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mercredi 25 septembre 2013

Une victoire allemande au goût amère


Par Gérard Selys,  23/9/2013
Le taux de chômage était passé de 8,8% à 44% en cinq ans. Les capacités de production de l’industrie n’étaient utilisées qu’à 41%. Les ouvriers qui n’étaient pas licenciés devaient travailler jusqu’à 14 heures par jour. Le rendement par ouvrier et par heure augmenta de 16%. Les salaires réels nets diminuent de 36% dans le même temps. Les industriels et banquiers obtiennent 1,37 milliards de réduction d’impôt mais les impôts indirects sur les produits de première nécessité augmentent de deux milliards. Le parlement vote la suppression ou la diminution des allocations de chômage pour 1,2 millions de chômeurs. Le gouvernement fait de « l’assainissement des finances publiques » son objectif principal. Une « taxe d’urgence » de 4% est prélevée sur les salaires des fonctionnaires et des employés. L’assurance maladie est amputée de 300 millions. Certaines taxes sur les produits de base sont relevées de 600%. Un an plus tard une ordonnance diminue les salaires de 10 à 15%, impose l’annulation des conventions collectives, supprime le droit de grève, instaure la diminution des allocations et l’augmentation des cotisations sociales et proclame l’état d’exception. Hitler remporte les élections législatives en mars. 

lundi 5 décembre 2011

Un peu de détente : L'impromptu de Berlin, … en alexandrins

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

Nicolas :
 Madame, l'heure est grave : alors que Berlin danse
  
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
Entendez les Romains : ils appellent au secours !
Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider...

Angela :
Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu'il y a méprise
 Folle étais-je de croire à une douce surprise
 En vous suivant ici seule et sans équipage
Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant
 De n'être courtisée que pour son seul argent !

Nicolas :
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !
Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme
Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !
Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !

Angela :
 J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
 L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
 Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
 L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
 Et vous me demandez, avec fougue et passion
 De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
 Ce serait trop facile et ma réponse est non !

Nicolas :
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle !

Angela :
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !

(Ils s'éloignent, chacun de leur côté)

samedi 11 décembre 2010

SAHARA OCCIDENTAL Angela Merkel soutient la position algérienne

Par Mohamed Touati, l'Expression, 11/12/2010
 "L’Allemagne partage la conviction de l’Algérie» sur la question du Sahara occidental", a déclaré la chancelière allemande.
La première puissance économique européenne renforce la légitimité de la lutte pacifique du peuple sahraoui pour son indépendance. C’est au cours d’une conférence de presse animée conjointement avec Abdelaziz Bouteflika pendant la visite officielle qu’il a effectuée en Allemagne que la patronne de la CDU, l’Union chrétienne-démocrate, a affiché la volonté de son pays à mettre un terme, de façon définitive, au conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario, depuis plus de trente-cinq ans, dans le cadre du respect de la légalité internationale.
«L’Allemagne partage la conviction de l’Algérie sur la question du Sahara occidental», a affirmé mercredi dernier à Berlin la chancelière allemande dans une dépêche répercutée par l’Agence de presse officielle sahraouie datée du 8 décembre 2010. Une déclaration qui annonce d’ores et déjà le souffle nouveau que compte insuffler l’Allemagne au Conseil de sécurité. La première puissance économique d’Europe y est candidate pour occuper un siège permanent. Ce qui lui donnerait l’occasion de «contribuer à renforcer la position des Nations unies et peser de son poids pour régler cette question», a souligné Angela Merkel.
«L’Algérie réaffirme la nécessité du ´´respect´´ de la légalité internationale concernant la question du Sahara occidental, tout en réitérant qu’elle n’est pas partie au conflit», a précisé de son côté le directeur général des Affaires politiques et de la sécurité internationales au ministère des Affaires étrangères, jeudi dernier à Alger.
«Nous avons demandé pour que la légalité internationale soit respectée, concernant le conflit au Sahara occidental» avait fait remarquer Dani Benchaâ lors d’une conférence-débat sur la politique extérieure de l’Algérie, qui s’est tenue dans le cadre de la visite officielle des auditeurs de la 117e session du Cours principal du collège de Défense de l’Otan à Rome.
Les «révélations» du site WikiLeaks, au sujet de ce conflit régional, abondent dans ce sens et montrent que la position de l’Algérie n’a pas varié d’un pouce depuis l’annexion du Sahara occidental par le Maroc.
«Si je pouvais résoudre le problème, je le ferais. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis. Ce qu’il faut, c’est que le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains», aurait déclaré, au mois de mai 2007, Abdelaziz Bouteflika dans le compte-rendu d’une audience d’une durée de 3h30 accordée à la conseillère pour les Affaires de sécurité du président des Etats-Unis, G. W. Bush, Frances Fragos Townsend, glané par WikiLeaks et divulgué par le quotidien français Le Monde.
Les Américains pourront compter à l’avenir sur l’apport de la diplomatie de nos amis d’Outre-Rhin. Alger et Berlin quant à eux sont sur la même longueur d’onde. Qu’en est-il du côté de nos voisins de l’Ouest?
Rabat s’enlise dans des contradictions qui sont des justifications qui ont ébranlé la diplomatie marocaine depuis le vote de la résolution par le Parlement européen condamnant l’assaut meurtrier du camp de toile sahraoui par les forces d’occupation, armées du royaume. Morceaux choisis. «Nous poursuivrons le processus de négociations, prenant à témoin le monde entier que nous sommes porteurs d’une position pertinente et animés d’une volonté positive et de bonnes intentions» a déclaré jeudi, lors d’un point de presse, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri.
Bonnes intentions, a-t-il dit? Mercredi, la police marocaine a arrêté deux militantes sahraouies des droits humains à l’aéroport de la capitale occupée du Sahara occidental, El Aâyoune, sous prétexte qu’elles étaient recherchées par la justice du royaume. Elles s’apprêtaient en fait à se rendre en Algérie où elles devaient prendre part à une conférence qui se tenait à l’occasion du 62e anniversaire de la Journée mondiale des droits de l’homme, pour témoigner et dénoncer la répression et les violations des droits de l’homme commises par les forces d’occupation marocaines contre les civils sahraouis. «Le Maroc demeure un pays ouvert à la presse internationale, mais fermé à ceux qui veulent porter atteinte à ses intérêts en se drapant d’une couverture qui ne leur convient pas», a ajouté le ministre marocain au cours de la même prise de parole.
Autrement dit, El Aâyoune, Smara, Boujdour... demeureront fermées aux journalistes qui dénonceront la répression qui sévit dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Le gouvernement marocain n’est pas à une inconséquence près. A force d’affirmer une chose et son contraire le Makhzen a perdu... la tête.