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jeudi 26 mars 2015

Communiqué du conseil d’Administration de l’ASDHOM à propos de l’attentat terroriste en Tunisie.

Le conseil d’administration de l’ASDHOM, tenu le jeudi 19 mars 2015, condamne avec force l’attaque terroriste qui s’est déroulée au musée Bardo à Tunis le mercredi 18 mars 2015.
L’ASDHOM présente ses condoléances aux familles des victimes tunisiennes et étrangères de toutes les nationalités et leur apportent  son soutien le plus total et souhaite un rapide rétablissement à tous les blessés.
Cette attaque des fanatiques vise à saboter avec le sang l’expérience de la transition démocratique en Tunisie et les efforts du peuple Tunisien pour construire une Tunisie libre, démocratique où règnent la liberté, la dignité, la tolérance, la démocratie et le vivre ensemble en paix.
L’ASDHOM salue le peuple tunisien et sa détermination dans la construction d’une Tunisie libre et démocratique.
Elle salue la décision du comité d’organisation du Forum Social Mondial (FSM) de maintenir le Forum et l’ensemble de ses activités à Tunis du 24 au 28 mars 2015.
L’ASDHOM annonce le maintien de sa participation au FSM avec toutes les associations amies de la Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains (CMODH) afin de contribuer à assurer la victoire de la lutte civile et pacifique contre le terrorisme et le fanatisme religieux qui menacent la démocratie, la liberté, la tolérance et le vivre ensemble.
Le Conseil d’Administration
Paris, le 19 mars 2015

vendredi 23 août 2013

L’EXCEPTION MAROCAINE : deux ans plus tard , mieux ou pire ?



L’EXCEPTION MAROCAINE (2): Tentative d’apagogie


Pourquoi avoir choisi ce titre, un raisonnement par l’absurde ou apagogie permet de répondre à une problématique n’admettant que deux réponses possibles. Vrai ou Faux. Ce qui nous évite de rentrer dans une sorte de sophisme intellectuel malveillant. Selon le dictionnaire Larousse, une exception est définie ainsi: Ce qui est hors de la loi commune, qui paraît unique ou encore, Personne qui ne ressemble à aucune autre, qui apparaît comme unique ou rare. En raisonnant par l’absurde donc, il suffirait de démontrer qu’il existe un autre pays qui soit mieux loti que nous, ou mieux encore qui nous ressemble, pour réfuter cette thèse assez répandue chez les détracteurs des mouvements populaires « 20 février en exemple ». Facile, il en existe tellement à travers le monde.
D’ailleurs, l’évocation de l’exception est une stratégie bien courante dans les pays soi-disant en voie de développement, une stratégie visant à contenir la grogne populaire, et à donner un semblant de suprématie vis-à-vis de ses semblables. Demandez aux Tunisiens, Libyens, Egyptiens et autres s’ils n’avaient pas droit au même discours.
Ayant dit cela, je vais quand même essayer de déployer un semblant d’argumentaire afin de contrecarrer cette aberration. En parlant d’exception, il est bien sous entendu que nous nous comparons à un ensemble de pays. Je suppose à priori que les pays de la région MENA (Meadle East & North Africa) constituent une base de comparaison valable, vu l’historique de colonisation commun, le rapprochement des dates d’indépendance et finalement la structure sociale.
Bien que le développement de toute nation puisse s’articuler sur plusieurs volets, il me semble intéressant d’axer mon analyse sur l’un d’entre eux qui me paraît être primordial, à savoir le volet Socio-économique. En effet, l’analyse est d’autant plus difficile qu’il s’agisse d’un pays d’ « exception » tel que le Maroc. Un pays ou l’interaction entre les multiples volets est rendue tellement absurde par l’absence de séparation de pouvoir qu’il fini par produire un modèle économique assez exceptionnel: une économie politique qui pullule. Un article de M. Reda Chraibi illustre déjà très bien les trois volets économique, social et politique de façon objective en présentant des indices et critères de classement validés par la communauté internationale. Je n’aurais pas pu faire mieux comme présentation, mais je vais essayer de présenter une autre vision se basant sur ledit volet.
Je vais me concentrer sur trois axes intéressants, et qui définissent le degré de progrès d’une nation : L’éducation, la santé et le niveau de vie. Ces trois axes sont en général englobés dans ce qu’on appelle l’Indice de Développement Humain (IDH). Aussi contestable soit-il, cet indice est une base de comparaison assez intéressante, le Maroc y est classé 130/182. D’ailleurs, en parlant de contestation, le Maroc est bien sur l’un des rares détracteurs de cet indice, en attendant qu’il nous développe un indice plus robuste (C’est une idée que je soumets au Haut Commissariat au Plan « HCP » de Mr Lahlimi, pourquoi ne pas mettre un chercheur sur le sujet pendant 3 ans ou le temps qu’il faut pour développer un indice plus robuste prenant en compte l’évolution dans le temps et autres variables intéressantes). En attendant, les chercheurs à Oxford (qui nous veulent du mal, bien sur) ont développé un modèle multidimensionnel de pauvreté qui se rajoute à l’IDH, et qui nous accable encore plus. On y trouve notre cher pays de l’exception entre le Djibouti et le Ghana avec 28,5 % de pauvres, et très loin derrière l’Egypte, la Jordanie, la Tunisie et autres pays de la même région. Le HCP nous avait présenté un taux de pauvreté de moins de 10 %, il va falloir nous expliquer la procédure adoptée. Analysons les facteurs qui contribuent le plus à la pauvreté au Maroc (Ou en anglais deprivation plus exactement, puisque cet indice part du principe que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel). On y trouve les deux autres facteurs associés, en l’occurrence, l’éducation et la santé qui contribuent à peu prés de 70 %.
Cliquer sur l’image pour agrandir le graphique
C’est évident, bien sur diront certains. Dans ce cas, que fait l’état pour pallier cette réalité bien connue ? Réponse, il construit un TGV au lieu de construire des Ecoles descentes, et des hôpitaux publics potables ou de promouvoir la recherche. Un TGV qui profitera encore aux mêmes personnes, mêmes tranches pour faire encore plus d’affaires et s’accaparer plus de richesses. Par la même, élargir le gap entre les classes sociales. Et c’est encore le contribuable Marocain qui remboursera des crédits à long terme (Avec toutes les contraintes imposées en terme de programmes d’ajustement structurels, de contraintes extérieures, etc…., je ne vais pas trop me disperser quand même sinon nous déborderont sur l’indépendance et autonomie des décisions économique au Maroc, les procédures d’attributions des marchés publiques, la subordination économique et le néocolonialisme).
Le graphe ci-dessus présente les dépenses publiques du Maroc en % du PIB dans les secteurs de la santé (secteur public) (Barres en vert) et de l’éducation (courbe en rouge). Stagnation et décadence sont les mots d’ordre. Where is El Mandjra et ses idées sur la valeur de la connaissance, ou en sommes nous de ses visions qui ont profité à d’autres alors qu’on vocifère encore dans notre coin. Certains me diront que les données ne sont pas complètes ou que la méthode a des lacunes (comme toute méthode), mais jusqu’à présent tous les indices convergent vers les mêmes conclusions, à savoir, une négligence des politiques sociales y compris en matière d’éducation, de santé et de promotion sociale au profit de projets économiques, certes utiles, mais non durables à mon avis.
Cette vision de croissance économique me semble erronée et non durable pour deux raisons :
1-      Politique visant le court terme, et surtout basée sur les investissements étrangers, le tourisme, etc, donc un système de subordination économique avéré.
2-     Négligence de l’aspect humain (et ce n’est pas l’INDH qui va nous contredire, car jusqu’à présent cette initiative est un flop total qui a encore profité aux mêmes) et absence de politique visant une vraie production industrielle et intellectuelle.
Il est primordial de rappeler ici que c’est un long débat sur les modèles de développement social. Devrait-on privilégier une croissance économique qui tirera vers le haut le développement social, ou bien privilégier les projets d’ordre social avec tout ce que cela inclut en termes de restructuration de l’éducation, réformes en matière de santé, environnement, habitat et vivre ensemble afin de recréer une société viable, enthousiaste et capable de produire de la richesse (qu’elle soit substantielle ou intellectuelle), et ainsi tirer la croissance économique vers le haut.
Certes, ce dernier modèle prends plus de temps et est surtout un modèle durable à long terme, mais il est à mon avis le plus valable pour plusieurs raisons. Les couts intangibles en matière de manque d’éducation, de santé et d’habitat digne sont aujourd’hui quantifiables et il s’avère qu’ils sont énormes en termes de perte de productivité, perte d’années de vie au travail, de quotient intellectuel, etc….En conséquence, pertes économiques.
Je donne un simple exemple pour illustrer. Il est aujourd’hui établi que les conditions de vie (habitat, exposition environnementale, etc….) affectent durablement le devenir de la personne, notamment en termes de perte de productivité. Une perte d’un point en termes de quotient intellectuel à l’enfance, coute à la nation entre 520 000 et 881 000 dollars (Korfmacher, 1999) aux USA. Ce chiffre résume juste l’apport de l’exposition environnementale (surtout relative à l’exposition au plomb dans les logements). Si on y rajoute les autres effets sur les comportements violents, la criminalité (Wright, 2009) et autres. On se retrouve avec des couts exorbitants sur l’économie du pays. Avec les couts de la non éducation, ca devient insupportable pour n’importe quelle nation. Ceci est un petit exemple d’illustration, on pourrait raisonner de la même manière sur d’autres domaines. Donc les petits calculs à court terme nous mènent droit vers le mur.
Une politique sociale digne, avec une éducation restructurée, une feuille de route sur le logement social et non économique feront le plus grand bien à ce pays. En tout cas surement beaucoup plus que les politiques bétonnières adoptée. Je reprends une phrase de l’article de Mr. Réda Chraibi : « le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à la quantité de béton coulé ».
Une vision globale, où l’humain est au centre de la croissance, où le Marocain se développe tout en développant, où tous le monde trouvera son compte est la clé d’une croissance durable, viable et solidaire. Une vision citoyenne choisie par le Marocain et non imposée par des intérêts individuels.
Pour en finir avec l’exception marocaine. Au-delà du fait que nous ne sommes pas une exception (on est loin derrière beaucoup de pays de la région MENA), je rêve de nous voir, nous Marocains élever le seuil de nos comparaisons à l’échelle des meilleures nations. Qu’ont-ils de plus que nous les Suédois, Britanniques ou Danois. Otons de nous ces réflexions racistes. En PLUS, ON a 1200 ANS D’HISTOIRE. WAW
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mercredi 19 janvier 2011

La révolution en Tunisie, source d'inspiration pour la Méditerranée

Pour sa liberté et sa dignité, le peuple tunisien s'est soulevé. Oui, de telles insurrections sont encore possibles aujourd'hui. Elles sont nécessaires. Elles sont prometteuses. Mais elles sont menacées, car elles remettent en cause de puissants intérêts locaux et les structures d'un ordre international établi qui les redoute et travaille d'emblée à les écraser ou à les dévoyer. Elles ont besoin d'unité, de détermination, de lucidité et de solidarité.
Après vingt-trois années de "passivité" apparente, en quelques jours de lutte héroïque et intelligente, sans peur de la répression, sans inflation idéologique, les citoyens et citoyennes de Tunisie - chômeurs avec ou sans diplômes, ouvriers, étudiants, professeurs, avocats, fonctionnaires, commerçants, soldats - ont abattu une dictature brutale et corrompue, ruineuse pour leur pays et honteuse pour leur terre de civilisation ancienne, qui se maintenait au pouvoir en bénéficiant du soutien des organismes financiers, des États et des alliances militaires de la région, des experts de la "gouvernance" mondiale.
Cette révolution – car c'en est une – ouvre des perspectives nouvelles, profondément encourageantes pour le peuple tunisien, qui peut maintenant redevenir maître de son sort, restaurer les libertés individuelles et syndicales, régénérer les institutions démocratiques, recouvrer les biens volés ou accaparés par le clan présidentiel, s'attaquer au clientélisme, mobiliser les ressources du pays au service du développement et de la lutte contre la pauvreté.
Elle est une source d'inspiration pour les voisins qui, à des titres divers, affrontent des problèmes comparables, que ce soit au sud ou au nord de la Méditerranée. Elle contribue à créer les conditions d'un nouveau régime de relations internationales, incluant la gestion commune des problèmes de migrations, de sécurité, de coopération économique et culturelle, et associant sur un pied d'égalité des peuples souverains, éclairés, épris de justice et de progrès.
TRANSITION DÉMOCRATIQUE
Mais trois conditions au moins sont requises pour que de telles perspectives se concrétisent. Ne nous cachons pas qu'elles n'ont rien de garanti.
- La première, c'est que les Tunisiens ne voient pas leur insurrection réprimée ou dévoyée par les représentants du système à qui le dictateur en fuite a transmis les instruments du pouvoir, et qui pourraient prendre prétexte de "l'anarchie" – au besoin, la provoquer – pour interrompre la transition démocratique. Il faut que se lèvent au sein du peuple les dirigeants à qui il pourra faire confiance pour la difficile navigation qui s'annonce.
- La deuxième, c'est qu'elle ne soit pas étranglée de l'extérieur par des pressions militaires, politiques et économiques conjointes. Déjà, des agences d'évaluation annoncent la dégradation de la note tunisienne sur les marchés financiers, et des voix s'élèvent pour signaler les risques qu'un changement de régime en Tunisie ferait courir au "front antiterroriste".
- La troisième, donc, c'est que les opinions publiques et les gouvernements du monde, et notamment ceux du pourtour méditerranéen et de l'Union européenne, expriment clairement leur soutien à la transition démocratique en cours et en fassent aussi leur cause.
Nous les appelons à s'engager résolument dans cette voie, en même temps que nous formons des vœux ardents pour la réussite du changement qui vient de commencer à Tunis.
Tewfik Allal, syndicaliste, Etienne Balibar, professeur émérite de l'université Paris-X-Nanterre, Fethi Benslama, psychanalyste, Faouzia Charfi, professeur à la faculté des sciences de Tunis, Khadjia Chérif, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Luciana Castellina, cofondatrice d'Il Manifesto, François Gèze, éditeur, Mohammed Harbi, historien, Abdellatif Laabi, écrivain, Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et essayiste, Giacomo Marramao, philosophe, Edgar Morin, Josep Ramoneda, politologue, Rossana Rossanda, cofondatrice d'Il Manifesto, Rajae Aboulaïch, Didier Arnal, Eliane Becache, Amel Ben Abda, Hazem Ben Aïssa, Esther Benbassa, Zohra Ben Lakhdar-Akrout, Fethi Benslama, Rudolf Bkouche, Sadok Ben Rejeb, Noureddine Boudriga, Alice Cherki, Mabrouk Daldoul, Abdellatif Elbadia, Nilufer Gole, Andreas Griewank, Pierre Guenancia, Tuong Ha-Duong, Salah Horchani, Mohammed Jaoua, Jean-Pierre Kahane, Juliette Leblond, Martine Léonard, Bernard Maitte, Mohammed Masmoudi, Benoît Millot, Bernard Quinnez, Mohammed Sifi, Khaoula Taleb-Ibrahimi, Michel Waldschmitt, Mourad Zeraï.