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mercredi 27 janvier 2016

Les vacances royales de Nicolas Sarkozy aux frais de Mohammed VI





Nicolas Sarkozy avec le roi du Maroc Mohammed VI en juin 2015

Nicolas Sarkozy avec le roi du Maroc Mohammed VI en juin 2015 - Fadel Senna - AFP

Le Canard enchaîné daté de ce mercredi raconte les vacances de Noël de Nicolas Sarkozy et de sa famille au Maroc, dans un palais prêté par le roi Mohammed VI. Un repos tout en contradiction avec les écrits de l'ancien chef de l'Etat dans son récent livre.

lundi 5 décembre 2011

Un peu de détente : L'impromptu de Berlin, … en alexandrins

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

Nicolas :
 Madame, l'heure est grave : alors que Berlin danse
  
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
Entendez les Romains : ils appellent au secours !
Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider...

Angela :
Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu'il y a méprise
 Folle étais-je de croire à une douce surprise
 En vous suivant ici seule et sans équipage
Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant
 De n'être courtisée que pour son seul argent !

Nicolas :
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !
Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme
Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !
Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !

Angela :
 J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
 L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
 Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
 L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
 Et vous me demandez, avec fougue et passion
 De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
 Ce serait trop facile et ma réponse est non !

Nicolas :
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle !

Angela :
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !

(Ils s'éloignent, chacun de leur côté)

dimanche 4 décembre 2011

Sarkozy- le président qui montre l'exemple, à Toulon : 300 000 euros pour 52 minutes de discours

Samedi 3 décembre 2011
300 000 euros, c’est le coût estimé par René « Rosière », comme dit Var-Matin (Dosiere, de son vrai nom), du métinge Toulonnais de celui qui fait Président.

Le déplacement du crypto-candidat s’est limité à cela. Pas d’ouvriers ripolinés, pas d’agriculteurs attentionnés, pas de marins ponponés, aucune visite. Juste un discours au Zénith Omega pour 5000 invités triés sur le volet. Et quelques ministres.

Var-matin encore prétend que 10 000 invitations pour 8000 places avaient été lancées aux élus, aux chefs d’entreprises, artisans et même représentants syndicaux et pour compléter aux UMPistes encartés. Le chiffre de 5000 personnes présentes est le plus souvent retenu.

Ce déplacement très minuté était prévu avec arrivée de l’avion présidentiel à Hyères à 18 h 05, arrivée au Zénith à 18 H 25. « L'intervention du chef de l'État ne devrait pas excéder les trois quarts d'heure, après quoi le président de la République devrait regagner immédiatement Paris. »

Comme d’habitude, le quartier où doit avoir lieu le métinge du sortant-candidat a été bouclé avec un impressionnant déploiement de forces de l’ordre : « Huit camions de CRS ont été positionnés devant la gare SNCF, dix sur l'avenue Montebello, huit autour de l'hôpital Sainte-Anne ainsi que dix véhicules de gendarmeries sur le parking des Lices.

Le tunnel piétonnier sous les rails est bloqué par une vingtaine de policiers nationaux. Il faut montrer son carton d'invitation pour pouvoir emprunter le passage qui mène à la salle de spectacle. Même chose du côté du boulevard commandant Nicolas.(sic) »

En fait, Sarkozy a atterri à Hyères à 18 H 10, à 18 H 33 le cortège est arrivé au Zénith, Deux minutes après le discours commençait. A 19 H 27 La Marseillaise retentissait ! Entre temps, il aura osé dire "Pour les traders, les paradis fiscaux, rien se sera plus jamais comme avant..." [...] "La révolution a commencé", et, tel Gicquel, que la "peur était revenue". Avant de passer au plat de résistance du métinge – la retraite à 60 ans (1983) et les 35 h (1998) maléfiques – il fera l’honneur à Montebourg de l’attaquer « en affirmant que "ce n'est pas en passant à la VIe République qui serait en réalité un retour à la IVe République que la France maitrisera mieux son destin". » (Var Matin, toujours). Et il prévoit de lancer avec Merkel, un nouveau traité européen : comme réponse immédiate aux difficultés actuelles on ne peut imaginer pire solution. D’autant que la fameuse discipline budgétaire, elle était prévue dans le traité de Mastric, comme dit Chevènement. Comme il ya a eu Toulon 1 (on allait voir ce qu’on allait voir : fin des paradis fiscaux, des émoluments extravagants des gros patrons, des parachutes dorés…), puis Toulon 2, Sarkozy propose de faire un Maastricht 2 !

Mais les savants analystes de la prose de Guano nous ont dit et continueront à nous dire ce qu’il faut comprendre et tirer de la propagande sarkozyenne. Plus trivialement, outre le fait que tout cela une fois de plus est aux frais du contribuable, celui qui fait président n’a rien à faire que de perdre son temps en un déplacement dans un zénith lointain ? Sûr que Télé Bouygues lui aurait offert l’antenne pour 52 minutes de soliloque électoraliste. Et à domicile.

Cette agitation vibrionnaire - un jour à Berlin, le lendemain à Trifouillis-les-oies, un jour à prétendre sauver l’euro, l’Europe et le monde, le lendemain à flatter les agrariens productivistes ou à jouer le porte-parole du lobby nucléaire – cadre mal avec l’image du Président protecteur qu’on essaie de fourguer au bon peuple.
http://www.wikistrike.com/article-sarkozy-a-toulon-300-000-euros-pour-52-minutes-de-discours-91090039.html

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Sarkozy : la faute est à Toulon, sauf à lui

Par Ebuzzing 3/12/2011

Le 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy a déjà prononcé un discours sur la crise à Toulon. Il a beaucoup promis.

"Dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité, parce que l’austérité aggraverait la récession".

Il a déjà imposé deux plans d’austérité à la France. Le Troisième arrive.

(...) "Je n’accepterai donc pas des hausses d’impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des français car notre objectif est de leur rendre leur pouvoir d’achat et non de leur en prendre".
Il a déjà décidé de 52 nouvelles taxes et hausse d’impôt

(...) "Il est exclu de renchérir les prix des produits de grande consommation"

Il a relevé le taux de TVA de base de 5,5 à 7%.

(...) "L’économie de marché ce n’est pas la loi de la jungle, ce n’est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres".
Il n’a augmenté le SMIC que de 1,6% en 2011. Les patrons du CAC 40 se sont augmentés de 24%. Il a inventé le bouclier fiscal pour protéger les plus riches.

(...) "Le laisser-faire c’est fini. Le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini. Il faut tirer les leçons de la crise pour que la crise ne se reproduise pas".
Il a promis la sortie de crise. Trois ans plus tard, il tient un discours sur la crise. Il a tout promis. Il noujs a menti.

Discours de Toulon, décembre 2011.

Nicolas Sarkozy avait promis, pour le deuxième discours de Toulon, de faire la "pédagogie de la crise". Il en a trouvé les coupables. Tout le monde. Sauf lui.

"Pas un seul budget en équilibre depuis 1974 ».
La crise, c’est la faute à la gauche.

"La retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons aujourd’hui lourdement les conséquences.
La crise c’est l faute à la mondialisation.

"La grande cause il faut la trouver dans la situation à la fin des 70 d’une mondialisation sans règles...".
La crise c’est la faute à la crise.

"C’est la même crise qui après avoir frappé les banques, frappe les États".
La crise c’est la faute de la peur. 

 
"Cette peur qui détruit la confiance, cette peur qui paralyse les consommateurs. Cette peur qui empêche l’investisseur d’investir ...". 

La crise, c’est la faute à l’Europe. 
 
"L’Europe a déçu, pas assez vite, pas assez loin, pas assez fort...". 

La crise, c’est la faute au reste du monde. 

"La France est tellement engagée dans le monde, que son économie est tellement plongée dans l’économie mondiale, qu’il n’y pas de différence entre l’économie politique intérieure et la politique extérieure...". 
La crise, c’est la faute à tout le monde... Sauf à lui.

mercredi 23 février 2011

France : les intérêts mercantilistes avant les droits de l'Homme

L’État français complice 
des dictatures arabes
Par Contrepoints,  22/02/2011
De nouveaux documents diffusés par Wikileaks montrent que l’Etat français et son gouvernement ont systématiquement ignoré les atteintes flagrantes aux Droits de l’Homme au Maghreb au nom de certains intérêts mercantilistes et sécuritaires.
Lors de son premier voyage en Tunisie, Nicolas Sarkozy n’a pas souhaité rencontrer d’acteurs non-étatiques de la société civile. Les seules discussions portant sur les Droits de l’Homme en Tunisie ont eu lieu en privé et à l’initiative de Ben Ali.
Deux semaines plus tard, un diplomate français du nom de Serge Degallaix affirmait même à un diplomate américain que l’Etat tunisien ne serait pas une dictature.
Lorsque le Premier Ministre François Fillon est allé en Tunisie en 2009, il avait à ses côté 60 hommes d’affaires français, mais pas le Ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner. La seule déclaration substancielle de François Fillon sur la situation politique du pays a été : « la France ne donne pas de leçons de Droits de l’Homme [...] ces problèmes relatifs aux Droits de l’Homme sont présents dans à peu près tous les pays. »
En février 2010, un diplomate français du nom de Cyrille Rogeau, sous-directeur responsable de l’Afrique du Nord au Ministère des Affaires Etrangères, a déclaré à Charles Rivkin, ambassadeur américain à Paris, que l’administration française considérait la Tunisie comme le régime le plus stable du Maghreb.
Realpolitik, dirigisme et incompétence
Ces télégrammes diffusés lundi 21 février par Wikileaks montrent le même système de cynisme en politique étrangère et de collaboration avec les plus grandes entreprises françaises vivant de contrats d’Etat en politique intérieure.
Mieux, ils montrent aussi l’incapacité des hommes d’Etat à prévoir les changements politiques d’ampleur à l’étranger. Un diplomate français, Jay Dharmadhikari, a ainsi affirmé que le chef de l’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika aurait bien de la chance s’il parvenait à survivre d’ici la fin de son mandat en 2009. Force est de constater que Bouteflika est toujours en vie et au pouvoir en 2011.
Selon la diplomate française Nathalie Loiseau, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois téléphoné à Moammar Khadafi afin de l’inviter à Paris. Cyrille Rogeau note que « les libyens ne font que parler mais n’achètent rien de français. Il n’y a que les italiens pour signer des contrats avec eux. »
De tels propos sont révélateurs des liens ténus qui existent entre les grandes entreprises françaises et l’administration du pays. Ces liens sont très anciens et relèvent d’une tradition colbertiste et dirigiste fortement anti-libérale. En effet, si la France était un pays libéral, l’Etat n’aurait pas de relations privilégiées avec les entreprises, grandes et petites.
Comme il existe une séparation entre la religion et l’Etat (plus imparfaite qu’on ne le dit en France), il devrait exister une séparation entre l’Etat et les activités de la société civile (associations, entreprises, etc.). 
Ludwig von Mises
À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable.

lundi 31 janvier 2011

Entre Tunis et Le Caire, le rêve brisé de Sarkozy

Gérard Courtois (Chronique "France") Le Monde,  1/2/11

Quand l'Histoire s'invite avec tant d'insistance dans l'actualité nationale, l'embarras du chroniqueur est extrême. Que privilégier, en effet ? Les interrogations métaphysiques des centristes, menacés de "centrifugation", selon le mot du sénateur Jean Arthuis ? Ou les questionnements existentiels de Nicolas Hulot, décidé, semble-t-il, à chiper à Dominique Strauss-Kahn la palme du vrai-faux candidat ?
Faut-il plutôt s'alarmer du recours de nos concitoyens aux conduites magiques pour conjurer la crise, puisqu'ils ont misé plus de 40 milliards d'euros en 2010 dans tous les jeux de hasard, paris et casinos - soit, tout de même, plus du tiers du déficit budgétaire pour 2011 ? Ou doit-on prendre au sérieux le plan du ministre de l'éducation nationale pour faire pousser la bosse des maths aux petits Français, en oubliant que cet homme-là lance en l'air, comme un jongleur, une réforme tous les trois mois ?
Que dire, enfin, de ces détresses poignantes qui nous entourent ? Celle de l'ancien président Jacques Chirac, trop vieilli, usé et fatigué, plaide son entourage, pour affronter le procès des emplois fictifs de la Ville de Paris qui l'attend dans un mois. Ou la détresse des 46 policiers de la CRS 54, basée à Marseille, qui ont commencé une grève de la faim pour dénoncer l'éventuelle suppression de leur compagnie. L'affaire n'est pas banale, quand on pense que ce sont ces CRS, ou leurs collègues, dont la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, vantait il y a peu l'exceptionnel professionnalisme au point de vouloir en faire bénéficier le régime chancelant du président tunisien Ben Ali...
Il est vrai que l'Histoire a heureusement tranché autrement : l'homme qui tenait la Tunisie sous sa botte depuis plus de vingt ans a fui devant la révolte de son peuple. L'essentiel a été dit, depuis, sur le silence ancien, complice et coupable de la France à l'égard du clan au pouvoir à Tunis, sa corruption, son autoritarisme policier et son mépris pour les droits de l'homme.
Mais il a été moins relevé que cette "révolution du jasmin" (et de sang) signe l'échec cinglant du grand projet méditerranéen de Nicolas Sarkozy. Surtout depuis qu'une fièvre semblable a gagné l'Egypte et menace chaque jour davantage le président Moubarak, coprésident depuis juillet 2008, avec son homologue français, de l'Union pour la Méditerranée.
Dès le soir de son élection, le 6 mai 2007, le chef de l'Etat avait lancé "un appel à tous les peuples de Méditerranée pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout va se jouer, qu'il nous faut surmonter toutes les haines pour laisser place à un grand rêve de paix et de civilisation". Lyrique, il ajoutait que la France serait "du côté des opprimés du monde", de "tous ceux qui croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie".
Superbe perspective, que M. Sarkozy avait confirmée à Tanger, au Maroc, à l'automne suivant : "En tournant le dos à la Méditerranée, l'Europe se couperait non seulement de ses sources intellectuelles, morales, spirituelles, mais également de son futur. C'est en Méditerranée que l'Europe gagnera sa prospérité, sa sécurité ".
Les 13 et 14 juillet 2008, enfin, après des mois de rugueuses tractations, le président français pouvait savourer son succès : à l'exception du Libyen Kadhafi, les 43 dirigeants de l'Europe et du pourtour méditerranéen étaient réunis sous la coupole du Grand Palais, à Paris. "Nous ne voulons plus seulement être des voisins, mais des partenaires" et "écrire ensemble notre histoire commune sur un pied d'égalité entre le Nord et le Sud" et autour de "projets concrets" (en matière d'environnement, d'éducation, de développement ou d'énergie), pouvait leur lancer le président de la République.
A l'instar de la réconciliation franco-allemande et européenne, au lendemain de la guerre, il plaidait que cette Union permettrait non pas d'occulter, mais de dépasser les drames, les conflits et les injustices passés.
Les spécialistes souligneront que, depuis, ce grand dessein s'est enlisé, paralysé par mille susceptibilités, cisaillé par la guerre israélienne contre Gaza en janvier 2009, plombé par la crise économique mondiale. Et ils auront raison : les solidarités concrètes n'ont pratiquement pas vu le jour et la deuxième conférence générale de l'Union pour la Méditerranée est ajournée depuis des mois.
Mais le mal - le vice de forme en quelque sorte - est plus profond, comme le démontrent la révolution tunisienne et le soulèvement égyptien : l'Europe a tout simplement négligé les peuples, leurs colères contre l'injustice et leurs aspirations à la liberté ; Nicolas Sarkozy, en particulier, a oublié la défense des droits de l'homme et des opprimés invoquée le 6 mai 2007, jusqu'à déclarer, lors d'un voyage officiel en 2008, que "l'espace de liberté progresse en Tunisie".
Tout y a contribué. Bien sûr, les liens étroits et le réalisme commode qui conduisent à coopérer avec les régimes en place quels qu'ils soient. Mais aussi la règle de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays de l'autre rive méditerranéenne, surtout s'ils sont d'anciennes colonies ou protectorats français.
Enfin, la lutte contre l'islamisme radical et le terrorisme contre lesquels Paris a voulu croire, jusqu'à l'aveuglement, que les potentats les plus autoritaires sont un rempart efficace.
Dressé par Le Quotidien d'Oran (cité par Courrier international), le bilan est désastreux et résonne comme un avis de décès pour l'Union pour la Méditerranée : "Le Maghreb et sa population n'ont rien à attendre de l'Europe en général et de la France en particulier."
Plus cruel encore, le romancier égyptien Alaa El-Aswany, l'auteur de L'Immeuble Yacoubian, concluait son témoignage sur la "révolution" en marche sur les bords du Nil d'une phrase qui résume ce fiasco : "La France nous a donné l'exemple avec des écrivains comme Camus et Sartre, engagés pour la liberté" (Libération, 30-31 janvier). Il est plus que regrettable que l'on s'en souvienne au Caire, et pas à Paris.
Courriel : courtois@lemonde.fr.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/31/entre-tunis-et-le-caire-le-reve-brise-de-sarkozy_1473086_3232.html

lundi 3 janvier 2011

En Sarkozie : Les quatre frères et leur cousine

Dans cette période, entre rêves et cauchemars, 
allez savoir ce qui nous attend !
Editorial de La Fédération,1/1/2011
Premier véritable cauchemar : la saga des quatre frères Sarkozy incarne parfaitement ce que décrit le livre Le Président des riches * . Nicolas, Guillaume, François et Olivier, une bande pas banale, même s’ils sont moins connus que les Dalton !
Guillaume Sarkozy, dirigeant du MEDEF de 2000 à 2006, est devenu le président de Malakoff-Médéric. Sur le marché français, c’est le n°1 des groupes paritaires de protection sociale, le n°2 de la retraite complémentaire et le n°3 en santé collective. Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric le 30 juin 2008, 6 mois avant la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. Il a profité de la proximité avec le pouvoir pour rafler les appels d’offre (Lire article de Laurent Mauduit / voir également ).
L’autre frère, François Sarkozy, pédiatre de formation, a abandonné la pratique de la médecine pour se consacrer à l’industrie pharmaceutique (principalement orientée vers la gériatrie) depuis 2001. Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement. Il a également lancé une chaîne de télévision spécialisée dans la santé sur internet, financée par le laboratoire Sanofi. Cet homme a tissé sa toile : il fait partie aujourd’hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique.
Celui dont on ne parle jamais : Olivier Sarkozy (demi-frère de Nicolas) copilote depuis avril 2008 l’activité mondiale de services financiers de Carlyle Group (http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlyle_group) . Cette société d'investissement, basée à Washington D.C., est présente dans de nombreux domaines : l'aéronautique, la défense, l'industrie automobile et des transports, l'énergie, les télécommunications et les médias . Elle place ses fonds en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. Elle possède 89,3 milliards de dollars de capitaux propres et a à son service plus de 515 professionnels de l'investissement dans 21 pays. Les entreprises de son portefeuille emploient plus de 286 000 personnes dans le monde.
La naïveté serait de croire au récit médiatique du bling-bling, aux « amis » milliardaires, à Lagardère « son frère » comme disait Sarkozy en 2007 ! Tous sont du même monde et ont des réseaux d’influence et de profits. Une fraction de la bourgeoisie veut s’empiffrer de la destruction des systèmes de solidarité. Il leur fallait donc s’attaquer aux retraites et mettre en coupe réglée la Sécurité Sociale grâce au traitement de la dépendance par les assurances privées .
Parmi les « conflits d’intérêts » sur le modèle Woerth-Bettencourt , voilà en résumé notre cauchemar des 4 frères : le cerveau copilote l’activité mondiale des services financiers d’une multinationale tentaculaire, un autre est à la tête d’un gros groupe d’assurance santé, un troisième sert les intérêts des laboratoires, et le petit dernier,« notre Président », spécialiste en corruption et coups de force en tous genres, est en charge de l’exécutif de la France .
On se réveille ? Pas sûr ! Car le cauchemar continue, avec Marine, leur cousine à la mode de Bretagne : elle veut sa place, elle a les mêmes valeurs, et pour se tailler une part elle va les dénoncer . « À bas les profiteurs ! » dit-elle en ajoutant : « À bas la racaille immigrée qui nous a envahis ». Elle respecte les mêmes puissances des riches et des financiers mais va les insulter un peu, histoire de profiter de la situation.
Assez de cauchemars! Il faut se réveiller, vraiment ! Avec tous nos amis et camarades, on ne va plus accepter cette situation : les richesses sont faites pour vivre mieux, tous et toutes.
Qu’ils s’en aillent tous ! Que les forces de résistance s’unissent pour imposer une réorientation sociale et écologique !
Que vive une alternative en 2011 !
* Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : « Le Président des riches »