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lundi 16 mai 2016

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 8 mai au 15 mai 2016

 
Sahara Occidental : l’espoir en suspens ? Maroc : la haine contre l’ONU !
Maroc
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samedi 8 novembre 2014

Sahara occidental: Mohamed VI acculé, opte pour l'intransigeance


  Mohamed VI acculé, opte pour l'intransigeance (Dossier de 5 articles)

Le Maroc est le seul pays qui célèbre une violation du droit international. Le 6 Novembre, le jour où la sinistre "marche verte" a violé la frontière du Sahara occidental en 1975, le roi a pour habitude de prononcer un discours dont le thème principal est souvent la question du Sahara occidental dont l’annexion n'a pas été reconnue par le Droit International. Dans le discours qui vient de prononcer cette année, les paroles de Mohamed VI révèlent que le Maroc se trouve de plus en plus isolé dans sa position expansionniste et que la réaction de cet isolement de plus en plus grand est une défiante intransigeance envers l'ONU et les États-Unis.
I. PRINCIPAUX MESSAGES DU DISCOURS DE MOHAMED VI
Les paragraphes les plus importants du discours de Mohamed VI sont les suivants:
«Le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps»
(...)
C’est dans ce cadre que s’inscrit Notre décision de mettre en œuvre la régionalisation avancée et le modèle de développement de nos Provinces du Sud.
(...)
il n’y a pas de degrés en patriotisme ou en trahison. Car, soit on est patriote, soit on est traitre. (...)Nous savons que l’erreur est humaine, mais la trahison est impardonnable. Et le Maroc ne sera jamais une fabrique pour les « martyrs de la trahison ».
          (...)
Le Maroc n’a aucun complexe pour négocier avec qui que ce soit, aussi bien directement que par le biais de la médiation onusienne. Mais là, il faut insister sur le fait que la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire est immuable, inaliénable et non négociable. .
(...)
          L’Initiative d’autonomie est le maximum que le Maroc puisse offrir dans le cadre de la négociation pour trouver une solution définitive à ce conflit régional. .
En Ma qualité de Garant de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du pays, Mon devoir est de définir les concepts et les responsabilités dans le traitement des questions avec les Nations Unies. Il M’incombe aussi d’exprimer le rejet par le Maroc des mystifications et des dérapages que connait cette affaire.
En réaffirmation de la position du Maroc à ce sujet, Je dis :
• Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation. En effet, le Maroc dans son Sahara, n’a jamais été une puissance d’occupation ou une puissance administrante. Il exerce plutôt les attributs de sa souveraineté sur sa terre ;
• Non à toute tentative de révision des principes et paramètres de négociation, ainsi qu’à toute autre tentative visant à reconsidérer ou élargir le mandat de la Minurso, y compris la question d’observation des droits de l’Homme ;
• Non à la complaisance vis-à-vis de la véritable partie à ce conflit et à son exonération de ses responsabilités;
• Non à la tentative de mettre sur un même pied un Etat-membre au sein des Nations Unies et un mouvement séparatiste, et non à la légitimation de l’état de non-droit qui prévaut à Tindouf ; (...)

A cet égard, Nous exprimons Notre estime au Secrétaire général des Nations Unies et aux grandes puissances internationales, notamment les Etats-Unis d’Amérique, avec, au premier chef, la Maison Blanche, pour leur contribution positive, pendant les différentes étapes, à la recherche d’une solution à cette question.
Si Nous saluons leur soutien aux efforts déployés par le Maroc et au processus de négociation sur la base de l’Initiative d’autonomie, Nous n’en exigeons pas moins aujourd’hui une position claire sur ce conflit. (...)

Il se leurre celui qui croit que la gestion de l’affaire du Sahara se fera au moyen de rapports techniques orientés ou de recommandations ambiguës s’appuyant sur la tentative de concilier les revendications de toutes les parties.
Il se méprend aussi celui qui tente une comparaison entre le Sahara d’une part, et le Timor oriental ou certains litiges territoriaux en Europe de l’Est, d’autre part. Car chaque affaire a ses spécificités.
II. MOHAMED VI MET FIN A LA CREDIBILITE QUE LA MONARCHIE POURRAIT AVOIR
Avant l'analyse du conflit, il convient d’attirer l'attention sur les affirmations objectivement fausses avancées par Mohamed VI. La fausseté évidente de ces affirmations implique que celui qui a écrit le discours (Taieb Fassi Fihri?) que Mohammed VI a très mal lu a mis celui-ci dans une situation intenable à l'échelle internationale. Voyons pourquoi.
1. Il n’est pas vrai que la souveraineté ne soit pas négociable pour la monarchie marocaine.
- Mohamed VI dit: «Le Maroc n’a aucun complexe pour négocier avec qui que ce soit, aussi bien directement que par le biais de la médiation onusienne. Mais là, il faut insister sur le fait que la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire est immuable, inaliénable et non négociable »
- Cependant, la monarchie marocaine a officiellement accepté un "plan de Règlement" qui prévoit un référendum d'autodétermination permettant de choisir entre l'indépendance du Sahara occidental et l'intégration au Maroc. Ce plan, ACCEPTE PAR LES DEUX PARTIES, a été approuvé par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 658, 690 et 725.
2. Il n’est pas vrai que le Sahara Occidental soit un conflit "régional" et non pas un conflit de décolonisation
- Mohamed VI a dit: «Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation"
- Pourtant, l'Assemblée Générale, d’une manière continue depuis 1965, avant et après l'invasion du territoire par le Maroc, a considéré ce conflit comme un problème de décolonisation.
Plus important encore, la question est à l'ordre du jour du Comité de Décolonisation de l'Assemblée générale sans que le Maroc en fasse objection.
3. Il n’est pas vrai que le Maroc ne soit pas une puissance occupante.
Les Nations Unies ont officiellement, qualifié la présence marocaine comme "occupation"
- Mohamed VI dit que "le Maroc n'a jamais été une force d'occupation"
- Cependant, l’Assemblée Générale des Nations Unies a officiellement qualifié la présence marocaine au Sahara occidental comme "occupation" dans ses résolutions 34/37 et 35/19.
4. Il n’est pas vrai que le Maroc ne soit pas une "puissance administrante"
- Mohamed VI a déclaré que "le Maroc n'a jamais été une force d'occupation ou une puissance administrante au Sahara"
- Pourtant, le ministre, à l’époque, des Affaires étrangères de Mohamed VI, Mohamed Benaissa, a écrit une lettre officielle au secrétaire général (SG) de l'ONU, le 2 Février 2006, où l’on attribuait au Maroc la condition de «puissance administrante» (document officiel Nations Unies S / 2006/52, dont je parlais dans un article sur le sujet).
III. MOHAMED VI DÉVOILE LES PLANS DES NATIONS UNIES ET Y OPPOSE SON INTRANSIGEANCE 
Le dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité (CS) en Avril 2014, dévoile que l'Envoyé personnel du SG, Christopher Ross, a fait une série de propositions dont les parties se sont engagées à garder dans le secret. Il y a eu aussi des spéculations sur le contenu du rapport remis par Ross au Conseil de sécurité à huis clos le 27 Octobre 2014.
Le quadruple "NON" de Mohamed VI, à la lumière des "Wikileaks du Makhzen» récemment révélés semble offrir des pistes claires sur la nature de la proposition de Ross que le Maroc rejette.
- Lorsque Mohamed VI dit: «Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation», il dévoile que la prémisse du plan des Nations Unies est que nous sommes face à un «territoire non-autonome», c’est-à-dire, une colonie.
- Lorsque Mohamed VI dit: " Non à toute tentative de révision des principes et paramètres de négociation, ainsi qu’à toute autre tentative visant à reconsidérer ou élargir le mandat de la Minurso, y compris la question d’observation des droits de l’Homme", il révèle clairement que la proposition de solution du conflit passe par la création d’un mécanisme international pour la protection des droits de l'homme.
- Quand Mohamed VI a déclaré: «Non à la complaisance vis-à-vis de la véritable partie à ce conflit et à son exonération de ses responsabilités ", il dévoile clairement que les Nations Unies refusent de considérer comme «partie dans ce conflit" le pays que le Maroc tente, en vain, depuis des décennies, d’en faire une «partie», à savoir l’Algérie.
- Lorsque Mohamed VI dit: " Non à la tentative de mettre sur un même pied un Etat-membre au sein des Nations Unies et un mouvement séparatiste, et non à la légitimation de l’état de non-droit qui prévaut à Tindouf ", il nous dit que la proposition de l’ONU compte établir des obligations similaires aux deux parties du conflit, le Maroc et le Front Polisario.
Plus révélateur encore, la phrase où Mohammed VI dit que « Il se méprend aussi celui qui tente une comparaison entre le Sahara d’une part, et le Timor oriental". Il s’agit, si ma mémoire ne me trahit pas, de la première fois que Mohamed VI cite explicitement le cas du Timor oriental. Un cas que de nombreux auteurs (en plus de celui qui signe cet écrit) considèrent comme un modèle très proche à celui du Sahara occidental.
Cela signifie que, pour les Nations Unies, le modèle de décolonisation du Sahara occidental est, comme il ne peut pas être autrement, le Timor oriental.
IV. MOHAMED VI REPROCHE AUX ETATS-UNIS (ET A LA FRANCE) LE MANQUE D’UN SOUTIEN CLAIR
Je pense qu’il est très important le paragraphe du discours où après avoir dit " Nous exprimons Notre estime au Secrétaire général des Nations Unies et aux grandes puissances internationales, notamment les Etats-Unis d’Amérique, avec, au premier chef, la Maison Blanche, pour leur contribution positive, pendant les différentes étapes, à la recherche d’une solution à cette question ", fait un petit reproche voilé.
En effet, il appelle ces États qui, en dépit de saluer les " efforts déployés par le Maroc et au processus de négociation sur la base de l’Initiative d’autonomie", ils ne soutiennent pas l'imposition par le Maroc de sa position. C’est pour cela qu’il dit, en ce qui concerne ces "grandes puissances internationales» que «Nous n’en exigeons pas moins aujourd’hui une position claire sur ce conflit ".
Le fait que Mohamed VI supplie à ces puissances (États-Unis et France) "une position claire sur ce conflit" est la preuve la plus éloquente que celles-ci n’offrent pas cette "position claire" que Mohammed VI réclame et qui est le soutien à l’annexion.
V. SILENCE SUR LA RUSSIE (ET LA CHINE) ET RÉFÉRENCE ÉNIGMATIQUE A L’EUROPE DE L'EST
Un fait frappant dans ce discours est le fait qu’il n’ait fait aucune référence à la Russie et à la Chine, pays avec lesquels Mohamed VI avait annoncé des relations stratégiques dans son discours du 20 Août 2014.
J’ai déjà parlé ici de la question de la "non-visite" de Mohamed VI en Russie.
L'absence de référence à la Russie confirme, à mon avis, que le projet de rapprochement avec la Russie est tombé à l’eau.
À cet égard, un fait qui attire l’attention est que Mohamed VI dise " Il se méprend aussi celui qui tente une comparaison entre le Sahara (…) ou certains litiges territoriaux en Europe de l’Es" Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? Je pense qu’il parle des cas de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Il est probable que l’absence d’entendement avec la Russie soit dû précisément au fait que la Russie a demandé comme contrepartie au soutien au Sahara occidental un soutien dans les conflits d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud (en plus, bien sûr, de celui de l'Ukraine).
VI. ANALYSE CONCLUSIF : L’ ESPAGNE DEVRA SE PRONOCER AU CONSEIL DE SECURITE EN 2015
Je trouve que ce discours a été l’un des plus intransigeants dans tout le règne de Mohammed VI. Peut-être le seul discours d’intransigeance similaire était celui de l’année 2000 lorsqu’l a fait pression pour suspendre le référendum d’autodétermination.
Mais contrairement à ce qui arrivait dans la première étape de son règne, dans laquelle il comptait avec le soutien de la France et les Etats-Unis dans cette intransigeance, maintenant il semble ne pas jouir de ce soutien.
Mohamed VI se trouve, à mon avis, plus isolé que jamais. Cela veut dire que le débat et la prochaine résolution du Conseil de Sécurité en Avril 2015 peuvent avoir une intensité et une gravité énormes. D'ici là, l'Espagne sera assis au Conseil de sécurité. Si l'absence d'une "position claire" de la France et des États-Unis persiste, le Makhzen va essayer de faire une pression brutale sur l'Espagne (terrorisme, migration). Mais dans cette situation, il est probable que ni l’éventuel (et, à mon avis, indésirable et stratégiquement erroné) soutien de l’Espagne empêche l'ONU de faire un pas qualitatif vers la résolution du conflit du Sahara occidental.
Carlos Ruiz Miguel, professeur de droit constitutionnel
Université de Saint-Jacques-de-Compostelle
DESDE EL ATLANTICO, 07/11/2014
Traduction non-officielle de Diaspora Saharaui

Maroc Wikileaks : Compte-rendu de la rencontre avec Mme Malcorra

The Permanent Mission of
the Kingdom of Morocco
to the United Nations
MONSIEUR LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION
Date : 24 juillet
Objet : Question nationale/Rencontre avec Mme Malcorra.
J'ai l'honneur de vous informer qu'afm de plaider la candidature de M. Aziz Mekouar, au poste de Représentant Spécial du Secrétaire Général pour l'Afrique de l'Ouest, j'ai eu, hier après-midi, à ma demande, une rencontre, avec la Chef de Cabinet du Secrétaire Général des Nations Unies, Mme Susana Malcorra. Cette dernière a saisi l'occasion pour soulever la question nationale dans les termes suivants:
* Le processus politique est au point mort et il n'y a plus de contact entre l'Envoyé Personnel M. Christopher Ross et les autorités marocaines. 
* Le Secrétaire Général et l'ensemble des responsables onusiens sont au fait du mécontentement profond du Maroc, au sujet du dernier rapport au Conseil de Sécurité.
* Le Maroc a très clairement fait part de l'ensemble de ses préoccupations et tout le monde, au Secrétariat et ailleurs, les connait, désormais, parfaitement.
* Le Maroc est furieux, entre autres, au sujet de l'échéance d'Avril 2015, pour une évaluation du processus de négociations. "Je vous assure qu'il n'en sera rien. Cette échéance n'est point à l'ordre du jour".
* Le Maroc a posé des questions par écrit, à l'Envoyé Personnel. Il est impossible à M. Ross d'y répondre, car cela risque de braquer l'autre partie, plus particulièrement au sujet du référendum.
* Le Secrétaire Général est conscient qu'il n'y aura pas de solution miracle, ni de règlement du conflit dans le futur proche.
* La poursuite de l'impasse et l'absence d'espoir, particulièrement chez les jeunes "sahraouis", risquent d'être exploitées par les éléments extrémistes.
* Les événements qui se déroulent actuellement au Moyen Orient et dans la région sahélo-saharienne préoccupent grandement les Nations Unies.
L'ébullition et les explosions que connaissent ces deux régions, ainsi que le fanatisme et l'extrémisme qui s'y propagent, ressemblent à un virus qui pourrait affecter le Sahara.
* II convient, maintenant, de reprendre la discussion avec M. Ross, car le temps presse et il faut sortir de cette impasse.
* II faut qu'il y ait un mouvement qui puisse attester que le processus politique n'est pas mort. D'où l'importance d'une reprise de contact entre le Maroc et M. Ross. "C'est un appel que je fais au Maroc".
Pour ma part, j'ai répondu ce qui suit:
* le Maroc n'est nullement responsable de l'impasse actuelle, ni de l'absence de contact avec M. Ross.
* Une délégation de Haut niveau avait été spécialement dépêchée, le 18 Juin 2014, à New York, pour discuter avec l'Envoyé Personnel, preuve de la bonne volonté du Maroc.
* M. Ross a promis de répondre rapidement au questionnaire qui lui a été remis et dont le double objectif est d'obtenir des clarifications sur ses déclarations contradictoires, et de réunir les meilleures conditions pour la réussite du processus politique.
* A ce jour, il n'y a ni répondu, ni essayé de prendre contact avec moi, combien même il est fréquemment à New York.
* M. Ross aurait pu faire part, lui même, de son incapacité de répondre au Secrétaire Général.
Au terme de cette réunion, j'ai promis de transmettre le contenu de cette discussion aux Hautes autorités marocaines. Pour sa part, la Chef de Cabinet a indiqué qu'elle demandera à M. Ross de prendre contact avec moi.
S'agissant de la candidature de M. Mekouar, elle a précisé que le poste n'a pas encore été officiellement ouvert à candidatures. Elle s'est dite très heureuse de l'intérêt porté par le Maroc à cette fonction, dont témoigne la présentation de la candidature d'un diplomate de haut calibre. Elle a promis de l'inclure dans la "short list".
Haute considération
L'Ambassadeur Représentant Permanent
Omar Hilale
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SOURCE : http://www.4shared.com/web/preview/pdf/0ehQUHVoba

ONU : Enquête interne, fonctionnaires corrompus par le Maroc

Le porte-parole du Haut Commissariat des Nationes Unies pour le Réfugiés (HCR) a déclaré que son bureau est au courant des documents filtrés sur les pratiques de certains diplomates et qu’une enquête est en cours pour éclaircir les faits », a rapporté hier le site web Inner Press City.
Les documents révélés par un hacker qui agit sous le pseudonyme de Chris Coleman, ont dévoilé le nom de trois fonctionnaires de l’ONU qui rapportaient des informations confidentielles à l’ex-ambassadeur du Maroc à Genève, affecté à New York depuis le mois d’avril dernier.
Les trois fonctionnaires pris en flagrant délit d’espionnage pour le Maroc sont le suédois Anders Kompass, Directeur des opérations sur le terrain et de la coopération technique au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme (HCDH) ; Athar Sultan Khan, Directeur du Cabinet du Haut Commissaire pour les Réfugiés et Bacre Waly Ndiaye, Directeur de la Division des Droits de l’Homme et des Traités au Haut Commissariat des Droits de l’Homme.
Pendant longtemps, ces trois hommes ont sapé les efforts du Secrétariat de l’ONU pour résoudre des différents problèmes liés au conflit du Sahara Occidental. Parmi eux, la question de la protection des droits de l’homme de la population civile autant au Sahara Occidental sous contrôle marocain que dans les camps des réfugiés sahraouis au sud-ouest de l’Algérie. Un scandale qui secoue les bureaux de l’ONU et qui met à la lumière les raisons de la pérennisation d’un conflit qui date de bientôt 40 ans.

La "marche verte", un complot hispano-marocain

La dénommée « marche verte » était prévue, au début, pour le 28 octobre. Ensuite, elle a été reportée au 2 novembre pour finalement être fixée entre le 4 et 6 novembre.
L’ordre de départ a été donnée le 5 novembre par le roi Hassan II de la ville d’Agadir dans un discours qui ne laissaient pas de doutes sur ses intentions envers les sahraouis. « "Salue donc tout Espagnol que tu pourrais rencontrer. Et si d'aventure , il tire sur toi, poursuis ta Marche, armé de ta seule foi que rien ne saurait ébranler. Au terme de cette Marche , ta conscience n'en sera que plus satisfaisante. "Et s'il advient, Cher peuple , que des agresseurs, autres qu'Espagnols, attentent à ta Marche, sache que ta valeureuse armée est prête à te protéger ».
En effet, l’armée marocaine était derrière la foule car il savait que les marocains n’étaient pas les bienvenus au Sahara Occidental. Quelques jours avant, l’agence américaine United Press International (UPI) avait rapporté, citant des sources gouvernementales et militaires marocaines avaient pénétré dans le territoire du côté de la frontière entre l’Algérie, le Maroc et le Sahara Occidental. De sources sahraouies, de violents accrochages ont eu lieu entre les forces marocaines et les guerrilleros sahraouis dans la ville d’El Farsía.
Depuis plus de deux mois, les espagnols avaient évacué la partie orientale du territoire pour laisser la place aux troupes marocaines. La signature de l’Accord Tripartite de Madrid était prévue pour le 14 novembre 1975. Pour qu’elle passe aux yeux de la communauté internationale, l’Espagne et le Maroc ont concocté un scénario qui ferait croire à l’éminence d’une guerre entre l’Espagne et le Maroc.
Le 2 novembre, l’Espagne ordonne à Khatri Ould Joumani de rallier le Maroc. Le 3 novembre, le Prince Juan Carlos se pointe à El Aaiun dans une visite inespérée pour affirmer la décision de « l’Espagne fera tout le nécessaire pour garder intact le prestige et honneur de son armée ». En d’autres mots, Madrid est prête à entrer en guerre s’il le faut. L’Espagne ordonne à son armée de rester 10 km à l’intérieur des frontières internationalement reconnues en vue de laisser la foule marchante pénétrer dans le territoire sahraoui. Le gouverneur général espagnol qui commande l’administration espagnole fait des déclarations guerrières : « Nous ne laisserons pas la « marche » aller au-delà de la zone prescrite ». Le Monde panique. Le Conseil de Sécurité fait un marathon de réunions et de déclarations. L’ambiance est idoine pour faire passer le complot de Madrid.

Anders Kompass, fonctionnaire au HCDH et mouchard pour le Maroc

M. Anders KOMPASS, Directeur des opérations sur le terrain au Haut Commissariat pour les droits de l'homme (HCDH) continue de fournir des rapports sur le dossier du Sahara Occidental au désormais ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale.
Kompass se trouve, depuis des années, à la solde du Maroc. Les services de ce fonctionnaire suédois ont été dévoilés par les documents confidentiels pendus dans la toile par le hacker marocain Chris Coleman. 
Ces documents appartiennent au ministère arocain des affaires étrangères. Parmi eux, des notes envoyées par l'ex-ambassadeur du Maroc à Genève, Omar Hilale où il fait un bilan des informations sensibles et confidentielles fournies par Anders Kompass.
A MONSIEUR LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION
DESTINATAIRE PRINCIPAL : CAB/1 -DG 8/1 -DG 8/3 CONFIDENTIEL POUR INFORMATION : MD/2 -SG/4
FAX: FC if jg /YH       DATE: 8 août 2014 PAGE(S) :
Objet : Appréciation positive de M. Ladsous sur les Commissions régionales du HCDH
J'ai l'honneur de vous informer que mon ami, M. Anders KOMPASS, Directeur des opérations sur le terrain au Haut Commissariat pour les droits de l'homme (HCDH), vient de me téléphoner de Genève pour me confier ce qui suit :
-M. Hervé Ladsous, Secrétaire général Adjoint aux opérations de maintien de la paix, a envoyé un mail, en début de semaine à la MINURSO, avec copie au HCDH, exprimant une appréciation très positive sur le travail des Commissions régionales du Conseil National des droits de l'homme de Laâyoune et de Dakhla. -Ces institutions -•• sont décrites par M. Ladsous comme des organes qui travaillent librement et objectivement, et accomplissent leur mission de promotion et de protection des droits de l'homme de manière constructive et responsable. -M. Ladsous y ajoute que ces Commissions sont capables de gérer et de régler, sur le terrain, les problèmes quotidiens des droits de l'homme. -M. Ladsous reconnaît également que le rapport de Mme Pillay et de la mission technique du HCDH relatif au travail de ces Commissions était très objectif. - C'est la première fois que le Secrétariat des Nations Unies reconnaît le bien fondé du travail effectué par les Commissions régionales. C'est également une première de la part de l'ONU, dans sa perception des réalisations du Maroc en matière des droits de l'homme au Sahara.
M. Kompass, de part son expérience sur le terrain, considère que les Commissions de Laâyoune et de Dakhla sont parmi les plus crédibles au monde, grâce à leur courage, leur indépendance, et surtout au soutien de leur mission par Sa Majesté Le Roi, que Dieu L'assiste.
Le mail de M. Ladsous appelle trois observations :
*Le témoignage sur la crédibilité du travail effectué par les Commissions régionales au Sahara marocain devrait être analysé à l'aune de son auteur, en l'occurrence M. Ladsous, qui n'est pas connu pour son penchant pro-marocain. Il intervient une semaine après la séance de travail tendue que j'ai eu avec lui - cf. M/FC no 390 du 29 juillet 2014 - .
*Le courrier de M. Ladsous à la MINURSO est également important dans la perspective de l'arrivée au Sahara de la nouvelle Représentante Spéciale, Mme Kim Bolduc.
*Cette appréciation fort positive conforte la pertinence de l'organisation par cette Mission du séminaire sur les Commissions régionales dans les régimes autonomes. Le livre contenant les actes de ce séminaire vous sera transmis, ainsi qu'aux Départements de l'ONU et aux organisations concernées, dès la semaine prochaine.
Haute Considération,
L'Ambassadeur Représentant Permanent
Omar Hilale



samedi 25 janvier 2014

HRW : Rapport mondial 2014 : Maroc / Sahara occidental

Rapport détaillé:
Événements de 2013
La constitution du Maroc de 2011 a incorporé de fortes dispositions relatives aux droits humains, mais ces réformes n'ont pas conduit à l'amélioration des pratiques, à l’adoption de la législation d’application, ni à la révision des lois répressives.
 En 2013, les Marocains ont exercé leur droit à manifester pacifiquement dans les rues, mais la police a continué à les disperser violemment à l'occasion. Les lois qui criminalisent des actes considérés comme nuisibles pour le roi, la monarchie, l’islam, ou la revendication de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental ont limité les droits à l'expression, la réunion et l’association pacifiques. 
En février, un tribunal militaire a condamné 25 civils sahraouis à des peines de prison, dont neuf à l'emprisonnement à vie. Le procès n’a été qu'un parmi un grand nombre de procès inéquitables au cours des dernières années qui ont abouti à des condamnations à connotation politique.

Liberté d'expression

Les médias imprimés et en ligne indépendants continuent d'enquêter et de critiquer les membres et les politiques du gouvernement, mais sont confrontés à des poursuites et au harcèlement dès qu’ils franchissent certaines lignes. La loi sur la presse prévoit des peines de prison pour diffusion « malveillante »  de « fausses informations » susceptibles de troubler l'ordre public, ou pour des propos jugés diffamatoires.
La télévision d'État marocaine offre une certaine marge pour le débat et le journalisme d’investigation, mais peu de latitude pour la critique directe du gouvernement ou les désaccords portant sur les questions clés. Les autorités ont permis à Al Jazeera de reprendre ses activités au Maroc, après lui avoir ordonné de fermer son bureau en 2010 en raison de sa couverture du conflit sur le statut du Sahara occidental. 
Le 17 septembre, les autorités ont arrêté Ali Anouzla, directeur du site d’information indépendant Lakome.com, en raison d'un article décrivant, et fournissant un lien indirect vers, une vidéo militante islamiste de recrutement attaquant le Roi Mohammed VI. Libéré le 25 octobre, il comparaissait devant un juge au moment de la rédaction de ce document, sur des accusations en vertu de la loi antiterroriste de 2003, notamment pour « aider intentionnellement ceux qui commettent des actes de terrorisme ».
Abdessamad Haydour, un étudiant, a continué à purger une peine de trois ans de prison pour avoir insulté le roi en le traitant de « chien », de « meurtrier » et de « dictateur » dans une vidéo sur YouTube. Un tribunal l'a condamné en février 2012 en vertu d'une disposition du Code pénal criminalisant « les insultes au roi ».

Liberté de réunion

Les Marocains ont continué à organiser des marches et des rassemblements pour demander des réformes politiques et protester contre les actions du gouvernement depuis que les protestations populaires ont balayé la région en février 2011. La police tolère ces manifestations la plupart du temps, mais à certaines occasions en 2013 elle a violemment attaqué et frappé les manifestants. Par exemple, le 2 août, la police a violemment dispersé une petite manifestation devant le Parlement à Rabat contre une grâce royale qui avait été accordée à un pédophile condamné. Toutefois, les autorités ont toléré les manifestations de rue suivantes contre la grâce royale, dont les autorités ont déclaré qu’elle avait été accordée par erreur.
Au Sahara occidental, les forces de sécurité ont régulièrement réprimé tout rassemblement public considéré comme hostile à la souveraineté contestée du Maroc sur ce territoire. Il s’est agi notamment des rassemblements dans la ville principale du territoire, El-Ayoun, le 23 mars, le 29 avril et le 19 octobre. Les autorités ont autorisé une grande manifestation sans précédent en faveur de l’autodétermination le 4 mai.

Liberté d’association

La constitution de 2011 a introduit pour la première fois une protection pour le droit de créer une association, bien que dans la pratique, les autorités continuent d’entraver arbitrairement ou d'empêcher de nombreuses associations d'obtenir une inscription légale, portant atteinte à leur liberté d'action. Les groupes concernés comprennent certains défenseurs des droits des Sahraouis, des Amazighs (Berbères), des migrants subsahariens et les chômeurs. D'autres incluent des associations caritatives, culturelles et éducatives dont les dirigeants comprennent des membres d'Al-Adl wal-Ihsan (Justice et spiritualité), un mouvement national bien ancré qui milite pour un État islamique et conteste l’autorité spirituelle du roi. Le gouvernement, qui ne reconnaît pas Justice et spiritualité comme une association légale, a toléré un grand nombre de ses activités, mais en a empêché certaines.
 Au Sahara occidental, les autorités ont refusé la reconnaissance juridique à toutes les organisations locales de droits humains dont les dirigeants soutiennent l'indépendance de ce territoire, même aux associations qui ont bénéficié de décisions administratives des tribunaux comme quoi elles s’étaient vu refuser à tort cette reconnaissance.

Terrorisme et contreterrorisme

Des centaines d'extrémistes islamistes présumés arrêtés à la suite des attentats à Casablanca en mai 2003 demeurent en prison. Un grand nombre d’entre eux ont été condamnés lors de procès inéquitables, après avoir été maintenus en détention secrète et soumis à de mauvais traitements et, dans certains cas, la torture. La police a arrêté des centaines d’autres militants soupçonnés suite à d'autres attaques terroristes en 2007 et 2011. Les tribunaux ont condamné et emprisonné un grand nombre d'entre eux sur des accusations d'appartenance à un « réseau terroriste » ou de se préparer à rejoindre des militants islamistes combattant en Irak ou ailleurs.

Comportement policier, torture et système pénal

Les tribunaux marocains continuent d'imposer la peine de mort, mais les autorités ont maintenu un moratoire de facto en vertu duquel ils n’ont procédé à aucune exécution depuis le début des années 1990.
Dans son rapport final sur la visite qu’il a effectuée au Maroc en 2012, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Juan Mendez, a conclu en février 2013 : « Dans les cas concernant la sûreté de l'État, tels que le terrorisme, l'appartenance à des mouvements islamistes, ou des partisans de l'indépendance pour le Sahara occidental, il existe une tendance de torture et de mauvais traitements par des policiers lors de l'arrestation et pendant la détention.... Un grand nombre de personnes ont été forcées à avouer et été condamnées à la prison sur la base de tels aveux. » Les recommandations du rapporteur ont compris la modification de la législation afin que « l’accès à un avocat choisi par le suspect lui-même soit garanti dès l’arrestation » et la réduction de la durée maximale de la détention provisoire en garde à vue, actuellement de 12 jours, autorisée dans les cas liés au terrorisme. Les autorités marocaines ont répondu en détail, en notant les mesures qu'elles ont prises, telles qu’un engagement par « le ministère de la Justice et des Libertés ... à garantir l'enregistrement vidéo de toutes les déclarations faites à la police au cours des enquêtes et des interrogatoires. »
Les tribunaux n'ont pas respecté le droit des accusés à bénéficier d'un procès équitable dans les affaires politiques et de sécurité. Dans certains cas, ils ont omis d’ordonner des examens médicaux qui pourraient étayer les allégations de torture des accusés, ont refusé de convoquer des témoins à décharge et ont reconnu des accusés coupables sur la base d’aveux apparemment extorqués.
En février 2013, le tribunal militaire de Rabat a condamné 25 hommes sahraouis à des peines de prison, imposant neuf condamnations à vie, après leur inculpation pour des accusations relatives aux violences qui se sont produites le 8 novembre 2010, lorsque les forces de sécurité ont démantelé le campement de protestation de Gdeim Izik au Sahara occidental. Onze membres des forces de sécurité sont morts au cours de ces violences. Le tribunal n'a pas enquêté sur les allégations faites par les accusés, dont la plupart avaient passé 26 mois en détention provisoire, selon lesquelles les policiers les avaient torturés ou contraints de signer de fausses déclarations. Pourtant, le tribunal s'est fondé sur ces déclarations contestées comme l’élément de preuve principal, sinon le seul, pour les condamner.
Les conditions de vie dans les prisons seraient selon diverses sources très dures, surtout en raison de la forte surpopulation, un problème aggravé du fait que les juges ont souvent recours à la détention provisoire des suspects. Le ministère de la Justice a déclaré qu’à octobre 2012, 31 000 des 70 000 détenus du pays se trouvaient en détention préventive.
Le 12 septembre 2013, le ministre de la Justice, Moustapha Ramid — un avocat des droits humains bien connu qui a été nommé après la victoire électorale en 2011 du parti pro-islamiste Hizb al-Adalah wal-Tanmiya (Justice et développement) — a dévoilé des propositions sur la réforme judiciaire qui, si elles étaient appliquées, pourraient accroître l'indépendance judiciaire. Ces propositions comprennent la diminution du contrôle exécutif sur les procureurs.

Migrants et réfugiés

Les migrants originaires d’Afrique sub-saharienne ont continué de subir des mauvais traitements de la part de la police en 2013. À plusieurs reprises, la police a rassemblé les migrants, les a transportés à la frontière algéro-marocaine et les a abandonnés là sans vérifier formellement leur statut ni les informer de leurs droits.
En septembre, le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), un organisme financé par l'État qui relève du roi, a publié un rapport sur ​​la situation des travailleurs migrants et a recommandé que le gouvernement prenne des mesures pour protéger leurs droits. Il s'agit notamment de la mise en place d’un « cadre juridique et institutionnel national de l’asile. » Actuellement, le Maroc délègue la détermination du statut d’asile au Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et s'abstient généralement d'expulser des migrants possédant des documents prouvant qu'ils ont demandé ou reçu la reconnaissance du HCR. Le Roi Mohammed VI a salué publiquement les recommandations du CNDH et ordonné à un groupe de travail du gouvernement d'examiner la situation des migrants dont la demande d'asile avait déjà été reconnue par le HCR en vue de les régulariser.

Droits des femmes et des filles

La constitution de 2011 garantit l'égalité  pour les femmes, « dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. » Le Code de la famille contient des dispositions discriminatoires pour les femmes en matière de succession et le droit pour les maris de répudier unilatéralement leurs épouses. Les réformes apportées au Code en 2004 ont amélioré les droits des femmes en matière de divorce et de garde des enfants et ont élevé l'âge du mariage de 15 à 18 ans.

Employé(e)s domestiques

Malgré des lois interdisant l'emploi des enfants de moins de 15 ans, des milliers d'enfants en-dessous de cet âge — principalement des filles — travailleraient comme domestiques. Selon les Nations Unies, les organisations non gouvernementales et des sources gouvernementales, le nombre d’enfants travailleurs domestiques a diminué ces dernières années, mais des filles dès l’âge de 8 ans continuent à travailler dans des domiciles privés jusqu’à 12 heures par jour pour seulement 11 US$ par mois. Dans certains cas, les employeurs frappent les filles et les agressent verbalement, les empêchent de recevoir une éducation et ne les nourrissent pas correctement.
Le droit du travail au Maroc exclut les travailleurs domestiques de ses mécanismes de protection, notamment un salaire minimum, la limitation du temps de travail, ainsi qu'un jour de repos hebdomadaire. En 2006, les autorités ont présenté un projet de loi révisé visant à réglementer le travail domestique et à renforcer les interdictions en vigueur portant sur les travailleurs domestiques âgés de moins de 15 ans, mais au moment de la rédaction de ce rapport, le parlement ne l'a pas encore adopté.

Principaux acteurs internationaux

En 2008, l'Union européenne a accordé au Maroc un « statut avancé », le plaçant un cran au-dessus d'autres membres de la Politique européenne de voisinage (PEV). Le Maroc est le premier bénéficiaire de l'aide européenne dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord après les Territoires palestiniens occupés, avec 580 millions d’euros (757 millions US$) allouées pour la période 2011-2013, plus un montant supplémentaire de 35 millions d’euros en 2013 dans le cadre du Programme SPRING (Support to Partnership, Reform and Inclusive Growth - Soutien au Partenariat, à la Réforme et à la Croissance inclusive), programme de l'UE qui aide les pays jugés en cours de transitions démocratiques.
Le 10 septembre, l’ambassadeur de l'UE au Maroc, Rupert Joy, a salué le rapport du CNDH sur les migrants au Maroc qui, selon lui, « reconnaît les violations des droits des migrants qui nous ont préoccupés pendant une longue période, mais propose également des recommandations concrètes pour les politiques migratoires qui sont plus justes et plus efficaces. » Rupert Joy a promis « une aide financière considérable » de la part de l'UE et de ses États membres à l'égard des projets qui sont « inspirés par » les recommandations du CNDH.
Lors d'une visite d’État, le président français François Hollande s'est abstenu de toute critique publique de la situation de droits humains. Lors d'une déclaration au parlement et lors d'une conférence de presse le 4 avril, il a souligné que la France, premier partenaire et source d'aide au développement public et d'investissement privé du Maroc, ne voulait pas « donner de leçons ». Toutefois, le ministère des Affaires étrangères, dans une remarque rare qui pourrait être interprétée comme une critique, a réagi le 29 avril à la répression par la police d'une manifestation au Sahara occidental en « rappel[ant] notre attachement au droit de manifester pacifiquement. »
En 2013, les États-Unis, un allié proche du Maroc avec lequel ils entretiennent un dialogue formel sur les droits humains, ont fourni la dernière partie d’une subvention de 697 millions US$ sur cinq ans octroyée par la Millennium Challenge Corporation, destinée à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance économique. Lors du débat annuel du Conseil de sécurité des Nations Unies en avril sur le renouvellement du mandat de la force de maintien de la paix au Sahara occidental (MINURSO), les États-Unis ont d'abord proposé l'élargissement du mandat pour y inclure la surveillance de la situation des droits humains, mais ils ont fait marche arrière en raison de l'opposition véhémente du Maroc.
Le 22 novembre, le Roi Mohammed VI a été reçu pour la première fois à Washington par un président des États-Unis depuis 2002. Le président Barack Obama a salué les intentions et les engagements du Maroc à faire diverses améliorations en matière de droits humains, mais n'a pas critiqué publiquement les pratiques de droits humains au Maroc.
Le Maroc a facilité les visites de plusieurs observateurs de droits humains des Nations Unies au cours des deux dernières années, notamment celle du Rapporteur spécial sur la traite des êtres humains en juin 2013. Au moment de la rédaction de ce rapport, le Groupe de travail sur la détention arbitraire était censé se réunir en décembre 2013.