Archives 2009-2017 du blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA), créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala. Rejoignez-nous!
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Chers amis lecteurs de solidmar,
Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeausolidmar !
...et
le massacre de la forêt continue, particulièrement la flibuste
criminelle du cèdre, les auteurs sont connus, ils ne cessent de
s'enrichir au détriment d'un haut patrimoine humain: LA FORET, poumon du
monde dont le Maroc a le privilège naturel d'en posséder les plus
belles.
ARRÊTONS LE MASSACRE !
et que les flibustiers du cèdre rendent
des comptes !!
Cette
photo a été prise il y a quelques jours dans la foret proche d'Azrou.
Cette scène nous attriste profondément. Nous espérons pouvoir arrêter ce
massacre très bientôt.
Les forets sont très importantes pour plusieurs raisons. Rappelez-vous
que sans les arbres, les humains ne pourraient même pas vivre; en effet,
les arbres fournissent l’oxygène essentiel a la respiration des êtres
vivants. Les forets permettent aux sols d’être fertiles et donc aux
cultures de bien pousser. Les arbres permettent aux sols de "rester en
place"; cela évite l’érosion. La foret au Maroc est essentielle pour
stopper la désertification. Sans les arbres, le Maroc deviendra un grand
désert vide de toute vie. Enfin, la foret est la maison des singes.
Sans foret, les singes disparaitront.
24 heures
avant Paris, l’Etat islamique autoproclamé frappait Beyrouth, sans
susciter la même solidarité internationale avec les victimes. De quoi
s’interroger sur les raisons de ces perceptions différentes.
Il
y a, dans le jargon journalistique, une « loi » bien connue, celle du
« mort kilomètre » ; une règle qui veut que deux morts dans un accident
de métro à Paris ou Londres pèsent plus lourd que 100 morts dans un
accident de train à l’autre bout du monde, en Inde ou en Bolivie.
Une loi absolument cynique mais qu’un rédacteur en
chef de 20 heures télé connaît parfaitement : un téléspectateur français
s’identifiera avec un « commuter » anglais qui a le même mode de vie
que lui, pas avec un habitant de Bombay qui, pourtant, va lui aussi
bosser.
Appliquée au terrorisme, cette règle connaît
quelques variantes qui montrent que ce que nous considérons parfois
comme des « émotions collectives planétaires » sont effectivement à
géométrie variable : toutes les victimes du terrorisme ne se valent pas
dans la bourse aux émotions, et les terroristes l’ont bien compris en
ciblant Paris et ses habitants.
Deux exemples de ces perceptions, qui en disent long sur les lignes de fracture et les fossés qu’elles engendrent.
1
Beyrouth-Paris, même souffrance ?
24 heures avant Paris, l’Etat islamique autoproclamé a frappé à Beyrouth,
plus précisément dans le quartier chiite de Borj el-Barajneh, faisant
43 morts et 239 blessés. C’est l’attentat le plus sanglant dans la
capitale libanaise depuis plus de vingt ans.
Le lieu du double attentat à Beyrouth, le 13 novembre 2015 - Bilal Hussein/AP/SIPA
Mais cette attaque n’a pas suscité la même émotion
que les attaques de Paris par les mêmes auteurs, 24 heures plus tard.
Pas de monuments illuminés avec un cèdre, pas de photos de profil
barrées de noir sur les réseaux sociaux, pas de veillées à la bougie aux
quatre coins du monde.
Très vite, de surcroît, l’attentat de Beyrouth a été
occulté par les événements de Paris, sans précédent par leur ampleur et
le modus operandi, terrifiants par la froideur de leur exécution.
Pourquoi cette différence de traitement ?
Il aura fallu que quelques personnes s’en émeuvent
pour que commence à apparaître le lien entre deux capitales
endeuillées : Paris-Beyrouth, même souffrance. D’abord des Libanais,
mais aussi ailleurs dans le monde, avec des appel à ne pas oublier le
Liban.
Pourquoi cette différence de traitement ? De fait,
c’est le même mécanisme de l’identification sociale qui est à l’œuvre,
comme dans le « mort kilomètre » des accidents de train.
Tout le monde, de San Francisco à Sydney en passant
par Varsovie, peut s’identifier à un jeune Parisien présent à un concert
de rock, se souvenir qu’il est allé ou rêve d’aller en vacances à
Paris ; personne ne s’identifiera avec l’habitant d’un quartier chiite
de Beyrouth (donc « pro-Hezbollah »...), même si c’est un jeune du même
âge pas très différent de la victime parisienne...
2
Vraies et fausses symétries
Si l’absence relative de compassion pour les
victimes de l’attentat de Beyrouth résulte des représentations forgées
au fil du temps, il est un autre débat sur la différence de traitement
des victimes qui, lui, est plus dérangeant.
C’est celui qu’entretiennent les pro-djihadistes sur
les réseaux sociaux. Le site de veille des réseaux djihadistes en ligne
Site (Search for International Terrorist Entities) donne ainsi des extraits de discussions autour de cette question.
Un internaute demande à Israfil Yilmaz, un
Néerlandais décrit comme combattant de l’Etat islamique, s’il est
favorable aux attaques de Paris. Réponse :
« Je suis favorable aux attaques de
Paris autant que le gouvernement français est pour le bombardement et la
terreur de musulmans innocents en Syrie, en Irak et ailleurs. Ça te
va ? Est-ce que ça te semble cohérent que le sang musulman coule depuis
des décennies sans que personne ne s’indigne ? Et pourtant, dès que nous
répondons, que nous leur prenons ce qu’ils nous prennent en employant
les mêmes méthodes qu’eux, ça devient une grosse affaire. »
Le site recense de nombreuses autres prises de
position du même ordre sur les plateformes et réseaux sociaux
djihadistes qui, toutes, mettent sur le même plan les victimes
d’attaques comme celles qui viennent de se produire à Paris, et les
victimes des guerres « impérialistes » dans le monde musulman.
Le discours émoussé des démocraties
Cette symétrie sera jugée insupportable par tout
lecteur occidental qui refusera de mettre sur le même plan un acte de
terreur absolue comme l’attaque d’une salle d’un concert ou d’un
restaurant, et des opérations militaires menées par une armée régulière
contre des objectifs théoriquement ciblés et légitimes.
Il est évident, pourtant, que les aventures
militaires occidentales de la dernière décennie, en Afghanistan où les
« libérateurs » de 2001 se sont imperceptiblement mués en « occupants »
aux yeux d’une partie de la population, et surtout l’Irak en 2003 et la
Libye en 2011, qui ont provoqué l’effondrement des Etats et un chaos
sanglant sans fin, ont affaibli le noble discours des grandes
démocraties.
La légitime compassion des Occidentaux pour
« leurs » victimes du terrorisme ne devrait pas faire oublier les autres
victimes du terrorisme ailleurs, ni l’introspection sur leur propre
comportement, en particulier dans les pays arabo-musulmans eux-mêmes.
Ce message de compassion et de solidarité est non
seulement « normal », humain pourrait-on dire ; il est aussi le seul
moyen de déconstruire le discours des extrémistes qui dénoncent nos
hypocrisies pour mieux couvrir leurs propres crimes.
A Beyrouth : « Pourquoi Facebook n’a pas créé de bouton “Safety check” pour nous » ?
Le Monde.fr ,
Dans un hôpital de Beyrouth après un double attentat, le 12 novembre 2015. | HASAN SHAABAN / REUTERS
« Et nous ? » Ces deux mots tout simples résument la réaction de nombreux habitants du monde
arabe, face à l’émotion planétaire suscitée par les tueries de Paris.
Passé la stupeur et l’effroi, ressentis de façon quasi unanime, un
sentiment d’amertume a très vite percé sur les réseaux sociaux au Proche-Orient. Au Liban
par exemple, des commentaires, relayés sur la Toile des dizaines de
milliers de fois, ont déploré le fait que l’attentat commis à Bourj
El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait 43 morts jeudi
12 novembre, n’ait pas déclenché la même réprobation internationale que
les attaques commises vingt-quatre heures plus tard à Paris.Un
montage qui circule sur les réseaux sociaux au Liban. Le texte sur fond
de drapeau libanais dit : « La tour Eiffel n'est pas plus belle que
Bourj Al-Barajneh ». C'est un jeu de mot sur le terme « Bourj » qui
signifie « tour » en arabe.« A nous, on ne crée pas de bouton d’absence de danger sur Facebook », s’indigne le blogueur libanais Joey Ayoub en référence à la fonction activée par le réseau social, dans la foulée des fusillades, qui permet de signaler à ses amis que l’on est en sécurité. « On ne reçoit pas de déclarations de la part des hommes et des femmes les plus puissantes au monde », ajoute-t-il en allusion aux messages de solidarité envoyés par le président américain Barack Obama et de nombreux autres chefs d’Etat. « Mon corps n’intéresse pas le monde. La plupart d’entre nous continuent à être exclus des préoccupations dominantes du “monde”. »Caricature
arabe qui montre un homme représentant la communauté internationale en
train de s'apitoyer sur le sort de Paris, blessée au doigt, alors que la
Syrie, derrière lui, est couverte de bandelettes des pieds à la tête.Contrairement à l’attaque de janvier contre Charlie Hebdo,
qui avait suscité un certain malaise au sein de l’opinion publique
arabe, en raison des très controversées caricatures de Mahomet publiées
par le journal satirique, l’hécatombe de vendredi soir a été dénoncée
sans arrière-pensées. Les tirs à l’aveuglette contre les terrasses de
café, destinés à faire
le maximum de victimes, sans la moindre distinction de religion, de
sexe ou d’ethnie, ont suscité un rejet immédiat, même dans les cercles
islamistes. Dans la bande de Gaza, par exemple, le Hamas, auteur
d’attentats-suicides anti-israéliens dans les années 1990 et 2000, a
stigmatisé des « actes d’agression et de barbarie » alors que le Jihad islamique, une autre formationarmée palestinienne, a critiqué « un crime contre des innocents ». « Les gens ont beaucoup plus de facilité à exprimer leur solidarité et leur sympathie à l’égard des victimes que lors des attentats de janvier, analyse Yazan Al-Saadi, un journaliste syrien installé à Beyrouth. Mais
à côté de la tristesse, il y a aussi de l’appréhension. Beaucoup de
gens redoutent que ce carnage relance l’horrible et prétendue guerre
contre le terrorisme. Et puis, il y a une forme de dépit face au relatif
silence de l’Occident sur nos souffrances, en Syrie, en Palestine ou en Irak. N’y aurait-il des êtres humains qu’à Paris ? »
«
Toutes les vies importent. Paris, 13 novembre 2015. Palestine, 24/7 ».
Image publiée sur le site propalestinien Free Palestine.Un autre blogueur libanais populaire, Blogbaladi, s’est lui aussi étonné que la fonction de « Contrôle d’absence de danger » (safety check, en anglais) de Facebook n’ait pas été ouverte après les attentats de Bourj El-Barajneh. « Ce
pourrait être très utile pour Beyrouth et le monde arabe aussi. Au
Liban, nous avons eu plus de 20 explosions et attaques depuis 2014 et au
moins dix d’entre elles visaient des civils », écrit l’auteur, qui
précise qu’après chaque attentat les réseaux téléphoniques ont tendance
à saturer… en oubliant cependant que cela peut aussi être le cas pour
les connexions 3G !L’accusation de deux poids, deux mesures faite à Facebook n’a pas tardé en tout cas à arriver aux oreilles de Mark Zuckerberg. Samedi 14 novembre, le fondateur et PDG de la compagnie a déclaré sur son propre compteavoir pris en compte ces critiques « légitimes ».
Il a annoncé que la fonction « Safety check », inventée pour les
situations de catastrophes naturelles, sera désormais disponible dans
les cas de « désastres humains ».
Une conférence organisée par le Cercle Amnesty International ULB, mardi 17 novembre 18h30
Bruxelles, Posted on
Vous n’avez jamais entendu parler d’Ali
Aarrass, ce belgo-marocain condamné à 12 ans de prison pour faits de
terrorisme au Maroc suite à des aveux obtenus sous la torture ? Vous
avez signé la pétition Amnesty mais vous ne connaissez pas les détails
de son histoire ? Alors cette conférence est faite pour vous !
Pour répondre à toutes vos questions, nous avons l’honneur d’accueillir Farida Aarrass, sa sœur, militante au comité « Free Ali » qui viendra témoigner de son combat quotidien pour libérer Ali Aarrass, Zoé Génot, députée bruxelloise écolo et Jamal Ikazban,
député bruxellois socialiste, qui ont décidé de marquer leur soutien
pour Ali Aarrass en entamant une grève de la faim durant 24h au début du
mois de novembre.
Cette conférence est gratuite et sera
suivie d’un échange avec le public. Alors n’hésitez pas à venir pour en
savoir plus sur l’histoire de ce belgo-marocain.
Nous vous attendons le mardi 17
novembre prochain à partir de 18h30 au H.1.3.02. N’hésitez pas à
répandre l’événement autour de vous !
Rassemblement dimanche 22 novembre de 17h à 19h Place du Marché (Liège)
L’occasion d’interpeller les autorités marocaines et belges pour qu’elles agissent en faveur d’Ali Aarrass.
En tant qu'européens, nous sommes sous le choc, accablés et en deuil après les attentats terroristes subis à Paris. Nous adressons toutes nos condoléances aux familles, amis et proches des victimes. Nous exprimons la même solidarité envers toutes les victimes de l'état islamique à travers le monde y compris celles d'Ankara, de Beyrouth, de Syrie, d'Irak ou du Niger et à tous les réfugiés forcés de fuir pour échapper à cette même terreur qui a frappé Paris.
Aujourd'hui nous voulons nous joindre au message de paix et soutenir les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité
(1) Appel coordonné par le mouvement citoyen européen
WeMove.EU et signé par les membres de mouvements partenaires :
38Degrees.co.uk aux Royaumes-Unis, Campact.de en Allemagne, Uplift.ie en
Irelande, Skiftet.org en Suède, Aufstehn.at en Autriche, Progressi.org
en Italie et PowerFoule.org en France.
APPEL À LA SOLIDARITÉs
Signez cet appel à la solidarité pour TOUTES les victimes des attaques
barbares de Daesh : celles de Paris, de Beyrouth, d'Ankara, de Russie,
de Syrie, d'Irak et du Niger.
Ce message fort est en ce moment même signé partout en Europe et sera publié dans le journal Le Monde dans quelques jours (1)
Mesdames et Messieurs les dirigeants de la République française,
Vous avez, voilà plusieurs années déclaré la guerre au terrorisme, entendu par là le terrorisme islamiste ou qui se revendique comme tel. Qu’il s’agisse hier d’Al Qaïda, Boko Haram ou aujourd’hui Daesh, cette posture est devenue au fil du temps une constante de la politique étrangère.
Puisque vous voulez vaincre le terrorisme comment se fait-il que vous le financiez ?Comment se fait-il que vos tournées dans les monarchies pétrolières du Golfe donnent lieu à tant d’effusion de joie sur vos comptes twitter ? Comment se goberger d’ouvrir le Louvre à Abu Dhabi ? Comment se féliciter de vendre des armes à l’Arabie saoudite ? Comment laisser les compagnies aériennes de ces pays desservir le territoire national et diffuser dans leurs appareils des publicités vantant la femme moderne intégralement voilée ? Comment expliquer que nous leur achetions encore du pétrole, comment justifier que vous ne voyiez malice au rachat de nos institutions culturelles, nos entreprises, nos clubs sportifs par des capitaux émiratis ou qataris? Est-ce là une politique raisonnable de la part d’un pays qui se prétend être la patrie des droits de l’homme ?
Puisque vous prétendez rayer de la carte ces groupes extrémistes, comment expliquer que vous leur donniez leur raison d’être ? On ne combat pas le terrorisme avec des rafales ou un porte avions. On ne combat pas le terrorisme en éliminant les chefs d’Etat de pays qui, en dépit de leur ignominie, ont quand même eu le mérite de stabiliser des régions qui ne l’ont jamais été. On ne vaincra pas le terrorisme sans avouer franchement que l’État d’Israël mène une politique de colonisation agressive en Palestine. On ne mène pas une lutte contre le terrorisme en menant une politique néoconservatrice type G. Bush en Irak surtout quand on est historiquement la deuxième puissance coloniale.
Puisque vous voulez en finir avec l’islamisme radical et armé, comment comprendre que vous vous aliénez des pays qui, pour des raisons parfois diamétralement opposées certes, ont des intérêts communs aux nôtres à le réduire. Pourquoi cette attitude aussi distante avec la Russie, pourquoi vouloir faire capoter tout accord sur le nucléaire iranien ? Et de grâce quand on vous interroge sur le sujet, ne répondez pas que l’un est un affreux dictateur et l’autre une dangereuse théocratie : Nous avons vu plus haut combien ces considérations vous sont étrangères.
Puisque vous affirmez sur un registre martial que nous sommes en guerre contre les fous d’Allah, comment interpréter votre propension à laisser se développer la pauvreté, l’exclusion et la misère culturelle ? Pourquoi demander tant à l’école sans lui en donner les moyens ? Comment vanter le vivre ensemble avec 6 millions de chômeurs et plus de 10 millions de pauvres ? Comment évoquer encore la fraternité et la solidarité quand les inégalités explosent ? Pourquoi traiter de voyous ceux qui manifestent leur mécontentement en arrachant une chemise de leur dirigeant qui vient leur annoncer la bouche en cœur qu’ils sont virés ? Pourquoi nourrir au quotidien ce sentiment d’être l’étranger, le rebut de la société, auprès de ceux qui n’ont pas la couleur de peau qui convient en leur refusant le droit de vote ? En renonçant au récépissé d’identité après un contrôle policier ? Pourquoi nier que le terrorisme séduit d’abord des jeunes désœuvrés, souvent en échec scolaire, en quête d’identité, sans perspective d’avenir là où ils vivent ?
Mais aussi, si vous combattiez vraiment le terrorisme, pourquoi refuser ceux qui le fuient sur notre territoire ? Pourquoi n’avoir à offrir aux réfugiés de Calais que de vagues promesses d’asile distillées au compte goutte ? Pourquoi avoir tout fait pour que la Méditerranée devienne une barrière plutôt qu’un trait d’union jusqu’à ce que vous vous épanchiez devant le cadavre d’un petit gosse sur des plages turques ?
Et enfin, puisque le FN est pour vous l’adversaire politique majeur, pourquoi en menant la politique qui vient d’être décrite vous faites tout pour le crédibiliser, le placer au centre du jeu. Pourquoi ne jamais faire remarquer que l’extrémisme islamiste et l’extrémisme fasciste ont des intérêts communs et se nourrissent l’un l’autre ?
Je suis au regret de penser, Mesdames et Messieurs les dirigeants de la République française, que vous n’organisez pas la lutte que vous prétendez mener. Vous prétendez vacciner quand vous inoculez le virus. Inconséquence ou machiavélisme ?
En fait les deux. Machiavélisme du « n’ayez pas peur » quand on décrète l’état d’urgence. La bonne blague ! Machiavélisme dans l’invitation de Mme Le Pen à l’Elysée, machiavélisme dans l’annonce d’une union LR PS pour faire face au FN alors même que c’est la porte ouverte à sa victoire régionale, et donc, pensez vous, à sa défaite nationale. Inconséquence quand vous ignorez l’histoire des rapports de la France avec l’est et le sud de la Méditerranée, ignorance quand vous ne voyez pas que ces pays que nous attaquons « n’abritent » pas le terrorisme volontairement mais parce que leurs États sont trop faibles, ou devenus trop faibles, souvent par notre faute, pour y faire face sur place. Incapacité à tirer les enseignements de l’unilatéralisme US au début du XXIesiècle, incapacité à situer la France dans la géopolitique mondiale, absence de volonté de mener une politique étrangère à distance de l’OTAN. Suivisme, aveuglement et politique politicienne tels sont vos alpha et oméga.
Vous nous conduisez à la guerre car vous avez placé par jeu politique d’abord, et par ignorance ensuite, la France dans une situation inextricable.
Je vous en conjure, ouvrez les yeux, levez la tête. La résilience des Français a sa limite.
Christopher Ross et Mohammed VI en 2012. Crédit : AFPimage: http://telquel.ma/wp-content/uploads
Discours virulent de Mohammed VI, attaque de Mezouar
contre Christopher Ross, Sit-in devant le siège de la Minurso à
Laâyoune… Le torchon serait-il en train de brûler entre l’ONU et le
Maroc ?
Christopher Ross « ne retournera jamais au Sahara ». C’est ce
qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar,
le 7 novembre, à l’agence de presse espagnole EFE. Si, côté marocain, ce
n’est pas la première fois que le royaume hausse le ton à l’égard de
l’envoyé personnel de Ban-Ki Moon pour le Sahara, les propos de Mezouar
semblent entrer dans le cadre d’une plus large offensive menée par le
Maroc contre les instances onusiennes s’occupant du dossier du Sahara. Preuve en est le sit-in organisé devant les locaux de la Minurso au
lendemain du discours de la Marche verte. Et ce n’est pas tout.
Mohammed VI s’est déplacé en personne, à bord de sa berline, pour
saluer les foules amassées* devant les locaux de la mission onusienne.
Tout cela, sans oublier le contenu du discours du 6 novembre, dans
lequel le monarque a réitéré la position marocaine selon laquelle « l’autonomie élargie était le maximum que pouvait proposer le Maroc ». Alors, comment expliquer ce nouveau ton adopté par le royaume ?
Fait accompli
« C’est simple, le Maroc veut appliquer la politique du fait accompli »,
juge Taher Abouzaid, membre de la commission administrative de l’USFP.
Ce dernier, originaire du Sahara, estime que le sit-in organisé devant
le siège de la Minurso était une « erreur ». « Ce que ne
comprennent pas ces jeunes, qui ont été envoyés manifester devant la
mission, c’est que c’est Hassan II lui-même qui a admis l’idée du
référendum d’autodétermination et que c’est encore lui qui a accordé à
la Minurso le droit de s’installer à Laâyoune», explique le militant socialiste. Mais alors quel message Mohammed VI voulait véhiculer en s’affichant aux côtés de ces manifestants ? « C’est
celui de dire à la communauté internationale que le Maroc a tout donné,
et qu’aujourd’hui il passe à la vitesse supérieure et investit des
milliards de dirhams dans des territoires qui lui appartiennent »,
avance Abouzaid. Une politique du fait accompli qui intervient au moment
même où le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a appelé « toutes
les parties dans la région […] de tirer profit des efforts intensifs
menés par (Christopher Ross) pour faciliter le lancement de vraies
négociations dans les prochains mois ».
Un risque d’isolement ?
Mais alors cette escalade ne risque-t-elle pas de pousser le Maroc à
l’isolement ? Pour l’instant, à en croire les spécialistes, le Maroc n’a
pas encore franchi le Rubicon. « On pourra parler si le Maroc chasse
la Minurso de Laayoune. Là, effectivement, le Maroc courra sérieusement
un risque d’isolement », estime Abouzaid. « L’objectif de notre
diplomatie est de rendre la vie difficile à Christopher Ross, et ainsi
pousser Ban Ki Moon à changer d’envoyé personnel», estime le politologue El Hassan Boukantar, qui précise tout de même : « la
mission de Christopher Ross entre dans le cadre d’une résolution
onusienne. Le Maroc n’a pas intérêt à arrêter sa coopération avec lui ». De son côté, l’ONU par la voix de son porte-parole Stephane Dujarric a déclaré, lundi 9 novembre, que Christopher Ross avait « tout le droit de visiter le Sahara occidental ». De quoi augurer de lendemains tendus entre le Maroc et les Nations unies.
En savoir plus sur http://telquel.ma/2015/11/12/sahara-maroc-lonu-au-bord-rupture_1469946#AcskSUuRWr7efpbi.99
dim. 15/11/2015 - 12:47
David Van Reybrouck (traduction Eric Steffens)
L’historien et écrivain flamand David Van Reybrouck publie ce
dimanche sur le site de la VRT (deredactie.be) une lettre ouverte
adressée au Président français François Hollande. Il estime que la
terminologie "d’acte de guerre" utilisée par le président de la
République dans son discours de samedi est particulièrement imprudente.
"Ce qui s’est produit hier à Paris et à Saint-Denis près du Stade
de France est un acte de guerre et face à la guerre, le pays doit
prendre les décisions appropriées. C’est un acte de guerre qui a été
commis par une armée terroriste, Daech, une armée djihadiste, contre la
France, contre les valeurs que nous défendons partout dans le monde,
contre ce que nous sommes : un pays libre qui parle à l’ensemble de la
planète. Un acte de guerre préparé, planifié, depuis l’extérieur avec
des complicités intérieures. Un acte de barbarie absolue" a déclaré le
Président Hollande.
Dans sa lettre ouverte, David Van Reybrouck écrit partager
entièrement la dernière phrase du président mais que le reste de son
discours est la répétition presque mot pour mot de ce que le président
américain GW Bush déclarait peu après les attentats du 11 septembre
devant le Congrès : "Le 11 septembre, les ennemis de la liberté ont
commis un acte de guerre contre notre pays".
Les conséquences de ces paroles sont connues. Celui qui en tant
que chef d’État qualifie un événement d'acte de guerre doit avoir une
réaction en conséquence. Cela a conduit à l’invasion de l’Afghanistan,
ce qui peut encore être justifié puisque ce régime avait donné asile au
mouvement Al Qaïda et que l’ONU avait donné son accord. Mais ensuite ce
fut l’invasion complètement folle de l’Irak, sans mandat de l’ONU
simplement parce que les États-Unis soupçonnaient ce pays de posséder
des armes de destruction massive. Mais il n’y en avait pas, et cette
invasion a conduit à une totale déstabilisation de la région,
aujourd’hui encore. Après le départ des troupes américaines en 2011 il y
eut un vide de pouvoir.
Et lorsqu’éclata quelque temps après une guerre civile dans la
Syrie voisine, dans le sillage du Printemps arabe, on s’est rendu compte
à quel point l’invasion de l’Irak par les États-Unis avait été néfaste.
Au Nord-Ouest de l’Irak et à l’Est de la Syrie il y avait à présent
assez d’espace pour la création d’un troisième acteur sur le terrain l’État Islamique l’IS.
"En résumé, sans la stupide invasion de l’Irak par Georges Bush,
il n’y aurait jamais eu d’État islamique. Nous étions des millions dans
le monde à manifester contre cette invasion, j’y étais aussi", écrit
David Van Reybrouck, et nous avions tout simplement raison. Non pas que
nous pouvions lire l’avenir. Mais à présent c’est clair : ce qui s’est
passé vendredi soir à Paris est une conséquence indirecte de la
rhétorique guerrière de votre collègue Georges Bush en septembre 2001.
Et que faites-vous de votre côté ? Comment réagissez-vous moins
de 24 heures après les attentats de Paris ? En utilisant exactement la
même terminologie que votre homologue américain de l’époque.
Vous êtes tombé dans le piège, les yeux grands ouverts, Monsieur
le Président, parce que des élections se profilent, en France, et que
vous sentez dans votre cou le souffle de Nicolas Sarkozy et de Marine Le
Pen. (…)
Votre analyse d’une armée terroriste n’est pas correcte. Le terme
que vous utilisez d’acte de guerre est particulièrement tendancieux
même si cette rhétorique guerrière est reprise de manière éhontée par
Mark Rutte, aux Pays-Bas et par Jan Jambon en Belgique.
Dans votre tentative d’apaiser la nation vous rendez le monde
moins sûr. Dans votre tentative d’utiliser un langage belliqueux vous
avez montré votre faiblesse. Il y a d’autres formes de fermeté que le
langage guerrier. Après les attentats en Norvège, le Premier ministre
Stoltenberg avait appelé à plus de démocratie, à une plus grande
ouverture et plus de participation. Dans votre discours vous avez cité
la liberté vous auriez dû aussi faire référence aux deux autres valeurs
défendues par la République : l’égalité et la fraternité. Deux valeurs
dont nous avons plus besoin en ce moment que de votre inquiétante
rhétorique guerrière".
David Van Reybrouck est l'auteur de "Congo, une histoire" chez Actes Sud pour lequel il a obtenu le Prix Médicis Essai 2012.
Solidarité Maroc, Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA) solidmar05[at]gmail.com 17 rue Jean Eymar 05000 Gap France
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