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lundi 6 avril 2009

Lettre n°6

Spécial dernière minute
APPEL URGENT 50 Jours de grève
Les étudiants sahraouis, détenus politiques,à la prison locale Boulmharz à Marrakech/Maroc Brahim Bariaz, Jalihanna Abu Alhassan et AliSalem Ablagh

Nous sommes toujours en grève de la faim non limitée depuis le 13 Février 2009, dans de terribles conditions de santé à la prison local Marrakech,/Maroc, protestant contre notre détention illégale , réclamant l’amélioration nos conditions de détention à l’intérieur de la prison, ainsi que nos droits légitimes garantis par les Conventions et traités internationaux en tant que prisonniers d’opinion.
l'administration pénitentiaire sous la responsabilité de l’Etat Marocain , continue de négliger nos droits et nos demandes légitimes, et refuse d’ouvrir un dialogue sérieux avec nous malgré que nous trouvons dans un état " alarmant " à l'intérieur de la prison où nos états de santé sont " très critiques".
Nos revendications trouvent leur justification dans les conventions internationales qui définissent la façon de traiter le prisonnier et notamment les règles types minimales de traitement des prisonniers formulées en 1955 et ratifiées par le Maroc en tant que membre de Nations Unies, ainsi que dans la réglementation marocaine régissant l'incarcération sous n°23/98 qui a été promulguée en abrogation des lois du 11/04/1915 et du 26/06/1930.
En plus de ces droits, nos revendications en tant que prisonniers politiques sont:
1 –accorder des traitements de prisonniers d'opinion et nous traiter avec respect par le direction de la prison.
2- le droit à une alimentation convenablement préparée et présentée.
3 – le droit aux soins médicaux en prenant en compte nos très mauvais états de santé avec des maladies chroniques comme conséquences de nos dernières conditions de détention.
4-nous permettre de jouir de la promenade quotidienne.
5 - permettre à toute personne sans exception de nous visiter en tenant compte que la majorité d'entre eux viennent des villes du Sahara et parcourent des distances très langues, et réserver une salle à cette effet.
6-Isolons-nous de prisonniers de droit commun.
7- le droit à suivre l'étude dans l'enseignement supérieur.
Nous constatons avec fierté :
Plusieurs organismes d'information et organisations de droits humains (marocaines, sahraouies, internationales), les journalistes, les intellectuels, les écrivains et tous les libéraux-démocrates, qui ont réagit à l'événement de nos grève de faim illimitée.
Nous félicitons vivement les prisonniers politiques sahraouis qui croupissent dans les prisons marocaines (Noire (Sahara occidental) ,Bensliman, Taroudant, Ait Melloul, Inzegan ,Kenitra( Maroc) )qui ont décidé d’entamer une grève de la faim en signe de solidarité avec nous, et nous constatons également le soutien des familles et des étudiants sahraouis et l’Union nationales des étudiants marocains en particulier les prisonniers politiques du parti de gauche marocain Annahj Addimoucrati.
Et devant l’entêtement de la direction pénitentiaire et son refus de répondre à nos revendications légitimes, ainsi que son indifférence à l’égard de nos états de santé alarmants et l’absence des soins médicaux les plus bas
Nous décidons d’engager un pas d'escalade en passant à une deuxième phase de la grève en refusant à partir du début de la semaine prochaine et durant 48 heures de prendre de l’eau et du sucre . Et nous assumons l’Etat marocain la responsabilité totale de ce qui peut arriver nous.Les détenus politiques sahraouis
Khalihanna Abu Alhassan, Brahim Bariaz, et Ali Salem Ablagh
Prison locale de Boulmharz à Marrakech/Maroc 04 avril 2009

NOS RUBRIQUES : VIE QUOTIDIENNE AU ROYAUME DE L’ARBITRAIRE - RÉPRESSION POLICIèRE ET JUDICIAIRE - TORTURE - Luttes de dÉtenus - LUTTES SYNDICALES - luttes socialesMémoire - MÉDIAS - MIGRATIONS - AGRICULTURE/ALIMENTATION

La semaine qui vient : procès des détenus de Sidi Ifni au tribunal d’Agadir le 9 avril. Vers un nouveau report ?
Sommaire

Pleins feux sur : la torture

Au Maroc être jeune et étudiant est une situation à haut risque : souffrances physiques (tortures) psychologiques (ajournements répétés des procès ) et morales (pression – et répression- sur les familles ) ; être un jeune Marocain sans histoire, admirateur de son roi, comporte aussi des risques, et être Marocain en France ne garantit pas du tout le bonheur.

Ce bonheur que tentent de trouver outre-Méditerranée de nombreux Marocains est un piège à mille facettes, avec souvent la mort au cours du voyage…

Les luttes sociales, les luttes syndicales connaissent toujours leur lot d’injustices, d’arrestations, d’incarcérations, de licenciements, de procès, de souffrances…

La liberté de la presse encore mise à mal.

Les fraises espagnoles menacent la santé des Marocaines qui les cueillent et celle des Européens qui les consomment…

VIE QUOTIDIENNE AU ROYAUME DE L’ARBITRAIRE

La consternante histoire de FA, jeune Marocain qui vient d’être libéré après avoir passé une année à la prison d’Oukacha sans aucun motif d’inculpation

Pour mémoire :
Lettre adressée aux autorités du Maroc le 21.10 2008 par Solidarité Maroc 05

Je me permets d’exprimer mon indignation et ma consternation à la suite d’une conversation téléphonique que je viens d’avoir avec Madame AH, demeurant dans la région parisienne en France.

Elle m’a expliqué ce qui est arrivé à son frère, FA, à Casablanca, en avril 2008. Celui-ci s’est trouvé à l’arrêt à un feu rouge, par hasard à côté de Mohamed VI qui était seul dans son véhicule. Ému par un sourire amical qui semblait lui être adressé, il a voulu s’approcher pour le saluer.

Il s’est aussitôt trouvé jeté par terre par la garde royale, pistolet contre la tempe, bousculé violemment au point d’en perdre connaissance. Il a repris conscience à l’hôpital, puis a été amené dans les locaux de la police. Une perquisition chez sa mère n’a révélé aucune trace d’appartenance à un réseau de trafiquants ou de terroristes.

Il a néanmoins été envoyé à la prison d’Oukacha à Casablanca, où, depuis six mois, il ne comprend toujours pas ce qui lui a valu cette injustice. Sa famille, au Maroc comme en France, cherche à qui s’adresser pour mettre fin à cette inacceptable situation. FA. est passé deux fois devant un juge qui n’a trouvé aucune charge contre lui, mais l’a renvoyé chaque fois en prison.

Au nom de la plus élémentaire notion de justice et de droits humains, en tant que présidente de Solidarité Maroc 05, je vous demande de rendre à A.F la liberté qu’il n’a aucunement mérité de perdre, et de lui présenter les excuses pour cette méprise.

M-J F
Solidarité Maroc 05

Le 23 mars 2009 arrive la nouvelle longtemps attendue :
Bonjour, Juste un mot pour vous informer que mon beau-frère a été libéré mercredi dernier 18 mars 2009
Cordialement
M. A.JM

RÉPRESSION POLICIERE ET JUDICIAIRE

De 2 à 10 mois de prison pour les “vandales” de Khénichet (voir Lettres n°2 et 4)
Les peines prononcées en première instance contre 10 personnes accusées d'actes de vandalisme à Khenichet (province de Sidi Kacem) ont été confirmées en appel, mercredi soir 25 mars à Souk Larbaa du Gharb.
Le tribunal de première instance de Sidi Kacem avait prononcé des peines allant de 2 à 10 mois de prison ferme à l'encontre de ces personnes impliquées dans ces actes contre un convoi d'aide alimentaire destinée aux victimes des intempéries qui ont touché la région dernièrement.
Le tribunal a condamné Hicham Lmarani à une peine de 10 mois de prison ferme assortie d'une amende de 500 dirhams et Hassan Azzam, Idriss Chouka, Said Barzite et Ahmed Tita à six mois de prison ferme et à une amende de 500 dirhams chacun.
Boujemâa Louafi et Jamal Lemdad ont écopé d'une peine de trois mois de prison ferme assortie d'une amende de 500 dirhams, alors que Mjid Barzite, Jawad Lamzabi et Abdelali Almasbahi ont été condamnés à deux mois de prison ferme et d'une amende de 500 dirhams.

TORTURE

Témoignage de Zahra Bodkor

La détenue politique Zahra Bodkor - Prison civile Boulmharez Marrakech- s’est battue aux côté de ses camarades et a été arrêtée avec 17 autres étudiants marocains au mois de mai 2008. La lutte pour la gratuité de l’enseignement et les libertés politiques à l’université s’est enflammée après l’intoxication de 22 étudiantEs au restaurant universitaire … Actuellement les détenuEs sont toujours en prison. Le procès des 18 étudiants de Marrakech, dont Zahra a encore été reporté, au 28 mai 2009

Ci-dessous le témoignage de Zahra
La vidéo du témoignage de Zahra http://www.youtube.com/watch?v=hiS16bPHXLc

Témoignage
« J’ai été arrêtée le 15/05/2008 à 9:35 du matin. Sur place j’ai reçu un coup de poing sur le nez, ce qui l’a fait saigner, et j’ai reçu aussi des coups de bâton sur la tête et des coups de pieds sur tout le corps , en plus de me faire tirer les cheveux.
Après ils m’ont emmenée sur une avenue dont je ne connais pas le nom et m’ont jeté par terre à coups de pieds ; quand je suis tombée les coups de pieds continuaient à pleuvoir sur mon dos, et un de ces sauvages voulait pisser sur moi, en m’insultant et me menaçant de viol. Après on m’a remise debout et j’ai reçu un coup de poing sur mon nez qui a saigné de nouveau.


On m’a mise dans une voiture dans laquelle j’ai trouvé le reste des camarades, et les animaux (agents de répression) ont commencé à me toucher la poitrine avec un bâton.
Et ils nous ont amenés à la station de police où on a passé de 4 à 5 jours de tortures, privés de nourriture et de sommeil.
Dés qu’on est arrivés, on nous bandé les yeux et l’interrogatoire a commencé, accompagné de coup de pieds et de poings, d’insultes ; j’ai reçu un coup avec une pièce de métal sur la tête qui m’a causé une blessure profonde.
À tout instant un policier vient de te poser les mêmes questions accompagnées de coups de pieds : le nom de ton père… le nom de ta mère...
On nous a mis dans d’autres salles, les yeux bandés et les mains attachées, et les mêmes questions commencé, accompagnées des coups de poings ; j’ai reçu un coup de poing sur le nez pour la troisième fois et le sang ne s’est pas arrêté de couler, j’ai reçu un coup de poing à la bouche et un coup de bâton à la jambe. Ça a duré comme ça de 10 heures du matin jusqu’à 19h ; à de nombreuses reprises ils m’ont mise à l’écart dans une autre salle, les mains contre mur et tournant le dos à celui qui m’interrogeait sur des personnes ; et quand je refusais de répondre, il me donnait un coup de pied dans le dos jusqu’à ce que ma tête tourne, et un autre m’a donné un coup de bâton au visage, avant de me ramener dans la salle ou se trouvaient les autres camarades.
Ils m’ont pris une autre fois et trois tortionnaire se sont mis à m’interroger un par un, ils me menaçaient en me disant : « Si tu avoues, on va te relâcher », et comme j’ai refusé, l’ un d’eux m’a frappé au visage, ils m’ont fait descendre dans une cave, et m’ont déshabillée et ont commencé la torture psychique, en faisant des allers-retours, ils m’ont laissée nue dans une chambre et chaque fois que l’un d’eux entrait, il menaçait de me violer.
Je suis restée dans cet état, sans dormir, jusqu’au lendemain matin (le 16/05/2008). Ils m’ont amenée à l’interrogatoire de 10 heures jusqu’à 12 heures. Avant d’entrer dans la pièce d’interrogatoire, j’ai reçu des coups de pieds et on m’a bandé les yeux, et le même scénarios d’interrogatoire a commencé jusqu’à 12h, puis ils m’ont conduite à la cave et m’ont privée de nourriture durant quatre jours, les yeux bandés, et nous ont interdit de parler entre nous.
A minuit ils sont venus et m’ont posé des questions sur des adresses et des noms… Et comme je n’ai pas répondu à ce genre de questions, j’ai reçu des gifles et des coups de pieds, une fois ils m’ont frappé en prétendant que j’avais changé mon nom. J’ai eu mes règles et j’ai saigné pendant deux jours sans vêtements.
Le troisième jour des policiers en civil sont entrés et ont commencé à m’insulter, et l’un d’eux m’a donné un coup de pied très fort entre les jambes. Puis ils m’ont enfermée , toujours en m’insultant et me menaçant.
Le quatrième jour, ils nous ont conduits au procureur du roi ; avant cela, ils ont soigné les blessures des camarades en les cousant devant nous tous. Tous les camarades avaient des blessures du fait de la torture subie. Ils ont menacé de nous violer avec une bouteille, et aussi ils ont tenté de nous faire signer de force des procès-verbaux que nous n’avons pas signés.
Le cinquième jour, nous sommes passés devant le juge d’instruction et nous sommes restés là-bas de 10 heures du matin jusqu’à 5 du lendemain matin.
Le jour où nous avons déclenché la grève de faim de 48 heure à la prison Boulmharez, j’ai subi des menaces et des harcèlements pour me pousser à ne pas entrer en grève de faim, que j’ai faite avec mes camarades pour améliorer nos conditions à l’intérieur de la prison. »

Luttes de dÉtenus

Trois détenus politiques sahraouis dans un état critique
Khalihanna Abou El Hassan, Ibrahim Barbaz et Ali Salem Ablagh.


Les familles de trois étudiants détenus politiques sahraouis viennent de publier un communiqué où elles décrivent les conditions inhumaines où se trouvent ces prisonniers. Rappelons que ces 3 jeunes militants sahraouis ont été arrêtés pour des considérations politiques, et ils se trouvent aujourd'hui dans une situation très critique (ils sont au 42ème jour de grève de la faim).
Ces détenus réclament un statut de prisonniers d'opinion, le droit de passer leurs examens universitaires du 3ème cycle, des conditions humaines de détention...rappelons aussi que dans la même sinistre prison de Marrakech, se trouvent d'autres prisonniers politiques dont la militante Zahra et ses camarades incarcérés arbitrairement depuis bientôt une année....
-Dénonçons ces emprisonnements politiques.
-Solidarisons - nous avec les prisonniers politiques!
-Dénonçons les conditions de détentions des trois prisonniers sahraouis: - Exigeons la libération de tous les détenus politiques.
Voir la vidéo : la solidarité des mères des détenus: http://www.youtube.com/watch?v=c5X9cEVnSks

LUTTES SYNDICALES
Solidarité internationale avec les travailleurs en lutte de l’entreprise Maraissa
COMMUNIQUE La Fédération Nationale du Secteur Agricole affiliée à l'UMT condamne les agissements antisyndicaux et illégaux contre ses militants menés par la société Maraissa/groupe Azura

Sans se soucier de l'Opinion Publique Nationale et Internationale, ni de la législation du travail marocaine, la société Maraissa continue ses agissements anti-syndicaux par la pression sur les ouvriers au niveau de la ferme et par le licenciement des syndicalistes affiliés à l'UMT. En effet, 15 ouvriers observent leur sit-in devant le groupe Azura dans la région d'Agadir au Maroc depuis le 9 mars 2009 pour revendiquer leurs réintégration dans leurs postes de travail a Maraissa.
Vu notre position et la campagne de solidarité avec la lutte syndicale des ouvriers é Maraissa pour défendre leurs droits, la société procède au licenciement du secrétaire général et un autre membre du bureau syndical des ouvriers de maraissa15, et qui ne faisaient pas partie du licenciement collectif de 20 ouvriers effectué par la société depuis le 11 février 2009, par vengeance de l'administration contre la grève réussi des ouvriers les 19 au 21 mars 2009.
Devant la solidarité des ouvriers entre eux contre le licenciement abusif et l'exploitation et sur la base de position du bureau régional de la Fédération Nationale du Secteur Agricole affiliée a l'UMT qui n'accepte aucune concession sur le droit syndical et le droit du travail garanties par la constitution marocaine et la législation du travail, ainsi que les conventions internationales,
La société une autre fois continue de licencier abusivement les militants de l’UMT, en effet deux autres ouvriers potentiels d’être membre du bureau syndical ont été licencie le 16/3/2009.
Nous ne pouvons que condamner ces agissements antisyndicaux et illégaux contre les militants de notre syndicat mener par la société Maraissa/groupe Azura. Et nous revendiquons l’ouverture d’un dialogue sérieux et fructueux avec notre Fédération.
Le bureau régional Agadir le 16/3/2009

Nos revendications
Nos revendications se résument comme suit:
1- La réintégration de tous les ouvriers dont plusieurs syndicalistes, licenciés après la grève du 19 au 21 janvier 2009 au niveau de Maraissa15.
2- mettre fin a la poursuite de 6 ouvriers dont deux membres du bureaux syndical maraissa15, devant le tribunal pour motif d'atteinte a la liberté de travail: un motif faut!
3- La régularisation de la situation des secrétaires généraux des bureaux de Maraissa 9 et Maraissa10 qui ont été licencie depuis plusieurs mois.
4- La régularisation intégrale de la situation des ouvriers avec la CNSS.
5- Le respect du droit des travailleuses syndicalistes et mettre fin aux insultes et agressions morales qu'elle subissent.
6- La mise en place des mesures de protection des ouvriers contre les risques des accidents de travail et les maladies professionnelles.
7- L'amélioration des conditions de transport des ouvriers et ouvrières qui sont actuellement transportés debout dans des camions comme des sardines.
8- L'attribution d'une tenue de travail pour tous les ouvriers.
9- La mise en place du crédit de consommation a tous les ouvriers au lieux 5 par ferme, sachant que le crédit est octroyé par Cetelem et la société Maraissa n'est qu'une boite a lettre .
10- L'indemnisation sur la 9eme heure travaillée par les anciens ouvriers avant l'application du code de travail a Maraissa, entre juillet 2004 et janvier 2006.
11- La réintégration de tous les ouvriers de Maraissa 15 de leurs poste avant la grève et le maintien de leurs salaires d'avant la grève.
12 - l'application des articles 72, 136 , 162, 276, 305,.......................du code du travail marocain.
Le 2/3/2009

U.M.T : Union Marocaine du Travail, organisation syndicale marocaine fondée en mars 1955 avant l’indépendance du Maroc.

JOURNÉE NATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LE MILITANT SAID NAFIA SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'ORGANISATION DÉMOCRATIQUE DES CHEMINOTS

L'ODT décide d'organiser une journée nationale de soutien et de solidarité avec le militant Sais Nafai secrétaire générale l'Odt / rail licencié abusivement par la direction des chemins de fer au Maroc.
Un sit-in est prévu le 29 Mars 2009 à 10H 30mn devant les entrés des gars dans les grandes villes du royaume: CASABLANCA PORT, RABAT VILLE, MARRAKECH, FES , MEKNES, BERRCHID, KENITRA, ASFI;EL JADIDA ,TANGER
Pour protester contre les violations flagrantes des droits syndicaux dans l'office national des chemins de fer au Maroc au vu et au su d'une administration de tutelle ,de la primat ure et du conseil consultatif des droits humains CCDH; qui étaient informés ,alertés et sensibilisés à maintes reprises par le bureau exécutif de l'Odt mais sans suite ni interventions réelle pour mettre fin à ses agissements.
Toutes les formes de discriminations ,de ségrégations et de violations des lois sont présentes et font la règle principale de gestion et de relation dans cette entreprise étatique, devenue sujet a des falsifications frauduleuses et de détournement des biens publics par des maquillages des gares, alors que même les règles principales de sécurité pour les usagers , préconisées, dans les lois et normes internationales ne sont plus garanties.
La direction de l'ONCF est devenue spécialiste dans la répression, les violations des lois, l'intimidation, les sanctions abusives y compris le licenciement et les mutations arbitraires sont devenues monnaie courantes contre nos militants .
L'odeur nauséabonde du trucage et de la falsification des résultats des élections des délégués du personnel en faveur des syndicats de l'administration en question commence à ce faire sentir.
Les militants de l'odt ne baisseront jamais les bras ,jusqu'a la réintégration de leur camarade et le respect des lois dans cet établissement dirige par des bureaucrates qui croient encore à la politique et à la stratégie obsolètes des années dites de plomb.
Les militants de l'odt empêcheront par tout les moyens la privatisation de ce secteur public .et défendront jusqu'au bout les droits et acquis des personnels des chemins de fer au Maroc.
Nous sommes très touché et fier par la solidarité nationale et internationale continue, particulièrement de nos camarades CHEMINOTS DE TOUS LES PAYS D'EUROPE ET MAGHREBINS.
L'Odt réclame l'intégration immédiate de Militant Said nafai et le révision de toutes les sanctions prises contre les responsables syndicaux de L'Odt/Rail.


LA SECURITE FERROVIAIRE AU MAROC
UN NOUVEAU SCANDALE CHEZ MONSIEUR LAKHLIAA ET LE MINISTRE DE TRANSPORT
DES ACCIDENTS,DES DANGERS MORTELS DE PASSAGE A NIVEAU,ABSENCE DE SECURITE,DELABREMENT DES TRAINS,AFFAIRES LOUCHES DANS L'ACHATS DES TRAINS DANS LES POUBELLES ET FERAILLES EUROPEENNES , DETOURNEMENTS DE BIENS DE L'ETAT, CORRUPTION,INCAPACITE DE GESTION,DEFAUT DE QUALITE MALGRE LES MEDAILLES TRUQUEES ET ACHETE A PRIX FORT POUR SE FAIRE UNE PUBLICITE QUE PERSONNE NE CROIT VU LA DEGRADATION INITERROMPUE DES TRAINS DE MONSIEUR LAKHLIAA ET QUI METTENT EN DANGER LA VIE DES USAGERS ET CITOYENS..........
LA REGULATION DU TRAFIC DES TRAINS AU MAROC (SECURITE DES CIRCULATIONS DES TRAINS ) A ETE SUSPENDUE POUR DES RAISONS INCONNUES DEPUIS LE 3 FEVRIER 2009 AU 27 FEVRIER LE SAMEDI 28 FEVRIER 2009 UN TRAIN ENTRE EN COLLISION AVEC UN VEHICULE DANS PASSAGE A NIVEAU NON GARDE EN PLEIN CENTRE DE CASA BERRCHID..... (PRESQUE TOUS LES PASSAGES NE SONT PLUS GARDEE) ACCIDENT MORTEL ,LE CONDUCTEUR DU TRAIN EST DECEDE SUR LE CHAMP, DES BLESSES GRAVES ET DES DEGATS MATERIELS TRES LOURDS.
34 trains voyageurs en moyenne (aller- retour) passent par ce passage à niveau non garde en plus des trains marchandise et phosphates....
EN 2008 PLUSIEURS ACCIDENTS SE SONT PRODUITS CAUSANT DES DECES ET DES BLESSSES
2009 S'ANNONCE MAL LA DIRECTION DE L'ONCF CHEMINS DE FER MAROC S'EN FOUT DE LA SECURITE DES CITOYENS ET USAGERS. ELLE ADOPTE LA STRATEGIE DE LA PUB MENSONGERE ET LA CORRUPTION POUR DES SPOTS (MEDIATIQUE) AFIN DE CACHER SES DEFFAILLANCES.
LES CHEMINOTS METTTENT EN EVIDENCE LA RESPONSABLITE CAPITALE ET ENTIERE DE LA DIRECTION GENERALE DES CHEMINS DE FER AU MAROC.
UNE ENQUETE DES POUVOIRS PUBLICS EST URGENTE EST PLUS QUE NECCESSAIRE POUR METTRE FIN A L'ANARCHIE DANS CE SECTEUR DEVENU MORTEL A PLUS D'UN TITRE
LE MINISTRE DU TRANSPORT EST COMPLICE . L'AFFAIRE SCANDALEUSE DES TRAINS A DEUX NIVEAUX ACHETÉS D'OCCASION A L'ITALIE SONT AU GARAGE DEPUIS PLUSIEURS MOIS.

luttes sociales
Les luttes courageuses des militants de Bouarfa
Les militant-es de l'ANDCM (association des victimes de la politique sociale de l'Etat makhzenien), ont organisé le 23 mars 2009 une marche pacifique pour protester contre l'indifférence des "pouvoirs publics" face aux revendications légitimes de leur association; les manifestant-es ont été sauvagement réprimé-es. Le soir même, des organisations de masses ont dénoncé cette répression et décident de manifester publiquement leur indignation, et leur solidarité avec l'ANDCM.
Le mercredi 25 mars, 3 marches de colère ont pris départ des locaux de l'AMDH, de la CDT et de l'usine DIMACAZ, pour se retrouver devant le commissariat où le sit-in va durer 1heure ( 18h15 à 19h15).
Ces marches et ce sit in a été décidé par : l'AMDH (section Bourfa), la CDT locale, l'ANDCM locale, l'Association locale des licencié-es diplômé-s mis en chômage, et l'Association locale de la lutte contre la pauvreté.
Une fois de plus les militant-es de Bouarfa n'ont pas raté leur rendez-vous avec l'Histoire.
Bravo combattants!
Ali Fkir Mer 25.3.09

Mémoire
Commémoration du 23 mars
Le forum marocain vérité et justice (FMVJ) a organisé le 21 mars 2009 un sit in devant " le cimetière des martyr-es" commémorant ainsi la journée du 23 mars 1965, le jour où l'armée du régime à réprimé dans le sang des manifestations populaires pacifiques. Des centaines de citoyen-nes ont été abattu-es lâchement par les forces de répression. 43 ans après, aucune lumière n'a été faite sur ces massacres.
Le 21 mars 2009 fut une occasion pour les victimes ( qui sont venues de toutes les régions du Maroc) de la répression de l'État marocain pour réaffirmer leur détermination à continuer la lutte pour la vérité, la justice...
Ali Fkir

MÉDIAS
D’abord non, puis oui
Dépêche n°1 : L'accréditation d'un photographe de Reuters non renouvelée

Rafael Merchante

RABAT, 25 mars (Xinhua) -- Le ministère marocain de la Communication a décidé de ne pas renouveler l'accréditation de M. Rafael Marchante en tant que photographe de l'Agence Reuters au Maroc, au motif que ce dernier se comportait en adversaire politique et travaillait, sans le déclarer, pour plusieurs organes de presse.
Selon un communiqué du ministère de la Communication cité mercredi par la MAP, cette décision a été communiquée au siège de l'agence à Londres et à son bureau de Rabat et que le ministère " n'a jamais ordonné son expulsion", contrairement aux allégations de certains médias.
M. Marchante a été "accrédité au Maroc pour exercer librement sa mission, et non pas pour se comporter en adversaire politique sous le couvert du privilège journalistique", indique le communiqué.
Le ministère de la Communication reproche également au photographe le "non respect des règles de la profession". "Cette règle est pratiquée dans tous les pays démocratiques et le Maroc qui assure aux correspondants étrangers des espaces de liberté conformes aux standards démocratiques internationaux, ne saurait accepter ce mélange de genres", ajoute le communiqué.
Le Ministère de la Communication réitère sa disposition à accréditer tout autre journaliste photographe proposé par l'Agence Reuters et ce, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vertu desquelles plus d'une centaine de journalistes étrangers sont accrédités au Maroc et y pratiquent librement leur profession.

Dépêche n°2 : Le Maroc décide de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters

Rabat (MAP 03 Avril 2009) - Le ministère de la Communication a décidé, jeudi, de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters au Maroc, Rafael Merchante, a-t-on appris de source autorisée auprès du ministère.

Cette décision fait suite à une série de contacts entre le ministère et l'agence de presse britannique Reuters, que ce soit au niveau de son administration centrale à Londres ou au niveau du chef de son bureau au Maroc, ajoute la même source.

Dans ce cadre, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a reçu, mercredi à Rabat Steve Chrisp, un des hauts responsables de l'agence Reuters, dépêché au Maroc pour traiter avec le ministère du cas du photographe de l'agence Reuters, dont l'accréditation n'a pas été renouvelée.

Afin de créer les conditions favorables au règlement de ce dossier, dans le cadre d'un dialogue direct entre Reuters et les autorités marocaines, l'agence britannique avait demandé à son photographe, d'origine espagnole, de s'abstenir de toute déclaration à la presse sur ses conditions de travail au Maroc et de tout commentaire sur la décision des autorités marocaines.

Lors de la rencontre entre Naciri et Chrisp, et à laquelle ont assisté des responsables du ministère et le directeur de l'agence Reuters au Maroc, le ministre a exposé les différents aspects, les tenants et aboutissants ainsi que les raisons ayant amené le ministère à prendre sa décision au sujet du photographe de Reuters, précise-t-on de même source.

Naciri a également réitéré l'intérêt que porte le Maroc à la poursuite des activités de l'agence dans le Royaume.

Pour sa part, Chrisp a exprimé le souci de l'agence Reuters à poursuivre son activité au Maroc dans des conditions normales et dans le cadre du respect total des lois en vigueur dans le Royaume du Maroc et des principes et règles de la déontologie de la profession tels que fixés par l'agence britannique, et qui engagent l'ensemble de ses employés.

Chrisp a, dans ce cadre, exhorté le ministère, au nom de l'agence Reuters, à œuvrer en vue de surmonter ce problème résultant de la décision des autorités marocaines de ne pas renouveler l'accréditation du photographe de l'agence britannique au Maroc.

Il s'est, à ce titre, personnellement engagé à ce que le comportement professionnel du photographe en question, durant l'exercice de ses activités, soit conforme aux lois marocaines et à la déontologie de l'agence Reuters.

Suite aux démarches entreprises par l'agence Reuters, aux engagements pris par son représentant et à l'appel du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), pour le règlement de ce dossier par le dialogue et l'entente et dans le cadre du respect des lois marocaines et de la déontologie de la profession, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a instruit les services compétents du ministère de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters à partir du 2 avril.

MIGRATIONS

Le dernier naufrage de migrants en Méditerranée
Lire le communiqué de Migreurop
Lire la chronique d’Olivier Duhamel sur France-Culture

Ils sont morts pour vous rejoindre......

plus de 100 corps
jetés à la mer

en Lybie...
marocains, algériens, subsahariens..
bref : africains..
de chez nous
de chez moi....
ils ont tout risqué
ils ont rêvé
que là bas

chez vous
c'était mieux !!!
que c'est l'Eden
que c'est le paradis!!!
ils ont cru fuir
la pauvreté
l'humiliation
les conflits armés..
leurs corps
que même la mer ne veut pas
sont là
nous accusant tous et toutes..
si on avait entretenu
l'espoir
en un lendemain meilleur
en doublant notre résistance
en étant là
sur le terrain
montrant le chemin
aux nôtres
qui s'en vont
se faire bouffer
par les poissons...
(…)
Smirnova


Tanger: des peines de 6 mois à 10 ans de prison dans l'affaire des 50 clandestins (plusieurs condamnations, dont celles de 3 policiers)

Dernière minute :Mohamed El Houhay a été expulsé par bateau de Marseille vers le Maroc le dimanche 5 avril
Les autorités françaises ne veulent pas de Mohamed El Houhay sur leur sol

13.02.09 : Le Réseau Education Sans Frontières 05 prend connaissance de la situation difficile de .Mohamed El Haouhay qui est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Il est bien intégré et est apprécié de ses amis dans la commune de Laragne ( Hautes Alpes) où il réside depuis 2003 et où il a développé un projet de vie dans l’agriculture ( contrat d’embauche de 4 mois, avec une promesse de transformation en CDI, dans le secteur de la taille de vigne et de l'arboriculture). Au Maroc, son pays d'origine où ses parents sont décédés, il n'a plus aucune attache.

17 03 09 : Mohamed est en garde à vue dans une gendarmerie proche de Laragne. Le placement en centre de rétention est plus que probable. Un peu plus tard, soulagés, nous apprenons que Mohamed vient d’être relâché sur décision du parquet. Toutefois la décision de sa régularisation n’est pas faite et incombe à Madame la Préfète

27.03.09 : Dans la nuit, Mohamed est arrêté par la gendarmerie de Laragne et amené très tôt au centre de rétention administrative du Canet à Marseille, ce qui est confirmé par la CIMADE, seule association encore habilitée par l'Etat pour rendre visite aux sans papiers enfermés.
Un nouveau rassemblement devant la préfecture de Gap ( grilles fermées, on pourrait être des terroristes !…) pour dénoncer cette mesure d'expulsion inhumaine, mobilise des syndicalistes et des membres d’associations. Une délégation remet les pétitions à Madame la préfète, inflexible..

28.03.09 : Quatre personnes du collectif se rendent à Marseille et nous informent que suite à l'audience devant le juge des libertés et de la détention, Mohamed est maintenu 15 jours supplémentaires au CRA du Canet à Marseille. Ce délai pour permettre de préparer son expulsion. L'avocat présent n'a pas été d'une grande aide.

Nous restons en contact avec Mohamed et attentifs à sa situation. Aucun être humain n'est illégal à nos yeux.

03.04.09 : Mohammed EL HAOUHAY, toujours en centre de rétention à Marseille, a adressé ce vendredi 3 avril 2009 à Mme la Préfète des Hautes Alpes un recours contre sa procédure d'éloignement et une demande de réexamen de sa demande de titre de séjour.

L'existence d'éléments nouveaux et des doutes sur les procédures ont conduit Mohammed à tenter cette ultime demande sachant que la Préfète reste en dernière ressort la seule à pouvoir décider sa libération et d'accorder le réexamen du dossier et le droit au séjour, conformément à la législation, mais qu'elle n'est pas tenue en cette circonstance de le faire.

04.04.09 : Mohammed va très certainement être expulsé par bateau demain alors que des nouveaux éléments aux dossiers apparaissent et qu'ils ont été communiqués. La préfecture fait la sourde oreille!!!

Un nouveau rassemblement a lieu aujourd’hui devant la préfecture de Gap pour tenter de faire fléchir la Préfète

Pour soutenir cet ultime recours, nous vous demandons d'apporter votre soutien à Mohammed et d'intervenir auprès de Madame la ¨Préfète pour que Mohammed soit libéré du centre de rétention au plus vite, et qu’il bénéficie d'une carte de séjour "vie privée et familiale"

Pour demander la régularisation de Mohamed :

Proposition de texte à adresser à la préfecture de Gap:

Madame La Préfète,

J'ai appris ce jour, vendredi 27 mars, l'arrestation de Monsieur Mohamed El Haouhay, sans papier, habitant Laragne depuis 2003. Il semble que les démarches effectuées auprès de la Préfecture par Monsieur El Haouhay depuis juillet dernier en vue de régulariser sa situation aient conduit à cette arrestation.
Je trouve cela particulièrement choquant et indigne. Monsieur El Haouhay ne demandait pas la charité à la France. Il souhaite pouvoir travailler et vivre honnêtement. Notons qu'il possédait une promesse d’embauche d'une entreprise dans le domaine de l'arboriculture avec un contrat de quatre mois suivie d'un contrat à durée indéterminée.

Pour ces raisons j' estime qu’il serait juste que sa situation soit régularisée et je vous dis mon indignation face à votre décision de ne pas apporter de réponse favorable à Monsieur Mohamed El Haouhay. malgré les nouveaux éléments qui justifieraient un réexamen de la situation.

Je vous demande d'ordonner sa libération du CRA de Marseille et de lui> accorder un titre de séjour lui permettant de travailler et de vivre dignement.
Un citoyen en colère.

Nous vous conseillons de réaliser un copier coller sur « un message nouveau » et non de « transférer » ce mail et de joindre la lettre en pièce jointe.
Ce texte n'est qu'une proposition, vous pouvez exprimer autrement votre colère, mais nous vous conseillons de rester correct pour éviter les poursuites pour outrage.

* Pétition en ligne : http://resf.info/P1015

AGRICULTURE/ALIMENTATION

Les fraises d’Espagne ont de “magique d’être” disponibles depuis janvier jusqu’en avril… Et ce qui est encore plus magique, c’est de voir que les consommateurs les achètent ! Alors là maintenant que les beaux jours arrivent il me semble important de faire une petite piqure de rappel pour bien expliquer à mes lecteurs préférés ce qu’ils achètent quand ils choisissent ces barquettes bon marché…
Sur une production annuelle de 330 000 tonnes de fraises espagnoles (chiffre 2006), 25 % est destiné au marché français (source douanes et Interfel). La France importe 71 % de fraises d’Espagne, soit 83 000 tonnes (chiffre 2006) et consomme annuellement 130 000 tonnes de fraises. C’est 16000 véhicules par an qui parcoure 1500 kilomètres avec leur lot de Co2…
C’est autour du Parc de National de Doñana , inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, que 95 % des fraises espagnoles sont produites, sur une surface de 5 000 hectares. Avec une biodiversité exceptionnelle, cette zone humide de 100 000 ha, haut-lieu des migrations d’oiseaux, accueille la dernière population de lynx (20 individus). Or, depuis les années 80, les sites de production se multiplient de façon anarchique et pèsent lourdement sur l’environnement : utilisation massive de produits chimiques pour la préparation du sol, cultures sur sable et sous plastique, consommation massive d’eau pour l’irrigation, occupation des sols en toute illégalité.… La liste est longue des atteintes à l’environnement !
En effet, on estime que 40 % des surfaces sont cultivées illégalement et que plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés. Les cultures de fraises largement irriguées par des forages, dont 50 % sont non déclarés, ont réduit de moitié les apports d’eau douce dans le marais alimenté par la rivière La Rocina et assèchent l’une des zones humides les plus remarquables de l’Union européenne. A terme, c’est la pérennité même de cette production qui pourrait être remise en question.
La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l’hiver… Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en Espagne. Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré …
La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…


Sur l’Economiste
L’Espagne ne ferme pas la porte au recrutement des travailleurs étrangers malgré la crise d’emploi (2,5 millions de personnes au chômage). Le pays a toujours besoin de saisonniers marocains dans son secteur agricole. Et c’est à Marrakech, vendredi 9 janvier, qu’a démarré la campagne de sélection des 15.500 femmes ouvrières marocaines qui iront ramasser des fraises dans les serres de Huelva, dans le sud de l’Espagne. C’est-à-dire dans deux mois, date du démarrage de la récolte. Pilotée par l’Anapec, cette opération a pour objectif de lutter contre l’immigration clandestine.

vendredi 3 avril 2009

Solidarité avec Sidi Ifni !

MANIFESTATION A PARIS
La communauté de Sidi Ifni Ait Baamrane en Fance avec la coordination du Collectif international de solidarité avec Sidi Ifni, organise une manifestation pour dénoncer les évènements du samedi noir à Sidi Ifni et demander la libération immédiate et inconditionelle des détenus politique suite à ces événements. A cette occasion les organisateurs lancent un appel à toute la communauté marocaine et à tous les militants pour assister a cette manifestation.
Cette manifestation aura lieu le samedi 4 Avril 2009 à l'esplanade du TROCADÉRO à 15h
Les 22 prévenus de Sidi Ifni doivent de nouveau comparaître devant le tribunal d’Agadir le 9 Avril. Ces jeunes, dont des militants et responsables associatifs, ont été arrêtés arbitrairement la suite de la répression sauvage qui s’est abattue sur la population de Sidi Ifni en juin dernier.

lundi 23 mars 2009

Lettre n°5

Il n’y a plus de saisons…
Arrestations, détentions arbitraires, procès iniques (suite…). Les procès des jeunes de Khénifra et des paysans de Khenichet sont encore ajournés ( voir les lettres précédentes). Le lecteur qui dit ne pas être d’accord avec le titre « la saison des procès » n’a pas tort : il n’y a pas de saison pour les procès, c’est toute l’année, et ça dure depuis des décennies…Des lycéens sont condamnés à Goulimine, Chakib El Khayari toujours en détention. Triste printemps...
Sommaire
Pleins feux sur l’AMDH
Mohamed El Mouden
Khénifra- Goulimine - Khénichet
La lutte obstinée des habitants de Ben S’mim pour défendre le plus vital de leur patrimoine : L’EAU !
Disparitions forcées : deux documents sur les engagements de l’État

Pleins feux sur : L’AMDH, cette conscience du peuple
Ce qui fait plaisir aujourd'hui c'est la participation de plus en plus importante des "gens du peuple" aux sit in et aux autres activités de l'AMDH. L'AMDH, par le sérieux de ses militant-es, par la justesse des positions de ses directions nationales et locales, par l'engagement effectif de ses militant-es dans la défense des droits des citoyen-nes, par son refus de cautionner les politiques antidémocratiques, antinationales et antipopulaires du pouvoir en place...par tout cela l'AMDH est devenue pratiquement la conscience de notre société.Finie la vision classique, vision paternaliste, qui fait de la défense des droits humains une affaire d'élite, d'intellectuels et autres petits bourgeois. A Beni Mellal les paysans pauvres imazighens (femmes et hommes, petits et grands) descendus de leurs montagnes pour protester contre la marginalisation et l'exclusion dont ils sont victimes, ont vécu des moment inoubliables avec les militants de l'AMDH de la région ; à Mohammedia les ouvrières ont répondu présentes à l'invitation de la section locale de l'AMDH pour commémorer la journée de la FEMME ; à Sidi Slimane, les femmes et hommes du peuple travailleur étaient au rendez-vous pour commémorer avec la section locale de l'AMDH cette même journée ; il y a quelques semaines les paysans pauvres et les petits éleveurs des Aît Hanini (région de Khénifra) n'ont trouvé de soutien qu'auprès des militant-es de l'AMDH de la région...
Les masses populaires osent boycotter les élections makhzeniennes.
Les victimes du système commencent à découvrir petit à petit les vrais défenseurs des droits humains
Les masses commencent à distinguer consciemment leurs amis de leurs ennemis
Et surtout les masses populaires commencent à prendre conscience de leur propres forces et de la nécessité de lutte comme seul moyen pour s'imposer. Les créatures sorties des urnes du makhzens étaient, sont et seront incapables de résoudre les vrais problèmes. Ces créatures, nonobstant les bonnes intentions de certains, ne peuvent jouer que le rôle de figurants dans un feuilleton dont tous les actes sont conçus dans leurs moindres détails par le palais et son entourage.
Une jeunesse de défi
Après la rencontre du 28 février - 1er mars 2009 au centre festival de la CNSS à Mohammedia au cours duquel 180 militantes de l'AMDH venues de différentes régions du Maroc (2 par section) ont eu l'occasion de débattre d'un certain nombre de sujet relatifs aux droits humains en général et aux conditions de la Femme en particulier, donc après cette rencontre qui a connu un grand succès, le même centre a hébergé la rencontre nationale des jeunes de l'AMDH et ce les 13, 14 et 15 mars 2009. Plus de 200 jeunes représentant 69 sections, ont vécu des moments inoubliables: rencontres humaines et débats de haut niveau.
Les lycéens (majoritaires), étudiants et quelques jeunes mis en chômages, filles et garçons, toute cette fierté de notre société, ont enrichi positivement des discussions au niveau des assemblées et au niveau des ateliers. Ce qui a attiré mon attention c'est l'énergie avec laquelle nos jeunes abordent le thème de la laïcité. Nos jeunes ont compris que sans laïcité on ne peut en aucun cas aspirer à une société démocratique. L'Etat, la politique, l'organisation sociale d'une manière générale, doivent se libérer de l'emprise du religieux. La religion doit rester une affaire personnelle, une affaire privée. Aujourd'hui, les vrais croyants sont pris en tenaille : d'un côté l'exploitation idéologique du religieux par l' Etat pour légitimer l'absolutisme du makhzen, d'un autre côté l'exploitation idéologique du religieux par les organisations islamistes dans leur combat qui vise la remise de la société dans les ténèbres du moyen âge.
(…) Bravo à cette jeunesse prometteuse, véritable lumière dans cet obscure océan, et à l'AMDH qui est devenue une véritable école en matière des droits humains, des droits de citoyenneté.
Ali Fkir

Procès des étudiants de Marrakech, groupe de Zahra, remis au 2 avril 2009
Les familles des détenus, rassemblées devant la Cour d’Appel, ont été victimes de graves brutalités policières de la part des forces dites de l’ordre. Elles réaffirment leur détermination à poursuivre leur combat pour la libération des étudiants injustement détenus.

Un témoin torturé : Mohamed El Mouden
Le comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc/Le comité préparatoire à Marrakech
Avis au public
Hier mardi 10 mars 2009 un militant du comité préparatoire pour la CONSTITUTION du comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc, et militant de l’Union nationale des étudiants du Maroc à Marrakech: le camarade Mohamed El Mouden a été enlevé, et il a été emmené dans une direction inconnue, avant qu’il soit accompagné à la station de police de Jamaa Lafna, où il a été victime de toutes sortes de tortures durant 4 jours avant qu’il soit mis en prison de Boulemharez la nuit du vendredi 13 mars 2009.
En tant que comité préparatoire pour la constitution du comité des jeunes pour la libération des détenus politique au Maroc, nous déclarons notre condamnation de l'enlèvement et la torture subie par le camarade Mohamed EL Mouden.
Nous affirmons notre combat jusqu'à la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc, y compris de notre camarade et membre du Comité préparatoire Mohammed.Marrakech le 14/03/2009
Informations en arabe:
http://assoulkhttabi.blogspot.com

Le procès des Lycéens de Khénifra remis au 2 avril 2009

Fait divers. Explosion au lycée
Un lycéen de Khénifra est déféré devant le tribunal militaire pour une affaire qui ressemble à un pétard mouillé. Une farce à un professeur vire au cauchemar pour un lycéen de Khénifra. Âgé de 19 ans, N.B. sera jugé par le tribunal militaire de Rabat pour “tentative délibérée de dégradation d’un établissement public à l’aide de produits explosifs et constitution de bande criminelle”. En fait, il ne s’agit que d’une (mauvaise et dangereuse) blague imaginée par le lycéen dans le but...de faire peur à l’un de ses enseignants. N.B n’ayant pas agi seul, ses neuf complices, mineurs, ont été incarcérés à la prison civile de Meknès. En détention préventive depuis vendredi 27 février, ils seront présentés au Parquet le 17 mars. Leurs avocats réclament la liberté provisoire tout en faisant appel à la clémence du tribunal. Un énorme élan de solidarité s’est déclenché au sein du lycée Abou Kacem Zayani, où les jeunes détenus poursuivent leurs études en première année de baccalauréat. Selon Mustapha Addari, coordinateur de l’AMDH à Khénifra, “les camardes des accusés ont observé mercredi 4 mars un sit-in devant l’enceinte de l’établissement scolaire et ont adressé une lettre ouverte au roi”. Les professeurs ont également signé une pétition où ils décrivent ces dix lycéens comme des élèves studieux et brillants. Affaire à suivre… Amal Baba Ali
L’espoir Mohammed VI
Le procès des lycéens de Khénifra, poursuivis pour avoir expérimenté des bombes artisanales, vient d’être reporté au 2 avril. “Ils risquent de rater leurs examens”, souligne une source associative locale. Leur seul espoir est que la Cour d’appel de Meknès accepte de leur accorder la liberté provisoire. A noter que des élèves du lycée Aboulkacim Azzayani ont demandé une intervention de Mohammed VI pour mettre fin au calvaire de leurs dix camarades.
Source : TELQUEL, mars 2009

Condamnation d’élèves à Goulimine
Plusieurs élèves ont été condamnés le 18 mars à des peines de 3 mois de prison avec sursis pour une manifestation de protestation tenue en marge d’une fête le 10 mars dernier à Assa, suite à laquelle 6 élèves avaient été arrêtés alors qu’ils rentraient chez eux à Zak en bus.

Le procès des paysans de Khénichet reporté au 25 mars
sur le chemin de Souk lgharb...
ce devait être le jugement des détenus de Khenichet
ces pauvres gens
obligés de détourner
quelques aliments
affamés, isolés
après les dernières inondations...
J’ai pris le train pour Kenitra
des discussions par-ci, par- là
"wlah la sawatna"(juré on ne votera plus)
"wati chkoun daha fik,rah dairin mabraw"(qui s'intéresse à ton avis, ils font ce qu'ils veulent de toutes façons)
le paysage est si beau
on en oublie presque
tous les ravages qu'a connus cette région
"allo, le jugement est à souk lgharb"
je prends un de ces taxis
où on s'entasse comme du bétail..
la discussion est bon enfant au début
mais dès que je commence à poser des questions
sur Khenichet et ce qui s'est passé
on se crispe..
on me regarde de biais..
les gens ont peur depuis leur manif contre l'humiliation
le froid ,la faim
les pressions deviennent de plus en plus fortes
c’est le cheikh, le mokadem
qui menacent
car si 10 sont arrêtés
plusieurs autres sont déclarés en état de fuite..
j'arrive enfin
trop tard
le jugement a été reporté
(…)
smirnova, 18 mars 2009
Ben S’mim, source de discorde
Rappel : Le 13 septembre 2007 la population se mobilise et marche sur la source. 7 personnes sont alors arrêtées, 3 seront relâchées dans les heures qui suivent et 4 seront emprisonnées jusqu´au 17 octobre. Encore plus fort, le village est encerclé par les forces de l´ordre, les deux routes d´accès sont fermées avec interdiction de sortir sous peine d´arrestation pour les villageois ! L´électricité est coupée tous les soirs en pleine période de Ramadan pour empêcher les villageois de se réunir. Ce véritable état de siège durera jusqu´au 6 octobre 2007. Bilan : plusieurs fausses couches dues à l´impossibilité d´accéder à un hôpital, des blessés dont un vieillard sérieusement molesté.

Au Maroc, Ben Smim refuse que sa source soit mise en bouteilles
Par Cerise Maréchaud,
La Croix, 18.03.2009

Dans ce petit village du Moyen Atlas, la construction d’une usine de mise en bouteilles de l’eau de la source provoque manifestations et procès.
En cette heure de labeur aux champs, Ben Smim sommeille. Une mosquée, une école, un dispensaire, des maisons en pisé et en brique. Ce village de 3 000 habitants, à 70 km de Fès, contraste avec les terres alentour, arrosées l’automne dernier par des pluies que le Maroc n’avait pas connues depuis trente-cinq ans. « Ce vert, c’est trompeur », avertit Moulay Ali Tahiri, 72 ans. Ce doyen de la zaouia (communauté religieuse et tribale) de Ben Smim est, avec une dizaine de villageois, poursuivi par la justice pour s’être opposé à la construction d’une unité de mise en bouteilles de la source d’eau.
Depuis le début des travaux en 2006, des manifestations populaires, réprimées par les forces de l’ordre, n’ont pas empêché l’usine de sortir de terre. Des bulldozers s’activent encore à flanc de colline, et l’exploitation devrait commencer « d’ici à l’été », annonce le Français Nicolas Antaki, directeur de l’Euro-Africaine des eaux (EADE). Créée en 2001, cette société marocaine a signé en 2005 un contrat avec le royaume, détenteur à 60 % de la source Ben Smim, et devrait produire une centaine de millions de litres d’eau en bouteilles par an.« Qu’est-ce qu’on va y gagner ? L’été, on n’a presque plus une goutte pour abreuver les bêtes », déplore, entre deux coups de bêche, Abdellah Adghoghi. Dépendants d’une agriculture quasi vivrière, dans un pays en situation de stress hydrique (700 m3 par habitant et par an) dont la majorité des ressources en eau est absorbée par les exportations agricoles, les habitants s’inquiètent. À Ben Smim, la moitié des terres est en jachère une année sur deux. « La saison dernière, on a perdu 15 % du cheptel. Sans eau ni herbe, on a dû vendre des bêtes à des prix dérisoires pour acheter du fourrage », dit Moulay Ali Tahiri.

"Au Maroc, le paysan n’est rien"
«Le débit que nous a accordé la direction du bassin hydraulique de Sébou est de 3 litres/seconde. Or, le débit moyen de la source de Ben Smim est de 80 litres/seconde, 20 en période de sécheresse », rassure Nicolas Antaki. « Le loup est dans la bergerie. Au Maroc, le paysan n’est rien », avertit l’économiste Mehdi Lahlou, fondateur de l’Association marocaine pour un congrès mondial de l’eau (ACME). « La procédure réglementaire suivie garantit la transparence », estime pour sa part Mokhtar Bzioui, du Conseil mondial de l’eau, ancien responsable à la Direction nationale de l’hydraulique. « On n’a pas confiance ! », tranche Moulay Ali Tahiri. « Une enquête a été faite avant la signature du contrat et tout le monde était favorable », rétorque Nicolas Antaki, excédé par les allégations selon lesquelles son entreprise dissimulerait des intérêts haut placés. « J’ai mis huit ans à suivre la procédure administrative, qu’on ne vienne pas dire que je profite de passe-droits ! »Au village, on doute des bienfaits de l’usine pour cette région où le chômage touche pourtant les jeunes de plein fouet. « Il a parlé de 200 emplois. Mais tout sera mécanisé ! Douze personnes y travailleront », ironise Moulay Ali Tahiri.
« Je refuse de rentrer dans ce jeu, riposte l’investisseur. Mais, pour tous les postes industriels, je n’ai pas intérêt à faire venir à mes frais des gens d’autres régions. » Une usine, les villageois n’ont rien contre, « mais pas si elle prend juste notre eau, lance cette femme en djellaba rose. C’est sacré. » « Nos petits pois et nos haricots sont mis en boîte à Tanger, pourquoi pas ici ? », interroge Moulay Ali Tahiri pour montrer qu’il n’a « rien contre le développement ». Nicolas Antaki met en avant les « 10 millions de dirhams de taxes » (900 000 €) que l’EADE devrait verser par an à la commune de Ben Smim. Une manne pour financer des projets.
« À commencer par la réparation de cette seguia (rigole) de bric et de broc par laquelle est acheminée l’eau des agriculteurs, et qui cause une majorité de pertes ! »Moulay Ali Tahiri refuse de voir la collectivité locale, regroupant 11 tribus opposées par « de vieilles rivalités », gérer et partager un budget qui revient à la seule zaouia de Ben Smim, assure-t-il en brandissant un vieux dahir (décret royal) de Mohammed V, grand-père de l’actuel souverain. « L’eau appartient à l’État, pas à une communauté », rétorque Nicolas Antaki. « Ça ne veut pas dire qu’il peut marchander ce bien public », estime Mehdi Lahlou. L’association ACME a intenté un procès. « Elle a été déboutée par le tribunal administratif de Meknès, conclut l’entrepreneur. Un contrat est un contrat. »

Pour en savoir plus sur la lutte à Ben S’mim, cliquer
ici
Et consulter les sites
- du
CNRS / gestion de l'eau au Maroc et risques liés à la sécheresse
- du gouvernement marocain
l'ensemble des projets ayant trait à la gestion de l'eau
contexte hydrologique sévère
- de l'Institut de recherche pour le développement au Maroc (IRD)

Forum marocain pour la Vérité et la Justice
Comité de Coordination des Familles des disparus et des victimes de la disparition forcée au Maroc

Communiqué rendu par l’Assemblée générale
Casablanca le 21 mars 2009
Les familles des disparus dont le sort est inconnu, les familles des disparus victimes des violations graves des droits de l’homme décédées et les rescapés de la disparition forcée au Maroc, réunis à l’initiative du Comité de coordination à Dar Al Mohami (la maison de l’avocat) à Casablanca le 21 mars 2009 dans le cadre d’une assemblée générale qui coïncide cette année avec la commémoration du 44ème anniversaire du soulèvement du 23 mars 1965 ;
Partant des résultats de l’Instance Equité et Réconciliation contenus dans le rapport final de celle-ci, et de l’action du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de l’IER créé par le Conseil consultatif des Droits de l’Homme (CCDH) ;
Se basant sur les positions et revendications exprimées par les familles des disparus et les victimes de la disparition forcée à plusieurs occasions et dans plusieurs documents, le dernier en date étant le mémorandum soumis au CCDH par le Comité de coordination des familles des disparus dont le sort est inconnu et des victimes de la disparition forcée lors de sa dernière rencontre avec le Conseil le 20 janvier 2009 ;
Ayant à l’esprit les débats qui ont eu lieu durant cette dernière rencontre ;

Considèrent que les résultats des cinq dernières années dans le cadre du règlement des dossiers de la disparition forcée, en dépit de leur importance, restent en deçà des revendications de la révélation de la vérité, la réparation des préjudices subis par les victimes et leurs familles de manière à en limiter les effets, la préservation de la mémoire de manière à concrétiser la devise : non à l’oubli.
Déclarent que le règlement des dossiers de la disparition forcée reste largement lacunaire, en ce sens que le sort de dizaines de disparus forcées reste inconnu, les lieux d’enterrement de plus de 280 victimes déclarées décédées restent inconnus, l’identité de près de 200 décédés dans les soulèvements qu’ont des villes marocaines restent inconnues, les analyses génétiques (ADN) de 180 échantillons prélevés sur des dépouilles des victimes n’ont pas été faites, bien que les prélèvements ont été effectués depuis près de 3 ans.
Estiment que les actions de réparation, en particulier les volets médical et de réinsertion sociale restent partiels, au moment où la régularisation des situations administrative et financière des rescapés de la disparition forcée n’a pas encore débuté ;
Considèrent que la dernière réunion du Comité de coordination avec le CCDH n’a pas été fructueuse. D’une part, le CCDH entend se défaire de sa responsabilité quant à la poursuite des investigations sur les disparus forcés dont le sort est encore inconnu, et répond aux revendications concernant l’activation des analyses génétiques et la publication des listes des disparus par des faux-fuyants. D’autre part, il se limite, à formuler des promesses d’examiner nombre de revendications tendant à la réparation individuelle et à tergiverser sur la mise en ouvre d’autres mesures qu’il avait promises auparavant.
Soulignent les lacunes au niveau de la mise en œuvre des recommandations formulées par l’Instance Equité et Réconciliation, en particulier la ratification de la Convention internationale de protection de toutes les personnes contre la disparition forcée ainsi que d’autres instruments pertinents, et le retard dans le prise de mesures relatives à la bonne gouvernance sécuritaire et à la lutte contre l’impunité.
Se déclarent attachées à leurs revendications qui, sans être satisfaites, le dossier de la disparition forcée restera ouvert et loin du règlement définitif.
Elles réitèrent les revendications suivantes :
- Révéler le sort de tous les disparus forcés, par la création d’un mécanisme adéquat qui se chargera des investigations et disposera des attributions et compétences nécessaires pour mener ces investigations à terme et déterminer les responsabilités des crimes de la disparition forcée.
- Activer le processus d’analyse ADN quant aux dépouilles des victimes décédées, de proclamation des résultats, de remise des dépouilles aux familles qui le désirent afin de leur permettre de les inhumer comme il se doit, tout en préservant les lieux d’inhumation connus dans les anciens lieux de détention et de les aménager dans le sens de la préservation de la dignité des victimes.
- Publier les listes des victimes de la disparition forcée, qu’il s’agisse des décédés, des rescapés ou de ceux dont le sort est inconnu, ces listes doivent aussi comporter toutes les informations sur les conditions de décès.
- Permettre aux victimes et aux ayants droit une couverture médicale, activer les processus de leur réintégration sociale et de la régularisation de leur situation financière, administrative et professionnelle de manière à leur garantir un revenu fixe susceptible de leur garantir leur droit à la vie digne.
- Régler les questions liées aux biens des victimes et de leurs familles spoliés ou placés sous séquestre, à travers la mise en œuvre du droit au recouvrement ou de remboursement.
- Activer le processus de ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée ainsi que le statut de Rome de la Cour pénale internationale.
- Mettre en œuvre les recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation en ce qui concerne l’incrimination constitutionnelle de la disparition forcée, la réforme de la justice, la prise de mesures nécessaires pour l’instauration d’une bonne gouvernance sécuritaire de manière à mettre un terme à l’impunité.
- Préserver les lieux de détention secrète pour préserver la mémoire dans le cadre de la réparation communautaire.
- Présenter des excuses aux victimes, à leurs familles et à la société marocaine pour les violations graves des droits humains perpétrées à leur encontre par l’Etat et ses organes.
Appellent toutes les organisations et associations des droits humains et à vocation politique, syndicale et culturelle à soutenir leurs revendications légitimes en vue d’une équité effective et d’une véritable réconciliation.

Campagne internationale pour mener le Maroc vers la ratification de la convention internationale contre les disparitions forcées
En 2007 le Maroc a signé la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Mais le Royaume hésite encore à la ratifier. Pour faire pression, des organisations des droits de l’homme du monde entier, y compris du Maroc, vont mener à partir de demain une campagne de sensibilisation auprès des autorités. Détails.
Sensibilisation
La FEMED ( Fédération Euro-méditerranéenne contre les Disparitions forcées) la coalition internationale contre les disparitions forcées (ICAED), l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), l’Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH), le Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ) et l’Association des Parents et Amis de Disparus au Maroc (APADM) vont mener différentes actions de sensibilisation au cours du mois de mars 2009 sur ce texte qui vise à protéger tous les individus contre les disparitions forcées.
Dès aujourd'hui, des rencontres entre ces organisations et les autorités marocaines devraient avoir lieu. Par ailleurs, plusieurs organismes internationaux vont envoyer des lettres aux autorités marocaines pour qu’elles ratifient la convention.
10 États ont à ce jour ratifié la Convention : France, Cuba, Albanie, Argentine, Mexique, Sénégal, Bolivie, Honduras, Kazakhstan et Uruguay mais 20 ratifications sont nécessaires pour que la convention puisse entrer en vigueur.
81 Etats ont à ce jour signé la Convention dont le Maroc, qui a signé le 6 mai 2007 à Paris, mais hésite encore à la ratifier. Lors d’une rencontre avec une délégation de la FEMED en juin 2008, Mohamed Liddidi, Secrétaire Général du Ministère de la justice et le Secrétaire Général de la Primature ont déclaré “qu’il n’existait aucun obstacle à la ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées”.
Le Ministre de la Justice a confirmé cette position, en réponse à une lettre envoyée par l’Organisation Marocaine des droits de l’Homme (OMDH), dans le cadre de la journée internationale contre les disparitions forcées tenue le 30 août 2008.
Les organisations des droits de l’Homme au Maroc espèrent que les autorités marocaines ratifient la convention au plus tôt. “Les autorités marocaines ont avancé que le problème est strictement un problème de temps. On attend toujours la ratification surtout que la primature, le ministère de la justice et le conseil consultatif des droits de l’Homme a maintes fois confirmé que le Maroc n’est pas contre une telle ratification”, a estimé un membre du bureau exécutif du FMVJ.
A rappeler que parmi les recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation figure celle relative à la consolidation de la protection constitutionnelle des droits humains dont “la prohibition de la disparition forcée, la détention arbitraire, le génocide et autres crimes contre l’humanité, la torture et tous traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants”.
Source :
http://www.aufaitmaroc.com/fr/actualite/maroc/article/campagne-internationale-pour-mener-le-maroc-vers-la-ratification-de-la-convention-internationale-contre-les-disparitions-forcees/

vendredi 20 mars 2009

Une idée de vacances solidaires

découvrir le désert marocain tout en aidant des familles nomades en situation précaire


Moha, Touareg sédentarisé à Merzouga m’avait écrit en novembre 2008 pour me demander de faire connaître le site de son auberge familiale à tous ceux « qui veulent découvrir le désert, sa culture, son patrimoine de sable, ses fossiles et ses gravures rupestres, voir les belles dunes allant jusqu’à 150 mètres de hauteur, admirer le lever et le coucher de soleil, faire des randonnées à dos de dromadaire et bivouaquer dans différents sites magnifiques ».

Il explique que le rôle social de son auberge lui tient à cœur: « nous employons des nomades, des familles très pauvres qui travaillent avec leurs dromadaires en randonnées, en bivouac, et gagnent avec nous un peu d’argent pour mieux vivre » Ne pas avoir de réservations le préoccupe pour eux.

Dans le Guide Globe-Trotters : « Partir …au MAROC autrement », l’auberge familiale de Moha est chaudement recommandée : « Au centre du village de Merzouga (…) une adresse rustique mais chaleureuse comme on les aime. »

Avec quelques amis nous lisons les pages du site www.merzouga-dromadaire.com et les témoignages enthousiastes nous donnent envie d’aller découvrir par nous - mêmes Moha, son auberge et la région de Merzouga.

Nous prenons contact et pour joindre l’utile à l’agréable, nous lui proposons d’aller lui montrer la fabrication et le fonctionnement des fours solaires. C’est en vieux Trafic Renault, chargé de tout le nécessaire pour fabriquer des fours, ainsi que , à la demande de Moha, de vêtements destinés à des familles de nomades, que nous arrivons à Merzouga le 14 janvier 2009.

Nous sommes tout de suite conquis par l’enthousiasme, l’humour, l’intelligence et la gentillesse de cet ancien nomade touareg dynamique, un peu poète, un peu philosophe. Sa préoccupation constante d’aider les plus démunis nous touche beaucoup. Sa connaissance parfaite de la région, son souci de préserver la nature en font un guide très agréable et très compétent. Conteur hors pair, il sait tenir an haleine ses auditeurs avec ses histoires (presque vraies) de fantômes ou ses théories sur la marche du monde.

Nous faisons connaissance avec toute sa famille, surtout son frère Ali et son fils ainé Belkacem, souriant garçon de 10 ans qui ne quitte son père que pour aller à l’école.

C’est avec enthousiasme que Moha s’est lancé dans l’aventure des fours solaires, invitant les voisins à des repas cuits avec le soleil et les persuadant de l’utilité de ce mode de cuisson écologique et économique qui va changer leur vie.

L’auberge, agrandissement de la maison familiale, se trouve en plein centre du village. Grand bâtiment tout en longueur, surmonté d’une grande terrasse d’où on peut admirer les hautes dunes au-delà du village. Elle est bien aménagée, les chambres sont agréables, la grande salle très accueillante. Le tout est simple, rustique, sans clinquant, sans prétention. Le quartier est animé, loin des luxueux centres touristiques à l’écart du village. L’école, le centre médical, la poste, la gendarmerie se trouvent à proximité de l’auberge , où les hommes du village viennent boire le thé, tandis que les femmes vont bavarder à la cuisine. Elles vont se charger de distribuer les vêtements aux familles dans le besoin.

La cuisine, traditionnelle, est excellente : tajines, couscous, omelettes berbères … et, depuis peu les plats cuits dans le four solaire !

Sur le plan découvertes la région immédiate est très riche .
Les dunes où il a fait bon se promener, pour aller passer une nuit dans le campement, adorable petite oasis d’où on n’a plus envie de partir , la visite à la communauté des gnaoua qui nous a offert un concert et du thé, la ville proche de Rissani où l’association des menuisiers est immédiatement gagnée par la fièvre des fours solaires (et en fabrique pour 600 dh), Taouz, ses gravures rupestres et la vieille kasbah, l’usine de polissage des orthocéras, la palmeraie, le lac temporaire devenu immense étendue d’eau bleu turquoise en cet hiver pluvieux… De quoi ne jamais s’ennuyer.

Le prix de la demi-pension est plus que raisonnable : 20 € et réduction pour séjours prolongés. Tous les renseignements pratiques se trouvent sur le site.

Merci de diffuser cette information à vos amis et connaissances, c’est l’occasion de découvrir et faire découvrir une façon de passer les vacances dans un environnement somptueux , tout en apportant une aide aux villageois et aux nomades en situation précaire.
Cet endroit est idéal pour un séjour en famille, et aussi pour tous ceux qui ont envie de découvrir le Maroc authentique. (ce mot galvaudé a ici tout son sens !)
Nous conseillons de choisir le printemps ou l’automne, même si cet hiver exceptionnellement froid et pluvieux n’est pas toujours la règle.

L’équipe : Claudie, Henri, Geneviève, André, Ahmed et Marie-Jo

Contact : Solidarité Maroc 05
17 rue Jean Eymar
05000 Gap
solidmar05@gmail.com

mardi 17 mars 2009

Lettre n°4

Gap-Carcassonne-Paris, 17 mars 2009

Un empêcheur de trafiquer en rond mis à l’ombre
SOMMAIRE
Pleins feux sur : Chakib El Khayari
Une nouvelle arme de destruction des nerfs des militants : l’ajournement des procès
Mohamed El Mouden, Un témoin des violences faites au groupe de Zahra, a été enlevé
Une victoire à Beni-Mellal
Ouvrir la frontière

Chakib El Khayari

ARRESTATION D’UN MILITANT (des droits de l’home) MAROCAIN
Le Procureur du Roi de Casablanca a ordonné la détention et la mise en examen de Chakib El- Khayari, le porte-drapeau de la lutte contre le trafic de drogue dans le nord du Maroc, comme a annoncé à la fin de la nuit de jeudi le Ministère de l’Intérieur à Rabat.
Mr. El-Khayari a été invité par Encod à prendre part à une délégation au Sommet de l’ONU sur les Drogues à Vienne du 11 au 13 Mars.
Khayari préside en outre l’Association des Droits de l’Homme du Rif depuis laquelle il a dénoncé la persécution des sub-sahariens dans le nord-est du Maroc ou l’arbitraire de la police espagnole au moment d’empêcher l’entrée à Melilla de Marocains qui sont en règle.
Ce militant Rifain est un personnage connu par tous les journalistes qui ont travaillé dans la région de Nador. Je me souviens de lui assis dans un cibercafé poussiéreux, enseignant avec passion dans Google Maps la situation des vedettes rapides qui transportent le haschich sur les côtes espagnoles ou regarder avec des jumelles à la nuit tombante au bord de la Petite Mer, la lacune salée qui baigne Nador, pour apercevoir comment se chargeaient de drogues les hors-bords .
Dix policiers en civil l’ont arrêté mercredi à six heures du matin dans son domicile de Nador, dans le nord-est du pays. Les agents ont saisi son ordinateur et quelques objets personnels. Ils n’ont pas indiqué à sa famille où ils l’emmenaient. Des membres de la société civile marocaine et de l’association américaine Human Rights Watch ont demandé aux autorités de respecter la loi et d’informer sur le lieu et le motif de sa détention.
Quarante-deux heures après le Ministère de l’Intérieur a indiqué que Khayari avait été arrêté par ordre du procureur et mis à disposition de la justice. Il a été préalablement interrogé au siège de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire sur ces déclarations qui impliquaient dans le trafic de drogue, mais sans apporter de preuves "des personnes qui ont accédé à d’importants postes dans les institutions de l’Etat". Ces déclarations, continue le communiqué de l’Intérieur, " manquent de fondements" et " tendent à endommager l’image des autorités publiques et judiciaires nationales" qui " s’efforcent de combattre le trafic de drogue dans la côte nord du Maroc et dans la province de Nador" .
Ce "militant qui dérange" , comme le décrivait mercredi le journal Le Soir de Casablanca, a laissé entendre que lors du plus grand coup de filet antidrogue de l’histoire du Maroc, qui s’est déroulé en janvier et au début de ce mois, sont seulement tombés des "poids plumes" et qu’on a évité de faire des recherches chez ceux qui détiennent les manettes.
Jusqu’à présent, 109 personnes ont été arrêtées à Casablanca par trafic de drogue entre Nador et l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. La majorité (76) sont militaires ou membres des forces de sécurité (29 marins de la Marine Royale, 27 agents des Forces Auxiliaires, 19 gendarmes et un soldat). L’amiral et le chef inspecteur de la Marine Royale a été aussi démissionné par le roi Mohamed VI, qu’il considère " négligent" , comme en a informé la presse marocaine.
À la fin de l’année dernière la surface consacrée à la culture du haschich au Maroc a été réduite à 60.000 hectares, 65% de moins qu’il y a cinq ans, quand il s’élevait à 134.000. Le Ministère de l’Intérieur s’est fixé comme objectif qu’en décembre 2009 ne restera seulement 50.000 hectares consacrés au haschich. L’Afghanistan vient de dépasser le Maroc comme producteur et exportateur de haschich.
Source : http://www.chanvre-info.ch/info/fr/ARRESTATION-D-UN-MILITANT-de.html

Site de soutien à Chakib El Khyari
Communiqué de Human Rights Wach du 18 février concernant l’arrestation de Chakib El Khyari
AMNESTY INTERNATIONAL , 20/02/ 2009 : Appel à la remise en liberté immédiate d’un défenseur des droits humains
APPEL URGENT DE L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

Lettre au roi du Maroc sur Chakib El Khiyari
Sire,

Par la présente, nous tenons à exprimer notre profonde préoccupation face au sort de Chakib El-Khayari, qui est placé en détention à l’Office national de la police judiciaire de Casablanca depuis le 17 Février 2009.
Mr.El-Khayari est reconnu et respecté en tant que défenseur des droits humains dans la province de Nador et internationalement. Il a fondé l’Association des Droits de l’Homme dans le Rif en 2005, qui traite d’un certain nombre de questions telles que le traitement des migrants d’Afrique sub-saharienne au Maroc et la violence faite les femmes. Chakib El-Khayari est également connu pour son action de soutien aux droits culturels des Amazighs au Maroc. En Décembre 2008, il est apparu sur la télévision nationale marocaine pour exprimer ses connaissances et ses opinions sur un certain nombre de questions liées au trafic de stupéfiants dans la région, sur la participation et la corruption de certains agents publics, et la nécessité d’élaborer des stratégies non-répressives afin de réduire les méfaits la culture du cannabis dans la région.
Dans quelques semaines, M. El Khayari devra se rendre en Europe, à l’invitation de la Coalition européenne pour des politiques justes et efficaces en matière de drogues (ENCOD), une plate-forme réunissant 170 organisations de la société civile européenne. Le 4 Mars, M. El Khayari participera à une conférence au Parlement européen, pour discuter des politiques de l’Union européenne à l’égard de la culture de plantes illicites. Le 11 et 12 Mars, il est censé prendre part au débat de haut niveau de la Commission Interministérielle des Nations Unies sur les stupéfiants à Vienne, en tant que membre d’une délégation internationale d’ONG qui apporteront les informations vérifiables sur les conséquences désastreuses qui s’opposent aux bienfaits supposés de la politique d’éradication des productions de plantes illicites dans les pays des régions concernées.
Nous craignons que Chakib El-Khayari soit pris pour cible en raison de ses positions sur les Droits de l’Homme et de ses activités anti-corruption dans la région de Nador. Nous considérons son arrestation comme une violation grave de la liberté d’expression, un droit humain qui doit être garanti en démocratie. Le fait qu’il ait été arrêté juste avant sa participation à des rencontres internationales semble indiquer que le gouvernement marocain ne souhaite pas que le monde entende les témoignages d’une population directement touchée par les politiques néfastes menées au nom de la guerre aux drogues.
Afin de mettre en place des politiques durables à l’egard de la culture du cannabis et du trafic de drogues au Maroc, il est essentiel que des points de vue, comme ceux défendus par M. El Khayari et d’autres représentants légitimes des communautés affectées soient entendus publiquement. Des solutions aux problèmes liés à la culture du cannabis au Maroc ne peuvent être trouvées, que par le biais d’un échange libre et ouvert aux idées et aux opinions différentes, et non pas par la répression.
Nous vous demandons de protéger l’intégrité physique de M. El Khayari et d’assurer sa libération immédiate et inconditionnelle.
Dans l’attente d’une réponse, recevez, Majesté, nos salutations distinguées.
Pour ENCOD,
André Fürst, Suisse
Jan Ludewig, Allemagne
Virginia Montañes, Espagne
Joep Oomen, Belgique
Freek Polak, Hollande
Alessandra Viazzi, Italie
(membres du comité exécutif)
Association des Français d'origine marocaine
Association des MRE d'Europe
Source : http://www.arrif.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&p=36627

Une nouvelle arme de destruction des nerfs des militants : l’ajournement des procès
Le procès 866/08 contre les militants du Souss est reporté du 12/03 au 07/05/09, le gendarme « insulté » ne s’étant pas présenté devant le juge. (Voir lettre N° 1, alinéa 1). Rappelons que le procès des étudiants de Marrakech (groupe de Zahra), reporté du 5 août 2008 au 26 février 2009, puis au 19 mars, celui des 22 détenus de Sidi Ifni est ajourné du 5 mars au 9 avril

Avis à l'opinion publique nationale et internationale
Mohamed El Mouden, Un témoin des violences faites au groupe de Zahra, a été enlevé
par Les familles des détenus à Marrakech le 11/03/2009
Hier le 10/03/2009, un des témoins de l'affaire de nos fils les détenus politique à Marrakech –groupe de Zahra- a été victime d'une opération d'enlèvement . C'est le militant basiste MOHAMED EL MOUDEN, et ce lorsqu'une voiture de police s’est arrêtée, et 4 personnes en civil sont descendues et l'ont mis dedans. Puis ils ont pris la route.
Souvenez-vous bien que le militant enlevé est le deuxième témoin dans cette même affaire, après l’enlèvement de la militante MARIEM BAHMMOU, et le destin de ce militant est encore inconnu.En tant que familles des détenus politiques, en tirant la sonnette d'alarme en ce qui concerne ce crime, nous déclarons à l'opinion publique nationale et internationale :
• Que nous allons faire des actions militantes plus développées contre les violations et les infractions dont nous et nos fils sont victimes.
• En tant que familles nous considérons que l'Etat Marocain est responsable des crimes dont nous et nos fils sont victimes, d'abord dans la station de police de Jamaa Lfna quand notre fils Tawfiq Chwini (membre des familles des détenus et détenu lui même) a été torturé et ensuite en enlevant les témoins de nos fils l’un après l'autre.• Nous considérons que l'AMDH à Marrakech a aussi sa part de responsabilité devant ces crimes qui se passent devant ses yeux sans qu'elle fasse aucune réaction, et nous la considérons responsable de la torture que notre fils Mohamed El Moden a subies.
• Nous condamnons fermement cet enlèvement sioniste.
• Nous déclarons notre adoption du militant Mohamed El Moden.
• Nous appelons tous ceux qui s'intéressent au destin de la démocratie et des droits de l'homme de faire une action urgente afin de mettre fin à la série d'enlèvements, de torture et de détentions politiques.

Enfin une bonne nouvelle : le courage et la ténacité des habitants de zones marginalisées du Moyen-Atlas écrasées sous la neige, sont récompensés . Qu’ont-ils obtenu ?

Libérées de la peur, conscientes de leur force, les masses réalisent des exploits
par Ali Fkir (10 mars 2009)
C’est extraordinaire ! Elles, ils, sont formidables, ces femmes et ces hommes des Aït Abdi N’tinkarif (région de Beni Mellal) : elles, ils ont osé descendre en masse des « réserves » où leurs ancêtres ont été confiné-es depuis des siècles par le makhzen et par ses hordes. Elles, ils, se sont libéré-es de la peur du Makhzen. Elles, ils, ont osé faire face à cet ogre légendaire.
Marginalisé-es par l’Etat despotique, coupé-es du monde par les intempéries, affamé-es, glacé-es de froid, délaissé-es par l’ensemble des acteurs politiques… ces campagnard-es ont décidé de défier la logique makhzanienne qui ne voient en elles et en eux que des sujets ne méritant aucun droit de citoyenneté, de défier la vision de nos politicards qui ne voient en elles, en eux que des imazighes ignares, incapables de distinguer le vrai du faux…Quelles aberrations !
Malgré le froid, malgré la pluie, malgré les menaces des gens du makhzen…ces femmes, ces hommes, et avec courage et dignité , ont gardé devant le siège de la wilaya de Beni Mellal un sit in de 15 jours, réclamant ainsi leur dû, leur droits de citoyenneté .
Les militants de l’AMDH (section Beni Mellal), étaient là pour les épauler. Ces militants ont honoré les principes de la défense des droits humains. Ces paysannes et paysans pauvres ont trouvé en ces militants des gens dévoués.
Le lundi 9 mars 2009, le wali de Beni Mellal, le plus grand bonnet du makhzen de la région (administrativement parlant) a accepté (sur instructions bien sûr) de s’asseoir avec les représentants des ces humbles citoyen-nes (grand-es et fort-es par leur générosité, par leur bravoure, par leur lucidité). C’est une première ! Ce sont les véritables représentant-es (ils ne sont pas sorti-es des urnes du makhzen ) : 4 femmes (Fadma N’ali, Hannou Ou Assou, Itto Ali, Hadda Ou Abjdi), 4 hommes ( Hajji Ikhlef, Moha Ou Tachabout, Adnane Ikhlef, Oussaïd Msalki). C’est la parité ! On n’a pas besoin du quota imposé par le makhzen. C’est incroyable ! nos politicards et autres militantes bourgeoises sont incapable de comprendre comment ces Fadma, Itto et autres Hadda se sont imposées comme interlocutrices au même titre que leurs camarades hommes face aux potentats du makhzen qui font peur à plus de un.
Qui a assisté aux négociations ? les mêmes militants qui étaient là depuis la première heure du sit in qui a duré 15 jours : Abbassi Abbas, président de la section locale de l’AMDH, le grand Mohammed Bougrine du FMVJ(prisonnier des 3 rois, et malgré son âge avancé il n’a pas ménagé ses efforts pour soutenir le mouvement légitime de ces braves gens), Brahim Ahansal, Ismaïl Amrar, Mohammed Laâjila et Driss Jabri, tous membres du comité local de solidarité avec ces résistant-es.
C’est une première dans la résistance populaire.
Bravo les habitants d’Aït Abdi N’tinkarif !
Félicitations camardes Abbassi Abbas, Mohammed Bougrine, Ismaïl Amrar et surtout au militant Brahim Ahensal qui a assuré avec succès la couverture médiatique de cette expérience exemplaire, et à tous les autres !

Bni Mellal : Chapeau bas
tous les mots
toutes les émotions que je sens
je ne saurai les exprimer
à vous les Ait Abdi
ces symboles vivants de ce peuple
qui ne baisse pas l'échine
quand il est épaulé
soutenu par des camardes
passant des nuits dans le froid
sacrifiant leur vie familiale
donnant de leur porte monnaie
pour aider-à survivre
dans ces vie de ghetto
imposées par une autorité
sourde aux doléances de la population..
pour que le sit-in réussisse
et pour que le wali
daigne ouvrir le dialogue…
(extraits)
Smirnova, 11 mars 2009

Le drame humain gazaoui peut-il aboutir à une lueur d’espoir pour la population de l’Oriental ?
Lettre ouverte: Drame humain et drame humain
Par Fatiha Daoudi, Présidente de Ryage. Com, Association pour le développement humain et culturel de la région de l'Oriental marocain.

Notre association pour le développement humain et culturel de la région de l'oriental marocain Ryage.com vient d'apprendre le passage par le Maroc de la caravane humanitaire partie de Londres à destination de Gaza, porteuse d'aide et de confort à la population gazaouie.Cette caravane traversera notre pays jusqu'à sa frontière terrestre avec l'Algérie, et là, ô miracle, elle verra cette frontière s'ouvrir à son passage le dimanche 22 février!!!Ryage.com tout en soutenant cette initiative en faveur de la population de Gaza, saisit l'occasion de l'ouverture exceptionnelle de cette frontière pour rappeler le drame humain que vivent depuis 1994 des milliers de familles très proches, séparées par sa fermeture. Depuis sa création en 2007, notre association n'a eu de cesse d'attirer l'attention des officiels des deux pays sur ce drame humain. Jusqu'à ce jour, nous n'avons trouvé aucun écho du côté des responsables marocains que nous avons sollicité pour nous aider dans notre plaidoyer même si l'on peut mettre à leur actif, depuis près de deux ans, l'appel, à chaque occasion qui se présente, à l'ouverture de ces frontières. Les responsables algériens, quant à eux, s'appuient impunément sur la souveraineté de leur pays. Par cette lettre ouverte, nous voulons attirer l'attention de l'opinion publique sur le paradoxe et l'aléa des décisions unilatérales des responsables politiques. Est-ce que la décision d'ouvrir les frontières algériennes pour la caravane humanitaire veut dire que les responsables algériens sont plus sensibles au malheur des palestiniens qu'à celui de leur propre population ???Faut-il le rappeler, ces frontières très récentes dans l'histoire du Maghreb séparent une même population? Cette population ne mérite-t-elle pas, elle aussi, qu'on lui trouve des solutions humanitaires au drame qu'elle vit depuis la fermeture des frontières? Pourquoi ces milliers familles ne peuvent-elles pas traverser simplement les frontières terrestres pour se rendre visite au lieu d'être obligées de parcourir des milliers de kilomètres par voie aérienne ou pire de prendre le risque d'une traversée clandestine? Notre association a déjà proposé à maintes reprises des solutions humanitaires comme l'octroi de laissez-passer, après recensement de ces familles, ou encore l'ouverture de ces frontières terrestres à dates fixes.

mardi 10 mars 2009

Lettre n°3

La saison des procès se poursuit. Les jeunes sont les cibles préférées de la justice
Gap-Carcassonne-Paris, 10 mars 2009

SOMMAIRE
Pleins feux sur : Khadija Ziane
10 lycéens incarcérés en attendant leur jugement le 17 mars
Fabriquer et faire exploser un pétard, sorte de mini-cocktail Molotov, n’est certes pas au programme du baccalauréat, mais de là à se trouver en prison en attendant le verdict le 17 mars – même un procès militaire pour le plus âgé ! -…alors qu’il doit exister des sanctions à caractère plus scolaire adaptés à des délits de bons élèves momentanément indisciplinés…
Verdicts iniques contre de jeunes étudiants de Marrakech qui ont manifesté contre l’agression meurtrière de Gaza , manifestation violemment réprimée qui a coûté la vie à un étudiant.
Le procès du « groupe de Zahra » des 18 étudiants de Marrakech, en prison depuis 9 mois, est encore reporté (au 19 mars 2009)
Les étudiants incarcérés de l’université de Fès entament une grève de la faim

Le procès des jeunes inculpés de Sidi Ifni, en prison depuis 8 mois, est ajourné au 9 avril

Khénifra, Beni Mellal, Ifrane : le combat des sinistrés
Une jeune Sahraouie fait l’objet d’un enlèvement et d’une tentative de viol à El Aayun


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