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mardi 14 juin 2016

Ould Salek met en garde contre la persistance du statu quo dans les territoires sahraouis occupés

Algérie Presse Service –12/6/2016


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ALGER- Le ministre des Affaires étrangères sahraoui a mis en garde dimanche contre la persistance du statut quo dans les territoires sahraouis occupés appelant le secrétariat général et le conseil de sécurité des nations unies a assumer leur responsabilité pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.
Le gouvernement sahraoui et le Front Polisario appellent le secrétariat général des nations unies et le conseil de sécurité a assumer leur responsabilité pour favoriser l’exercice du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et le retour de la mission des nations unies pour l’organisation du referendum au Sahara occidental (MINURSO), a indiqué M. Ould Salek dans une conférence de presse au siège de l’ambassade sahraouie à Alger mettant en garde contre les conséquences pouvant découler de l’ajournement incessant de l’exercice du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’indépendance et à la liberté.
“De lourdes responsabilités” pèsent aujourd’hui sur le conseil de sécurité”, a soutenu le responsable sahraoui précisant que la crédibilité de cette instance fondamentale des nations unies était à l’épreuve”.
Jusqu’à présent nous n’avons perçu “aucune intention sincère” auprès du gouvernement d’occupation marocain pour l’application des résolutions du conseil de sécurité ni pour lever les entraves imposées aux efforts de décolonisation dans la dernière colonie d’Afrique” , a ajouté M. Ould Salek.

mardi 29 mars 2016

A lire pour comprendre la crise : Le Maroc met la région sur le pied de guerre

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CONSULTATIONS ALGÉRO-SAHRAOUIES DE HAUT NIVEAU

Par
Une vue de la réunion qui s'est tenue sous la présidence de Abdelmalek Sellal et de son homologue sahraoui Abdelkader Taleb OmarUne vue de la réunion qui s'est tenue sous la présidence de Abdelmalek Sellal et de son homologue sahraoui Abdelkader Taleb Omar
 
Cette rencontre vient en réponse aux mesures de rétorsion prises par le royaume contre la Minurso.
La reprise des négociations pour mettre fin au conflit du Sahara occidental est compromise. La tension est montée d'un cran depuis que le Maroc a pris des mesures de rétorsion contre la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental. Des représailles contre le SG de l'ONU qui avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d' «occupation».
 
Plus de 80 de ses membres ont été expulsés par les autorités marocaines qui ont dans la foulée décidé de lui supprimer leur contribution financière. Un précédent très dangereux qui «remet en question le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU dans le maintien de la paix et la sécurité dans le monde», avait prévenu la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma. Une réunion de haut niveau s'est tenue dimanche dernier à Alger, sous la présidence du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et de son homologue sahraoui Abdelkader Taleb Omar.
Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, le vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, et le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel ont pris part à ces consultations. Que s'est-il dit? «Ces consultations ont porté sur les questions diplomatiques, sécuritaires et humanitaires d'intérêt commun», indique un communiqué rendu public. Nous n'en saurons pas plus. Inutile cependant d'ergoter. Les décisions marocaines ont mis bel et bien la région sur le pied de guerre. Des décisions qui interviennent alors que l'Algérie s'apprête à recevoir le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dont le pays figure parmi les soutiens indéfectibles du pouvoir marocain quant à la question sahraouie. Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à voter vers la fin du mois d'avril une nouvelle résolution qui doit prolonger le mandat d'une Minurso qui n'est désormais plus que l'ombre d'elle même, le mandat de l'actuel secrétaire général doit expirer à la fin de l'année 2016. Autant de paramètres sur lesquels table la diplomatie marocaine pour inverser la vapeur en sa faveur ou en cas d'échec, certain au demeurant, de ce calcul prolonger le statu quo dans lequel végète le conflit du Sahara occidental.


Une option qui peut conduire au pire: la guerre. Le Front Polisario s'y prépare. L'Armée de libération sahraouie est en état d'alerte. Le bureau de son secrétariat national qui lui a réaffirmé son soutien a appelé «son état-major à hausser son niveau de préparation afin d'affronter les circonstances actuelles et les complots de l'ennemi marocain...», a souligné un communiqué rendu public à l'issue d'une réunion présidée par le Premier ministre, Abdelkader Taleb Omar, répercuté par une dépêche de l'agence officielle de presse sahraouie SPS datée du 21 mars.


Deux jours plus tard ce sera au tour de la Commission des droits de l'homme du Congrès américain d'épingler le Maroc sur la question de la condition des prisonniers politiques sahraouis, les violations exercées contre les militants sahraouis, du statut du Sahara occidental et de son lobbying forcené pour y asseoir sa souveraineté... Un événement. Une première qui a sans doute donné une autre dimension à la question sahraouie prise en otage jusque-là par un Conseil de sécurité qui a montré à ce jour son impuissance à mettre en pratique toutes les résolutions dont il a accouché. Toutes dans les termes les plus clairs garantissent au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination.
Le Maroc a fait le choix de les piétiner. De défier les instances internationales en toute impunité, démontrant son irresponsabilité. Celle de mettre toute une région sur une poudrière. Un contexte explosif qui a incontestablement été au coeur du sommet algéro-sahraoui...

vendredi 15 mai 2015

Le Polisario fustige le tandem Paris-Madrid

L'Expression - Le Quotidien

STATU QUO, AIDE DE L'UE AU MAROC, CONSEIL DE SÉCURITÉ...

Par

L'impasse dans laquelle est plongé le dossier sahraoui incombe à la France et à l'Espagne, a indiqué hier le coordinateur de la délégation sahraouie avec la Minurso, M'hamed Kheddad.
Le Front Polisario n'a pas encore digéré le veto de la France lors de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2218 qui a prolongé d'une année le mandat de la Minurso. La raison: Paris s'est opposée à ce que la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental soit dotée d'un mécanisme de défense des droits de l'homme. C'est certainement la goutte qui a fait déborder le vase.
Les responsables sahraouis vont à la racine du mal. Qui en est responsable? La France et l'Espagne sont inévitablement pointées du doigt. Un réquisitoire qui met ces deux nations sur le banc des accusés. «Ces deux pays ont la responsabilité historique de faire perdurer le conflit au Sahara occidental en empêchant toute perspective de solution de ce conflit dans ce territoire occupé par le Maroc», a indiqué hier le coordinateur de la délégation sahraouie avec la Minurso, M'hamed Kheddad.
Que reproche le responsable sahraoui à l'une et à l'autre de ces deux nations? «L'Espagne a failli à ses responsabilités en 1975 pour ne pas avoir appliqué la légalité internationale par l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental» a-t-il indiqué. «La France a, quant à elle, soutenu le Maroc et le régime mauritanien de Mokhtar Ould Daddah à l'époque, en intervenant militairement sur le terrain avec ses avions Jaguar contre les combattants du Front Polisario», a-t-il rappelé, expliquant que «la France a toujours bloqué l'application des résolutions de l'ONU relatives au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination». Qu'est ce qui fait courir ces deux puissances occidentales?

«Ce sont des calculs géopolitiques et des intérêts sordides qui ont amené ces deux puissances européennes à empêcher qu'il y ait la moindre percée vers une solution du conflit en soutenant à bout de bras le régime marocain au niveau des instances européennes et internationales», affirme le diplomate sahraoui qui a mis en exergue le rôle joué par Paris et Madrid dans l'aide conséquente que reçoit le Maroc de la part de l'UE. A quoi sert-elle au fait? «Cette aide européenne est utilisée par le Royaume chérifien pour notamment réprimer le peuple sahraoui dans les territoires occupés ou pour renforcer ses dispositifs militaires au Sahara occidental comme l'achat de radars», a-t-il affirmé, ajoutant qu'«il est injuste de soutenir un régime héréditaire qui mène une guerre coloniale depuis 40 ans et prend en otage toute la sécurité régionale». 

 Et que pense le gouvernement sahraoui de la dernière résolution votée par le Conseil de sécurité de l'ONU? «Nous sommes déçus par la manière avec laquelle le Secrétariat général des Nations unies a traité la question cette année au niveau du Conseil de sécurité», a indiqué M'hamed Kheddad qui a noté que «la résolution est restée la même que celle de 2014 et qu'au lieu de progresser, il y a eu du surplace». Le Front Polisario compte bien faire bouger les lignes et passe à la vitesse supérieure. Il a appelé l'ONU à fixer une date pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination..
«Le gouvernement sahraoui va demander à l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU au Sahara occidental, Christopher Ross, de fixer une date pour l'organisation du référendum d'autodétermination du peuple sahraoui afin de mettre fin à la colonisation marocaine qui dure depuis 40 ans» a indiqué le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, dans une interview à l'APS répercutée par une dépêche de l'agence de presse officielle sahraouie SPS datée du 12 mai.
«L'armée sahraouie est prête à reprendre les armes pour recouvrer...si le régime colonialiste marocain s'entête à ignorer la légalité internationale», avait déclaré mardi dernier, dans le sillage de cet appel, le ministre sahraoui de la Défense, Mohamed Lamin Buhali qui a précisé que «les Sahraouis sont un peuple pacifique qui aspire à recouvrer son indépendance à travers des négociations et l'organisation d'un référendum d'autodétermination».
Une autopsie du conflit du Sahara occidental sous forme de mise au point pour que chaque partie assume ses responsabilités. Ban Ki-moon est désormais au pied du mur.

mercredi 17 décembre 2014

Front Polisario : «Notre patience n’est pas éternelle»

 

Rabah Beldjenna,17/12/2014

Mohamed Yeslem Beisset. Représentant du Front Polisario 

à Washington

zoom | © D. R.


-Le chef du Rassemblement national des indépendants (RNI) Salaheddine Mezouar, a, lors d’une réunion de son parti à Dakhla, tenu un discours guerrier, en déclarant notamment que tout changement dans l’approche du règlement du conflit du Sahara occidental trouvera en face une réaction marocaine de la même ampleur que la menace.
  
Quel commentaire en faites-vous ?
Depuis avril dernier, date de la publication du rapport du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et la résolution du Conseil de sécurité qui s’en est suivie, le Maroc a entamé une nouvelle étape dangereuse dans sa rébellion contre la légalité internationale. Il est entré en guerre non seulement contre les Sahraouis, mais aussi contre les Nations unies, en commençant par attaquer le secrétaire général de l’ONU et en critiquant son rapport.L’envoyé personnel de Ban Ki-moon, Christopher Ross, a lui aussi subi des attaques frontales et vicieuses, au même titre que la représentante spéciale pour le Sahara occidental et chef de la Minurso, Kim Bolduc, une personnalité nouvelle qui n’a pas pu encore rejoindre son poste.Le refus du Maroc de coopérer avec Mme Bolduc est un acte révélateur qu’il ne s’agit pas de la personne de Ban Ki-moon qui est visée par le makhzen, mais bel et bien l’Organisation des Nations unies avec sa doctrine, sa charte et ses résolutions.

-Puis vint le fameux discours belliqueux du roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la célébration de la «marche verte», le 6 novembre dernier, dans lequel il s’en est pris ouvertement aux Etats-Unis...
Ainsi, le discours du chef du RNI, Salaheddine Mezouar, vient donc d’ajouter de l’huile sur le feu pour donner l’impression d’un Maroc fâché avec tout le monde : les Sahraouis, les Mauritaniens, les Algériens, les USA, l’UA… C’est une politique erronée qui s’inscrit hors de l’histoire et de la légalité internationale.Les déclarations du chef de ce parti sont des propos irresponsables et inopportuns. Ils sont pour nous révélateurs de l’état d’esprit, de la panique et de la paranoïa du makhzen.

-On parle de plus en plus de manœuvres militaires sahraouies dans les territoires libérés. Est-ce une préparation à l’éventualité de la reprise des armes ? Qu’en est-il exactement ?
Encore une fois, le discours du roi Mohammed VI est une volte-face déclarée et assumée que le Maroc ne veut pas de droits de l’homme, de référendum, de mandat de la Minurso qui, pour lui, ne représentent que le cessez-le-feu. Alors que pour les Nations unies, ce n’est pas une finalité, mais la préparation d’un référendum pour l’autodétermination du Sahara occidental.
Les manœuvres militaires organisées par l’Armée de libération populaire sahraouie (Alps) au nord dans la localité de Tifariti et au sud à Aghouinit, sont pour rappeler au Maroc que la RASD n’est pas encore, malheureusement, arrivée à une convention permanente de paix et qu’il y a eu seulement la signature d’un cessez-le-feu temporaire, conditionné par l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

-Mais il paraît que les Sahraouis commencent à s’impatienter…
Les Sahraouis, qu’ils se trouvent à l’est comme à l’ouest du mur, sont comme tous les peuples du Maghreb, comme nos partenaires au nord de la Méditerranée et au sud du Sahara : ils se sentent aujourd’hui fatigués et agacés par les politiques dilatoires du makhzen, qui bloque le référendum d’autodétermination. Cette situation met en otage un peuple, ses aspirations et son avenir.
Elle met en otage la situation dans la région du Maghreb et au Sahel. Cette situation n’arrange que le Maroc et ses généraux, qui exploitent illégalement les ressources naturelles et les phosphates des Sahraouis. Mais elle ne peut demeurer pour les caprices d’un régime qui fait fi du droit et de la légalité internationale. Si la communauté internationale ne veut pas assumer sa responsabilité vis-à-vis de cette situation qui n’a que trop duré, personne ne peut demander aux Sahraouis de jouir d’une impatience éternelle. Le Maroc ne doit pas répéter le péché originel qu’il a commis en 1975, lorsqu’il a sous-estimé la capacité des Sahraouis de se battre et de gagner. Notre patience n’est pas éternelle.

-Qu’attendent les Sahraouis de la prochaine résolution des Nations unies, en avril 2015 ?
La partie sahraouie est prête à toute éventualité. Nous avons démontré pendant un quart de siècle notre volonté de paix et de coopération, de bonne foi, avec les Nations unies. Notre certitude est que seule l’application rigoureuse des accords déjà signés et acceptés par les deux parties reste la seule issue de la résolution politique et pacifique au conflit du Sahara occidental. Mais si le Maroc ne veut pas, le monde sait très bien que la partie sahraouie est sérieuse : elle peut faire la paix, mais elle sait aussi très bien faire la guerre.