants n’y sont pas soumis en premier.

Où était la sainte colère de ces messieurs-dames de L’Economiste lorsqu’un Majidi s’accaparait à prix modique des terrains des Habous à Taroudant ? Où était leur soif de loi et d’ordre lorsqu’un Hercule C-130 était affrété pour transporter une Aston Martin appartenant au roi se faire réparer en Angleterre ? Où était leur bonne conscience lorsqu’un Sefrioui se bâtissait une fortune en milliards de dollars en empochant des marges de 40% sur de l’habitat social et grâce à la générosité « foncière » de l’Etat? Où était leur vigilante plume lorsqu’un Othmane Benjelloun s‘obtenait une réduction de dettes de presque 500 millions de dirhams en violant allégrement le droit des sociétés dans l’affaire Saida Star Auto ? Où étaient-ils lorsque le « généreux » Abdeslam Ahizoune rachetait à grand frais la moribonde GSM Al Maghrib de l’omniprésent Majidi avec l’argent de Maroc Telecom, donc du contribuable, pour faire plaisir et se rapprocher des nouveaux maîtres du pays ?

En plus d’être moralement corrompu, ce genre d’hypocrisie est politiquement suicidaire. Il faut faire attention, très attention. Il arrivera peut être un moment où la rage suscitée par tant de veules compromissions poussera nos concitoyens à recourir à autre chose que la contestation organisée et civilisée du Mouvement du 20 février.

Je suis un jeune ancêtre du 20 février / Récit d'une vie d'adolescent


Par Mohammed Belmaïzi, 16/7/ 2011
Ce texte a été envoyé pour être publié au site de l’IER, en février 2004, sous le titre « Récit Ouvert à l’Instance Equité et Réconciliation d’une victime des années de plomb ». Il a été adressé au mail personnel de Driss Benzekri et de Salah El Ouadi. Ils n’ont donné ni suite à mon interpellation, ni daigné répondre à mes questionnements ! Al Hougra des citoyens était de mise dans le cadre d'un mensonge et d'une manipulation sans précédent…

« Si tu restes ici, ils te tueront, mon fils! Ils te feront disparaître ou engloutir sous terre. Va, va mon fils, mon trublion… aussi loin que tu pourras, loin de la folie meurtrière! Te savoir vivant me fera vivre les quelques années qui me restent. Tu reviendras fouler la terre qui t'a vu naître, nous voir en sécurité de temps à autre. Nous finirons bien par survivre et nous rencontrer en temps de paix, ici ou à l’au-delà… va ! »

Les mots de ma mère retentissent encore à mes oreilles comme un anéantissement de la vie et de toutes les valeurs qui nous soudent à l’humain. C'est qu'elle était indignée à en mourir, lorsqu'ils sont venus m'arrêter devant ses yeux, ce premier avril 1973. Et les stigmates de ce choc lui ont ruiné la santé jusqu'à son récent départ.

Cette date désignait une période trouble où le régime opprimait dans le sang et les exécutions sommaires, les « Héros sans gloire » qui, armes à la main, visaient à renverser l’Etat de non droit. Et nous ne le savions pas.

Quant à mon père, je me souviens, comme si c'était hier, de sa poitrine haletante, secouant avec spasme régulier la mienne. Éploré et inconsolé comme un enfant que j’ai engendré mais dont les flots de larmes ont coulé dans sa barbe blanche, lui, l’homme pieux, qui n’a jamais laissé transparaître la moindre faiblesse, le moindre désespoir. On dirait un enfant impitoyablement maltraité pour avoir été mon père.

C'était à ma libération de la monstrueuse prison Bou-Lamharaz de Marrakech. Ce fut la première fois que je voyais sangloter mon père, pourtant si stoïque, si fataliste et sans attaches aux mirages terrestres. Il pleurait d'avoir été pris par surprise à la gorge, d'avoir été laminé par l’ordre débile d'une révoltante répression s'abattant, devant ses yeux, sur sa propre progéniture.

Ce pouvoir qu'il considérait comme allant de soi, puisque, pensait-il, fondé sur le principe de Khalifat Allahi Fi l'Ard, n'était désormais pour lui qu'un « amas d'impies et de voyous qui ont décrété un régime de terreur pour s'enrichir, appauvrir, emprisonner, torturer, tuer et faire disparaître. Plus de piété ni de pitié dans ce bas monde, les ténèbres assiègent leurs yeux et ils pataugent dans les sentiers de l'erreur. Maudites créatures, aux mains tachées de sang, que la malédiction vous accompagne jusqu'à la fin de vos jours et même après votre mort! »

Mais comment, après cela, venir nous parler aujourd’hui de tourner, si vite, la page d’une blessure toujours béante ?

Je me refuse, moi-même, à m'éterniser sur cette page. Mais je voudrais la lire et la re-relire, même si je ne suis qu'une minuscule victime à côté des militants torturés et emprisonnés, à côté des emmurés de Tazmamart, de Qal’at Mgouna et d'autres bagnes de la mort. Que sais-je des affres endurées par ces torturés, à mort parfois ? Que sais-je des souffrances inimaginables des disparus et de leurs familles? Mais permettez à celui qui vous parle, ouvertement ici, de placer ce récit sous vos aisselles. Faites-en, ce que bon vous semble.

Votre humble serviteur se trouvait en 1973, une splendide journée printanière, dans une manifestation pacifique avec une douzaine de lycéens, de 15 à 18 ans, criant des slogans contre les étouffements. Il avait à peine ouvert les yeux sur le monde des idées. A la lecture de Candide de Voltaire citant Shakespeare, il riait à chaque fois qu'il rencontrait la phrase itérative « il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark ». Il était attentif aux écrits du fameux Salama Moussa, imprégné du souffle spirituel et poétique de Jabrane Khalil Jabrane. Il avait entendu parler du groupe d’intellectuels marocains de « Souffles ». Bref, sa recherche à cette époque s'apparentait à la recherche d’un positionnement dans le monde des adultes.

Notre quête de cerner et d'approfondir les interdits et la révolte qu'ils engendrent, avait la prétention d’alléger le fardeau de notre jeune vie. Comment alors gérer notre fureur de vivre? Et ces études avec au bout l'échec programmé qui nous nargue? Nous étions vaguement conscients de l'injustice et de l'hypocrisie que notre société engrange. Mais comment faire entendre notre voix déjà impertinemment confuse? Bref, des justes questionnements d'une adolescence s'exhibant dans tous ses états, pour créer son espace d'expression. Lancer une petite parole, la placer là où elle peut faire écho et interpeller. Mais quel déficit dialogique ! Non seulement de la part d’une indifférente et sclérosée société mais aussi d’une intense surdité de ces adultes, élite obséquieuse au pouvoir ! Dites-moi alors, si actuellement la société marocaine a édifié un espace pour les jeunes et les adolescents.

Nos aînés, élite au pouvoir de cette époque, ne l'entendaient pas de cette oreille. Ce qui est considéré sous d'autres cieux comme une simple et banale crise identitaire, révolte de jeunesse, relevant d'une plate arrestation administrative, nous qualifie en tant qu’ennemis de « l'ordre public », manipulés par je ne sais quelle puissance étrangère.

Arrêtés, enchaînés, interrogés, certains d’entre nous torturés, et jetés pendant cinq longues journées dans un commissariat à même le sol sans couvertures ni matelas, dans un environnement nauséabond. Puis arrive le transfert au fin fond d'une prison loin de notre milieu naturel, loin de nos proches et de nos parents. On peut aisément imaginer toutes les difficultés de la vie du prisonnier et de l’investissement, sur tous les plans, de sa famille. Dans notre cas, les déplacements hebdomadaires de nos parents et de nos proches, devaient coûter quelques deux cents kilomètres pour arriver de Safi à Marrakech. Faut-il évoquer le cortège de tracasseries et de stupides rouages administratifs ? Heureusement pour nous : notre détention n'a duré que quelques trois infinis mois, à la clef un jugement de 3 mois avec sursis, sur lesquels le procureur du roi a fait appel. Un appel qui nous a suivi comme un mauvais sort, pour ne pas le qualifier d’harcèlement rancunier et stupide. Il nous a fallu, une fois encore, revenir devant le tribunal… N’est-ce pas l’adolescence et l’avenir qu’on assassine?

Le souvenir de cette horrible phase traversée à la fleur de l'âge, peut s'affirmer dans un récit détaillé avec précision. Il peut aussi s'altérer par le choc et ne peut se narrer que par bribes éparses. Mais il y a des moments qui s'incrustent solidement dans la mémoire même lorsqu'on ne leur prête qu’une mince attention.

En effet, nous étions loin d'imaginer ce que pouvait cacher une étonnante information que l'un des jeunes gardiens de nuit venait nous donner : « une patrouille spéciale en voitures noires, a pénétré la veille à la prison entre deux et trois heures du matin pour vous "transférer" ». Où? Le gardien n'en savait rien, mais il était heureux de les voir recevoir l'ordre par téléphone de rebrousser chemin. De l'intox? De l'intimidation?

Il fallait attendre les révélations des détenus enlevés de leur prison, ces damnés de Tazmamart, et la disparition, entre autres, du « groupe de Beni Hachem », pour mesurer la finesse de la pédagogie de la terreur. On pouvait vous faire disparaître pour l'exemple! Cela n'avait rien à voir, proportionnellement, avec l'acte incriminé, ou avec le danger que vous représenteriez pour le régime.

La portée de cet élément pourrait révéler un système méthodique et diabolique de la peur. Des années de terreur auraient taraudé minutieusement les consciences, mutilé sans vergogne l'intelligence, liquidé sans détour la sève et le goût à l'existence de ce Maroc que nous voulions changer. Le régime de la terreur possédait donc une subtile didactique pour l’instauration de la terreur.

C’est pourquoi, sans effort et sans volonté d'analyser la nature du pouvoir, les mots « Equité » et « Réconciliation » restent sans substance. Craindre une relecture audacieuse de notre Histoire, c'est se vouer à la répétition « excitante » dans le sens psychanalytique, des atrocités commises.

Vers où pourrions-nous aller sans avoir rendu justice à ce vieillard accroupi - dans une salle comble à craquer, suffocante et sans aucune mesure de sécurité - attendant, comme nous, les jeunes manifestants, sa comparution devant le tribunal. Pour quel motif était-il là ? Pour avoir, dit-il, refusé de céder son lopin de terre au Caïd féodal du district, protégé par l’Etat de non droit ?

Où allons-nous, et quelle page tourner, sans avoir évalué la torture puis l’emprisonnement de cet homme, pour avoir déclaré en bon citoyen à la gendarmerie, un mort au bord de la route? Il a été condamné, sans preuves tangibles, à perpétuité pour meurtre. Il a perdu la raison… et peut-être déjà mort en prison.

Et ce chauffeur de poids lourd syndiqué et conscient de ce qui se passe dans son pays et qui, refusant de céder à la corruption exigée par un agent de l'autorité, se trouve en prison pour insulte et crime de lèse-majesté? Et ce vieux dans notre quartier de prisonnier, presque aveugle, condamné à mort et attend depuis plus de 15 ans son exécution !

Allons-nous oublier que dans ce pays, on emprisonne les enfants? Que s'est-il passé, pour que dans la prison de Bou-Lamharaz en 1973, se trouvent incarcérés des enfants âgés de 6 à 10 ans ? J'en suis témoin oculaire et auditif. Drôle de département de l'éducation permanente! Allez voir, ce phénomène existe peut-être encore de nos jours!

Quoi qu'il en soit, il reste des victimes trimballant sur leurs bosses un choc indélébile. Des amis qui étaient avec moi, je n'ai revu que deux ou trois, à notre libération. Insérés difficilement dans cette société qui leur a confisqué la parole et l'expérience de questionner le monde environnant, rêvant instaurer la « Vraie Vie ». Je pense particulièrement à l'un de nous qui était le chouchou de sa maman, étant enfant unique. Il allait devenir bachelier et venir en aide à sa mère, veuve. Une fois en prison, accroupi dans son coin, il avait contracté un regard hagard et un silence profond, très inquiétant. A sa libération, il était allé épaissir les rangs des fous errants de nos rues. Justice et vérité pour lui et sa famille. Qui va l’indemniser ?

De l’indemnisation pour moi, il n’est point question. Je me refuse à me faire indemniser, si (je dis bien SI) c’est de la sueur du peuple marocain, depuis des décennies, complètement exsangue. Alors que les responsables de nos souffrances jouissent de leur accumulation, de leurs privilèges et des positions qu’ils occupent dans la sphère de l’Etat et de diverses instances.