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samedi 22 mars 2014

Où va l’O.M.D.H. ?


Par Said SOUGTY, Lille, 14/3/2014






Dans ce Maroc, nous avons tout vécu. Durant les années de plomb, plusieurs détenus déclaraient que parfois, aux séances de torture, assistaient des médecins ou des infirmiers. Sans doute pour faire "le coaching" des tortionnaires, et éviter le coup mortel. Mais de là à ce qu’une association se déclarant attachée au standard international des droits de l’Homme se mobilise pour innocenter les responsables de l’appareil répressif, c'est "l’exception marocaine" du règne de Mohamed IV.

Une délégation de l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme (l’OMDH) conduite par son président Mohamed Nechnach a déclaré avoir organisé une visite, le 12 février 2014 à la prison de Salé, à des fins d’enquête demandée par la FIDH, sur des faits de torture qu’aurait subi le détenu sahraoui Nâama ASFARI. Il s’agit d’un détenu concerné par des plaintes déposées par l’association  Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (l’ACAT) contre le patron de la DST marocaine Abdellatif HAMMOUCHI.
Du résultat de cette enquête, l’OMDH a « indiqué qu’il (Nâama ASFARI) n’a souffert d’aucune forme de mauvais traitements bien que des tentatives aient eu lieu sur le trajet entre Laayoune et le tribunal militaire». Il serait même indigné de l’« l’association de son nom avec certaines campagnes (ndlr : médiatiques) sans en avoir été informé ».(voir le communiqué de Naâma Asfari ci dessous- ndlr solidmar)

Or selon la représentante de l’ACAT Madame LEGEAY, la FIDH n’a jamais eu connaissance de cette visite. « Cela montre que l’OMDH est une organisation politiquement instrumentalisée » a déclaré Madame LEGEAY.
Dans un communiqué de la prison de Salé le détenu Nâama ASFARI, s’insurgeait de la falsification de la date de la visite que la délégation de l’OMDH lui a rendue : leur rencontre aurait eu lieu le 24 février, et non le 12 février 2014 telle qu’elle est soutenue par le porte parole de l’association.
 Il en ressort de l’exposition de ces faits, la volonté farouche de l’OMDH d’utiliser la FIDH comme un donneur d’ordre crédible pour sa mission, qui à priori pourrait être louable de soucier si la torture était utilisé contre Nâama ASFARI pour lui extorquer des aveux. Mais par la falsification de la date, l’OMDH s’est trahie, et se montre partie intégrante de ce clan qui nie l’existence de la torture au Maroc pour sauver la peau du directeur de la DST marocaine Abdellatif HAMMOUCHI. Ce dernier est poursuivi, dans le cadre de plaintes déposées par l’ACAT le 20 février 2014 pour faits de tortures.

Pourtant, dans le procès militaire des 22 détenus sahraouis, plusieurs camarades d’ASFARI ont évoqué la pratique de la torture. Hélas, les goeliers au Maroc continuent de torturer.

Il y a plus d’un an déjà, le rapporteur de l’ONU Juan E. MENDEZ informait la communauté internationale dans son rapport unisien qu’il a« … reçu des témoignages crédibles selon lesquels les détenus étaient soumis à des pressions mentales et physiques injustifiées lors d'interrogatoires » ; et d’alerter que « Ces pratiques sont suffisamment fréquentes pour mériter l'attention et exiger que des efforts soient déployés pour y mettre fin ».
 Par le journal Tel Quel, maitre Joseph BREHAM, l’avocat de Nâama ASFARI en France,  a qualifié la communication de l’OMDH de « ridicule. Ces propos sont complètement faux,(…) Cela démontre que l’AMDH est justifiée et nécessaire au vu des manipulations de l’OMDH ».

En effet, l’Association Marocaine des Droits Humains, qui couvre tout le territoire marocain et quelques villes en Europe, n’a de cesse dénoncer le comportement répressif et l’Etat de non droit qui règnent au Maroc.
Dans le même journal Claude MANGIN, épouse de Nâama ASFARI a apporté le témoignage suivant : «…on l’a battu, empêché de se doucher, de se nourrir et de dormir. On le menaçait d’exécution, on lui a marché sur le corps et sur la tête. Malgré tous ces mauvais traitements, il a été laissé sans soin et est arrivé ensanglanté au tribunal militaire… »
Le rapporteur onusien M. Juan E. MENDEZ a relevé que le recours aux mauvais traitements et à la torture sont fréquents. Il a déclaré que « les autorités n'avaient pas le droit de recourir à une force excessive, que les manifestations aient été autorisées ou non ». Il soutenait même que l’usage excessif de la force était en hausse « lorsque la police ou d'autres autorités font face à des incidents impliquant des rassemblements ». Ce que ne peut pas cacher l’OMDH.

L’ASDHOM, une association crédible des droits humains à Paris a recensé plus de 280 détenus politiques, syndicaux où suite à des mouvements sociaux.

L’absence de démocratie, les augmentations des prix, les remises en cause des droits, l’augmentation du chômage, de la misère… alors qu’au même moment la fortune des classes dirigeantes ne cesse d’accroitre, à leur tête la fortune royale, c'est la réalité du Maroc aujourd'hui, tout cela favorise la contestation et l’exigence d’un régime démocratique et de justice sociale.

Said SOUGTY, Lille, 14/3/2014


Publié par APSO avec l'autorisation de l'auteur.

jeudi 27 février 2014

A la prison de Salé1 une délégation de l'OMDH rend visite à Naâma Asfari et à ses compagnons de détention

Une délégation de l'OMDH présidée par le président  MOHAMED NACHNACH a visité aujourd'hui NAAMA ASFARI à la prison Salé1. Selon cette délégation, cette visite a été demandée par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme.
Naâma Asfari devant Gdeim Izik avant le démantèlement
 Elle a pour objectif d'observer la situation sanitaire et les conditions de détention de NAAMA et de ses camarades, suite à la plainte déposée à Paris contre  la DST marocaine, responsable de l’enlèvement et de la torture que Naâma a subis la veille du démantèlement du camp de GDEIM IZIK  le 7 novembre 2010 .
Cette information a été recueillie par ELMACHDOUFI MUSTAPHA   le représentant des familles des prisonniers politique saharouis de EGDIM IZIK  en  visite à Naâma et à ses camarades.


mardi 8 janvier 2013

Mohamed VI, monarque de droit divin et bourreau du peuple sahraoui.

Par Rosa Moussaoui, L'Humanité, 8/1/2013
 
Mohamed VI, le monarque qui viole les droits humains   
De graves violations des droits humains sont perpétrées à huis clos dans la dernière colonie d'Afrique. La répression frappant le peuple sahraoui s'est encore durcie depuis 2010. Soixante-cinq prisonniers politiques sahraouis croupissent dans les geôles du roi.

 À Laayoune et dans les territoires occupés, le pouvoir marocain réprime, enferme, tabasse, enlève les défenseurs des droits humains, les indépendantistes déclarés ou supposés. Avec la bénédiction de Paris, qui loue l'inacceptable « plan d'autonomie» du Palais, au mépris des résolutions onusiennes sur le droit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.
Le 13 décembre dernier, les députés européens s'alarmaient des graves violations des droits humains perpétrées à huis clos dans la dernière colonie d'Afrique. Les termes de l'amendement au rapport annuel du Parlement européen sur les droits de l'Homme dans le monde sont clairs :
 « le Parlement européen exprime son inquiétude quant à la détérioration des droits de l'homme au Sahara occidental ; appelle au respect des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d'association, la liberté d'expression et le droit de manifester; demande que soient libérés tous les prisonniers politiques sahraouis; exige que le territoire soit ouvert aux observateurs indépendants, aux ONG et aux médias; réaffirme son soutien à l'établissement d'un mécanisme international visant à contrôler le respect des droits de l'homme au Sahara occidental; encourage un règlement juste et durable du conflit, sur la base du droit de la population sahraouie à l'autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies ».
Pour venir témoigner en France du sort réservé au peuple sahraoui dans les territoires occupés, Nhabouha Lakhlifi et Matou Dambar ont du affronter une course d'obstacles. La première a subi, à l'aéroport de Laayoune, un long interrogatoire de police... avant d'apprendre que son billet d'avion avait été annulé par la Royal Air Maroc, sans motif. Les 700 kilomètres de bus pour rejoindre Agadir et prendre un autre vol furent pour elle un long tunnel, entrecoupé, à chaque poste de gendarmerie, d'humiliants interrogatoires. Les deux jeunes femmes témoignent d'un net durcissement de la répression depuis le violent démantèlement du camp de protestataires de Gdeim Izik, à l'automne 2010. « Il y a eu de nombreuses arrestations arbitraires et même des assassinats. Les enlèvements sont devenus presque quotidiens », rapporte Matou Dambar. Les deux jeunes frères de Nhabouha Lakhlifi, Abderrahmane et Habibollah, ont eux-même « disparu », il y a sept ans.
Les démarches, réclamations, sit-in et plaintes sont restés, jusqu'ici, lettre morte. Leur famille reste sans nouvelles des deux jeunes gens, enlevés le 25 décembre 2005 à Boujdour, avec treize autres militants des droits humains.  Les familles ont saisi, en 2006, le Haut commissariat des droits de l'homme de l'ONU. Après quoi, les autorités marocaines ont fait état du repêchage, en mer, de quatre cadavres non identifiés. Les familles ont réclamé, en vain, des autopsies. Elles ont finalement refusé que des tests ADN soient pratiqués par la justice marocaine, hors du contrôle d'une instance internationale. « Nous sommes convaincus qu'ils ont été torturés à mort », conclut la jeune Sahraouie, enveloppée dans une étole mauve.
Le sort du jeune frère de Matou Dambar, Saïd, fut tout aussi tragique.
Le 21 décembre 2010, quarante quatre  jours après la sauvage répression de Gdeim Izik à laquelle il avait réussi à échapper, le jeune homme est sorti vers 19 heures, pour aller regarder un match de football avec ses amis. Barcelone, son équipe préférée, jouait ce soir-là. À deux heures du matin, des policiers sont venus tambouriner à la porte. « Ils nous ont dit que Saïd se trouvait à l'hôpital, après une altercation avec des policiers. Nous y sommes allés. Il portait une blessure par balle sur le front, entre les deux yeux. Il avait déjà rendu son dernier souffle, mais sa mort ne fut déclaré que trente-six heures plus tard », souffle Matou Dambar.
Soixante-cinq prisonniers politiques sahraouis croupissent aujourd'hui dans les geôles du roi. Parmi eux, les jeunes militants à l'origine de la protestation de Gdeim Izik pour la liberté, le justice sociale et la dignité. Vingt-quatre d'entre eux, dont le militant des droits de l'homme Ennama Asfari (« L'Humanité » du 20 août 2011) sont arbitrairement détenus à la prison de Salé, dans l'attente d'un procès maintes fois ajourné. Ils pourraient être déférés ce 1er février...devant un tribunal militaire. Mustapha Abdeddaim connaît bien ces oubliettes royales, où il a purgé trois ans de prison en raison de son combat pour l'indépendance du Sahara Occidental. « Le Maroc prétend que les choses ont changé depuis l'accession de Mohamed VI au trône.
Mais la page des années de plomb n'a pas été tournée, le régime marocain n'a pas changé. Ses défenseurs prétendent qu'il n'y a plus d'assassinats politiques, c'est faux. Ils disent qu'il n'y a plus d'enlèvements depuis Ben Barka, c'est faux », met en garde ce militant torturé. « Pour eux, la monarchie et le Sahara relèvent du sacré », résume-t-il.
Le 24 septembre 2012, au terme d'une mission de huit jours au Maroc, avec une étape à Laayoune, Juan Mendez, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, faisait état  d'une « augmentation du nombre d'actes de torture et des mauvais traitements lors de l'arrestation et de la détention ». « Le jour de sa visite, les policiers se sont attaqués à des gens dans les rues de Laayoune », se souvient Matou Dambar. Brutal témoignage du sentiment d'impunité de la monarchie  marocaine.