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jeudi 18 décembre 2014

Maroc : 100 000 enfants privés d’école après les intempéries



Selon le ministère de l'Education nationale, les fortes pluies qui se sont abattues dans les provinces du Sud ont causé la fermeture de 622 écoles dans les régions de Souss-Massa-Draa et de Guelmim-Es-Smara, empêchant des enfants de poursuivre leurs études. Les associations se mobilisent pour venir en aide aux populations des zones sinistrées et revèlent que celles-ci vivent dans la peur de revivre une telle « catastrophe ».

100 000 enfants ne sont plus scolarisés depuis le mois de novembre en raison des inondations qu'ont connues les provinces du Sud. C’est ce qu’a affirmé hier, mardi, au Parlement, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Rachid Benmokhtar, indique une dépêche de la MAP.
Les fortes pluies qui se sont abattues sur la région ont endommagé des ponts, des routes et infrastructures, causant la fermeture de 622 écoles dans les régions de Souss-Massa-Draa et de Guelmim-Es-Smara, selon le ministre. Le département de l’Education a pu répertorier des dégâts de différents degrés dans 1853 écoles, dont 1 172 sont des écoles primaires, 503 annexes, 105 établissements secondaires collégiaux et 76 du secondaire collégial qualifiant.

« Ce qu’on voit à la télévision n’est qu’un millième de ce qui est vraiment »
Le ministre n’a pas précisé par quel moyen son département a pu quantifier si exactement le nombre d’enfant actuellement privés d’école. Selon les acteurs associatifs de la région, c’est plutôt une lourde tâche. « C’est difficile d’avoir les chiffres exacts », estime Abdellah Kassan acteur associatif à Ouarzazate contacté par Yabiladi. « Il y a des villages reculés et difficiles d’accès où tout a été balayé par les pluies, des zones enclavées, des écoles inondées, les gens ont quitté leurs villages en masse » explique-t-il, regrettant que « ce qu’on voit à la télévision n’est qu’un millième de ce qui est vraiment ». Une déclaration qui donnerait raison à Abdelghani Jabbar. Pour mémoire, le journaliste et rédacteur en chef du JT du soir d’Al Aoula a démissionné début décembre, dénonçant la mauvaise couverture des inondations à Guelmim.
Toutefois, Abdellah Kassan reconnait que « la vie reprend peu à peu son cours », mais une peur constante anime les populations. « Il y a des écoles qui peuvent fonctionner, mais elles sont situées loin des douars. Avec les ravins, les parents ont peur d’y envoyer leurs enfants », explique l’acteur associatif. D’après lui, l’atmosphère de psychose est renforcée par la neige. Dans certaines zones du Sud en effet, « il n’avait pas neigé depuis les années 60 », dit-il.

Elan de solidarité
De son côté, l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) essaie autant que possible de jouer son rôle. « Il y a un grand élan de solidarité qui se met en place pour venir en aide aux populations des zones sinistrées et les pouvoirs publics y participent également », déclare à Yabiladi la présidente Touraya Jaidi Bouabid. « Nous aussi à Salé avons beaucoup subi les intempéries, quoi que c’est moins grave qu’au Sud du pays. Nous sommes en train de réparer les dégâts », confie-t-elle.
A ce jour, les intempéries ont suscité la générosité de nombreuses organisations tant au niveau national qu’international. Après l’Espagne, l’UE vient de débloquer plus d'un million de dirhams en faveur des populations du Sud qui sont de loin les plus touchées. La twittoma s’est également récemment mobilisée pour venir en aide aux victimes des inondations en lançant une opération dénommée #100DHpouraider. En moins de 24 heures, plus de 100 000 dirhams ont été recueillis, pour arriver à plus de 700 000 dirhams à la fin de l'opération. Jour après jour les associations s'activent.

mercredi 17 décembre 2014

Front Polisario : «Notre patience n’est pas éternelle»

 

Rabah Beldjenna,17/12/2014

Mohamed Yeslem Beisset. Représentant du Front Polisario 

à Washington

zoom | © D. R.


-Le chef du Rassemblement national des indépendants (RNI) Salaheddine Mezouar, a, lors d’une réunion de son parti à Dakhla, tenu un discours guerrier, en déclarant notamment que tout changement dans l’approche du règlement du conflit du Sahara occidental trouvera en face une réaction marocaine de la même ampleur que la menace.
  
Quel commentaire en faites-vous ?
Depuis avril dernier, date de la publication du rapport du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et la résolution du Conseil de sécurité qui s’en est suivie, le Maroc a entamé une nouvelle étape dangereuse dans sa rébellion contre la légalité internationale. Il est entré en guerre non seulement contre les Sahraouis, mais aussi contre les Nations unies, en commençant par attaquer le secrétaire général de l’ONU et en critiquant son rapport.L’envoyé personnel de Ban Ki-moon, Christopher Ross, a lui aussi subi des attaques frontales et vicieuses, au même titre que la représentante spéciale pour le Sahara occidental et chef de la Minurso, Kim Bolduc, une personnalité nouvelle qui n’a pas pu encore rejoindre son poste.Le refus du Maroc de coopérer avec Mme Bolduc est un acte révélateur qu’il ne s’agit pas de la personne de Ban Ki-moon qui est visée par le makhzen, mais bel et bien l’Organisation des Nations unies avec sa doctrine, sa charte et ses résolutions.

-Puis vint le fameux discours belliqueux du roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la célébration de la «marche verte», le 6 novembre dernier, dans lequel il s’en est pris ouvertement aux Etats-Unis...
Ainsi, le discours du chef du RNI, Salaheddine Mezouar, vient donc d’ajouter de l’huile sur le feu pour donner l’impression d’un Maroc fâché avec tout le monde : les Sahraouis, les Mauritaniens, les Algériens, les USA, l’UA… C’est une politique erronée qui s’inscrit hors de l’histoire et de la légalité internationale.Les déclarations du chef de ce parti sont des propos irresponsables et inopportuns. Ils sont pour nous révélateurs de l’état d’esprit, de la panique et de la paranoïa du makhzen.

-On parle de plus en plus de manœuvres militaires sahraouies dans les territoires libérés. Est-ce une préparation à l’éventualité de la reprise des armes ? Qu’en est-il exactement ?
Encore une fois, le discours du roi Mohammed VI est une volte-face déclarée et assumée que le Maroc ne veut pas de droits de l’homme, de référendum, de mandat de la Minurso qui, pour lui, ne représentent que le cessez-le-feu. Alors que pour les Nations unies, ce n’est pas une finalité, mais la préparation d’un référendum pour l’autodétermination du Sahara occidental.
Les manœuvres militaires organisées par l’Armée de libération populaire sahraouie (Alps) au nord dans la localité de Tifariti et au sud à Aghouinit, sont pour rappeler au Maroc que la RASD n’est pas encore, malheureusement, arrivée à une convention permanente de paix et qu’il y a eu seulement la signature d’un cessez-le-feu temporaire, conditionné par l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

-Mais il paraît que les Sahraouis commencent à s’impatienter…
Les Sahraouis, qu’ils se trouvent à l’est comme à l’ouest du mur, sont comme tous les peuples du Maghreb, comme nos partenaires au nord de la Méditerranée et au sud du Sahara : ils se sentent aujourd’hui fatigués et agacés par les politiques dilatoires du makhzen, qui bloque le référendum d’autodétermination. Cette situation met en otage un peuple, ses aspirations et son avenir.
Elle met en otage la situation dans la région du Maghreb et au Sahel. Cette situation n’arrange que le Maroc et ses généraux, qui exploitent illégalement les ressources naturelles et les phosphates des Sahraouis. Mais elle ne peut demeurer pour les caprices d’un régime qui fait fi du droit et de la légalité internationale. Si la communauté internationale ne veut pas assumer sa responsabilité vis-à-vis de cette situation qui n’a que trop duré, personne ne peut demander aux Sahraouis de jouir d’une impatience éternelle. Le Maroc ne doit pas répéter le péché originel qu’il a commis en 1975, lorsqu’il a sous-estimé la capacité des Sahraouis de se battre et de gagner. Notre patience n’est pas éternelle.

-Qu’attendent les Sahraouis de la prochaine résolution des Nations unies, en avril 2015 ?
La partie sahraouie est prête à toute éventualité. Nous avons démontré pendant un quart de siècle notre volonté de paix et de coopération, de bonne foi, avec les Nations unies. Notre certitude est que seule l’application rigoureuse des accords déjà signés et acceptés par les deux parties reste la seule issue de la résolution politique et pacifique au conflit du Sahara occidental. Mais si le Maroc ne veut pas, le monde sait très bien que la partie sahraouie est sérieuse : elle peut faire la paix, mais elle sait aussi très bien faire la guerre.

Twitter suspend le compte de « Coleman » après des promesses de révélations explosives


Menaces CC
Twitter a suspendu le compte de « Chris Coleman », le mystérieux hacker qui a mis à nu la diplomatie et le services secrets marocains.
C’est la deuxième fois que cela arrive, et apparemment c’est la dernière.
En quelques semaines, ce compte était suivi par plus de 5000 abonnés.
Les pressions ont dû être terribles sur Twitter pour que ce dernier ferme le compte du hacker. Il est probable que des puissances étrangères, les Etats-Unis sûrement, ont fait le nécessaire pour venir en aide au Makhzen qui n’a jamais connu pareil déballage.
twitter suspendu
Dans l’un de ses derniers messages, il promettait de faire des révélations sur la vie privée des responsables marocains et annonçait qu’il allait aborder « les fuites de capitaux, les comptes à l’étranger et les contacts avec les services secrets ». 
Cette suspension vient après l’authentification de la plupart des mails et documents publiés par « Coleman » par un journaliste français expert en filtrations informatiques, Jean-Marc Manach. 
Ce dernier a surtout travaillé sur les mails qui concernent des remises d’argent d’Ahmed Charaï, ex-commercial en publicité devenu patron de presse, qu’il présente « un agent de la DGED, tout du moins un de ses honorables correspondants, agent d’influence travaillant avec le renseignement marocain », à des journalistes français qui travaillent sur le Maroc depuis des lustres.
Mais il a également authentifié des documents en pdf.
Dans les mails sur les journalistes français, il est question de sommes d’argent remises à Vincent Hervouët (LCI et TF1), Dominique Lagarde (L’Express), Mireille Duteuil (Le Point) et José Garçon (ex de Libération).
Comment il va revenir sur le net ?, c’est la question que se posent tous les scrutateurs de ce Wikileaks Maroc.
Si « Coleman » est un service secret il n’aura aucun problème pour rejaillir ailleurs, si c’est un loup solitaire, ce sera encore plus facile.
Sans oublier qu’il peut également se mettre en contact avec des journalistes spécialisés pour faire authentifier et diffuser ses documents;
Affaire à suivre donc …
Demain
PS : Pour le moment sa page Facebook est toujours active. Mais pour combien de temps ?

Rabat : Les habitants du Guich Oudaya expulsés par un promoteur immobilier prédateur ce jeudi 18/

 Sabrina El-Faiz , 15/12/2014

Les habitants du Douar Ouled Dlim (sur les terres du Guich Oudaya près de Hay Ryad) ont jusqu’au jeudi 18 décembre pour libérer leurs habitats. En effet, ils ont reçu un avis de destruction de leurs maisons.
En 2003 un accord avait été signé entre une société immobilière et le ministère de l’Intérieur, permettant à l’entreprise de racheter à bas prix les terres des habitants du Guich, révèlent ces derniers. Un prix ne leur permettant pas de se reloger dignement ailleurs.
Et pourtant, ces terres servent à faire construire des logements de haut standing. Les habitants qui n’avaient pas accepté la transaction avant, se sont retrouvés avec une faible compensation. Aujourd’hui ils font appel à la solidarité des citoyens pour tenter de stopper la destruction de ce jeudi.
Sabrina El-Faiz
Copyright Yabiladi.com



Guich L’Oudaya. La prédation foncière dans toute sa splendeur
www.medias24.com

Les familles de ces terres collectives au sud de Rabat dénoncent une opération de spoliation par des promoteurs

Casablanca : Deux morts dans l’effondrement de 4 maisons

K.Alaoui, Aufait, 15/12/2014

Suite aux fortes pluies, quatre maisons se sont effondrées dimanche dans l'ancienne médina de Casablanca, faisant au moins deux morts. 
 
Deux personnes ont trouvé la mort et cinq autres ont été légèrement blessées dans un nouvel effondrement de trois maisons menaçant ruine, dimanche dans le quartier Arsat Ben Slama dans l’ancienne médina de Casablanca, selon un communiqué de la wilaya du Grand Casablanca.
/K.Alaoui
/K.Alaoui
Les deux victimes, une femme de 75 ans et un homme de 38 ans, ont été retirées des décombres après d’actives recherches et opérations de déblaiement menées par les services de secours.

/K.Alaoui
La femme, épouse d’un ancien combattant, avait payé pour son relogement par la Sonadac, d’après des témoignages recueillis sur place. Elle n’attendait que l’aval du ministère de l’Habitat pour rejoindre son nouveau logement.
Au moins trois personnes, bloquées sous les gravas, ont pu être extraites vivantes.

Ce nouveau drame a provoqué la panique dans le quartier Arsat Ben Slama de Casablanca. /K.Alaoui
Ce nouveau drame a provoqué la panique dans le quartier Arsat Ben Slama de Casablanca. /K.Alaoui
Quatorze familles occupaient ces quatre bâtiments écroulés. Selon les autorités, douze familles ont quitté ces habitats, dans le cadre d’une opération de démolition de bâtisses menaçant ruine en vue du projet de l’Avenue Royale sous la supervision de la Société nationale d’aménagement communal (Sonadac). Les deux familles qui restaient auraient refusé de quitter leurs maisons, selon les autorités, même si de nombreux témoignages font état de l’absence d’un relogement après avoir réglé 20.000 dirhams de frais de dossier.
aufait
 http://www.aufait.ma/2014/12/15/casablanca-deux-morts-dans-leffondrement-de-4-maisons-video_635526

Douar Ouled Dlim toujours menacé d'expulsion


 14/12/2014

Les habitants de Douar Ouled Dlim - qui appartiennent à la tribu de Guich Loudaya - sont menacés d'expulsion à partir du Jeudi 18 décembre 2014.

 http://youtu.be/dcY09WzqCps 



Sabrina El-Faiz , 15/12/2014

Les habitants du Douar Ouled Dlim (sur les terres du Guich Oudaya près de Hay Ryad) ont jusqu’au jeudi 18 décembre pour libérer leurs habitats. En effet, ils ont reçu un avis de destruction de leurs maisons.
En 2003 un accord avait été signé entre une société immobilière et le ministère de l’Intérieur, permettant à l’entreprise de racheter à bas prix les terres des habitants du Guich, révèlent ces derniers. Un prix ne leur permettant pas de se reloger dignement ailleurs.
Et pourtant, ces terres servent à faire construire des logements de haut standing. Les habitants qui n’avaient pas accepté la transaction avant, se sont retrouvés avec une faible compensation. Aujourd’hui ils font appel à la solidarité des citoyens pour tenter de stopper la destruction de ce jeudi.
Sabrina El-Faiz
Copyright Yabiladi.com



Guich L’Oudaya. La prédation foncière dans toute sa splendeur
www.medias24.com

Les familles de ces terres collectives au sud de Rabat dénoncent une opération de spoliation par des promoteurs

Dégâts à Casablanca par les eaux et par les destructions organisées par les prédateurs immobiliers




Par Souad Guennoun, 17/12/2014

Surveillance et répression de peur de soulèvement :

Lundi 15 décembre,  près de l’Avenue Royale dans la vieille médina de Casablanca, 3 maisons se sont écroulées  entrainant la mort d’une femme âgée et d’un homme, ainsi que 3 blessés graves transférés à l’hôpital. Les premiers secours sont venus des habitants, tandis les pompiers sont arrivés sur les lieux pendant que les forces de l’ordre dispersaient les habitants qui se rassemblaient sur le lieu du drame.
A Casablanca dans la vieille médina, les maisons vétustes s'écroulent, sans secours aux familles démunies, les constructions et surélévations sans autorisation, avec la complicité des élus, sous l'œil bienveillant des agents et techniciens, la corruption et les passe-droit, les budgets détournés, les travaux exécutés sans contrôle ni respect des règlements de construction.
Rien n'arrête des projets pharaoniques de la percée de l'Avenue Royale qui traverse une partie de la vielle médina de Casablanca !
Ainsi une Commission vient d'être mise en place pour recenser les logements vétustes, pour expulser les habitants sans solution de rechange. Des drames en perspectives qui affecteront les populations les plus pauvres des pauvres, les personnes âgées, les femmes pour plupart divorcées avec enfants et  sans ressource, les jeunes sans emploi, les vieux habitants, les derniers marins, les derniers artisans, la disparition de petits métiers ...
La destruction des vieux liens sociaux et de solidarité entre les habitants qui ont nourri les résistances de la population de la première  ville industrielle du Maroc, Casablanca, qui se transforme en ville pour les services.
Mégapole, nouvelle gare, en verre et acier en bord de mer,  grands hôtels  et constructions sur le domaine maritime, marinas, grands travaux et endettement, financements internationaux et spéculations à tout vent.
Pour qu’un tel projet soit viable, il faudrait évacuer les habitants de Casablanca, les nouveaux indigènes de cette re-conquète de l’espace urbain.
Mais l’ère de l’ultralibéralisme que traverse le Maroc, Casablanca, première ville industrielle du Maroc doit se transformer en ville de services  et se conformer au standard international qui transforme tout citoyen en consommateur. 
La lutte pour la survie sera dure. Seules de nouvelles luttes, unitaires, larges et transversales permettraient de résister à l’effacement de la mémoire collective de Casablanca et remettre le citoyen au cœur  d’un projet citoyen, collectif, social, à visage humain.
Souad G.

Rappel



En plein mois de février, les forces de l’ordre ont procédé à la destruction forcée  des logements des habitant-e-s de Douar Ouled Dlim situé à Guich Loudaya à Rabat (Maroc). Plus de 36 logements ont été détruits, laissant les habitant-e-s sans aucune ressource. A ce jour, ils/elles vivent dans des campements de fortune, faits de bâches en plastique maintenues par quelques morceaux de bois et de tôles amassés ici ou là. 
Les forces de l’ordre ont entouré leurs terres- aujourd’hui vendues à la Société d’Aménagement Ryad-,  par des panneaux de tôle. Enfermé-e-s dans une prison à ciel ouvert, ces citoyen-ne-s sans terres sont surveillé-e-s par les chiens du service de sécurité mis en place pour les empêcher de reconstruire. Parallèlement, au mois de mars, les forces de l’ordre sont intervenues au Douar Drabka, également situé à Guich Loudaya, pour procéder à la destruction des pépinières et des échoppes commerciales dans lesquelles les habitant-e-s vendaient légumes et fruits issus de leurs cultures.


 Situé en plein dans le quartier résidentiel de Hay Ryad, les terres de la tribu Guich Loudaya, sont des terres collectives agricoles, dans lesquelles la tribu Guich vit depuis plusieurs générations. Ces terres leur ont été octroyées par le Sultan Moulay Abderrahmane en 1838, en compensation de leurs services  - en tant que tribu guerrière – au royaume chérifien. Depuis son installation sur ces terres, la tribu Guich, à l’origine nomade, a opté pour l’agriculture vivrière.

 Du fait de l’expansion de la ville de Rabat, ces terres constituent un enjeu foncier considérable convoité par les promoteurs immobiliers et par les politiques urbaines. L’accaparement des terres Guich, se fait par l’intermédiaire de la mise sous tutelle du ministère de l’Intérieur  qui revend ces terres à des prix dérisoires aux promoteurs immobiliers sous couvert d’un besoin d’urbanisation de la ville de Rabat. Ces opérations sont menées en violation des dispositions du Dahir (décret royal)


du 27 avril 1919 qui avait retiré au Ministère de l’Intérieur la tutelle de ces terres et avait accordé la propriété pleine et entière à la collectivité de la tribu Guich.



Aujourd’hui, les destructions continuent. Depuis le 17 juin,  les habitants vivent sous la menace de l’expulsion. Le jeudi 18 décembre 2014, les forces de l'ordre vont procéder à la destruction des maisons restantes et des baraquements en plastique.

Le roi du Maroc perd son sang-froid

Le Makhzen acculé sur la question du Sahara occidental

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Hassan Moali, El Watan, 17/12/2014

 
 Christopher Ross (envoyé personnel de Ban Ki-moon sur la question du Sahara occidental) reçu par le roi Mohammed VI.
| © D. R.
Christopher Ross (envoyé personnel de Ban Ki-moon sur la question...

Le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a tenu un discours pour le moins radical, dimanche à Dakhla (territoire occupé) contre l’Algérie, redoutant l’examen annuel au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara occidental.

Signe de cet emballement quasi guerrier, son ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, tirant décidément plus vite que son ombre, a tenu un discours pour le moins radical dimanche à Dakhla. Profitant d’une réunion organique de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), Mezouar n’a pas hésité à enfiler le costume du diplomate (plutôt l’uniforme de guerrier) pour menacer les «voisins» et les «séparatistes de Tindouf». Les «voisins» ce sont évidemment les Algériens que le porte-voix du roi met en garde contre «l’absence de réactivité aux propositions marocaines visant à mettre fin au conflit du Sahara, via le plan d’autonomie». 

La croisade de Mezouar
Le MAE marocain s’est appuyé, dans son discours, sur la «position ferme de Sa Majesté qui a récemment souligné que tout changement dans l’approche du règlement de ce dossier (sahraoui) trouvera en face une réaction marocaine de la même ampleur que la menace». Décodé, Rabat craint que l’examen annuel de la question sahraoui, qui interviendra en avril prochain, ne débouche sur une résolution contraignante qui s’écarte du fameux plan d’autonomie.