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lundi 10 septembre 2012

Maltraitance et prisonniers politiques au Maroc : le régime « se venge »

Par Ilhem Rachidi, Rue89.

Montage photo des six Marocains jugés (De Casablanca) 

Six militants arrêtés lors d’une manifestation sévèrement réprimée en juillet comparaissent pour la septième fois ce lundi, au tribunal d’instance de Ain Sbaa à Casablanca. Militants du mouvement contestataire du 20 février, ils sont accusés d’avoir participé à une manifestation non autorisée, d’outrage à agent et de coups et blessures contre la police.

Pour leur avocat Mohamed Messaoudi, ils sont victimes d’un pur procès politique. Ils ont été arrêtés et sont jugés pour avoir manifesté avec le Mouvement 20 février par une police qui, en même temps, « accuse et fait le procès ».
Le blogueur Larbi, qui ne manque jamais une audience, dénonce l’absurdité des charges qui pèsent contre les détenus :
« Dans la salle d’audience, il y a 50 personnes qui ont participé à la manifestation, y compris moi. Les chefs d’inculpation s’appliquent à moi maintenant. Pourquoi moi je ne suis pas poursuivi ? »
Samir Bradley, Tariq Rochdi, Nour Essalam Kartachi, Abderrahman Assal, Youssef Oubella et Laila Nassimi, qui comparait libre, sont des militants de la coordination casablancaise du Mouvement du 20 février. Ils ont été arrêtés le 22 juillet lors de la manifestation de Sidi Bernoussi, dont le mot d’ordre était d’appeler à la libération des prisonniers politiques et de dénoncer la cherté de la vie.
Manifestation du 26 août pour la libération des prisonniers politiques

Un T-shirt avec des traces de sang

Ceux qui ont assisté à la dispersion de la manifestation par les forces de l’ordre sont unanimes : les forces de l’ordre sont intervenues sans sommation – la loi marocaine exige qu’il y ait trois sommations avant toute dispersion d’une manifestation.
D’après eux, les manifestants ont été roués de coups, parfois seuls face à plusieurs policiers tandis que d’autres ont été pourchassés par des motards. Ce soir-là, une quinzaine de manifestants – ainsi qu’un journaliste – ont été arrêtés.
Pour justifier la répression et les arrestations, les autorités mettent en avant le fait que les manifestations du mouvement, fréquentes, se déroulent sans autorisation et troublent l’ordre public. Les opposants au mouvement, quant à eux, pointent aussi du doigt les slogans des manifestations casablancaises, qui se sont radicalisés.
Lors d’une audience, les accusés ont dit au juge qu’ils avaient subi des maltraitances corporelles lors de leurs gardes à vue. L’un d’eux a profité de la visite express du ministre de la Justice Mustapha Ramid, qui avait précédemment déclaré à une chaîne de télévision libanaise qu’aucun cas de détention politique ne lui revenait en mémoire, pour montrer son T-shirt avec des traces de sang.

Le parquet nie les maltraitances

Deux d’entre eux ont raconté avoir été violés avec un manche à balai et avec introduction d’un doigt dans l’anus. Le parquet a répondu qu’un médecin avait démontré qu’ils n’avaient subi « aucune violence physique. »
Vendredi, la salle était comble. Les militants étaient venus nombreux pour soutenir les accusés, très souriants, qui sont entrés dans la salle d’audience en faisant le signe de la victoire. Les témoins à charge, qui ont prétexté un voyage, ne se sont pas présentés à l’audience.
Pour Larbi, le procès est joué d’avance :
« A quoi bon les plaidoiries ? C’est frustrant pour les avocats. Ici, même si tu es Badinter, tu ne vas pas gagner un procès politique. »

Un an de prison pour une chanson

Ils sont plusieurs dizaines à travers le pays à avoir été jugés ou à attendre leur jugement dans des procès similaires.
En mai, le très médiatisé Mouad Belghouate, alias L7a9ed, rappeur et militant du mouvement, a été condamné à un an de prison pour une chanson, lui aussi suite à une plainte déposée par la police.
Le poète Younes Belkhdim a été arrêté le 30 mars alors qu’il participait à un sit-in de soutien à L7a9d, et condamné à deux ans de détention, puis dix mois en appel, pour voies de fait avec préméditation et dégradation de biens publics.
D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il y aurait environ 70 militants appartenant au mouvement actuellement en prison, à Casablanca, Kénitra, Séfrou, Tanger, Nador, Fès, Al Hoceima. Mais aucun chiffre officiel précis n’est disponible, les militants étant inculpés pour des motifs allant de l’outrage à agent à l’appel au boycott des élections, ou pour des délits mineurs. En août, un militant de Tanger, Said Ziani, a écopé de trois mois de prison pour vente de cigarettes au détail.
Pour un militant du Mouvement du 20 février, le problème ne se résume pas aux prisonniers actuels :
« La question que l’on doit se poser, ce n’est pas de savoir combien ils sont aujourd’hui, mais combien de gens ont été arrêtés, même cinq minutes, maltraités, et mis en prison depuis le 20 février 2011 [jour de la première manifestation et de la naissance du mouvement, ndlr] ! »
D’après Youssef Raissouni, de l’AMDH, la répression « systématique », « sous diverses formes », comme le harcèlement des militants notamment, a « accompagné » le mouvement depuis ses débuts. Il dresse aujourd’hui un constat sans appel :
« La situation s’est aggravée. Il y a plus de détention politique qu’avant. »
Des manifestants du Mouvement du 20 février à Rabat, le 26 août 2012 (ABDELHAK SENNA/AFP)

Essoufflement de la contestation

La répression s’accroît alors que le mouvement contestataire connaît un certain essoufflement depuis l’adoption de la nouvelle Constitution, il y a un an, et les élections législatives de novembre qui ont permis au parti islamiste du PJD de diriger le gouvernement pour la première fois.
Raissouni explique :
« Le Makhzen [l’appareil étatique, ndlr] respire, il y a une vengeance du régime envers les mouvements sociaux. Il a passé une année de souffrance, c’est simple ! Il veut terroriser les contestataires pour que les gens ne sortent pas, pour intimider les futurs militants. Avant d’aller manifester, tu vas faire tes calculs : il y a la répression, la détention. »
Pour le militant Mohamed Amine Hessaboui, le pouvoir tente d’éliminer la seule réelle force d’opposition :
« C’est la seule solution dont dispose le pouvoir. C’est le seul choix qui lui reste. Il a joué toutes ses cartes : la nouvelle Constitution, les élections, pour calmer les voix qui s’opposent au système. »
Ezzedine Eroussi, un militant d’extrême gauche détenu pendant cinq mois après une manifestation à Taza en décembre, assistait au procès, qu’il qualifie lui aussi de « politique ». Cet étudiant de 23 ans, issu de la mouvance basiste, membre de l’Union nationale des étudiants du Maroc (Unem), et militant du Mouvement du 20 février, a poursuivi une grève de la faim de 135 jours pour protester contre les tortures qu’il a subies en prison et pour appeler à la libération de tous les prisonniers politiques :
« J’ai été victime d’un procès politique car j’appartiens à une mouvance politique radicale, la voix démocratique basiste. Nous avons des positions radicales. Ça a toujours existé les détentions politiques. Revenons à notre histoire. Chaque voix qui demande le changement est réprimée. Le régime doit sauvegarder ses intérêts. »
Il porte encore les traces de sa détention. Ses chevilles sont marquées par les menottes qu’on lui a laissées des semaines durant, alors qu’on lui injectait du sérum de force lors de sa grève de la faim.

samedi 7 avril 2012

Après le mercredi noir à Kénitra, l'ANDCM organise une campagne à partir du 3 avril


La colère des étudiants marocains fait tomber les masques du régime
Par Amal Lahoucine, 4/4/2012
Après la constitution du gouvernement islamiste à la suite des élections  qui approuve l’ autorité absolue aux mains de la monarchie, le mouvement 20 février a bien régressée après le retrait des islamistes , mais malgré cela, le mouvement populaire connait un développement important par les soulèvements des villes (Taza, Beni Bouayach, Imzourn, Bouykidarn, Imedre, Ifni …). Les mouvements des diplômés chômeurs et des étudiants jouent un rôle très important dans les soulèvements populaires et, c’est donc l’oxygène de la révolution marocaine.

Le régime du monarque dictateur est en colère malgré ses efforts pour embellir son image devant le parlement européen. Son gouvernement conduit par les islamistes ne peut pas éviter la colère des diplômés chômeurs et des étudiants. La machine répressive du gouvernement pro -islamiste contre le mouvement des étudiants marocains (UNEM) a fait tomber les masques du régime monarchique. Les détenus politiques, militants de l’union national des étudiants marocains, dans les prisons du régime chérifien , par leur refus de s’alimenter(entre 40 et 100 jours de  grève de la faim) ont bien dévoilé le vrai visage d’un régime dépassé par les évènements. Le mouvement de l’association nationale des diplômés chômeurs (ANDCM) par sa lutte pour un travail digne et le droit d’association, va organiser sa deuxième campagne centralisée dans la capitale à partir du 03 avril 2012.

La machine répressive a bien mené son offensive sur les militants de l’UNEM, à Fez, Taza, Oujda, Marrakech, Agadir et enfin, l’université de Kenitra a organisé- - une mobilisation de l’UNEM dans les universités marocaines pour des journées de solidarités unifiées.

- une grève générale illimitée jusqu’à la libération de tous les détenus politiques.

- une campagne nationale de l’ANDCM centralisée à Rabat à partir du 03 avril 2012 occasion de solidarité avec les détenus politiques.

Le mercredi 27 mars 2012 une agression massive des étudiants a eu lieu à la cité universitaire par les forces de répression. Une nuit sanglante qui écrase la lutte des militants de l’UNEM qui luttent pour les droits suivants :

- augmentation du montant de la bourse universitaire (400 euros par an depuis les années 1970).

- une bonne alimentation avec des prix justes.

- prix juste de transport.

- le droit à la visite.

Les négociations durant le premier semestre de cette année scolaire se sont soldées par les promesses du directeur de la cité universitaire, et jusqu’au jour de la manifestation des étudiants du 27 mars 2012 aucune promesse n’a vu le jour. La seule inculpation des manifestants est de manifester leur colère devant la maison du directeur de la cité universitaire. La machine répressive du régime monarque dictateur a ravagé la cité universitaire, têtes, mains, pieds, dos, figures cassés… un massacre aveugle ! Plus le harcèlements des étudiantes, insultes des étudiants et le vol de leurs biens par les agents de forces de répression. L’intervention, cette façon d’agir, montre une seule chose : le régime du monarque dictateur n’arrive pas à supporter les soulèvements des jeunes militants révolutionnaires. La monarchie de par sa nature dictatoriale, ne considère les Marocains que comme des esclaves qui ne doivent qu’exécuter ses mots d’ordre du jour – travailler dans des conditions d’esclavage pour se nourrir d’un casse croute – pour augmenter le capital du monarque.

L’offensive répressive des forces de répression du mercredi noir, a fait en premier temps 60 arrestations d’ étudiantes et étudiants, le commissariat central en a libéré 47 et gardé 11 étudiants et 02 étudiantes en détention. Les 13 détenu(e)s politiques étudiant(e)s sont soumis au questionnaire du procureur samedi soir durant 10 heures, les deux étudiantes sont poursuivies en temps liberté surveillée et les 11 étudiants détenus envoyés en prison avec un sac d’inculpations très lourd selon le code pénal et, de plus, les 13 inculpés seront soumis au questionnaire du procureur de la cour d’appel de Kenitra le vendredi 06 avril 2012.

Les jeunes détenus politiques (étudiants et diplômés chômeurs) dans les prisons de la monarchie dictature ont besoin de votre soutien :

au niveau international :

- une campagne de solidarité des organes politiques, syndicats et associations de droits humains.

- des lettres de protestations au gouvernement, ambassade et consulat marocain.

- des manifestations de solidarité devant les ambassades et consulat marocain

au niveau national :

- une mobilisation de l’UNEM dans les universités marocaines pour des journées de solidarités unifiées.

- Une grève générale illimitée jusqu’à la libération de tous les détenus politiques.

- faire de la campagne nationale de l’ANDCM centralisée à Rabat à partir du 03 avril 2012 une occasion de solidarité avec les détenus politiques.

mercredi 14 mars 2012

Inculpation de six personnes après les violences dans le nord du Maroc

SOUTIEN AUX RÉVOLTES DU RIF
Par Demainonline, 14/3/2012
Six personnes ont été inculpées et placées en détention provisoire au Maroc pour des « actes de violences » commis dimanche lors d’une manifestation à El Hoceima, selon une source judiciaire.

Quatre autres personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire par le parquet ont bénéficié de la liberté provisoire alors que le sort de neuf autres prévenus sera prochainement fixé au terme d’une enquête « approfondie », selon la même source citée par l’agence MAP.

Mardi, *l’AMDH et une section locale du Parti islamiste Justice et Développement (PJD) ont appelé à l’ouverture d’enquêtes à la suite d’actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants.

Les autorités locales ont indiqué pour leur part que les manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes « ont refusé de se disperser après la marche » de dimanche. Selon la MAP, plusieurs policiers ont été blessés à cette occasion.

L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a réclamé dans un communiqué, « l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains dans la répression violente de la police contre des mouvements de protestation à Béni Bouayach » (nord), et appelé au « dialogue » pour régler les problèmes sociaux des villageois.

La section locale du PJD a demandé pour sa part l’envoi d’une « mission parlementaire pour enquêter sur les incidents de Beni Bouayach, notamment la répression violente contre des citoyens innocents », tout en s’interrogeant sur « les motivations de ceux qui attisent le feu ».

Le PJD a aussi souhaité l’instauration d’une « politique de dialogue » pour régler les problèmes sociaux dans la région.

Des incidents violents plus ou moins similaires avaient eu lieu début février dans la ville de Taza, sur fond de malaise social et de chômage.

La lutte contre le chômage et les inégalités sociales figurent parmi les priorités du nouveau gouvernement de l’islamiste Abdelillah Benkirane.

AFP
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vidéo : Emeutes au Rif : Chakib Alkhyari

http://youtu.be/VbF1ocWV2MAhttp://youtu.be/VbF1ocWV2MA 
 Al Jazeera Channel 
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   *Violences policières
L'AMDH et une section locale du PJD montent au créneau

La violence dans la répression des forces de l'ordre est dénoncée par l'AMDH et le PJD./DR
                          

Après la dispersion d'une manifestation à Béni Bouayach dans le Rif, lundi, accompagnée d'une dizaine d'arrestations, l'AMDH et la section locale du PJD ont demandé mardi, l'ouverture d'une enquête parlementaire. Les deux parties s'offusquent contre la violence utilisée par les forces de l'ordre dans la répression des manifestants.
L'Association marocaine des droits de l'homme et une section locale du Parti islamiste Justice et Développement (PJD) ont appelé à l'ouverture d'enquêtes à la suite d'actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants à Béni Bouayach dans le Rif.
L'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) réclame “l'ouverture d'une enquête sur les violations des droits humains dans la répression violente de la police contre des mouvements de protestation à Béni Bouayach”, et appelle au “dialogue” pour régler les problèmes sociaux des villageois, dans un communiqué.
“L'Etat répond par la seule force aux revendications, depuis plusieurs mois, des habitants marginalisés” de cette région, ajoute l'AMDH qui demande la libération des personnes arrêtées, et que soit assuré “le droit de protester”.
“Dix personnes ont été arrêtées lundi après l'intervention des forces de l'ordre pour disperser une marche de protestation, partie du centre d'Imzouren à destination de la ville de Béni Bouayach”.
L'agence MAP citant une source sécuritaire.
Depuis plusieurs jours, des habitants de Béni Bouayach protestent contre leur conditions de vie, dans cette région du Rif, une des plus pauvres du pays, ce qui a conduit à de violents heurts avec les forces de l'ordre qui ont fait des blessés parmi les manifestants et la police, selon diverses sources.
Selon la MAP, “des éléments des forces de l'ordre ont été blessés, dont certains grièvement, dans des actes de vandalisme ayant éclaté dimanche dans la ville d'Imzouren, relevant de la province d'Al Hoceima”.
Une enquête parlementaire
Pour sa part, la section locale du PJD a demandé l'envoi d'une “mission parlementaire pour enquêter sur les incidents de Beni Bouayach, notamment la répression violente contre des citoyens innocents”, tout en s'interrogeant sur “les motivations de ceux qui attisent le feu”.
Le PJD a également souhaité l'instauration d'une “politique de dialogue” pour régler les problèmes sociaux dans la région.
Des incidents violents plus ou moins similaires ont eu lieu début février à Taza, toujours sur fond de malaise social et de chômage.
aufait avec AFP