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jeudi 8 avril 2010

32 prisonniers politiques Sahraouis en grève de la faim, sous le régime marocainap-

Par APSO, 3/4/2010
On se souvient des longs jours de grèves de la faim d’Aminatou Haidar en novembre et décembre 2009 et de son courage internationalement salué pour le respect de ses droits.
On se souvient de l’arrestation rocambolesque de 7 responsables d’organisations Sahraouies des droits de l’homme à Casablanca en octobre 2009, à leur retour des campements de réfugiés où ils avaient visité leurs familles, et de leur mise sous régime d’inculpation militaire.
Après avoir subi des conditions de détention inqualifiables, qui ont conduit la seule femme du groupe à de graves désordres psychologiques, et à sa liberté provisoire, 5 d’entre eux sont en grève de la faim illimitée depuis le 18 mars 2010. Ils demandent à être libérés, puisque leur détention est sans fondement, ou à être jugé immédiatement.
Aujourd’hui, s’ajoutent à ceux-ci 19 prisonniers politiques Sahraouis incarcérés à Tiznit, 6 à El Aaiun et 3 à Marrakech.
Ces hommes, maintes fois torturés, maltraités et humiliés par le régime marocain, pour leurs opinions et leur attachement au respect du droit international à la décolonisation de leur pays, risquent encore une fois leur vie. Ils nous rappellent par leur courage ce principe universel et sans appel de la primauté des droits de l’homme et du respect du droit établi sur les intérêts mercantiles ou matériels.
Voilà la note d’information émise le 1er avril par l’association sahraouie des victimes des violations des droits de l’homme, l’ASVDH.
Prison de Salé.
État de santé des 5 détenus politiques Sahraouis incarcérés dans la prison de Salé - nord de Rabat et en grève de la faim depuis le 18 mars.
Détérioration générale : léthargie chronique, déshydratation, étourdissements, douleurs dans le dos, douleur arthritique et chute de pression artérielle.
À environ 3h du matin, M. Brahim Dahan, Président de l’ASVDH, a perdu conscience, suite à de violentes douleurs à l'estomac, conséquences de son ulcère.
Ahmed Naasiri, président du comité des droits de l’homme de Smara, se plaint de douleurs sévères au niveau du cœur, et d’accélération du nombre d'impulsions. Sa pression artérielle est de 9 / 11.
Ali Salem Tamek, vice-président du CODESA, souffre d'essoufflement, de manifestations asthmatiques et de vomissements aigus.
Yahdih Tarouzi, militant des droits de l’homme, souffre de douleurs sévères au niveau du cœur et de l'intestin.
Rashid Sghayer, membre du comité contre la torture, se plaint de douleurs sévères au niveau des articulations. Sa pression artérielle est faible, 7 / 11.
Prison de Tiznit
Dans la prison de Tiznit au sud du Maroc, les19 prisonniers politiques Sahraouis en grève de la faim depuis les 20, 21 et 22 mars, poursuivent leur action malgré les intimidations de l'administration pénitentiaire.
Celle-ci les menace de les séparer et de les transférer dans d'autres prisons s’ils continuent leur grève.
Parmi eux certains présentent des complications sanitaires importantes.
Le prisonnier politique Sahraoui Mustafa Abdel-Dayem souffre d’une forte pression artérielle de 16/10.
M. Brahim Khali Mghaimima, Mahmoud Aboulkacem, Mahmoud Berkaoui et Ismaili Bachir souffrent des complications d’inflammations de la vésicule biliaire et d’insuffisance rénales, conséquences de précédentes grèves de la faim.
Le prisonnier politique Takkiou Allah Fakou Allah souffre de tachycardie et a été transféré à l'infirmerie de la prison.
Prison noire, El Aaiun
Dans la prison noire (Carcel Negra ) de El-Aaiun - Sahara occidental, les 6 détenus politiques Sahraouis entrent aujourd’hui dans une grève de la faim d’avertissement de 48 heures pour protester contre leurs conditions de détention.
Prison Boulmharez à Marakech
Les 3 prisonniers politiques Sahraouis de la prison Boulmharez à Marakech entrent dans une grève de la faim d’avertissement de 72 heures en solidarité avec les grévistes de la faim de la prison de Salé et Tiznit.

samedi 13 février 2010

Faut-il mettre nos enfants en prison ?

Par Claude Ribbe, 10/2/2010
Hier, j’apprenais qu’un garçon de quinze ans s’est pendu à la prison de Rouen et qu’une jeune Parisienne de quatorze ans a été emmenée et mise en garde à vue par des policiers parce qu’elle se serait interposée dans une bagarre, au cours de laquelle un se ses camarades frappait une fille. Sa mère dit qu’ils l’ont menottée. 
 Si c’est vrai, comment des policiers français peuvent-ils agir de la sorte ? Qu’est-ce qui se passe donc dans ce pays ? Comment un policier, père de famille ou non, peut-il obéir à un ordre pareil ? Les prisons françaises n’ont que 50 000 places disponibles. Et pourtant 66 000 personnes y sont enfermées, dont plusieurs centaines de mineurs. Un Français sur mille est en prison. Les geôles françaises ont été épinglées dans de nombreux livres et rapports. Elles sont non seulement surpeuplées mais inadaptées et dangereuses. Tout le monde sait ce qui s’y passe. Le taux de suicide y est le plus élevé d’Europe. Quatre vingt pour cent des détenus souffrent de troubles psychiques. J’ajouterai que la «diversité» y est mieux représentée que sur les listes des partis de toutes tendances pour les prochaines élections régionales : je ne prendrais pas beaucoup de risques en affirmant que plus d'un tiers , près de la moitié sans doute, des prisonniers français sont originaires des Antilles, d'Afrique ou du Maghreb (sans oublier les Roms). Je n'en prendrais aucun en affirmant que le plus vieux détenu est un Antillais. Je peux même dire son nom : Pierre-Just Marny. Ce sexagénaire enfermé à la Martinique a passé près de 50 ans derrière les barreaux. Plus fort que le comte de Monte Cristo au château d'If ! Les détenus blancs de peau, même condamnés à perpétuité, sont généralement libérés au bout de 20 ans. Mais lui, non. Ses demandes sont rejetées les unes après les autres.
D’une manière plus générale, si on met des gens en prison, j’imagine que c’est une décision prise en dernière extrémité, parce qu’il serait dangereux pour l’ordre public de les laisser en liberté. Mais à quoi cela sert-il si la prison devient dangereuse pour ceux qu’on y a enfermés ou si la haine accumulée en prison rend ceux qui y ont séjourné plus dangereux encore lorsqu’ils sortiront que lorsqu’ils y sont entrés ? Je crois tous les êtres humains susceptibles de s’amender et d’évoluer, quoi qu’ils aient fait. C’est particulièrement vrai des adolescents qui ne sont pas encore ce qu’ils vont être et qui en sont à l’âge où a beaucoup de choses à apprendre. Beaucoup d'adultes remarquables ont été des adolescents voyous. Le code pénal de 1791 faisait de la prison un lieu où l’on se rachète par le travail et l’éducation. C’est Napoléon, l’homme qui voulut rétablir l’esclavage en Haïti, qui a fait de la prison un lieu de châtiment. Si l’on embastille aujourd’hui les adolescents, pourquoi ne pas franchir une étape supplémentaire et imiter l’exemple de ce soldat américain qui vient d’être arrêté pour avoir appliqué à sa fille de 4 ans, qui n’arrivait pas à réciter l’alphabet, les méthodes de torture appliquées aux prisonniers yankees de Guantanamo, de Bagdad ou de Port-au-Prince ?