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dimanche 13 décembre 2015

Au Maroc, Mohammed VI, candidat à la COP 22, appelle à prier pour la pluie



Lors d'une prière pour la pluie, l'Istisqa, à Rabat, sous le règne de Hassan II.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/12/11/768x0/4829547_6_554b_lors-d-une-priere-pour-la-pluie-l-istisqa-a_9881b8286e4b20da3867bf28037141c3.jpg

Le roi du Maroc s’intéresse aux questions climatiques. Et pas seulement à la COP21. Ce vendredi 11 décembre, toutes les mosquées du royaume accomplissent la prière de l’Istisqa pour conjurer la sécheresse.

En avril 2013, en pleine tempête Cahuzac, François Hollande effectuait une visite d’Etat au Maroc. Devant la communauté française de Casablanca, il se livrait à son exercice favori, l’autodérision : « Je viens, il pleut. Je perpétue donc là aussi une tradition. Tout à l’heure, un membre de la famille royale  je ne dirai pas lequel  m’a dit qu’il y avait une formule de Lyautey selon laquelle gouverner, c’était pleuvoir. » L’hôte de Mohammed VI semblait découvrir cet adage attribué au maréchal, résident général du protectorat français au Maroc de 1912 à 1925. Ce qui n’avait pas manqué d’agacer certains officiels marocains, convaincus que ce président, décidément, manquait de culture marocaine.
Un siècle après Lyautey, la pluie demeure une donnée première de l’agenda politique du royaume chérifien. Par définition capricieuse et résistante aux outils d’une gestion rationnelle du pouvoir, la pluie continue donc de rythmer la vie des ruraux. Et dans une économie restée dépendante de l’agriculture (environ 15 % du PIB), elle est une préoccupation constante du palais. Mohammed VI vient d’en donner une preuve supplémentaire, en convoquant pour ce jour, depuis Abou Dhabi où il effectue une visite privée, la Salat Al-Istisqa, la prière rogatoire pour la pluie.

Ensemencement des nuages

Dans un ouvrage emblématique de la littérature coloniale, préfacé par le maréchal Lyautey, Essai de folklore marocain : croyances et traditions populaires (1926), la doctoresse Françoise Légey rapportait ainsi ses impressions : « La grande prière de l’Istisqa, du verbeska [il a arrosé], est une prière pour la pluie qui est prescrite par le sultan, quand le manque de pluie est une vraie calamité publique. Pour participer à la prière, il faut être en état de pureté et jeûner le jour où elle doit être dite. Il faut être pieds et tête nus, dans l’attitude des suppliants. (…) Quand la prière est terminée, tous les fidèles doivent retourner leur djellaba à l’envers, pour bien indiquer au ciel que le temps doit tourner. »
La prière est donc prévue à la dixième heure de ce 29e jour du mois de safar de l’an 1437 du calendrier de l’Hégire, « dans toutes les régions, provinces et préfectures du Royaume, sur ordre de Sa Majesté le roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine », précise un communiqué du ministère des habous et des affaires islamiques. Le ministère, chargé de relayer l’appel à la prière dans toutes les mosquées du royaume, se réfère explicitement à une tradition prophétique et cite un verset coranique « Et c’est Lui [Dieu] qui fait descendre la pluie après qu’on en a désespéré, et répand Sa miséricorde ».
Pour conjurer la sécheresse, Hassan II – le père de Mohammed VI – avait aussi lancé, dans les années 1980, un programme d’ensemencement des nuages baptisé « Al-Ghaït » (la pluie) mobilisant les forces armées royales de l’air et la coopération bilatérale américaine afin de « provoquer ». Mais le recours à cette technologie avancée ne prive pas le « commandeur des croyants » d’en appeler à Dieu pour les mêmes fins. « Une majorité de Marocains croit aux vertus de la prière, même s’ils regardent aussi avec attention les bulletins météorologiques à la télévision », avance le politologue marocain Mohammed Tozy.
Pour l’auteur de Monarchie et islam politique (Presses de Sciences Po, 1999), l’appel à la miséricorde divine fait partie de « la panoplie du commandeur des croyants », le titre de guide religieux revendiqué par le roi du Maroc depuis Hassan II. Quand la prière est suivie de la pluie, la baraka du roi, chérif, descendant du prophète est réaffirmée. « Mais, souligne Tozy, la prière rogatoire n’est pas assortie d’une obligation de résultat. Si la pluie ne survient pas, c’est que la communauté n’a pas expié tous ses péchés. » En janvier 2012, à peine son cabinet installé, le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane avait participé, avec ferveur et force larmes, à une précédente prière de l’Istisqa.

« Concurrence dans le champ religieux »

A longueur d’interviews, Benkirane explique, depuis, que son équipe est bénie de Dieu. Mais, après une succession de bonnes campagnes agricoles, le royaume enregistre actuellement un déficit pluviométrique sévère, qui inquiète particulièrement dans les régions céréalières. Les cultures du blé tendre, de l’orge et du blé dur sont le baromètre de l’agriculture, elles ont aussi un impact immédiat sur la balance commerciale du Maroc. En 2014, la récolte avait culminé à 115 millions de quintaux, un record qui n’avait pas empêché le Maroc de devoir importer massivement des céréales, notamment du maïs et du blé. Pour la campagne en cours, les professionnels anticipent déjà une récolte, au mieux, moyenne.
« Oui, la prière rogatoire obéit à une croyance populaire, largement partagée, confirme l’historien marocain Mohammed Ennaji (Le Sujet et le mamelouk, Mille et une nuits, 2007). La spécificité marocaine réside dans l’usage politique est symbolique qu’en fait la monarchie. » Ces derniers temps, l’Istisqa a été accomplie en Arabie saoudite ou en Indonésie. « Au Maroc, précise Ennaji, la pratique n’est pas autonome. Elle est initiée par le pouvoir, dans le cadre d’une concurrence dans le champ religieux entre la monarchie et les islamistes. »
Par-delà la superstition, il s’agit donc d’une question politique, puisque la monarchie n’entend pas céder le monopole de la tradition aux islamistes. « La même logique est à l’œuvre lors du ramadan, ajoute Ennaji. Alors que les calculs astronomiques permettent dedéterminer avec certitude le début du mois sacré, le pouvoir privilégie encore l’observation à l’œil nu du croissant. » Pour Tozy, « la prière rogatoire est un atour de l’islam populaire marocain. Dans ce registre, le pouvoir n’abandonne rien ».

vendredi 14 novembre 2014

Hercule et le petit faiseur de pluie

allal


A l’extrême Nord-Ouest de l’Afrique, au pays des «Grottes d’Hercule» où réalité et mythologie s’entremêlent bien volontiers, c’est un misérable qui a joué, le 4 novembre 2014,  le treizième acte improbable des Travaux d’Hercule qu’on aurait pu intituler « Hercule et les Égouts d’Al Massira », cependant qu’un petit prince, agissant sur ordre, allait s’improviser, le vendredi suivant,  faiseur de pluie.
Au quartier « Al Massira », ainsi appelé en souvenir de la fameuse Marche verte, lancée en novembre 1975, par Hassan II,  pour récupérer le Sahara occidental, alors que la marche n’en finit plus de verdir et de triompher dans les discours officiels, les constructions n’en finissent plus de vieillir de cette obsolescence précoce, dont notre pays a le secret. Le tout-à-l’égout est à l’avenant : Sous-dimensionné, surchargé, pollué et encombré. Alors lorsque l’inondation a frappé son quartier, ce mardi-là, le sang de Mustapha Semlali, Alias «Allal» n’a fait qu’un tour, face à l’ampleur du désastre. Débarrassé de son chemisier hawaïen de seconde main, muscles saillants, cage thoracique en porte-à-faux et posture conquérante, le héros d’un jour semblait marcher sur l’eau, n’hésitant pas à plonger, dans la boue des eaux usées de son quartier, pour curer quelques regards des déchets  hétéroclites qui les obstruaient, sous les yeux éberlués d’une foule en délire.
Il y avait quelque chose d’Hercule en Allal, pourrait-on chanter. Physique noueux, acharnement du sort, domicile familial abandonné, nom d’emprunt et, in fine, l’immortalité avec ces quelques minutes d’une vidéo qui a fait le tour du monde.
Mais au pays du Couchant, c’est bien connu, il ne peut y avoir d’autre héros que le tyran, ce dernier détestant qu’on lui fasse de l’ombre. Alors, un vulgaire préposé au chauffage d’un hammam bâti comme un athlète et qui joue les empêcheurs d’inonder en rond, vous pensez bien ! Son exploit à peine accompli, l’égoutier improvisé, subissait un interrogatoire serré et une visite inquisitoire à son misérable et sombre une-pièce, histoire de s’assurer que l’homme n’allait pas se transformer en leader révolutionnaire rassembleur de foules. Rassurés par la misère, le discours simpliste, les louanges et les vivats de notre héros pour le roi  et son chef du gouvernement, les sécuritaires avaient battu en retraite, cependant qu’une rumeur, savamment distillée, laissait entendre que l’homme avait agi sous le coup de quelques substances illicites.  Allal, lui, se répandait en interviews où il promettait de damer, à lui tout seul,  le pion à tous les ouvriers de la Redal, et tous ceux que l’on voudra, si « on » faisait appel au savoir-faire, dont il venait de faire la démonstration.
prière rogatoire
En ce début novembre, ce sont donc les averses qui ravissent la vedette. Abondantes et dévastatrices. La direction de la météorologie avait émis, dès dimanche,  un avis de tempête, avec « averses parfois orageuses et souvent accompagnées de vents forts dans plusieurs régions du nord, du centre et de l’est du pays. ». Des coups de tabac impressionnants, aux conséquences parfois incalculables, particulièrement dans les campagnes profondes, où les oueds peuvent, en quelques minutes, passer de la configuration de rus à celle de torrents impétueux aux accès de colère qui broient  tout sur leur passage, n’épargnant ni les biens, ni le vivant.
L’histoire aurait pu s’en tenir là, si, guère impressionné par ces alertes, le Palais ne s’était fourvoyé à organiser le vendredi 7, entre deux averses,  des prières rogatoires, sous la conduite de prince héritier, Hassan. Un grand moment de honte pour le régime qui instrumentalise la religion, depuis qu’il a compris le bénéfice qu’il pouvait en tirer. Les rues de la plupart de nos villes étaient noyées sous des trombes d’eau et tout ce que le pays comptait de notables et d’ « élites »,  avait pris le chemin des mosquées, pour y emprunter à l’animisme africain, un de ses rites les plus obscurantistes, pour en appeler à la pluie.
Au même moment, à cinq cent millions de kilomètres de notre galaxie, un petit robot achevait sa course dans l’espace intersidéral, pour aller se poser sur une comète, au milieu de nulle part, avec une précision diabolique. But de l’exercice, étudier les origines du monde et tenter de dire son futur. Autant dire un moment de grande solitude et de frustration pour nos compatriotes,  pris dans les serres  d’un régime qui a érigé le moyen-âge, le mensonge et l’hypocrisie en outils de gouvernance et fait d’un enfant l’instrument d’une forfaiture, preuve qu’il n’y a rien à espérer de cette génération qui passe les portes du collège royal.
Sauf miracle, les chemins de Mustapha Semlali, Alias Hercule et Hassan Ben Mohammed Alaoui,  ne devraient jamais se croiser.
Le premier est retourné à l’enfer de ses copeaux et au bûcher du four à bois de son hammam de quartier. Personne ne viendra jamais l’y chercher, pour lui confier les rênes de la voirie de Rabat, malgré ses nombreux appels du pied au roi et à Benkirane.
Le second est retourné à la douceur de ses palais, et à ses rêves d’enfant, sans se douter que les adultes s’acharnent chaque jour, à corrompre les plus infimes parcelles de son innocence, à le faire participer, à son corps défendant, aux mensonges et aux singeries coupables du régime marocain.
Ainsi va la vie du côté des grottes d’Hercule !
prière rogatoire 2

samedi 25 janvier 2014

Ces prières rogatoires qui font honte à l’Islam

Par Salah Elayoubi, 23/1/2014


Benkirane

Un communiqué rendu public après une réunion du gouvernement marocain, jeudi 23 janvier. informe les marocains que Abdelilah Benkirane a rendu « grâce à Dieu, Tout-puissant pour les pluies abondantes sur notre pays. » avant d’ajouter que le Chef du gouvernement «  a remercié le roi pour avoir ordonné l’organisation des prières de rogations pour la pluie dans tout le royaume dans divers humilité. »
Avec de telles déclarations, Benkirane franchit un nouveau palier dans l’obséquiosité dont il gratifie le roi, depuis ,son arrivée au pouvoir, pour autant qu’on puisse parler de pouvoir. Aucun des premiers ministres qui l’avaient précédé, n’avait, jusque là, osé pousser la servilité au point de remercier le roi pour l’organisation de cette fête à l’hypocrisie et cette escroquerie que sont les prières rogatoires.
Et comme de coutume, il ne se trouvera pas un seul homme politique, pas un représentant de la vie civile,  pas un de ces islamistes qui font honte à l’Islam et dont le Maroc s’est fait une spécialité,  pour se fendre d’un communiqué, protester ou monter au créneau pour dénoncer cette arnaque à laquelle même le petit peuple a depuis longtemps, cessé de croire.
Au XXI° siècle, à l’heure où la science a depuis longtemps remplacé les sornettes et la météorologie, les conjectures,  il se trouve encore des dirigeants indignes au point de tenter de faire avaler à leur population des saillies dignes du Moyen-âge.
Alors, disons le haut et clair, cette cérémonie fait la honte de l’Islam et des musulmans et déshonore ceux qui l’initient et la pratiquent. Mais on savait que « chez ces gens-là », on a depuis longtemps renoncé à tout honneur et bu toute forme de honte !

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samedi 11 janvier 2014

Sahara occidental: Le Maroc de plus en plus isolé

Par Diaspora Saharaui
L'Envoyé Spécial du SG de l'ONU pour le Sahara Occidental s'apprête à faire une tournée dans la région en vue d'entamer des consultations avec le Maroc, le Front Polisario et les deux pays observateurs, l'Algérie et la Mauritanie.
Une tournée qui a lieu dans des circonstances très favorables au peuple du Sahara Occidental. En premier lieu la nouvelle position de l'Algérie sur la scène internationale. Alger est devenue la capitale arabe la plus consultée par les chefs des diplomaties étrangères et redevient le leadership incontesté dans la région. Les représentants de l’Arabie Saoudite de l’Egypte de la Tunisie des Emirats arabes unis du Qatar du Yémen de la Libye sont passés ces derniers mois à Alger pour consulter ses responsables et demander conseil à l’Algérie.
D'autres ministres européens occidentaux et asiatiques sont arrivés dans le but de doper les relations politiques et économiques avec l'Algérie. La capitale algérienne accueillera la visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry pour un nouveau round-up sur la situation dans le Monde arabe.


Le Maroc par contre est de plus en plus isolé. Les relations avec tous ses voisinssont tendues. En Mauritanie le royaume de Mohammed VI est perçu comme un danger pour la souveraineté mauritanienne et Nouakchott a exprimé son ras-le-bol des ingérences marocaines et des conspirations de ses services secrets.

En Tunisie le Maroc est considéré comme un narco-Etat dont les stupéfiants contribuent à approvisionner la mouvance terroriste née après le Printemps Arabe.

Le Maroc a mis son unique allié la France dans une situation de flagrant embarras. A chaque fois que la communauté internationale s'apprête à normaliser la situation de la MINURSO Paris est obligée d'avancer son droit de veto en se prononçant contre les droits de l'homme au moment où la France est considérée comme le berceau de ces droits et de la révolution démocratique. Une attitude qui nuit aux relations avec l'Algérie.
Avec l'Espagne la politique de chantage continue. La dernière carte brandie est le soutien aux revendications séparatistes des catalans. A Melilla les assaults des subsahariens ont repris de plus belle.
A cause de ses velléités expansionnistes et ses violations constantes des droits de l'homme le Maroc se trouve de plus en plus isolé. Sa dernière stratégie? Essayer de retarder le plan de paix onusien jusqu'à la fin du mandat de Barack Obama.

Au Maroc le roi ordonne l'accomplissement d'une prière rogatoire pour la pluie chaque fois que les services de la Météo lui annoncent la bonne nouvelle. C'est le cas aujourd'hui vendredi. Mohamed VI fera une autre prière pour l'accès de Hillary Clinton à la Maison Blanche. Entre temps il essayera de tenir face aux pressions de la communauté internationale