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lundi 1 février 2016

Liberté pour Wafa Charaf !


Humanite.fr, 28/1/2016

Photo : DR
Wafaa Charaf
Photo : DR

Wafa doit s’acquitter d’une somme de  5500 euros. Sa famille au revenu modeste,  n’a pas les moyens de payer cette somme. Les organisations et les personnes de son comité  de soutien ont ouvert une souscription pour l’aider financièrement à s’acquitter de son amende. 

Wafa Charaf est jeune militante associative  et politique marocaine  emprisonnée le  27 avril  2014  à Tanger au Nord du Maroc puis condamnée le 11 août 2014 à un an de prison ferme et à 5000dh ( 500 euros) d’amende et 50 000dh (5000€) de dommages pour « mensonges et diffamation », au cours d’un procès inéquitable. Le tribunal doublera la peine de Wafa en appel, elle sera condamnée à deux ans de prison. Les amendes et dommages maintenus. Rappelons que Wafa a été arrêtée suite à sa plainte pour enlèvement. En effet, à la suite d’une manifestation pacifique en soutien aux syndicalistes de la zone franche de Tanger arbitrairement licenciés, Wafa a été enlevée et menacée du fait de son action en soutien aux ouvrier-e-s licencié-e-s.
Les parrains et marraines de Wafa et des organisations françaises ont conduit une mission au Maroc. Les délégués n’ont pas obtenu de réponse à leur demande de visite à la militante, mais ils ont pu rencontrer ses proches à Tanger.
Courageusement Wafa Charaf a entamé des études de droit en prison et reste très déterminée. Elle est actuellement à la prison de Larache où elle a été transférée l’été 2015. Elle a été délibérément éloignée de sa famille et de ses amis.
Nous rappelons qu’elle doit s’acquitter d’une somme de  5500 euros. Sa famille au revenu modeste,  n’a pas les moyens de payer cette somme. Les organisations et les personnes de son comité  de soutien ont ouvert une souscription pour l’aider financièrement à s’acquitter de son amende.
Le lien pour souscrire est : https://www.lepotcommun.fr/pot/ue7mu6lo
C’est le prix de sa liberté que notre solidarité doit l’aider à retrouver.
Nous demandons la libération de Wafa Charaf ainsi que l’arrêt des poursuites contre elle. Comme Wafa, nous demandons l’instruction de sa plainte pour l’enlèvement  dont elle a été la victime.
Marie –Christine Vergiat, députée Européenne
L’AFASPA, Association Française d’amitié et de Solidarité avec les peuples d’Afrique.
L’organisation femmes-égalité
L’association AILES femmes du Maroc, association interculturelle pour la laïcité , légalité et la solidarité avec les femmes du Maroc
Le MRAP, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples.
LE PCF, Parti Communiste Français
AMF, Fédération des Associations des Marocains de France 
L’ATMF, Association des Travailleurs Maghrébins de France
CORELSO, Comité pour le respect des libertés au Sahara  occidental
APEL-Égalité.
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie
ASDHOM, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc.
l'AFAPREDESA, Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis
La voie démocratique – Région Europe.
Gilles Manceron, historien ; Dr Irene Fernández-Molina, University of Exeter(UK); Mercedes Jiménez , Université de Barcelone.

vendredi 24 octobre 2014

Maroc : deux ans de prison pour avoir dénoncé sa torture

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Communiqué de presse


Lundi 20 octobre, la cour d’appel de Tanger a condamné à deux ans de prison ferme Wafaa Charaf, une militante du mouvement du 20 février [1] et de l’AMDH [2] accusée d’allégation mensongère de torture. Selon l’ACAT, les autorités marocaines, qui affirment qu’elles luttent activement contre la torture, tentent dans les faits d’imposer la loi du silence en poursuivant les victimes.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb et Moyen-Orient à l’ACAT, « Le Maroc fait preuve d’une hypocrisie effarante. En façade, il communique sur l’organisation, le mois prochain, du Forum mondial des droits de l’homme avec une place importante réservée aux problématiques de torture et de justice. Dans l’arrière-scène, il poursuit les personnes qui disent avoir été victimes de torture. Sous couvert de lutte contre l’impunité, Rabat entend perpétuer l’omerta. »

Le 27 avril 2014, Wafaa Charaf a participé à Tanger à une manifestation de soutien à des syndicalistes licenciés. En rentrant chez elle, elle a été enlevée par deux hommes qui lui ont bandé les yeux et l’ont embarquée de force dans une voiture et conduite en dehors de la ville. Pendant plusieurs heures, ils l’ont frappée, insultée et menacée en évoquant ses engagements politiques. Puis ils l’ont abandonnée sur place. Elle est allée faire constater ses blessures par un médecin et, le 30 avril, a porté plainte contre X pour torture et enlèvement auprès du procureur de Tanger. Cela lui a valu d’être arrêtée le 8 juillet dernier, placée en détention provisoire et poursuivie pour dénonciation calomnieuse et outrage à agent.

En dissuadant ainsi les victimes de porter plainte, le Maroc se rend coupable d’une violation flagrante de l’article 13 de la Convention contre la torture, selon lequel l’Etat doit garantir aux victimes le droit de porter plainte [3].

L’ACAT est aussi poursuivie devant la justice marocaine pour dénonciation calomnieuse alors que les plaintes pour torture qu’elle a déposées aux côtés de plusieurs victimes sont sérieuses et circonstanciées.

Le 4 mars 2014, le Maroc s’est joint au Chili, au Danemark, au Ghana et à l’Indonésie pour lancer l’initiative mondiale pour la ratification de la Convention contre la torture. Cette initiative, saluée par l’ACAT, doit se traduire par des actes. Au même moment, le royaume chérifien multipliait les mesures de rétorsion à la suite de la convocation par la justice française du patron de la DST marocaine concernant des plaintes pour torture déposées par l’ACAT et plusieurs victimes.

Selon Hélène Legeay, « Avant d’appeler les autres pays à ratifier la Convention contre la torture, le Maroc devrait balayer devant sa porte, en s’assurant que ce texte, ratifiée par le pays en 1993, soit appliquée. »

Le 23 juillet, Oussama Hassan, autre militant de l’AMDH et du mouvement du 20 février, a été condamné à trois ans d’emprisonnement et 10 000 dirhams d’amende lui aussi pour dénonciation calomnieuse pour avoir dénoncé les tortures qui lui ont été infligées par des inconnus à l’issue d’une manifestation à laquelle il venait de participer, le 2 mai dernier.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr  

Notes aux rédactions :

•        [1] Dans le sillage des mouvements sociaux nés du Printemps arabe, des protestataires marocains venant de différentes tendances idéologiques, mais partageant les revendications pour plus de démocratie et la fin de la corruption se sont fédérés au sein du « Mouvement du 20 février » et ont organisé à partir de cette date une série de manifestations pacifiques dans plusieurs villes du pays.
•        [2] Association marocaine des droits humains
•        [3] Selon l’article 13 de la Convention contre la torture, « Tout Etat partie assure à toute personne qui prétend avoir été soumise à la torture sur tout territoire sous sa juridiction le droit de porter plainte devant les autorités compétentes dudit Etat qui procéderont immédiatement et impartialement à l'examen de sa cause. Des mesures seront prises pour assurer la protection du plaignant et des témoins contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite. »


mardi 26 août 2014

Lettre à une marocaine embastillée : Wafa Charaf

Lettre à une embastillée
Wafa Charaf
Ecrou no 92694
Prison Civile de Tanger
Avenue Moulay Rachid
90000 Tanger Maroc.


Chère Wafa, ou dirais-je honorable camarade, embastillée pour ses idées et pour son courage.

Je prends le temps aujourd’hui de t’écrire ce petit message.
Il me semble vital, quand on se retrouve derrière les barreaux, que celles et ceux qui croient en nous, en notre combat, nous expriment avec les moyens dont ils disposent leur solidarité.
Cette solidarité irrigue l’espoir. Elle atténue la violente souffrance qu’engendrent l’injustice et la privation de la liberté.
Je suis persuadé chère Wafa que ton « embastillement » ne change rien pour toi et surtout pas l’essentiel : tes qualités humaines, ta vitalité et ton énergie.
Chère Wafa, tu as « osé », comme l’a exprimé mon ami Mustapha Kharmoudi, exprimer ta citoyenneté, et parler des petites gens, de ces femmes marocaines peu lettrées qui se faisaient exploiter par des multinationales qui les embauchent pour une bouchée de pain de façon à faire le plus gros profit tout en donnant un gros coup de pied dans le droit du travail.
Par ton engagement, tu as été cette « fenêtre  sur une vie digne » pour ces êtres assujetties dans leurs vies : sujets d’un régime monarchique aveuglé par le profit personnel, sujets d’une société sclérosée et parfois inhibant, sujets d’une structure familiale archaïque et pour finir sujets de leurs employeurs !
Et par ça tu es une fierté pour ces sans voix, pour ces interdites de cité !
Ton « embastillement » se veut te voler une année de ta vie !
Sois en sûre Wafa, aucun souffle de toi, aucune seconde de ton existence de l’autre côté des murs, ne sera perdue. Ils seront  versés dans l’histoire de celles et de ceux que tu défends.
Tu es entourée et tu le seras encore par la force que tu insuffles à ceux qui croient en toi ! Tu as voulu la justice pour ces femmes, tu es devenue l’expression de la justesse de leur combat !
Je t’avoue Wafa,  avec cette première lettre, je suis tourmenté par un sentiment de rage contre ces atteintes à un droit fondamental, celui de manifester le refus de l’arbitraire qui dure malgré les discours sur le changement et sur le respect des libertés.
Mais la voie est tracée. La voie vers la dignité humaine, la voie vers la liberté, la voie vers la justice sociale, la voie vers l’humain d’abord que tu montres avec courage et persévérance.
365 jours ne seront pas à retirer de ta vie dont l’honneur est le symbole.
Ils se rajouteront à la victoire de toutes ces femmes, travailleuses, militantes, mères ou tout simplement des êtres qui brisent les chaines de l’exploitation.
Be Free Wafa !
Je ne pourrais pas le dire mieux que  le chanteur J Cole dans son « Be Free »

Tout ce que nous voulons faire est de briser les chaînes
Tout ce que nous voulons c’est être libres
All we want to do is take these chains off
All we want to do is break the chains off
ALL WE WANT TO DO IS BE FREE
ALL WE WANT TO DO IS BE FREE
https://www.youtube.com/watch?v=uF1HpYipSuY

Mohamed BENTAHAR
http://blogs.mediapart.fr/blog/mohamed-bentahar/250814/lettre-une-marocaine-embastillee-wafa-charaf

lundi 28 juillet 2014

Wafa Charaf, coupable de solidarité ouvrière !


Au Maroc l’entreprise fait sa loi
17/7/2014
Wafa Charaf est militante du Mouvement du 20 février, membre de la jeunesse au parti La Voie Démocratique et de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme.
Il y a deux mois la société GRIFF, installée comme tant de multinationales dans la zone franche de Tanger pour ses alléchants avantages fiscaux, a licencié une dizaine d’employés membres du bureau syndical qu’ils venaient de constituer. Wafa a été très active dans le comité de soutien qui s’est constitué en solidarité avec la lutte des employés pour leur réintégration. Un rassemblement permanent s’est installé devant l’entreprise du patron-voyou.
Le 27 avril Wafa avait déclaré avoir été enlevée à la fin d’une manifestation ouvrière par des policiers en civil et jetée dans une voiture banalisée. Elle a déposé plainte pour avoir été séquestrée plusieurs heures, torturée et insultée avant d’être abandonnée au bord d’une route à 12 km du centre ville.
C’en était trop pour les autorités marocaines, récemment épinglées dans le rapport du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU pour usage abusif de la force et usage de la torture dans les institutions au Maroc et au Sahara occidental.(1)
La police poursuit alors son harcèlement par des convocations à répétition au commissariat. Le 9 juillet, alors que les employés venaient d’obtenir leurs indemnités de licenciement (mais pas leur réintégration), Wafa a décidé de ne pas se rendre à une énième convocation. La police est alors venue la chercher au domicile de ses parents. Présentée au juge elle a été mise en prison et passera en jugement le 4 août 2014. 
Elle ne sera pas seule à comparaître. Boubker Khamlichi également actif dans le comité de soutien est poursuivi par la justice marocaine. Il est actuellement en liberté conditionnelle et sera présenté devant le tribunal aussi le 4 août.
 La solidarité doit s’amplifier pour obtenir la libération immédiate de Wafa et l’arrêt des poursuites à l’égard des deux militants.
(1) Voir la conférence de presse dans l’article précédent
* * * * * *
Un communiqué de protestation a déjà recueilli les signatures des personnalités et organisations suivantes : Marie-Christine VERGIAT Députée Européenne
Femmes solidaires
Association AMEL ( Association pour la mixité, l’égalité et la laïcité en Algérie) ;
Secrétariat national du secteur femmes de la voie démocratique
Femmes en Luth ;
Réseau Féministe « Ruptures » (France) ;
Ailes-fm( AILES femmes du Maroc) ;
Enseignants Américains de NEA Peace & Justice Caucus, USA
ASDHOM(Association de défense des Droits de l’Homme au Maroc),
F.T.C.R (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives) ;
ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France)
AMF(Association des Marocains de France)
AFASPA(Assocaition Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique)
LA VOIX DES FEMMES MIGRANTES AU MAROC
Femmes migrantes debout
Femmes Plurielles
Mejdaline MHIRI, responsable nationale des questions internationales du Mouvement jeunes communistes Français (MJCF)
FMVJ- France (Forum Marocain Vérité et justice, section France)
APADM( Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc)
Parti des travailleurs de Tunisie / Section France
Front Populaire Coordination Île de France
Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe (l’inter-Co)
Kuljit Kaur( ALL India’s Women Conference) Inde
Serenade Chafik ( militante Franco-Egyptienne)
Naila Wardi (militante féministe et politique tunisienne)
Véronique Elie (militante associative)
Rania Majdoub(militante féministe tunisienne)
Lana Sadeq ( militante associative palestinienne)
Amina Khalid( militante marocaine des droits des femmes)
Rafif Rifai( palsticienne et enseignante Syro-française)
Said Sougty, secrétaire régional -Europe. / la Voie Démocratique

 http://www.afaspa.com/article.php3?id_article=608

samedi 12 juillet 2014

Liberté pour Wafaa Charaf arrêtée et torturée le 09/07/2014 à Tanger au Maroc


Nous avons appris l’arrestation de Wafa Charaf le 09/07/2014 à Tanger au Maroc. La police est venue la chercher au domicile de ses parents. Son crime ; " ne pas se rendre à une énième convocations au commissariat" .

 Les convocations au commissariat font partie du harcèlement auquel elle est soumise depuis qu'elle a déposé plainte pour enlèvement en avril dernier.
En effet, la jeune militante de Tanger a fait savoir le 27 avril 2014 qu’elle a été enlevée par des policiers en civil et jetée dans une voiture banalisée à la fin d'une manifestation ouvrière . Elle déclare avoir a été séquestrée plusieurs heures, torturée et insultée avant d’être abandonnée au bord d'une route à 12 Km du centre ville .

Wafaa est une militante active de plusieurs organisations humanitaire, ouvrière et politique de Tanger. Tout semble indiquer qu’elle est victime de la vengeance des autorités car elle a osé dénoncer dans sa plainte les méthodes policières.Elle paye le prix fort de son engagement pour le droits des ouvrières des usines de la zone franche de Tanger et pour la démocratie et la liberté d' expression au Maroc. Wafaa est toujours en détention et sera présentée au juge le 14/07/2014.Nous exprimons notre solidarité avec Wafaa et notre inquiétude sur son état de santé . Nous exigeons sa libération immédiate . Paris le 11 juillet 2014.

Premiers Signataires :
-Association Amel ( Association pour la mixité, l'égalité et la laïcité en Algérie) ;
-Ailes-fm( AILES femmes du Maroc) ;
-Asdhom ( association de défense des Droits de l’Homme au Maroc), 

-Femmes plurielles,
-F.T.C.R ( Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives) ;
-Femmes en Luth ;
-Réseau Féministe « Ruptures » (France) ;
-Naila Wardi militante féministe et politique Tunisienne; Véronique Elie, militante associative.
Contact : Association Interculturelle pour la Laïcité, l’Égalité et la Solidarité avec les Femmes du Maroc. ailesfm@gmail.com