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samedi 26 mars 2016

Sahara Occidental: le Maroc a dépensé 3,1 M$ en 2014 dans le lobbying pour améliorer son image


jeudi, 24 mars 2016 13:09

La présidente de la Fondation Kennedy, Kerry kennedy La présidente de la Fondation Kennedy, Kerry kennedy Photo-APS-Archives 
WASHINGTON - Le Maroc a dépensé 3,1 millions de dollars aux Etats-Unis en 2014 pour des opérations de lobbying visant à améliorer son image ternie par les violations quotidiennes des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, a indiqué mercredi à Washington la présidente de la Fondation Kennedy, Kerry kennedy.

Au cours d’une audition organisée par la Commission Tom Lantos des droits de l’homme au Congrès américain sur le Sahara Occidental, Mme Kennedy a déclaré que ‘‘contrairement aux obstacles qu’il dresse aux enquêtes sur les droits de l'homme, le Maroc a agressivement dépensé rien qu’aux  Etats-Unis 3,1 millions de dollars en 2014 dans le lobbying et les relations publiques’‘.
En parallèle, les autorités marocaines empêchent toujours les défenseurs des droits de l’homme au niveau local de recenser les dépassements. Ces derniers considèrent qu’il est presque ‘‘impossible d’enquêter dans les territoires occupés par crainte de représailles’‘.
Durant les deux dernières années, le centre Robert Kennedy pour la justice et les droits de l’homme a recensé 56 arrestations arbitraires, 50 cas d'abus commis contre des prisonniers politiques, 84 violations des droits politiques et 31 autres cas de restriction à la liberté de mouvement, a poursuivi Mme kennedy.

Le Maroc a  considérablement restreint les droits économiques, sociaux et culturels des Sahraouis, a -t-elle dit devant cette commission, en relevant que la Minurso est la seule mission de maintien de la paix de l’ONU qui n’est pas dotée d’un mandat pour la surveillance des droits de l'homme.
Revenant sur la position américaine à l’égard du conflit au Sahara Occidental, Mme Kennedy a relevé que le projet de résolution présenté en 2013 par Suzanne Rice, l’ancienne représentante américaine auprès de l’ONU, pour élargir le mandat de la Minurso à la supervision des droits de l’Homme a été torpillée par le Maroc et ses alliés aux Conseil de sécurité.
Mais depuis cette date, ‘‘les Etats-Unis n’ont fait que prolonger le mandat (...) de cette mission’‘, a-t-elle regretté.
La présidente de RFK Center a lancé un appel à son pays pour financer la Minurso suite à la décision de Rabat d’arrêter les fonds alloués à cette mission.
‘‘Nous sommes convaincus qu’il est dans l’intérêt des Etats-Unis de soutenir les droits du peuple sahraoui y compris son droit à l’autodétermination’‘, a-t-elle affirmé.
Intervenant au cours de cette audition, l’ancien représentant du secrétaire général de l’ONU au Sahara Occidental, Franchesco Bastagli, a expliqué que le Sahara Occidental ‘‘représentait un processus de décolonisation qui a mal tourné’‘, en incitant la communauté internationale à prendre ses responsabilités à l’égard de cette question.
‘‘La négligence n’est plus une option politique. Les membres du Conseil de sécurité doivent  s’engager fortement et avoir le sens de l’urgence’‘, a enchaîné M. Bastagli en préconisant une reprise des négociations entre le Front Polisario et le Maroc sans conditions préalables.
M. Bastagli qui a répondu à plusieurs questions de la Commission sur le statut du Sahara Occidental, a précisé que l’ONU devrait fixer un délai aux négociations et établir des alternatives en cas d’échec des pourparlers.
De son cote, Erik Hagen, président de l’observatoire pour la protection des ressources naturelles au Sahara Occidental est revenu sur l’exploitation illégale des richesses de ces territoires en se basant sur l’avis juridique émis en 2002 par l’ONU qui a conclu que toute exploration ou exploitation de ces ressources doit se faire dans le strict respect de la volonté des Sahraouis et en conformité avec leurs intérêts.
Hagen s’est basé également dans ses arguments sur l’accord de libre-échange conclu entre les Etats-Unis et le Maroc qui exclut le Sahara Occidental de son champ d’application.
Les Sahraouis, a-t-on rappelé, ne bénéficient actuellement ni des revenus de leurs richesses pillés par l'occupant marocain ni des emplois générés par ces activités économiques illégales sur les territoires occupés au Sahara occidental.

mercredi 29 octobre 2014

Chris Coleman, le hacker qui fait trembler le Makhzen


hacker
Depuis quelques semaines un internaute se dissimulant sous l’identité de chris_coleman24 noie Twitter (https://twitter.com/chris_coleman24) d’une foule de documents sensibles, de l’administration marocaine,  portant sur les trois dernières années.  Les câbles concernent notamment Ahmed Charai, patron de média marocain, impliqué dans des opérations de lobbying en Europe et aux Etats-Unis, au profit de la marocanité du Sahara. D’autres appartiennent au Ministère des affaires étrangères. Et depuis le 27 octobre, ce sont des documents de l’administration de la défense nationale ou de la Direction Générale des Etudes et de la Documentation (DGED) qui se retrouvent sur la place publique. La plupart des courriers de notre diplomatie, concernent l’affaire du Sahara, alors que ceux de la défense portent sur le projet de création d’une usine de munitions au Maroc.

Les fuites dévoilent la stratégie de lobbying marocain et laissent apparaître des versements portant sur des centaines de milliers de dollars, au profit d’un certain nombre de personnalités, dont Ahmed Charai, le Think Tank républicain, Center for the National Interest, Richard Miniter, journaliste au New-York Post et d’autres. Les correspondances de la diplomatie marocaine, donnent même à penser que le Maroc aurait réussi à corrompre Navanethem Pilay, la Haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU ou son administration.
On ignore pour le moment, l’identité exacte du ou des responsables de ces fuites et leurs véritables motivations, mais le fait que les documents portent principalement sur la question du Sahara, donne à penser qu’il pourrait s’agir d’un sympathisant de la cause indépendantiste. Le principal intéressé se présentant lui-même, comme membre du Polisario. On ignore également si l’intéressé aurait piraté le système informatique des départements en question ou s’il s’agit d’un fonctionnaire, agissant pour le compte de tiers, ce qui relèverait de l’espionnage.
Plusieurs pistes s’offrent également aux enquêteurs. Elles vont de la simple négligence à la piste crapuleuse impliquant un informaticien, en passant par une attaque des services de  renseignements de l’Algérie opposée au Maroc dans la question du Sahara et avec lequel les relations se sont brutalement détériorées, ces derniers jours, après l’érection par le Maroc, d’un mur à la frontière algéro-marocaine fermée depuis août 1994, date de l’attentat du café l’Argana à Marrakech que les marocains imputent aux renseignements algériens. Le 18 octobre dernier, le tir d’un militaire algérien avait grièvement blessé un ressortissant marocain, faisant grimper un peu plus la tension qui prévaut entre les deux voisins.
La piste française est également prise très au sérieux. Les relations entre les deux pays sont allées de Charybde en Scylla, après la tentative infructueuse de la justice française d’interroger Abdellatif Hammouchi, patron de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, (DGST) pour des faits de torture, lors de son bref séjour parisien, en février 2014. Les deux pays n’ont cessé, depuis lors, d’échanger les mesures coercitives. Le Maroc gelant sa coopération judiciaire avec l’Hexagone et ce dernier marginalisant notre pays, lors du sommet sur ​​le terrorisme, avant de le placer dans sa liste des pays menacés de terrorisme et d’inviter les touristes français à éviter de s’y rendre.
A cette heure, pas plus le gouvernement Benkirane, dépassé, comme de coutume, par les affaires dites de souveraineté nationale, que le Palais, principal acteur de la diplomatie et des armées, ne communiquent sur ces fuites dont on ne connaît pas encore l’ampleur et qui promettent d’avoir une suite. Le Palais qui semble pour le moment, épargné, s’inquiète des développements de cette affaire qui ne pouvait plus mal tomber, au moment où Christopher Ross doit remettre au Conseil de sécurité, sa copie sur le Sahara, sur fond de blocage de sa mission par les autorités marocaines.
Les heures qui viennent promettent de nouvelles révélations qui pourraient toucher d’autres sites sensibles tels que le ministère de l’intérieur ou le Palais royal. A moins que d’ici là, les services de sécurité marocains ne mettent le grappin sur celui qu’on surnomme déjà le « Snowden marocain ».