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samedi 6 juin 2015

Benkirane: «Beaucoup de filles mineures se marient de leur plein gré»


Abdelilah Benkirane affirme qu’il existe des mineures qui se marient de leur plein gré et en demandant une autorisation exceptionnelle du juge.

Lors d’un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE le 3 juin, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est revenu sur le problème du mariage des mineures au Maroc. Selon le chef du gouvernement, « contrairement à ce que nous croyons, beaucoup de filles mineures se marient de leur plein gré. Ce sont des filles de 16 ou 17 ans qui veulent se marier ».
Tout en indiquant que l’âge légal pour le mariage au Maroc est de 18 ans, Benkirane explique que « le Maroc, pour répondre à la demande des filles mineures qui veulent se marier, a donné la possibilité aux juges d’accorder, sous justification, une autorisation spéciale à ces cas ». Sur la situation des mineures au Maroc, le chef du gouvernement a déclaré que « dans plusieurs régions, les filles ne vont pas à l’école et que cette situation doit être arrangée, non pas pour plaire aux Européens, mais pour le bien de notre pays ».
Selon les chiffres révélées en 2014 par le ministre de la Justice, 35 152 cas de mariages des mineures ont été recensés au Maroc. Quant aux enfants non scolarisés, ils sont de 134 000 selon les derniers chiffres de l’Unesco.

lundi 17 février 2014

Maroc : Mariage des mineures :La société civile condamne fermement un phénomène inquiétant

Aufait, :

Un débat a été organisé mercredi à Fès par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Centre des droits des gens, sur la thématique de la grossesse chez l'adolescente, et partant, celle du mariage des mineures. La société civile a sonné la mobilisation pour tenter d'inverser la tendance d'un phénomène qui sévit de manière inquiétante au Maroc, en dépit des restrictions imposées par le Code de la famille.


Un débat organisé mercredi à Fès par la société civile autour du thème “La mère-enfant: face aux défis de la grossesse chez l'adolescente” a fait le point sur l'ampleur de ce phénomène et sur son coût élevé pour la communauté. / DR Un débat organisé mercredi à Fès par la société civile autour du thème “La mère-enfant: face aux défis de la grossesse chez l'adolescente” a fait le point sur l'ampleur de ce phénomène et sur son coût élevé pour la communauté. / DR Agrandir

    Le phénomène du mariage des mineures sévit de manière inquiétante au Maroc en dépit des restrictions imposées par le Code de la famille, ce qui a poussé la société civile à sonner la mobilisation pour tenter d'inverser la tendance.
    C'est ce qui a de nouveau été constaté lors d'un débat organisé mercredi à Fès par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Centre des droits des gens sur la thématique : “La mère-enfant: face aux défis de la grossesse chez l'adolescente”.
    Un débat qui a permis de faire le point sur l'ampleur de ce phénomène et sur son coût élevé pour la communauté. Un phénomène qualifié de “violation des droits de l'Homme”.


    Violences et insuffisance de l'éducation
    Pour les juristes et militants des droits de l'Homme qui ont animé ce débat, les grossesses précoces sont la conséquence de mariages d'enfants, de violences sexuelles ou de l'insuffisance de l'éducation à la santé sexuelle et reproductive.

    12% Selon le ministère de la Justice, le nombre de filles mariées à moins de 18 ans au Maroc est passé de 33.253 en 2009 à 39.031 en 2011, soit 12% de l'ensemble des mariages.
    7% Toujours selon le ministère de la Justice, le nombre des naissances chez les filles âgées de 15 à 19 ans est estimé à 50.000 cas, soit 7% du total des naissances.
    62% Des chiffres qui, ajoutés à ceux du Haut commissariat au plan (HCP) selon lesquels 62,8% des femmes au Maroc ont été victimes de violences, ne laissent personne de marbre.
    Par ailleurs, du fait de l'insuffisance de l'éducation à la santé sexuelle et reproductive, force est de constater qu'au Maroc, un jeune sur 5 ne connaît pas la maladie du SIDA, et que seulement un jeune sur 10 a eu une idée sur les autres maladies sexuellement transmissibles..

    15% Bien pire, 15% des jeunes ne connaissent aucun moyen de contraception.
    Ainsi, les grossesses des adolescentes restent aussi étroitement liées à la pauvreté, à la faiblesse du statut des femmes, au manque d'éducation et à l'abandon scolaire, ainsi qu'à l'échec des systèmes et institutions qui devraient protéger les droits de cette catégorie.
    Pour Mieko Yabuta, la représentante du FNUAP à Rabat qui ouvrait le débat, le mariage des mineures “demeure un challenge pour le Maroc” en dépit des progrès accomplis en matière d'égalité entre les sexes et de promotion des droits des femmes.
    A ce titre, elle a cité  la levée des réserves sur la Convention sur l'élimination des discriminations à l'égard des femmes, l'adoption d'une nouvelle Constitution, le Code de la famille, qui instaure l'égalité dans la capacité de contracter le mariage à 18 ans, ainsi que la récente révision du Code pénal concernant le mariage des jeunes filles mineures victimes de viol.
    Avec une proportion de 12% de mariages contractés au Maroc en 2011, le phénomène du mariage des mineures est non seulement élevé, mais il progresse d'une année sur l'autre”.
    Mieko Yabuta, la représentante du FNUAP à Rabat
    Conséquences négatives des grossesses des adolescentes
    Par ailleurs le forum n'a pu que constater que les grossesses des adolescentes s'accompagnent de conséquences négatives pour leur santé, réduisant leur chance de bénéficier de leur droit à l'éducation et de faire des choix dans leur vie tels que l'emploi, la formation et la participation à la prise de décisions, contribuant ainsi à perpétuer le cycle de la pauvreté, de l'inégalité et de l'exclusion.
    Si les jeunes filles ont moins d'intérêt pour le suivi de la grossesse et sont plus exposées aux avortements à risques, les mères les plus jeunes, enceintes pour la première fois, encourent en outre un risque significativement élevé de décès ou d'invalidité maternelle, selon le FNUAP.
    Ce qui fait dire à la représentante de cet organisme onusien au Maroc que le mariage des enfants “est une violation des droits de l'Homme”.
    “Le phénomène du mariage des filles est le résultat d'une vue très étroite des potentiels des filles, les privant de leurs droits fondamentaux à l'éducation et la formation et les enfermant dans un rôle reproductif”.
    Mieko Yabuta, la représentante du FNUAP à Rabat.
    Très sensible au fait que le taux de fécondité chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans est de 32% au Maroc, -contre seulement 6% en Tunisie par exemple-, l'ambassadeur du Canada à Rabat Sandra McCardell, n'y est pas allée pas par quatre chemins:
    “C'est une injustice flagrante et insupportable envers les jeunes filles (...) C'est un phénomène qui ôte à ces enfants le droit de choix à l'éducation, à la santé et à l'emploi, et réduit leur potentiel d'épanouissement”.
    Sandra McCardell, ambassadeur du Canada à Rabat.
    Cette dernière a d'ailleurs plaidé pour une interdiction “formelle” du mariage des jeunes filles.

    Plusieurs pistes explorées
    Les participants à cette journée de plaidoyer ont proposé plusieurs pistes pour juguler le phénomène.
    Certains ont réclamé l'“abolition” pure et simple du mariage des mineures par une révision des articles 20 et 21 du code de la famille qui accordent au juge de la famille la possibilité d'autoriser, exceptionnellement, le mariage avant l'âge de capacité matrimoniale fixé à 18 ans. Une démarche entreprise par certains groupes parlementaires à la Chambre des représentants.
    D'autres ont milité pour l'adoption d'une loi “complète” sur la violence.
    D'autres encore ont relevé que le travail législatif ne suffit pas à lui seul pour inverser la tendance et qu'il faut en conséquence étendre l'offre et l'accès à l'information et aux services de la santé sexuelle et reproductive pour les adolescentes et les jeunes, qui représentent à eux seuls 28,2% de la population au Maroc.
    Mais pour la majorité des intervenants, il faut surtout investir dans l'éducation, puisque des filles éduquées et en bonne santé ont une meilleure chance de se marier plus tard, de différer le moment de leur première grossesse, d'avoir des enfants en meilleure santé et de gagner un revenu plus élevé.
     Voir aussi:

    mardi 11 décembre 2012

    Mariage des mineures au Maroc

    Entre amendement et abrogation des textes de loi

    Par Salma Raiss Aufaitmaroc,

    Le mariage des mineurs continue de représenter une des questions juridiques et politiques les plus délicates au Maroc. Même si le nouveau Code de la famille ne l'autorise que sous certaines conditions, ce phénomène ne cesse d'interpeller. La semaine dernière, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a appelé à la Chambre des représentants, à un amendement des articles 20 et 21 de la Mouadawana, relatifs à la question.


    L’entrée en vigueur du nouveau Code de la famille, en 2004, n’a pas impulsé la révolution sociale escomptée.
    Malgré son interdiction par le nouveau Code de la famille, le mariage des mineures reste un phénomène social en nette augmentation au Maroc./DR
    Malgré son interdiction par le nouveau Code de la famille,
     le mariage des mineures reste un phénomène social en nette augmentation au Maroc./DR
    Ainsi, malgré le fait que l'âge minimum pour le mariage soit fixé à 18 ans et que les exceptions soient soumises à l'autorisation du juge de la famille, le phénomène du mariage des mineurs est toujours une réalité au Maroc. Il continue de prendre de l’ampleur, et d'engendrer des dégâts sociaux irrémédiables.
    Ainsi, entre abrogation et amendement des articles 20 et 21 du Code de la famille relatifs au mariage des mineurs, la polémique est toujours d’actualité.
    La semaine dernière, les députés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) ont proposé, à la Chambre des représentants, un nouveau projet de loi pour l’amendement des deux articles en question. Et ce, afin de “limiter les cas de figures où le juge de la famille peut livrer son autorisation de mariage d’un mineur”.
    Ainsi, les PJDistes proposent que l’âge de 16 ans et plus devienne impératif pour qu'un tribunal accepte d’étudier le cas, et que les demandes concernant les mineurs ayant moins de 16 ans soient écartées d’office.
    Il s’agira également de donner un droit de veto au concerné, à savoir le mineur lui-même, qui doit annoncer son acceptation de manière claire et nette après la décision du juge et devant ce dernier, tout comme son refus peut annuler l’autorisation du tribunal.
    “Les dispositions de cet article ne seront applicables que si le mineur est âgé de plus de 16 ans et qu’il a livré son acceptation franche, libre sans aucune influence parentale.”
    Proposition du PJD pour l'amendement de l’article 20 du Code de la famille.
    Contactée par nos soins, Khadija Rouissi, du Parti Authenticité et Modernité (PAM), nous a affirmé que son parti n’avait pas encore reçu ce nouveau projet de loi, et que, par conséquent, elle ne pouvait intervenir à son propos. Elle a cependant souligné que le PAM et l’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) militaient ensemble, depuis le suicide d’Amina Filali, pour l’annulation des deux articles. Amina Filali s'était suicidée en début 2011, après une décision de justice sur accord de ses parents de la marier à son violeur.
    Et Rouissi d’ajouter que son parti est catégoriquement contre le mariage avant l’âge de 18 ans, comme le stipule le Code de la famille, considérant que cet acte est une exploitation des droits de l’enfant, dont la vraie place est l’école.

    Les associations catégoriques
    Le gouvernement a beau amender et modifier les textes de loi relatifs au mariage des mineurs, la société civile demeure unanime et rejette catégoriquement cette pratique.
    “À l’échelle universelle, un enfant est toute personne âgée entre 0 et 18 ans. Tout mariage avant cet âge est considéré comme une violation de l’enfance.
    Khadija Abnaou, de l’Association Marocaine des Droits Humains, jointe par nos soins.
    Cette militante des droits humains appelle à une interdiction absolue de cette pratique. Insistant sur le fait qu’un enfant doit jouir de ses droits fondamentaux, aller à l’école et jouer, tout comme ses semblables.

    Abnaou a également mis l’accent sur l'aspect biologique de la question. “La maturité incomplète de l’enfant et son manque d’expérience, avant l’âge de 18 ans, sont deux facteurs cruciaux que l'on doit prendre en considération pour interdire le mariage des mineurs”, explique-t-elle.
    Même son de cloche chez une militante de la Fondation YTTO, qui prône pour une abolition du mariage des mineurs. “Peu importe l'âge, tant que c'est pour un moins de 18 ans, le mariage ne doit pas être scellé”, précise-t-elle.

    Quelle valeur a la proposition du PJD ?
    En réaction au nouveau projet de loi proposé par le PJD, cette militante s’est montrée sceptique. “Comment un mineur peut-il décider de son avenir et accepter, ou pas, de se marier?”, s’est-elle exclamée. Avant d’ajouter qu’un enfant, avant l’âge de 18 ans, n’a ni la qualification, ni l’expérience requises pour donner son accord sur un sujet aussi sérieux.
    Dans son intervention, la militante est allée plus loin que l'abolition des textes de loi. Elle a appelé à ce que des sanctions soient mises en place à l’encontre de tout parent acceptant de marier son enfant, au lieu de le laisser jouir de son enfance.

    Les filles mineures, principales victimes
    Le mariage des mineur(e)s a connu une nette augmentation durant ces dernières années. Ainsi, le nombre des cas de mariage des filles mineures est passé de 29.847 en 2008 à 33.253 cas en 2009 pour atteindre 41.098 cas en 2010, selon des chiffres révélés par le ministère de la Justice.
    Si la “Moudawana” autorise le mariage des mineurs dans des cas exceptionnels, ces dernières années, plus de 90% des demandes de mariages précoces ont été acceptés et 8% seulement rejetées.
    Pour le moment, il existe donc un réel problème dans l’application et l'interprétation du texte. La non-limitation d’un âge minimum de mariage des mineurs dans les cas exceptionnels, ainsi que les contraintes sociales et économiques, notamment la pauvreté, sont autant de facteurs qui influent sur la décision des juges.


    lundi 26 mars 2012

    Code de la famille relatif au mariage des mineures : marches du 25 mars, paroles du ministre...

     Glané sur facebook...

    Casablanca le 25 mars 2012.
    http://youtu.be/e2YG0uZTiRQ

     Tanger:
    le MVT20FEVRIER le 25 mars 2012.
        Bravo! Bravo!
        VIVE LE MVT20FEVRIER
    http://youtu.be/nNRpu6UviaQ


     Agadir le 25 mars 2012: VIVE LE MVT20FEVRIER!
    http://youtu.be/Y6YtCUviwNE
    Ali Fkir, facebook
    Le mouvement contre la tyrannie, contre le makhzen, contre tous les types de mafia est irréversible. Tous et toutes pour le changement, pour un nouveau Maroc. Tous et toutes contre le makhzen et contre ses relais au sein des mouvements sociaux et au sein des syndicats. Il n'y a pas "d'entre-deux- chaises". Makhzenien ou antimakhzenien. Il n'y a rien à attendre des gens qui ont dit OUI à la constitution réactionnaire.

     Khénifra : Allocution du militant Jamal
       http://youtu.be/kkY8pw7LBG4

    Autres vidéos

    Aziz Enhaili par ‎Hamid Baha
    Très important: Mr Ramid, ministre de la justice, a été ce soir l'invité du journal de 20h30 de la1ère chaine de la télé. A la question sur l'article 20 du Code de la famille relatif au mariage des mineures, il a clairement dit qu'il n'était pas question d'en discuter la modification vu que le Code de la famille a fait l'objet d'un consensus national. 
    Il a même clairement dit que si on le remettait en question, l'ensemble du code de la famille pourrait être remis en question et qu'on pourrait alors revenir à la situation des années 2000. Si ce n'est pas une menace et du chantage, je me demande ce que c'est ! Il faut chercher si un enregistrement de ses déclarations au journal de la Oula peut être obtenu....