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mardi 25 janvier 2011

Liesse populaire à Mohammedia : ils sont libérés !

Mohammedia a vécu un événement historique.

Par Ali Fkir,  coordinateur du COMITE....de Mohammedia, 25/1/2011
Tôt le matin du 25 janvier 2011, des dizaines d'habitant-es de Brahma, des militant-es solidaires ont pris des bus pour se retrouver devant la cour d'appel à Casablanca, où devrait débuter l'instruction des 6 innocents du douar Brahma Lhafra détenus depuis le 1er décembre 2010. Ils risquaient des peines allant de 5an à 20 ans.
A 10h du matin des dizaines d'habitant-es de Casablanca ont rejoint ceux et celles de Mohammedia.
Le sit in a commencé à 10h un quart. Tout le monde a scandé des slogans exigeant la libération des innocents.
Vers 12h30, le militant, Maître Abdeslam El Bahi, l'avocat volontaire du "Comité de la défense et de l'action pour la libération des prisonniers...de Mohammedia" annonça la décision du juge d'instruction de libérer les détenus.
C'est la joie la joie générale !
Vers 17h, c'est l'entrée triomphale des ex détenus à Mohammedia. C'est la liesse populaire. Du jamais vu à Mohammedia!.Les habitant-es des quartiers populaires sont descendu-es dans les rues pour accueillir les victimes de l'arbitraire.
Tout le monde, je dis bien tout le monde scandait des slogans faisant l'éloge de l'AMDH.
Les militant-es de l'AMDH, du Comité de solidarité ont été "étouffés" par les embrassades des habitant-es.
Les habitant-es ont respecté les consignes du comité...de Mohammedia:
- Pas de banderole à part celle du douar Brahma, celle du Comité et deux pancartes de l'AMDH
- Pas de drapeaux
- Pas de photos à part celles des détenus
- Pas de slogans à part ceux relatifs à la libération des détenus et ceux relatifs à la lutte pour un habitat salubre
Les milliers des citoyen-nes en marche ont respecté
Le militant Abdeslam El Bahi, ex détenu, militant du PSU, avocat du barreau de Casablanca, avocat des 6 détenus de Brahma Lhafra au nom du COMITE...de Mohammedia

mardi 4 janvier 2011

Maroc bidonvilles : Brahma Lhafra dans la presse


Par Ali Fkir , 4/1/2010











Le quotidien Libération continue  à informer l'opinion publique de l'évolution de la situation des victimes des intempéries et de l'exclusion

lundi 27 décembre 2010

Maroc : Situation révoltante dans les bidonvilles : Pas de répit pour la résistance !

 La libération des détenus de Brahma Lhafra est incontournable
Par Ali Fkir, coordinateur du comité pour la libération des prisonniers., 23/12/2010
Malgré la pluie torrentielle qui s'abat sur Mohammedia depuis le mercredi matin, malgré les intimidations des agents du ministère de l'intérieur (caïds, chioukhs, moukdmines...), des dizaines de citoyen-nes ont répondu présent-es à l'appel du "comité de défense et de l'action pour la libération des détenus et de la solidarité avec les victimes des intempéries et de l'exclusion" , bravant ainsi tous les obstacles pour assister au meeting organisé devant le local de la section de l'AMDH (Mohammedia) le mercredi 22 décembre 2010 à 18h.
Le sit in a pris fin avec les allocutions de la présidente de la section locale de l'AMDH, Aziza Mgani et du coordinateur du Comité, Ali Fkir.
Le comité a organisé le même jour une rencontre directe entre les journalistes, les familles des détenus, des citoyens de certains bidonvilles et des paysans pauvres venus de la campagne.
La rencontre était émouvante: les victimes de l'exclusion , les familles des victimes de l'arbitraire ont décrit à l'assistance les conditions intolérables où ils/elles vivent, la démission de l'Etat, la disparition des "élus"...
Des membres de la famille (13 membres) Sefri ont, larmes aux yeux, parlé de la condamnation de M'barka et son frère Moussa à deux mois de prison ferme (le mardi 21 décembre 2010) pour "avoir refusé d'abandonner" les baraques qu'elle occupe depuis 1958 dans un terrain vague. Ces 3 ménages n'ont aucun revenu fixe. C'est scandaleux de vouloir jeter à la rue des victimes de l'exclusion et de la "marginalisation". C'EST SCANDALEUX!
Les larmes ont coulé à flots lorsque les présent-es ont appris le drame de Saâdia:
- Saâdia est l'épouse de Ahmed Sahel l'un des 6 représentants du douar Brahma Lhafra détenus arbitrairement depuis le mercredi 1 décembre 2010.
Saadia avec ses enfants le 5 décembre
- Saâdia est mère de 4 enfants
- A l'arrestation de son époux (le 01/12/2010), Saâdia était enceinte de 9 mois
- Malgré son état, Saâdia n'a pas bénéficié d'aucune attention/aide des services publics
- Le jeudi 16/12/2010, Saâdia accouche dans des conditions lamentables
- Son état et surtout l'état de son bébé s'étaient détériorés. Il n'y a pas de lait pour le bébé. Ni lait maternel, ni l'argent pour s'approvisionner ailleurs.
- Le samedi 18/22/2010, elle collecte un peu d'argent pour PAYER l'ambulance qui allait les transporter, elle et son bébé, vers la pédiatrie à Casablanca.
- Le bébé n'a pas pu résister à l'enfer terrestre. Il quitta ce monde abandonnant (malgré lui) sa maman dans le désarroi le plus révoltant, son papa dans la sinistre prison de Oukacha, emprisonné arbitrairement.
C'est clair et net, la responsabilité incombe entièrement aux autorités locales qui étaient au courant de l'état de Saâdia depuis l'arrestation de son époux et n'ont rien fait. C'EST RÉVOLTANT
 
Au cours de la rencontre avec la presse
 La petite Amzouri (entre deux habitantes de Brahma  dont les maris se trouvent en prison) n'a pas pu terminer son intervention: j'ai tout perdu, mon père en prison, maman souffre, je suis perturbée dans ma scolarité....C'EST LA DESCENTE AUX ENFERS D'UNE INNOCENTE.
   Chut ! pas d'humanisme! L'ORDRE! LA SECURITE! RIEN D'AUTRE.
 LES PAUVRES, LES RICHES, c'est une affaire de Dieu. L'Etat doit veiller à ce que les choses restent ce qu'elles sont. C'est la quintessence de la philosophie makhzanienne.
"Et gare à la revanche, quand les pauvres s'y mettront...!"

 

dimanche 19 décembre 2010

Maroc : "l'Observateur" dénonce la situation scandaleuse des oubliés de Brahma Lhafra

Par Ali Fkir, le coordinateur, 19/12/2010
L'hebdomadaire "L'Observateur" (N°103 du 17 au 23 décembre 2010) ) a consacré 6 pages à la situation cauchemardesque que vivent des centaines de familles du bidonville Brahma Lhafra.
Le "comité de la défense et de la libération des détenus et de la solidarité avec les victimes des intempéries et de l'exclusion", et en coordination avec la section de l'AMDH, organise 
le mercredi 22 décembre 2010 un sit in de protestation et une rencontre directe entre les journalistes et les familles des détenus, et ce, au local de la section de l'AMDH ( derb Chabab, avenue Abdelkarim Al Khattabi, Mohammedia Al Aliya )à partir de 18h

 
  

 
 
Les familles des 6 détenus du bidonville Brahma Lhafra, leurs amis, les militant-es de l'AMDH, section de Mohammedia... ne laisseront en aucun cas tomber ces innocents. Il est scandaleux que l'État emprisonne les représentants des sinistrés alors qu'ils ont été convoqués à la préfecture pour dialoguer. Du jamais vu!
Relire sur solidmar les reportages d'Ali Fkir sur le sujet depuis le 31/11/2010

vendredi 17 décembre 2010

Bidonvilles de Mohammedia : l’incrédibilité des représentants de l’Etat

Brahma Lafra il y a quelques jours...
Par Ali Fkir,  coordinateur du « Comité de la défense et de la libération des détenus, de la solidarité avec les victimes des intempéries et de l’exclusion » Mohammedia, le 17 décembre 2010
 Les autorités locales de Mohammedia pataugent dans un véritable pétrin face au mouvement de contestation des bidonvillois-es qui ne font  que réclamer la libération de leurs représentants et leur droit à un logement salubre.
  Le mercredi 15 décembre 2010 des centaines des sans droits de citoyenneté du douar Brahma Lhafra ont organisé un sit in à 10 mètres de l’autoroute (Casablanca-Rabat). Ce qui a ameuté les différents corps de l’État.
Les photos de 5 des 6 détenus du bidonville de Brahma Lhafra
Le mercredi 15 décembre 2010 des centaines de sans droits de citoyenneté du douar Brahma Lhafra ont organisé un sit in à 10 mètres de l’autoroute (Casablanca-Rabat). Ce qui a ameuté les différents corps de l’État.
    Le bouclier d’enfants et de femmes a empêché avec succès (pour une fois) la matraque de toucher les hommes.
    Les autorités ont demandé à dialoguer avec les représentant-es des sinistrés. Pour une fois ces autorités reconnaissent de fait que les « élus » ne représentent en aucun cas les  masses populaires et qu’ils constituent plutôt le prolongement du makhzen dans les quartiers et dans les douars. D’ailleurs ces créatures ont préféré s’éclipser pour un certain temps, et attendre de meilleurs jours.
   Surprise (qui n’en est pas une) : les bidonvillois-es
répondent ensemble «  nous voulons la libération des nôtres et une vie meilleure ». Les victimes refusent de désigner des représentant-es qui se retrouveront en prison comme ceux qui ont été arrêtés le 1er décembre 2010.   
Rappelons que les 6 détenus s’étaient présentés comme représentants des bidonvillois-es et au lieu d’être conduits au siège de la préfecture, ils se sont retrouvés à la brigade de la gendarmerie puis à la prison d’Oukacha de Casablanca. Ils risquent d’être coffrés pour des années et des années de prison ferme. Les chefs  d’accusation qui pèsent sur ces innocents étant le pur fruit de l’imagination des gendarmes.
  L’État marocain n’a aucune crédibilité auprès des masses populaires. Rappelons aussi qu’avant 2008, deux grands panneaux accueillaient les visiteurs et autres passagers à l’entrée de Mohammedia :
« AU 31 DÉCEMBRE 2008, MOHAMMEDIA SERA VILLE SANS BIDONVILLES », décembre 2010, deux ans après ce fameux délai, le nombre de bidonvillois-s a augmenté et ne cesse d’augmenter. Les bidonvilles fleurissent dans la région.
     L’administration locale tout en reconnaissant implicitement la non représentativité de ses créatures, ses « élus », le manque d’interlocuteurs fiables du fait de sa politique répressive et de ses interminables tergiversations.
   L'État n’a qu’à libérer les détenus, arbitrairement emprisonnés, et dialoguer avec eux en tant que représentants légitimes du douar Brahma.
 Aujourd’hui les habitants de différents bidonvilles de Mohammedia, les militant-es de l’AMDH, les démocrates conséquent-es font de cette libération une condition incontournable avant d’entamer un dialogue sur les conditions intolérables où vivent des dizaines de milliers de citoyen-nes (sans droits de citoyenneté) à Mohammedia et dans sa région.
   En s’entêtant, en recourant systématiquement à la répression, à la politique de la sourde-oreille, l’administration est entrain de perdre sa dernière feuille de vigne et personne n’acceptera de dialoguer avec elle. Ce sera certainement une nouvelle réalité qui ne pourra qu’être dangereuse.
 Rappelons aussi que la préfecture a reçu la semaine dernière une délégation de l’AMDH, section de Mohammedia, (composée de 7 membres de bureau). Les promesses de la préfecture sont restées sans suite.
   
Nous exigeons une nouvelle fois :
-       La libération inconditionnelle des détenus des mouvements de contestation sociale tels les 6 détenus de Brahma Lhafra, et Mbarka et son frère du douar Lhaj Miloudi
-        Entamer un dialogue sérieux avec les véritables représentants des quartiers populaires en général et des bibonvillois-es en particulier