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mercredi 1 avril 2015

Traquenards et calomnies contre les dissidents au Maroc


Le chef de la police politique marocaine et le ministre de la justice et des "libertés" (Photos DR)

 

 

 

 

 

Le chef de la police politique marocaine et le ministre de la justice et des « libertés » (Photos DR)

Traquenards et calomnies contre les dissidents au Maroc

Par Maati Monjib, 30/3/2015

 Sexe, drogue, argent et vidéo. Une longue série d’affaires a touché des personnalités et des activistes qui ont pris part ou soutenu le mouvement du 20-Février, des islamistes Al-Adl wal-Ihsane aux membres d’associations laïques. Scandale sexuel, financier ou de drogue : à chacun un « crime » adapté touchant un tabou de son idéologie pour le discréditer et porter atteinte à la version marocaine du Printemps arabe.


Le 17 mars, Hicham Mansouri, journaliste et activiste de l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI) est arrêté par une dizaine de policiers en civil. La porte de son appartement est violemment défoncée. Il est battu sur le visage et la tête, déshabillé et traîné dehors, cachant difficilement ses parties intimes avec une petite serviette. Quelques jours plus tard la wilaya de police de Rabat publie un communiqué — chose rare en soi — l’accusant, entre autres, de tenir un local destiné à la prostitution1.
Quelques jours plus tôt, Mustapha Arriq, haut responsable de l’association islamiste la plus puissante du Maroc, Al-Adl wal-Ihsane (AWI), est arrêté à Casablanca pour «  relation extraconjugale  ».
Ce sont les derniers faits d’une longue série de harcèlements qui a visé les islamistes d’AWI mais aussi des personnalités et des activistes qui ont participé ou soutenu le mouvement du 20-Février.
Dans la région Mena (Middle East and North Africa) — et avec le déclenchement du Printemps arabe et le renforcement relatif du contrôle social sur l’État, grâce notamment au rôle des nouveaux médias et de la presse électronique — certains groupes économiques et/ou politiques (parfois indépendants de l’État mais favorables au régime politique en place) recourent de plus en plus à des méthodes détournées pour étouffer l’opposition en sapant sa crédibilité et sa popularité au sein de la société.
Ainsi au Maroc, des «  sites d’information  » avec d’importants moyens financiers — mais dont la source est inconnue — se spécialisent dans les attaques contre les associations, personnalités ou groupes politiques qui sont considérés comme des dissidents.

samedi 21 décembre 2013

Le Maroc est-il un Etat terroriste ?

  • Par Salah Elayoubi, 18/12/2013

Le Maroc est-il un Etat terroriste ?

terrorisme
Printemps 2010. L’homme qui sonne à la porte d’un appartement du « Haut-Agdal », dans la capitale marocaine, s’appelle Eric Goldstein. Il est directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à  Human Rights Watch.
Le moment mérite d’être raconté, parce que cette visite insolite va inspirer l’intitulé du document que produira quelques mois plus tard, son organisation, lorsqu’elle dénoncera les conditions épouvantables, dans lesquelles le régime marocain, au prétexte de lutter contre le terrorisme, broie les consciences qui dénoncent ses exactions.
Une heure durant, entre deux sanglots, la femme qui accueille le responsable, raconte l’enlèvement de son fils, Rida Benotmane, de son domicile conjugal, sous les yeux de son épouse enceinte, par un groupe d’inconnus, au soir du 19 janvier 2007, puis la disparition pure et simple de ce dernier.
Au cours de l’entretien, Rachida Baroudi raconte, encore médusée comment les responsables sécuritaires l’avaient, à plusieurs reprises, invitée courtoisement, presque délicieusement, à « arrêter de chercher son fils ! »
La formule stupéfiera à ce point Eric Goldstein et ses collègues, qu’ils en feront le titre éponyme de leur rapport sur les Droits de l’homme au Maroc, publié en Octobre 2010.
Plusieurs mois s’écouleront durant lesquels Rida Benotmane croupira en prison, persuadé qu’il doit pour l’essentiel, son emprisonnement à sa dénonciation de l’intervention américaine en Irak, sur  des sites islamistes et des graves atteintes aux droits de l’homme, dans les prisons secrètes du régime marocain ainsi qu’à la publication de photos aériennes des sites de la Direction de Surveillance du Territoire (DST) et du palais royal. Jusqu’à ce qu’Eric Goldstein l’informe par téléphone que l’examen du dossier de police, laisse apparaître, comme principal reproche, l’offense à la personne du roi,  Rida ayant utilisé le terme tyran pour désigner Mohammed VI, dans l’un de ses commentaires sur la toile. Et le responsable de Human Right Watch d’ajouter : « Il s’agit d’une condamnation infondée, chacun ayant le droit de qualifier les hommes politiques, selon ses opinions, pour autant que cela s’exprime sans violence, ni diffamation. »

  
Rida Benotmane à sa sortie de la prison de Salé, en compagnie de sa fille et de sa mère

Entre crime de lèse-majesté et apologie du terrorisme
Si plusieurs militants du Vingt Février comme Abdessamad Haydour, Walid Bahomane ou encore DrisDrisss Boutarada, ont, lourdement et sans ambiguïté, été condamnés pour atteinte à la personne du roi, et respectivement condamnés à trois ans, dix-huit mois et un an d’emprisonnement, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre le cas Benotmane et  le cas Ali Anouzla, emprisonné le 17 septembre 2013, pour « assistance à une entreprise terroriste » et « apologie du terrorisme ».
Quelques semaines avant son interpellation, le journaliste indépendant avait publié une série d’articles au vitriol sur le budget de la monarchie, la grâce royale à un multi-pédophile et un narcotrafiquant en prison préventive, ou encore sur l’absentéisme du roi.
Le 28 octobre, soit trois jours après la libération provisoire d’Anouzla, un autre journaliste, Mustapha El Hasnaoui, beaucoup moins médiatique que le premier,  était condamné, par la Cour d’appel de Salé, à quatre (4) années d’emprisonnement, après une obscure procédure judiciaire, pour « constitution de bande criminelle, en vue de commettre des actes terroristes, dans le cadre d’une entreprise collective, visant l’atteinte grave à l’ordre public par l’intimidation, la terreur ou la violence » et « non-dénonciation d’actes de terrorisme ».
Reporter à la publication salafiste Assabile, l’homme s’était rendu en Turquie, pour y mener un reportage dans la région frontalière avec la Syrie à propos des réfugiés et des combattants marocains, selon son comité de défense. Bien que la Turquie lui ait refusé l’accès de son territoire, les autorités marocaines l’ont interpellé, le 16 mai, à son retour au Maroc, espérant, à tout le moins, lui soutirer des informations, sinon le voir collaborer à identifier les jihadistes marocains en Syrie et leurs réseaux.
 L’Etat terroriste
On le voit, la loi anti-terroriste mise en place en mars 2003, sert à merveille les desseins liberticides du régime marocain et lui permet de condamner, à tour de bras ses opposants. Bien pire, le modus operandi des forces de sécurité marocaines, les procédures induites par la loi, l’opacité de l’instruction et la lourdeur des charges ont pour principal objectif de dissuader la société civile et les militants de tous bords de s’immiscer dans le cours de cette justice d’exception. Une méthode consubstantielle de la terreur distillée par les tyrannies dont fait assurément partie Rabat.
Les exactions menées par le régime marocain à l’encontre de ses contradicteurs, sont allées crescendo, depuis l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir et les trois dernières années  resteront sans doute inscrites parmi les pires avec plus de deux cent cinquante détenus politiques dont le régime et ses thuriféraires continuent de nier jusqu’à l’existence. Tous les rapports de l’ONU, de Reporters sans frontières, d’Amnesty International et Human Rights Watch pointent du doigt les sévices physiques, psychologiques et sexuels, menés à l’encontre de personnes arrêtées sous prétexte de lutte contre le terrorisme et dont certaines sont même décédées sous la torture.
Autre effet dévastateur de la fameuse loi, longtemps après la remise en liberté des condamnés, le dossier de l’anti-terrorisme continue de leur coller à la peau. Pour peu que les intéressés appartiennent à un mouvement islamiste, les voilà affublés de l’étiquette d’extrémiste qui les condamne à l’exclusion professionnelle, voire à une faillite personnelle définitive. Le régime ayant alors atteint son but ultime de mettre définitivement hors d’état de nuire des adversaires, des opposants ou de simples militants.

 Sept ans de calvaire
L’errance de Rida Benotmane continue. Le jeune père de famille commémorera en janvier prochain, l’an VII de son calvaire. Il n’a pas fini de payer pour des crimes imaginés par le corpus de la dictature marocaine.
Plus de quinze organisations avaient adressé en avril 2011,  un mémorandum au Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, recommandant à ce dernier de le réintégrer à son poste de travail, ce qui revenait de facto, à reconnaître qu’il avait été condamné pour délit d’opinion. Même le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) s’était prononcé en faveur de la mesure.
C’était mal connaître l’acharnement légendaire du Makhzen. Le 09 Octobre 2013, Najib Boulif, ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance et Idrissi Azami, ministre Chargé du Budget auprès du ministre de l’Économie et des Finances, co-signaient la décision de réintégration de Rida à son ancien poste de fonctionnaire, avant que celle-ci ne soit brutalement  annulée le 25 Octobre, sans autre explication.
Un ultime rebondissement en forme de mesure coercitive. Révoltant parce qu’il apporte du crédit aux voix qui s’élèvent de plus en plus nombreuses, jusque parmi les proches de la monarchie, pour reconnaître qu’il n’existe pas d’Etat marocain. Une autre façon de dire que nous sommes en présence d’une organisation tentaculaire et omnipotente qui tisse sa toile dans l’ombre pour agir sur le destin d’une quarantaine de millions d’âmes. Dans n’importe quelle langue, cela porte un nom : Mafia
Salah Elayoubi

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28595

jeudi 12 décembre 2013

Le prisonnier politique Driss Boutarada retrouve sa liberté et sa famille.

Salaheddine Lemaizi a partagé une photo de Samad Iach, 10/12/2013
ادريس المقنع يعانق الحرية من جديد
مكناس 10 دجنبر 2013Le prisonnier politique Driss Boutarada retrouve sa liberté et sa famille. 
Belle journée internationale des droits de l'homme. 
دريس المقنع يعانق الحرية من جديد مكناس 10 دجنبر


samedi 5 janvier 2013

Un an de prison ferme pour avoir imité le roi, son épouse témoigne

Par Souad G, Rabat,27/12/2012

 Driss Boutarada, membre du M20F à Rabat a été condamné par le tribunal de Rabat à 1 an de prison ferme et une amende de 5000dh .

Il a été condamné pour détention et trafic de drogue. Un nouveau procès fabriqué contre Driss Boutarada, militant actif du M20F de Rabat. Il avait participé à une manifestation syndicale le 13 décembre à Rabat s’appuyant sur une béquille. Crime de lèse majesté : les images du roi s’appuyant  sur une béquille lors des visites officielles avaient été  diffusées dans les télés et journaux publics quelques jours auparavant. 

Driss Boutarada a été enlevé le 13 décembre, il a été arrêté puis condamné  pour avoir plagié le roi s’appuyant  sur une béquille. Après une manifestation contre la Baya ou l’allégeance au roi  interdite et bastonnée à Rabat , suivie d’une autre manifestation devant le Parlement à Rabat lors du vote de la loi des finances en novembre 2012 pour demander des comptes et contester le budget royal, l’image sacrée du roi en prend à chaque fois un coup. 

 Une parodie de justice de plus dans un régime qui ne plaisante pas avec les militants politiques :plus de soixante militants du M20F selon l’AMDH sont condamnés sur des chefs d’accusation tels que trafic de drogue, vol, insultes, diffamation. Pour la plupart des jeunes, sans travail, sans droits, qui continuent à réclamer haut et fort liberté, égalité, justice sociale, fin du despotisme et la dignité. Les revendications sociales élémentaires pour lesquelles  le Mouvement du 20 Février continue à lutter dans les villes et campagnes du Maroc.

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Par demainonline, 27/12/2012

Driss Boutarada (Photo DR)
Driss Boutarada lors de la manifestation. Un an de prison ferme pour ça ! (Photo DR)
Driss Boutarada, le jeune activiste du Mouvement du 20 février, qui a été arrêté par la police lundi 10 décembre pour « possession de 15 grammes de cannabis », en fait pour avoir imité le roi en s’exhibant lors d’une manifestation habillé d’une djellaba blanche, coiffé d’un fez et appuyé sur une béquille, a été condamné aujourd’hui à un an de prison ferme.
Depuis quelques semaines, et sans qu’on sache les raisons, le chef de l’Etat s’appuie sur une béquille pour marcher.

Comme le roi Mohamed VI n’est plus « sacré » selon la nouvelle constitution octroyée, la police secrète, qui sait que ce genre d’humour est destructeur pour le Makhzen, s’attèle à chercher n’importe quel motif pour châtier les déviants.
Mais personne n’est dupe ! Boutarada a été condamné pour avoir moqué le roi et non pour possession de quelques misérables grammes de shit. C’est un an de prison ferme pour avoir mis une djellaba et porté une béquille.
Devant cette injustice, ce non-sens, l’ex-capitaine Mustapha Adib propose au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane d’interdire aux Marocains de porter dorénavant des djellabas blanches, de se faire coiffer avec des fez et de s’appuyer sur des béquilles.
A quand le goulag pour le pilote d’Air France qui a fait une blague sur Mohamed VI ?


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 Sur Facebook

Ahmed Touzani via Nkki AnameTémoignage de la femme de Driss Boutarada, militant du M20F Rabat, 27 ans, marié, père d'une enfant, vendeur dans le souk du quartier populaire Hay Akari, Rabat, enlevé le 13 décembre 2012, condamné le 27 décembre: un an de prison, 5000dh d'amende, sur fausses inculpations: trafic de drogue. Les faits : il a manifesté en plagiant le roi avec béquiile! Liberté pour Driss

http://youtu.be/Vv8YxA4NNUg

  •  Et l'injustice de la justice continue de plus belle


    Mohammed Belmaïzi 
     Nos intellos de service qui défendent bec et ongles ce régime prédateur, doivent comprendre leur responsabilité historique dans ce genre de provocations et d'arbitraire est fortement engagée!

     Il a été arrêté le 10 décembre,journée internationale des droits de l'homme.
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  • Driss Boutarada aime les tenues symboliques. Au Maroc ça coute cher !
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    Suite à des accusations infondées :
    "Je tiens à informer que l'AMDH et depuis le 1er jour de l’enlèvement de Driss suit de très près ce dossier.
    Le 1er acte militant organisé c'était un sit-in devant le commissariat pour connaitre le sort de Driss (où on a été réprimé et sauvagement tabassé comme d'habitude).
     Le lendemain et dès qu'on a su qu'il a été poursuivi en justice, nous avons engagé 3 avocats dont voici les noms,( Mohammed Sadkou, Ismail Amar et le cabinet Ben Amr représenté par Abdellah Asbrie). Ces avocats ont suivi toutes les séances et continueront à le faire pour  la cour d'appel.
    La section AMDH Rabat à travers son président Si Abdeslam Belfhil et d'autres militants ont suivi toutes les audiences que ça soit de l’intérieur quand on pouvait accéder ou de l’extérieur du tribunal quand on nous interdisait d'entrer.
    Un ensemble de communiqués  de la section et du bureau central de l'AMDH ont fait part de ce cas d'arrestation arbitraire de Driss.

    l'AMDH a organisé une conférence de presse sur le même sujet, et un meeting / réception des  familles des détenus politiques y compris celle de Driss (vous trouvez ci dessous le lien de l'intervention d'une mère d'un détenu)
    l'AMDH a organisé un sit-in de protestation devant le ministère de la justice pour demander la libération de Driss, à son tour réprimé comme dirigeant de l'AMDH.
    l'AMDH à ouvert une caisse de solidarité financière pour Driss et sa famille, alimentée par les militants de l'AMDH.

    Mettre tout le monde dans le même panier et accuser les associations de mutisme, porte atteinte à mon sens aux associations sérieuses notamment l'AMDH, cela alimente une désinformation dangereuse, et porte atteinte aussi à ses militants qui payent de leurs vies , leur temps et leur argent pour la cause des droits humains.

    Lien vers la conférence organisée par l'AMDH sur le cas de Driss:
    http://m.youtube.com/#/watch?v=Hyy2n2jzy2I&feature=player_embedded&desktop_uri=%2Fwatch%3Fv%3DHyy2n2jzy2I%26feature%3Dplayer_embedded&gl=FR