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lundi 29 décembre 2014

Le plan HADAR au Maroc : Témoignage de l’épouse d’un Français innocent arrêté pour terrorisme au Maroc



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Récemment mariée, j’ai rejoint mon époux au Maroc. Il avait créé son entreprise et nous voulions tenter une nouvelle vie, dans un nouveau pays. Nous étions bien ensemble, je m’adaptais plus ou moins au Maroc mais lui était là depuis quelques années déjà et il m’aidait à découvrir de quoi me plaire ici : les balades, les mosquées, les gens chaleureux.

Fin octobre 2014 marque le début du calvaire. Une dizaine de policiers en civil sont entrés chez nous. Ils ont fouillé calmement l’appartement et emporté tout notre matériel informatique ainsi que des livres des plus communs dans le monde musulman: le dogme du croyant, les histoires des prophètes, etc. 
Ils ne nous ont pas informé du motif d’arrestation, c’était une décision du Procureur. Malgré nos recherches incessantes, personne ne nous dira les raisons de l’arrestation et ce ne sera que dans les médias que nous apprendrons, dès le lendemain, que mon mari aurait prêté allégeance à daesh et qu’il voulait partir combattre là-bas… C’est pourtant le contraire, mon mari désapprouve totalement ce qu’il se passe en Syrie.
Etranger au Maroc, barbu et priant régulièrement à la mosquée, mon mari se savait surveillé mais il n’a jamais eu aucun problème, répondant aux questions des policiers: il a en effet une vie simple, des idées sages. Certes, le Maroc reconnait l’islam comme religion, mais ici comme en France, politique et religion coexistent difficilement. 
J’ai demandé à celui qui me semblait être le commissaire comment pourrais-je avoir des nouvelles de mon mari car il est ma seule famille ici ; il m’a alors laissé l’adresse où il sera emmené le soir même: la police judiciaire de Casablanca. Bouleversée, j’ai appelé la seule amie que je connaisse ici dans cette ville. Elle est française comme moi et la police est chez son époux en ce moment même ! Elle ne s’inquiétait pas et pensait que ce n’était qu’une formalité car de toute façon, il n’avait rien à se reprocher. Son époux venait d’ailleurs de commencer son premier jour de travail dans une grosse société.
A 23h, le commissaire m’a appelé et m’a dit que je pourrais prendre des nouvelles via ce numéro. Chaque jour j’appellerais, essayant de comprendre ce qu’il se passe et d’avoir enfin droit à une explication officielle de ce qu’ils font avec mon époux. La nuit fut difficile, seule dans cet appartement froid et encore peu familier… La nuit suivante, je dormirais chez mon amie, avec ses trois enfants : les enfants dorment dans la chambre de maman et ils me prêtent la leur. Ce sera comme cela pour tous les jours suivants, jusqu’à ce que je déménage et rende notre appartement. Cette situation ne va pas se résoudre tout-de-suite, nous l’avions rapidement compris…

samedi 25 mai 2013

Un prisonnier politique sahraoui meurt après avoir subi une injection de produit toxique


par , 23/5/2013

Abdul Malik Abdul Samad
Les familles du citoyen sahraoui Abdul Malik Abdul Samad, confirment que dans l’administration pénitentiaire de Salé 1, on a administré à celui-ci une injection toxique, et après cela les complications se sont déclenchées chez lui, sa santé a commencé à détériorer et on l’a transféré à la prison d’Ait Melloul.
L’état du détenu a commencé à se détériorer dramatiquement à partir du 13 avril 2012, ce qui a obligé à être transféré à l’hôpital, où les analyses et les médecins ont confirmé la présence de VIH, de cancer et de tuberculose entre d’autres maladies de considération.
La famille fait un appel à l’Etat marocain, pour qu’il révèle la cause de la séquestration et la détention d’Abdoul Malik Abdoul Samad, ainsi que son postérieur décès, et exige une autopsie médicale. Egalement elle fait un appel aux organisations internationales des droits de l’homme pour qu’elles commencent une enquête exhaustive du cas.
Source: www.radiomaizirat.comcolectivosaharaui1975.blogspot.com.ar
 

http://www.wshrw.org/fr/admnistracion-de-sustancia-quimica-toxica-mata-a-un-preso-politico-saharaui-en-la-carcel-de-sale-1/

mercredi 10 octobre 2012

Au Maroc, l'opinion politique devient crime, libération de tous les prisonniers d'opinion sahraouis

10/10/2012 
Le tribunal militaire de Rabat a fixé au 24 octobre 2012 à 9h, le début du procès contre les 24 Sahraouis arrêtés pendant et après le démantèlement du Camp de Gdeim Izik.

 

Une première audience avait été décidée le 13 janvier et reportée sans explication.
Ce procès directement piloté par le roi et ses proches conseillers aura-t-il lieu?
L'acte d'accusation, additionne les accusations sans preuve comme "appartenance à une armée", "utilisation de la violence ayant causé la mort de 12 agents des forces de sécurité", "atteinte à la sécurité intérieure du Maroc" alors que la nouvelle Constitution marocaine prévoyait de supprimer les tribunaux d'exception!
L'exemplaire état de droit marocain prend l'eau de toutes parts! ses juges manifestent pour une réelle indépendance, les rapports, dénonçant la situation faite aux Sahraouis depuis 37 ans, gagnent en visibilité, jusqu'au rapport 2011 sur les droits de l'homme, du Département d'état américain! (voir newsletter n°37)
En France la Ligue des Droits de l'homme exprime, dans un communiqué, ce 3 octobre "sa vive inquiétude" :" Le Maroc doit cesser de poursuivre les militants opposés à sa politique au Sahara occidental. La LDH exprime sa vive inquiétude face à la multiplication des procès intentés à des opposants politiques qui réclament l'indépendance du Sahara occidental. Cette revendication n'a pas à être criminalisée, sauf à transformer une opinion politique en crime./.. La LDH dénonce ces procès devant une juridiction qui n'offre aucune garantie d'équité et d'indépendance./.."
Naama Asfari, un des prisonniers de Salé, en détention depuis 22 mois, lance pour lui et ses compagnons un appel !
Juan Mendez, ce 19 septembre 2012, rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, a déclaré aux familles de prisonniers marocains: - il n'existe pas de droit qui autorise un Etat à juger des personnes sur la base de procès-verbaux obtenus sous la menace et la torture. Alors demain je lui dirai, pourquoi poursuivre une personne sur des évènements qui ont eu lieu le lendemain de son arrestation? la détention arbitraire et les tortures que nous vivons depuis 22 mois n'ont-elles pas d'autre but que de nous briser? Je lance un appel pour mener un campagne contre la tenue de notre procès devant un tribunal militaire auprès de tous les citoyens attachés au respect des droits de l'homme et à la dignité humaine !
Si le procès se tient, nombreux seront les observateurs étrangers, nombreuses seront les associations des droits de l'homme, sahraouies, marocaines, européennes pour aux côtés des prisonniers sahraouis exiger l'application du droit et leur libération. Une pétition pour leur libération est dès à présent en route.

Voici le lien pour signer la pétition en faveur des 22 prisonniers du groupe "Gdeim Izik" dont le procès aura lieu le 24 Octobre à Rabat. http://www.avaaz.org/en/petition/For_Saharawi_activists_to_be_released_in_the_absence_of_a_fair_and_transparent_trial/?cMtOzdb
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

il y a deux ans, Gdeim Izik

jeudi 6 janvier 2011

La prison de Salé une prison ou un camp de concentration?

Par Laura Gallego, SaharaDoc, 6/1/2011
Décharge électrique, viol avec des bâtons, simulation de noyade, coups, insultes, manque de soins médicaux : la chaîne d’atrocités est typique d’un camp de concentration nazi. Mais selon les avocats des 19 prisonniers sahraouis en attente d’un procès militaires, c’est ce qu’ils ont souffert dans leurs chairs, lorsqu’ils ont été arrêtés pour leur relation, d’une façon ou d’une autre, avec le camp de Gdeim Izik. Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme, CODESA, demande l’ouverture d’une enquête sur toutes les violations et l’arrêt des procès militaires.
« On m’a attaché un bâton dans le dos, les bras ouverts et j’ai été suspendu au plafond. Vous pouvez également être brûlé avec des cigarettes, ou ils te mettent des bouteilles de Coca-Cola dans l’anus. » Les avocats Basil Hammad et Arguibe La Habieb, appartenant à l’Ordre d’Agadir, sont sortis de la prison de Salé avec des explications comme celles-ci sous le bras. Leurs clients demeurent emprisonné dans cette prison, en attendant le rétablissement d’une date pour l’audience devant un juge de la Cour militaire de Rabat.
Selon le CODESA, les détenus ont subi systématiquement différents types de torture et de violations des droits humains par la police, à la fois lors de leur arrestation et pendant leur détention sous la responsabilité de la Direction générale des prisons.
Le récit des avocats est effrayant : « Mohamed Embachir, arrêté le 19 novembre, est resté au poste de police à El Aaiun les yeux bandés, menotté et nu, avant d’être emmené au poste de police. Au cours des interrogatoires, il a été violé avec un objet métallique introduit dans son rectum, il a subi des chocs électriques, en particulier dans les ongles et les pieds, le tout accompagné par des insultes, de privation de sommeil et de nourriture. Les avocats affirment qu’à cause du viol, Embachir continue à saigner abondamment. «
Lekhfaoini Abdallah, membre du comité de négociation du camp a perdu connaissance pendant les interrogatoires ; Zaoui Elhoucein, également de la Commission, a du mal à garder l’équilibre et reste muet à la suite des tortures ; Abdallah Toubali avait « des marques visibles dans tout le corps, en particulier dans la tête » ; Dah Hassan, qui développent des complications graves dans tout le corps à cause des atrocités subies a été accusé par des agents des services secrets marocains « d’être le correspondant de la radio et de la télévision du Front Polisario, la personne qui les a informés sur le camp Gdeim Izik » où il n’a jamais mis les pieds ; Daish Daf, Mohammed Al-Ayoubi, Abdeljalil Laaroussi, Mohamed Bourial, Banga Cheikh Mohammed Bani, Taki Elmachdoufi, Sidi Abdallah, tous ont fait état de pratiques similaires.
Ennaama Asfari, licencié en droit international public et président du Comité pour la défense des droits de l’homme au Sahara occidental, basé en France, n’a pas subi, apparemment, la torture, mais des mauvais traitements depuis son arrestation le même jour que le démantèlement du camp. De même que Sbai Ahmed, Mohamed Tahlil, Bachir Khaddad, et Mohamed Abdel Rahman Lamin, dont l’arrestation, de l’avis des activistes sahraouis, peut être dûe à la réunion du 20 Novembre prévue avec deux médecins de Belgique, Marie-Jeanne Wuidar et Ann Collier, qui avaient voyagé à El Aaiun pour visiter quelques-unes des victimes de la répression. Toutes les deux ont été expulsées du territoire et Lamin a été arrêté.
Ce que le CODESA tient à souligner est que tous, d’une manière ou d’une autre, ont été soumis à des mauvais traitements, tortures et viols dans les locaux de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). La plupart ont été arrêtés par des paramilitaires armés et masqués, puis tous ont été contraints de signer ou de mettre leur empreinte sur les rapports de police judiciaire .« les yeux bandés on ne peut pas lire, voir ou entendre ce qu’ils ont dit ». La majorité comparaissaient nus et gravement blessés devant le procureur général de la Cour d’appel d’El Aaiun ou le juge de la Cour militaire de Rabat, et continuent à subir les effets de ce qu’ils ont souffert sans recevoir de soins médicaux en prison.
En prison, les choses ne s’améliorent pas, bien sûr. En plus de ne pas recevoir de soins, les autorités, selon la plainte déposée par l’avocat de la défense, violent toutes les règles sur le droit des prisonniers, sur la propriété des effets personnels, des dossiers,  sur l’isolement ou les visites.
En plus d’une enquête sur les tortures, le CODESA appelle à ce que ses auteurs soient poursuivis et à l’arrêt des procès militaires des civils.
GuinGuinBali
http://saharadoc.wordpress.com/2011/01/06/la-prison-de-sale-ou-un-camps-de-concentration/