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mercredi 10 septembre 2014

HRW : Au Maroc, l’équité des procès reste hors de portée ...selon la coutume


Abdeslam Loumadi (Photo HRW)
Abdeslam Loumadi (Photo HRW)

Un tribunal ferme les yeux sur des allégations de torture.

Le Maroc devrait agir pour les activistes politiques emprisonnés à la suite de procès inéquitables, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans une lettre adressée au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. Le gouvernement devrait s’attaquer au problème de l’inéquité des procès de civils menés par des tribunaux militaires ou civils, tout en continuant de s’engager dans des réformes visant à mettre un terme à la compétence des tribunaux militaires à l’égard de civils.
Human Rights Watch a notamment cité le cas d’Abdeslam Loumadi, un Sahraoui de Laâyoune, qui a été jugé par un tribunal civil. Le tribunal n’a pas enquêté sur les allégations de Loumadi, selon lesquelles il aurait été torturé par des policiers pendant son interrogatoire. Le tribunal l’a ensuite condamné sur la base d’une déposition à la police qu’il avait dénoncée comme fausse, et qu’il affirmait ne pas avoir signée. Cette affaire est typique d’un système qui voit les tribunaux condamner des accusés en s’appuyant sur des preuves qui pourraient avoir été obtenues sous la torture ou les mauvais traitements.
« Il est réjouissant de constater le Maroc semble prêt à mettre fin à la compétence des tribunaux militaires à l’égard des personnes civiles », a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Mais qu’ils soient militaires ou civils, les tribunaux ne peuvent pas rendre justice s’ils ferment les yeux sur les allégations indiquant que les aveux de certains accusés ont été extorqués sous la torture. »
Un deuxième exemple est celui de 21 autres Sahraouis – parmi lesquels des défenseurs des droits humains – qui purgent actuellement de longues peines de prison pour leur rôle présumé dans le meurtre de membres des forces de sécurité, alors que celles-ci démantelaient un camp de protestataires érigé à Gdeim Izik, au sein du territoire contesté du Sahara occidental. Un tribunal militaire les a condamnés en 2013 sur la base d’ « aveux » préliminaires à la police, pourtant contestés, et alors qu’aucune enquête sérieuse n’avait été menée sur leurs allégations d’actes de torture.
Le 23 juillet 2014, la Chambre des représentants (chambre basse) du Parlement marocain a adopté à l’unanimité une série de réformes du code de la justice militaire. Ces réformes doivent encore être approuvées par la Chambre des conseillers (chambre haute), pour avoir force de droit.
Parmi les dispositions du Code de procédure pénale qui nuisent aux droits des accusés dans les tribunaux civils figure l’article 290, qui autorise les tribunaux, dans les affaires concernant des infractions punies par des peines inférieures à cinq ans de prison, à présumer fiables les dépositions préparées par la police judiciaire, à moins que l’accusé ne puisse prouver le contraire.
En juillet, la Cour d’appel de Laâyoune a confirmé la condamnation d’Abdeslam Loumadi, qui avait participé régulièrement à des tentatives de manifestations pour l’auto-détermination du Sahara occidental, en dépit de l’interdiction de tels rassemblements publics. Les charges retenues contre Loumadi incluent entre autres la participation à un « rassemblement armé », et l’agression d’agents de police.
Human Rights Watch a pressé les autorités marocaines d’annuler les verdicts dans ces deux affaires, ou d’autoriser l’ouverture de nouveaux procès au civil. Dans le cadre de ces nouveaux procès, aucune déposition contestée faite à la police ne devrait pouvoir être admise comme preuve, tant que le tribunal n’aura pas enquêté de façon approfondie sur toute allégation d’actes de torture ou de falsification formulée par les accusés.
HRW
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lundi 1 septembre 2014

Le Maroc en "confrontation réelle et inédite" avec la communauté internationale

lundi 01 septembre 2014 13:35:13

Le président Mohamed Abdelaziz : Le Maroc en "confrontation réelle et inédite" avec la communauté internationale

D.R
Le Maroc se trouve aujourd'hui "en confrontation réelle et inédite avec la communauté internationale", une confrontation qui risque de s'aggraver s'il venait à s'opposer à la visite prévue de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross dans la région, a affirmé le président sahraoui Mohamed Abdelaziz.


"Le Maroc se trouve en confrontation réelle avec la communauté internationale, car il s'oppose aux efforts de M. Ross, se refuse au respect des droits de l'homme et continue à spolier les richesses naturelles du Sahara Occidental tout en interdisant aux observateurs internationaux l'accès aux territoires sahraouis occupés et en organisant dans ses tribunaux militaires des procès sommaires  dont sont victimes des citoyens innocents", a souligné M. Abdelaziz dans un entretien accordé à l'APS en marge des travaux du 2e congrès de l'Union des étudiants de Seguia El Hamra et de Rio de Oro tenu dans les camps des réfugiés sahraouis à Aousserd.        
Le Maroc "se trouve pour la première fois en confrontation directe avec l'ensemble de la communauté internationale, en raison de sa position d'occupant despotique contraire à la Légalité internationale", a-t-il dit. "Nous sommes dans l'expectative de la réponse du Royaume du Maroc concernant la visite de M. Ross prévue en septembre. Visiblement, il est des atermoiements qui visent comme à l'accoutumée à empêcher cette visite", a-t-il estimé. "Le rejet de cette visite placerait le Maroc dans une position de confrontation réelle et inédite avec l'ensemble de la communauté internationale, traduisant  ainsi son intention de continuer à faire fi de la Légalité internationale, d'autant que M. Ross est appelé à élaborer un rapport final à soumettre au Conseil de sécurité, avant la tenue en octobre de sa réunion consacrée à la question sahraouie", a-t-il ajouté.
Face à une telle situation, "il est temps pour l'ONU d'exercer de véritables pressions, palpables et concrètes, sur le gouvernement marocain pour l'amener  à se conformer au Droit international et à organiser un referendum libre et démocratique pour l'autodétermination du peuple sahraoui", a affirmé M. Abdelaziz.                    

Que cache l'état d'urgence de l'armée marocaine?            
Par ailleurs, le président sahraoui s'est dit étonné par la décision du Maroc de placer son armée en état d'urgence, particulièrement dans les territoires sahraouis occupés."S'agit-il là d'une volonté du Maroc de mener des agressions barbares contre les territoires libérés de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) parallèlement à son rejet du rôle de la MINURSO?, ou plutôt d'une tentative  de se placer en cible potentielle d'actes terroristes afin de s'ériger en front  de défense que l'Occident doit soutenir?", s'est interrogé le président sahraoui.        
Pour M. Abdelaziz, "il est une manoœuvre dont on ne connaît pas encore la cible, d'autant que le régime marocain n'a pas fourni d'explications sur les raisons qui l'ont poussé à placer son armée en état d'urgence depuis près de deux semaines".       
 Par ailleurs, le président sahraoui a souligné l'apport du Front Polisario dans "la préservation de la sécurité dans la région du Sahel", exprimant "la disponibilité" du Polisario à œuvrer pour le rétablissement de la paix et de la sécurité dans cette région.  A cet effet, il a rappelé que le Front Polisario œuvrait dans ce cadre, en coordination avec l'Union africaine (UA) dont il est membre, et ce, "conformément à la stratégie sécuritaire établie", précisant que "la région du Sahel est confrontée à un danger réel du fait du trafic de drogue auquel s'adonne le Maroc par le truchement de bandes de criminels". 

 http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/65099