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samedi 9 mars 2013

Urgences médicales : L'obséquiosité ne réussit pas à cacher la douloureuse réalité !

Pauvre constitution


Le roi Mohammed VI a présidé le mardi  5 mars à Fès  la cérémonie de lancement du «plan national des urgences médicales». A cette occasion, le ministre de la Santé El Hossein Ouardi présentation devant le roi les grandes lignes de ce plan et les principaux axes de voies de la restructuration des circuits des urgences médicales.

La télévision nationale a montré les supports de présentation du ministre qui comportent  en particulier une page où sont listées les références  de base dont s'inspire le projet entier et qui lui donnent en quelques sorte sa légitimité (voir l'image ci-dessous)


Le ministre a ainsi mis en évidence quatre références, dans l’ordre suivant:
  • Les directives royales contenues dans le discours du 20 Août 2012 qui mentionne la nécessité d’assurer aux citoyens les conditions appropriées pour l'accès au logement, à la santé et à divers services de proximité.
  • La nouvelle constitution: L'accès aux soins est un droit constitutionnel selon le chapitre 31
  • Le programme de gouvernement
  • La priorité du ministère de la Santé pour l'année 2013
 On observe que les directives royales sont citées en premier rang et la Constitution au deuxième rang, ce qui soulève cette question de principe: Est-il raisonnable que la loi fondamentale occupe le deuxième rang dans un Etat de droit ?  Est-il raisonnable que la Constitution (malgré ses lacunes)  ne soit pas la référence des références, qui a la préséance sur toutes les autres sans exception aucune et à laquelle se soumet  tout le monde, y compris le chef de l'Etat ? L’ordre choisi ne signifie-t-il pas que le concept d’Etat des individus est encore dominant par rapport à celui de l’Etat des institutions, en dépit de la propagande officielle ?
Faut-il déduire que ce plan national n'aurait pas vu le jour s’il n’y avait pas de directives royales, malgré ce que prévoit la Constitution et malgré  le programme gouvernemental qui engage le gouvernement  (en théorie) devant le élus de la nation (en théorie aussi) ?
Le ministre a commencé son discours ainsi: "En application des hautes instructions  de votre majesté qui visent à étendre la protection sociale  et la couverture sanitaire, la lutte contre toutes les formes de pauvreté et d'exclusion, et la consolidation de la solidarité entre les générations, j’ai le grand honneur d’exposer devant votre prestigieuse majesté les grands axes du plan national des urgences médicales…  "
Ce discours du ministre est très clair : il considère que lui ainsi que son ministère ne sont que des exécutants des hautes instructions. Qu'est-ce qui a été changé si le responsable politique qui représente un parti politique accepte volontairement d’être réduit au statut de fonctionnaire qui se contente d’exécuter les instructions?
Le ministre ajoute ensuite dans la même veine: « En application des directives éclairées de votre majesté qui visent la consécration effective du droit à l'accès aux soins, le gouvernement a travaillé à mettre en place les mécanismes nécessaires pour assurer le succès de ce plan qui figure parmi les priorités du programme gouvernemental ...". Qu'est-ce qui se passe si le programme du gouvernement ne correspond pas aux directives éclairées, quelle est l’utilité du programme gouvernemental entier, pourquoi ne pas se contenter seulement des directives éclairées puisque ces directives sont incontestables et sont par essence au dessus de toute autre considération ?
Avant de conclure, le ministre a encore puisé dans le même répertoire de la rhétorique aujourd’hui dépassée: «…Voilà donc les grandes lignes de ce plan qui, grâce à Allah et grâce à votre haute sollicitude et à vos directives éclairées,  permettra d’apporter des services d’urgence conformes aux attentes des citoyens …» 

De toutes les manières nous espérons que ce plan réussira à sauver des vies de citoyennes et citoyens, pourra atténuer en particulier les conséquences des accidents de la circulation et que le Maroc disposera d’un système d’urgences médicales performant.
Quant à la modernisation du discours politique,  l'abandon des formules d’obséquiosité et l’instauration d’un Etat de droit, ce ne sont pas des affaires urgentes.
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Hôpitaux au Maroc : Faute de moyens, les opérations chirurgicales se font rares 

 





Les opérations chirurgicales se font au compte-gouttes. Un retard dans la validation du budget en est, en partie, la cause. L’autre partie est à mettre au passif d’une grève de médecins qui refusent d’opérer tant que les blocs opératoires ne répondent pas aux normes internationales. Résultat, c’est le malade qui paie les pots cassés.


La santé est toujours malade au Maroc. Les principaux hôpitaux du service public souffrent d’un manque flagrant de médicaments. Les stocks sont dans le rouge. Les produits anesthésiants se font rares, du coup il est difficile d’effectuer des opérations chirurgicales sauf dans les cas les plus urgents, le reste est renvoyé à la liste d’attente. La cause: un retard dans la validation des budgets des CHU (Centres hospitaliers universitaires) par la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation (DEPP), relevant du ministère des Finances.
« C’est une première. Nous n’avons jamais assisté à une pareille crise », reconnaît Addi Bouaârfa, secrétaire général du syndicat du secteur de la Santé affilié à l’ODT (Organisation démocratique de la santé). Actuellement, les hôpitaux travaillent avec ce qui leur reste de stocks de l’année précédente.
« Les ouvertures de plis des appels d’offres sont suspendus. Le contrôleur fiscal ne peut autoriser des opérations d’achats de produits anesthésiants ou de n'importe quel médicament tant qu’il n’a pas l’aval de la DEPP. Certes le ministère des Finances a approuvé le budget du département de la Santé mais c’est la DEPP qui se charge de celui des CHU », explique-t-il. Et bien entendu, ce sont les malades qui paient les frais de ce retard.

Une grève noircit davantage le tableau
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les malades subissent, également, de plein fouet les conséquences de la grève des chirurgiens affiliés au syndicat indépendant  des médecins du secteur public (SIMSP). Un débrayage lancé le 10 février dans de nombreux hôpitaux du royaume (Oujda, Tétouan, Khouribga, Settat, Souss-Massa-Darâa) pour exiger que les blocs opératoires répondent aux normes internationales au début de cette semaine, une délégation du SIMSP s’est entretenue avec le secrétaire général du ministère de la Santé afin de mettre un terme à cette grève.
Un dialogue qui aboutit sur la constitution d’une commission chargée de classer les centres où il est difficile d’effectuer des opérations. Sous couvert d’anonymat, un chirurgien n’hésite pas à faire le lien entre cet arrêt de travail des médecins la SIMSP et la décision d’Houcine El Ouradi d’interdire aux blouses blanches de travailler dans les cliniques privées.

250 praticiens auraient présenté leurs démissions
Justement, les inspecteurs du département de la Santé continuent leurs traques des éléments qui ne sont pas conformes à la décision du ministre. Des informations font état de l’interpellation de huit médecins à Agadir.
Parallèlement à ces inspections, le ministre hésite encore à répondre favorablement aux demandes de démissions présentées par 250 praticiens dont notamment des professeurs universitaires et des assistants. «  S’il donne son accord, ce sera, alors, le coup de grâce pour le service de santé publique au Maroc. Sachant que 200 chirurgiens et médecins avaient quitté les hôpitaux lors de l’opération de départs volontaire lancée en 2005 », avertit Addi Bouaârfa, le SG syndicat du secteur de la Santé affilié à l’ODT.
URL Source :http://www.yabiladi.com/articles/details/15893/hopitaux-maroc-faute-moyens-operations.html

mercredi 26 décembre 2012

Les villageois du Moyen-Atlas luttent contre l’isolement

 par La Rédaction "Assawra"  - Avec les agences de presse)26/12/2012

En ce matin glacial, Salem s’engage dans une longue marche sous la neige pour amener son fils à l’école : comme chaque année avec l’arrivée du froid, des villageois du Moyen-Atlas, région du Maroc aux hivers très rigoureux, se battent contre les éléments et l’isolement. 

Si la côte atlantique marocaine, en particulier dans le Sud, est réputée pour sa douceur hivernale, l’intérieur du pays, constitué de massifs montagneux, subit de fréquentes intempéries (gel, neige) de novembre à avril.
Les habitants y sont souvent démunis. Vendredi dernier, un bébé, victime du froid et malade, est ainsi décédé à Anfgou (Haut-Atlas*), faute de soins appropriés, selon plusieurs
témoins.
A une centaine de kilomètres plus au nord, à l’approche du village berbère de Timahdite, dans le Moyen-Atlas, la piste qui mène à la tribu des Aït Kessou devient vite impraticable avec la boue et la neige fondue qui la recouvrent.
"Les pick-up et camions ne peuvent plus s’approcher. A dos de mulet, je parcours des dizaines de kilomètres pour m’approvisionner", explique à l’AFP Moha Ouâalli, un père de famille. "Les gens comme nous n’ont pas de vie ici", poursuit-il en regardant ses trois mulets -chargés de sacs de blé et de nourriture- arpenter la piste en direction de la forêt.
Tenant par la main son fils de huit ans, Salem Saïd tente pour sa part de marcher dans la neige. Parfois, il soulève
son enfant pour presser le pas.
"Je dois l’emmener à l’école et c’est à trois kilomètres. Il ne peut pas y aller tout seul", souligne-t-il, réclamant une plus grande présence de l’Etat.
"Nous ne demandons pas la lune. Une simple route praticable pour nous désenclaver, c’est tout", explique M. Saïd avant de poursuivre son chemin vers la seule école de la région.
En l’absence de route praticable, les véhicules ne peuvent approvisionner les souks hebdomadaires des villages du Moyen et Haut-Atlas.
Les autorités locales évoquent à demi-mots le manque de moyens, un "frein" selon elles au désenclavement.
"Il y a un chasse-neige pour toute la région, c’est insuffisant", dit à l’AFP un élu local sous couvert de l’anonymat. "Il ne faut pas oublier que le budget communal est limité. Sans une stratégie globale de l’Etat pour l’infrastructure routière en milieu rural, le problème de l’enclavement se posera chaque année", poursuit cet élu joint par téléphone.
La région de Timahdite, avec celle d’Anfgou, est considérée comme la plus concernée par le problème. Les premières chutes de neige ont été particulièrement fortes cette année, soulignent les habitants, rendant les célèbres forêts de cèdres à peine visibles sous l’immense manteau blanc.
"La neige n’a pas que des effets négatifs. Elle permet le remplissage des puits et des barrages. Mais le manque d’infrastructures isole les habitants, surtout les plus démunis", souligne Lahcen Ouhalli, un militant local de l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante). "Ceux qui ont les moyens possèdent des tracteurs qu’ils utilisent pour l’approvisionnement. Ils sont moins isolés que les autres, qui n’ont que leurs mulets, leurs ânes ou leurs pieds", note-t-il.
"C’est grâce à cet âne que je peux me déplacer pour acheter de quoi vivre. Sinon, avec ce froid et cette neige, on ne peut rien faire", confirme Fadma Bouba, une mère de famille.
La première vague de froid de la saison, au début du mois, a été largement évoquée par la presse locale, qui a fait état de la mort de quatre enfants.
Cette information a toutefois été démentie par le ministère de l’Intérieur, selon lequel grâce à un important "dispositif" mis en place, "tous les douars isolés" ont été "désenclavés
dans un délai très court".

Le ministre de la Santé Hossein El Ouardi, qui s’est rendu dans la région d’Anfgou la semaine dernière, a annoncé lundi le lancement d’une campagne d’aide médicale. Plus de 2.400 personnes doivent en bénéficier.
*Anfgou est situé dans le Moyen Atlas (ndlr)
(26 Décembre 2012 - Avec les agences de presse)
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