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vendredi 13 septembre 2013

24e session du Conseil onusien : Situation préoccupante au Sahara Occidental

 Par : Hafida Ameyar, 10/

 Le Conseil onusien des droits de l'Homme tiendra sa 24e session, à Genève, du 9 au 27 septembre prochain. 

Cet organe intergouvernemental, composé de 47 États, se penchera sur un certain nombre de cas, parmi eux celui du Sahara occidental, et de sujets, dont notamment la promotion et la protection de tous les droits de l’Homme, les mécanismes de protection des ces derniers et leur situation dans les territoires arabes occupés. 
Au cours de la précédente session, qui s’est déroulée entre mai et juin 2013, le Maroc a été mis à mal par plusieurs ONG internationales, y compris des ONG françaises comme France Libertés et le MRAP. Elles ont, en effet, dénoncé les violations systématiques perpétrées par les forces d’occupation marocaines contre les citoyens sahraouis des territoires occupés du Sahara Occidental, surtout en ce qui concerne le droit à la liberté d’expression, de rassemblement pacifique et d’association.
Les organisations des droits de l’Homme ont également condamné les “violations barbares” commises quotidiennement contre les femmes sahraouies.
Le Sahara Occidental, pour rappel, est un “territoire non autonome”. Bien qu’il soit occupé illégalement par le Maroc, depuis 1975, l’Espagne continue, selon le droit international et les textes onusiens, d’être la puissance administrative de son ancienne colonie, et ce, jusqu’à ce que le processus de décolonisation du territoire soit parachevé. Et, comme ont eu à l’affirmer différents experts, espagnols compris, les autorités de Madrid doivent assumer leurs responsabilités envers le territoire et le peuple sahraouis, en conformité avec les dispositions de la IVe Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre. Pour bon nombre d’observateurs, l’année 2013 est l’année où la question des violations des droits de l’Homme dans le territoire occupé du Sahara Occidental a connu d’“âpres” discussions au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. La preuve, soutiennent-ils, réside dans le contenu des rapports et les enquêtes émanant de l’ONU, du Centre Robert-Kennedy, pour la justice et les droits de l’Homme (RFK Center), d’Amnesty Internationale et des autres ONG internationales des droits de l’Homme, qui plaident pour l’instauration d’un tel mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara Occidental. Il y a quelques mois, les USA ont aussi tenté de faire inscrire, dans la dernière résolution du Conseil de sécurité, la nécessité d’outiller la Mission des Nations unies pour un référendum au Sahara Occidental (Minurso) d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dont elle est privée. Le Maroc, actuellement membre de ce Conseil, s’y est opposé évidemment, avec le soutien de la France et de l’Espagne. Une attitude qui est loin, cependant, d’effacer l’avertissement US aux autorités marocaines, en raison de la persistance du Makhzen dans la politique de violations des droits humains. Par ailleurs, les témoignages des Sahraouis des territoires occupés mettent en exergue la répression, les arrestations arbitraires, la torture, la marginalisation, les humiliations et les discriminations, pratiquées à leur encontre. Les aveux recueillis par les médias nationaux auprès d'activistes sahraouis des droits de l’Homme montrent que pas un jour ne passe sans qu’un Sahraoui ne soit pas arrêté ou battu par les forces d’occupation marocaines. En février dernier, lors d’une rencontre à Alger, le président de l’Association des familles de prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa), Omar Abdeslem, a qualifié la situation des droits humains dans les territoires sous occupation marocaine de “grave”, citant le cas de centaines de disparus sahraouis, de milliers de prisonniers sahraouis, ainsi que les enlèvements, les détentions dans des prisons secrètes, la répression et “les autres pratiques inhumaines”.

samedi 8 juin 2013

Rapports accablants sur le secteur de la santé au Maroc

Plusieurs rapports, aussi accablants les uns que les autres, sur le secteur de la santé ont été publiés ces derniers mois. Ils sont état de déficiences graves, d’une inégalité régionale, d’un encadrement sanitaire défaillant. L’accès aux soins est une course de haies.

L’aspect corruption, désorganisation, manque d’engagement du personnel est soulevé. Il est révoltant parce qu’on est face à des vies humaines, mais il ne faut pas en faire l’arbre qui cache la forêt. La problématique est beaucoup plus complexe.

Les besoins sont énormes. L’effort budgétaire conséquent, reste largement insuffisant. Le problème du financement de la santé, malgré le RAMED qui, avec ses insuffisances, est un acquis, reste entier. C’est sur cette question que butent toutes les réformes.

Il faut initier une réflexion sur la question en s’inspirant des expériences de pays étrangers, surtout quand elles sont réussies et en faire l’objet d’un débat public. Les politiques publiques, à part la période d’ajustement structurel où la santé a été littéralement sacrifiée, tentent de répondre aux insuffisances. Force est de constater que les moyens sont trop limités. On peut critiquer la gestion, telle mesure ou telle autre, mais on ne peut pas dire qu’il y a moyen, avec le budget disponible de résoudre la question et de répondre à tous les besoins.

Il y a urgence parce que le délabrement de la santé publique est une injustice qui aggrave les inégalités et sape le principe même de la citoyenneté. Quotidiennement, la presse fait état de drames humains et familiaux liés à la marche des hôpitaux ou à leur éloignement. Quant au fonctionnement de l’existant, à la corruption généralisée, aux médecins aux horaires de dilettantes à la marche des services des urgences, cela relève de la volonté des pouvoirs publics. Dans ce secteur, plus que dans tout autre, ces phénomènes sont abjects. L’usager du service public ne perd pas un avantage matériel, un peu de temps, mais risque sa vie. Refaire des métiers de la santé des vocations nécessite du temps mais aussi de la ténacité. L’exigence démocratique, le projet national font de la réforme de la santé publique un devoir pour les gouvernants. Tout en sachant que cette réforme n’est pas d’une facilité déconcertante.