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mercredi 27 mai 2015

Kafala, petites bonnes, jeunes migrants: l’Unicef réclame des réformes


Crédit : ArmyAmber / Pixabay. Kafala, petites bonnes, jeunes migrants: l’Unicef réclame des réformes
TelQuel, 26/5/2015   

Santé, éducation, violence, enfants placés : l’Unicef dresse un tableau noir de la situation des enfants au Maroc.

Les personnes âgées de moins de 19 ans constituent 36 % de la population marocaine. L’Unicef (organisme des Nations unies pour la protection de l’enfance) a publié ce 25 mai les résultats de son étude menée sur les enfants au Maroc. La dernière datait de 2007, l’organisme n’hésite donc pas parler des « progrès indéniables » réalisés. Elle s’intéresse au droit à la survie, droit au développement, droit à la protection et droit à la participation.

Ce qu’il faut changer dans la loi

L’Unicef déplore que le Code de la famille reconnaisse des inégalités entre les garçons et les filles. L’organisme critique les procédures de kafala en dénonçant l’absence de tests psychologiques pour les familles qui accueillent les enfants et le peu de suivi après le placement.

De manière générale, l’Unicef considère que les lois protectrices des enfants prennent trop de temps à être adoptées, comme celle sur le travail des enfants par exemple. Aussi, l’organisme pointe du doigt le fait que certaines conventions internationales n’ont toujours pas été ratifiées par le Maroc.

Faut-il encore appliquer les lois existantes ?

Aussi, l’Unicef dénonce le fait que la loi n’est pas toujours appliquée. Parmi les problèmes : l’enfant n’est pas toujours entendu lors de la procédure judiciaire, et le recours trop fréquent au placement des enfants en institution. D’après l’enquête de l’Unicef, les placements sont en plus de trop longue durée parce qu’il n’y a aucun suivi des placements et donc pas de révision de la décision.

Le problème des enfants étrangers

Dans son rapport, l’Unicef évoque à nombreuses reprises le cas des enfants migrants ou nés de parents migrants. Ces enfants ne bénéficient pas de couverture maladie. L’organisme recommande qu’ils soient couverts par le Ramed. Aussi, leur droit à la protection n’est pas assuré parce que le certificat de naissance leur est souvent refusé par l’administration.

Trop peu de centres pour soigner les enfants handicapés

L’Unicef évoque aussi les problèmes de santé des enfants : mortalité néonatale, malnutrition, enfants en situation du handicap et manque de structures qui leur sont dédiées, enfants des rues… Au sujet de la santé, l’Unicef regrette le manque d’offre (pas assez de pédiatres et de gynécologues notamment) mais aussi la mauvaise gestion du budget du ministère de la Santé, qui ne constitue d’ailleurs que 5 % du budget total de l’État. Et de rappeler que 53 % des frais de santé sont assurés par les ménages.

Une école exclusive

En matière de droit au développement, l’Unicef estime que les défis majeurs sont le préscolaire (faute d’offre publique, 40% des enfants en bas âge n’étaient pas inscrits dans les petites classes pour l’année scolaire 2012-2013), le manque d’offre dans les zones rurales, la qualité des programmes pédagogiques et l’inclusion des enfants à besoins spécifiques. Deux enfants en situation de handicap sur trois ne vont pas à l’école. Bien sûr, le rapport évoque le problème du travail des enfants en regrettant le faible nombre d’inspecteurs du travail.
Toujours au sujet de l’école, l’Unicef note qu’il y a une augmentation de la violence à l’école, surtout dans les grandes villes, et qu’elle constitue l’une des causes de l’abandon scolaire.
L’Unicef n’a pas manqué de noter l’iniquité entre la situation des filles et des garçons. Le rapport rappelle par exemple que 9,3 % des filles âgées de 15 à 19 ans sont mariées, contre seulement 0,4 % des garçons.

vendredi 27 février 2015

Situation des femmes au Maroc : Discrimination dans tous les domaines






26/2/2015 à 11:44

Un rapport publié mercredi à Rabat, 20 ans après la Conférence mondiale sur les femmes à Beijing, fait état de discrimination persistante à l’égard des femmes au Maroc. Une conférence sur le sujet est prévue vendredi à Rabat par le ministère des Affaires étrangères et ONU-Femmes, à l’occasion de la Journée internationale de la femme.

Des ONGs marocaines ont rendu public, mercredi à Rabat, un rapport coordonné par l’Association démocratique des femmes du Maroc, avec l’appui de l’Union européenne, sur la mise en œoeuvre de la Déclaration et du programme d’action de Beijing. Ce rapport dresse l’état des lieux et propose des recommandations concernant la situation des femmes au Maroc, 20 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes – Beijing 1995.

Le Maroc, qui a ratifié la plupart des instruments généraux et internationaux visant à instaurer et promouvoir le principe de l’égalité hommes-femmes, est engagé politiquement et moralement dans le processus de la concrétisation des droits des femmes, note le rapport.

Sur les réformes législatives engagées pour améliorer la situation des femmes, l’étude fait état de « la persistance de discriminations basées sur le genre dans tous les domaines, entravant l’instauration d’une égalité effective entre les femmes et les hommes ».

Promotion de la situation des femmes


Selon le rapport, les lois régissant le domaine de la presse et de l’audiovisuel devraient inscrire l’égalité femmes-hommes parmi leurs principes structurants afin qu’elle s’applique à l’ensemble des métiers de ce secteur. Les médias sont en effet appelés à lutter contre les images stéréotypées des femmes et l’inégalité de l’accès et de la participation à tous les systèmes de communication.
Les ONGs ont aussi fait remarqué l’insuffisance de mécanismes de promotion de la situation de la femme, préconisant la mise en place d’un mécanisme national chargé de la coordination des politiques nationales. Il aura pour tâche principal d’appuyer l’intégration de la problématique hommes-femmes dans tous les secteurs et toutes les entités de l’Etat.

Le rapport s’intéresse également à la question de la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Dans ce sens, l’étude fait ressortir les résultats de l’enquête emploi réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) en 2012. Dans cette enquête, le HCP soutient que les femmes restent sous représentées (24,2%) dans les fonctions de responsabilité notamment en tant que membres des corps législatif, responsables hiérarchiques de la fonction publique, directeurs et cadres dirigeants des entreprises.

Mariage des mineures


Par ailleurs, pour lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femme, le rapport des ONGs prône la mise en œplace du Plan gouvernemental ainsi que l’opérationnalisation réelle et coordonnée des stratégies des différents départements ministériels, avec l’implication de l’ensemble des acteurs concernés à tous les niveaux territoriaux.
En dépit des avancées enregistrées en matière de lutte contre l’analphabétisme, les femmes demeurent les plus touchées par ce fléau avec un taux de 47,6%en 2012 conte 25,3% pour les hommes, note le rapport.  Les ONGs appellent ainsi à la mise en œoeuvre de la loi sur l’obligation de la scolarisation à travers une stratégie d’application à court terme.
Les associations soulignent aussi le problème de travail des petites filles domestiques et les mariages précoces, suggérant d’une part la révision du code de la famille et son harmonisation avec la nouvelle Constitution et d’autre part l’abrogation des dispositions juridiques autorisant le mariage des mineurs.

Une conférence-débat, ce vendredi à Rabat

Le ministère des Affaires étrangères et de la coopération et l’ONU-Femmes vont célébrer ce vendredi la Journée internationale de la femme, en organisant conjointement, à Rabat, une conférence-débat sous le thème « Les droits des femmes au Maroc, 20 ans après Beijing ».
L’objectif de la conférence consiste, entre autres, à approfondir la réflexion et à renouveler l’engagement politique et à mobiliser l’opinion publique en faveur de l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes au Maroc, indique le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération.
aufait avec MAP