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samedi 11 février 2017

Justice pour Théo, justice pour Adama, justice pour Mehdi, justice pour tous




Site collaboratif d’infos alternatives

Publié le 10/2/2017

Les quatre policiers accusés d’avoir frappé et violé avec une matraque Théo, un jeune homme de 22 ans d’Aulnay, en banlieue parisienne, ont été suspendus de leurs fonctions et mis en examen. Mais un seul l’est encore pour viol en réunion, les trois autres accusations ayant été requalifiées en violences volontaires.

    Une manifestation de plusieurs centaines d’habitants du quartier populaire de la Rose des Vents, où s’est produite l’agression, s’est déroulée lundi 6 février. Aux cris de « Justice pour Théo », des mères du quartier, en tête de cortège, exprimaient leur colère : « On étouffe ici. Comment nos enfants vont continuer à vivre avec ça ? ». « Ça », c’est cette agression particulièrement barbare et humiliante. Et c’est aussi la conscience que l’attitude provocatrice de la police dans les quartiers populaires n’a rien d’exceptionnel.

mardi 24 mai 2016

Du cannabis marocain au coeur d'un scandale au sein de la police française


SHIT
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DROGUE - C'est une affaire qui commence à faire couler beaucoup d'encre en France. L'ancien patron de la lutte anti-drogue est soupçonné, sur la base du témoignage d'un homme infiltré au sein de la police judiciaire française, d'avoir facilité l'importation de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en provenance du Maroc.
Ces révélations ont été rapportées ce dimanche dans les colonnes du quotidien français Libération. L'ex numéro 1 de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, aurait accordé sa protection à un certain Sofiane H., un baron de la drogue passé à plusieurs reprises derrières les barreaux, qui lui servait d'indic mais faisait aussi passer des tonnes de cannabis en France.

dimanche 15 mai 2016

Un homme noir, handicapé, humilié par des policiers



En moins de 48 heures, la vidéo a été visionnée 2 millions de fois, et ce qu'elle montre est proprement insoutenable. Gare de Lyon, un homme noir a été contrôlé. Trois policiers l'ont forcé à retirer ses prothèses de jambes. Puis ils s'en vont, le laissant à terre, déshabillé et livré à lui-même. Celui qui filme la scène suit les policiers qui s'éloignent, les interpellant en vain. Toujours à même le sol, en slip, la victime de ce contrôle abusif tente ensuite, non sans mal, aux yeux de tous, de remettre ses prothèses et ses vêtements.
François Bayiga, c'est le nom de la victime, a témoigné sur France 24 en ces termes : « Heureusement qu’il y avait des témoins pour m’aider, sinon la police m’aurait laissé planté là, c’est ça le pire. Un passant m’a aidé à remettre mes affaires sur moi. Je me suis senti complètement humilié. » Dans la suite de la vidéo, la victime témoigne et rapporte les propos d'un des policiers, qui lui dit : « tu es noir, tu es nègre » (7'39).
http://www.memoiresetdroitsdesafro.sitew.fr/#Droits.Bhttp://www.memoiresetdroitsdesafro.sitew.fr/#Droits.B
ou copier et coller ce lien pour voir la vidéo
https://www.youtube.com/watch?v=ka2WaE2DhZs

Il y a eu beaucoup de violences policières ces dernières semaines, et on croyait avoir tout vu. Mais là, on a touché le fond. Le fond de la honte et de l'ignominie. Il n'y a pas de mots pour décrire un tel mépris, une telle atteinte à la dignité de la personne humaine.

jeudi 12 avril 2012

La police française sommée de justifier ses contrôles au faciès devant la justice

Par Louise Fessard, mediapart, 11/4/2012


Ils sont noirs ou arabes et estiment avoir subi un ou des contrôles d’identité au faciès. Attestations de témoins à l’appui, quinze Français de 16 à 47 ans ont assigné mercredi matin l’Etat pour pratiques discriminatoires. Ils demandent au ministère de l’intérieur de prouver que les contrôles d’identité subis n’étaient pas fondés sur leur couleur de peau et avaient un motif légal (lire en prolonger).
 Un policier d'une brigade anticriminalité (Bac) effectue un contrôle d'identité lors d'une patrouille de nuit, 1998.© REUTERS/Philippe Wojazer

«C’est le principe même de la liberté de mouvement : quand quelqu’un est arrêté, il a le droit de savoir pourquoi, explique Me Slim Ben Achour, qui mène les assignations avec Me Félix de Belloy. Sur le plan judiciaire, la plupart des contrôles n’ont pas de suite. En revanche pour la personne contrôlée au vu et su de tous, très souvent avec une palpation et des propos blessants de la part des policiers, c’est une violation de sa dignité.» Contrôlés dès qu’ils se rendent en centre-ville, au Mac Do du coin avant un départ en soirée, au sortir du métro, ou tout simplement dans leur quartier, la plupart racontent l’«humiliation» de ces contrôles répétitifs, «jusqu’à dix fois par mois» pour un jeune Lyonnais de 19 ans (lire leurs témoignages).

Cette action en justice, portée par le Syndicat des avocats de France (SAF), Open Society Justice Initiative (la fondation du milliardaire George Soros) et le jeune “Collectif contre le contrôle au faciès”, est inédite en France. «L’idée est d’utiliser le droit de façon stratégique, là où les manifestations et les mobilisations classiques ont échoué», explique Lanna Hollo, représentante d'Open Society à Paris. «Les contrôles d’identité au faciès sont dénoncés depuis trente ans sans aucun effet», remarquent également les deux coordinateurs du Collectif contre le contrôle au faciès, qui ont, de par leur réseau national, collecté les cas portés en justice.

En 2009, une étude du CNRS avait montré que, sur cinq sites parisiens étudiés, les Arabes et les Noirs avaient respectivement 7,8 et 6 fois plus de chance d'être contrôlés que les Blancs. «Cette étude est la première qui prouve sur le plan statistique que les contrôles ne sont pas neutres, qu’il y a des mécanismes discriminatoires à l’œuvre, remarque Me Slim Ben Achour. Nous avons une base scientifique permettant de dire que les contrôles au faciès ne sont pas une vue de l’esprit.»

Mais trois ans plus tard, les pouvoirs publics persistent dans leur déni. Le 31 janvier 2012, aux vœux du principal syndicat de gardiens de la paix, le ministre de l’intérieur Claude Guéant qualifiait ainsi de «préjugés délétères» un récent rapport d’Human Rights Watch sur les contrôles au faciès. «Je connais la déontologie des policiers, ils ont le républicanisme ancré en eux», balayait l’ancien directeur général de la police nationale.

Face à ce mur, les organisations déjà citées ont donc décidé de porter le problème sur le plan judiciaire. Au civil, plus précisément. «C’est plus porteur que de déposer plainte au pénal contre des policiers, car les autorités ne pourront pas s’en sortir en nous répondant “Pas de chance, vous êtes tombés sur une brebis galeuse”, explique Slim Ben Achour. Attraper quelques policiers racistes ne nous intéresse pas. L’assignation vise à attaquer le cœur du contrôle au faciès, à savoir le ministère de l’intérieur qui est responsable des forces de l’ordre et doit être confronté aux règles de l’Etat de droit.»

Mais comment attaquer un contrôle d’identité, le seul acte de procédure pénale sans trace écrite ? «Quand il n’y a pas de suite, il n’y a aucune trace du contrôle, donc il est très difficile, voire impossible, d’aller contester ce contrôle devant la justice alors qu’il s’agit de droits fondamentaux», reconnaît Lanna Hollo.

Pour contourner cet obstacle, les avocats se sont appuyés sur des attestations de témoins présents au moment des contrôles. Et sur les nombreux rapports d’organisations des droits de l’homme, d’instances internationales, comme la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, et nationales, comme feu la CNDS, constatant «l’indéniable réalité des contrôles au faciès en France».

Pression sur les candidats

En matière de discrimination, le droit européen a prévu un aménagement de la charge de la preuve favorable à la victime. Il “suffit” à celle-ci d’apporter un faisceau d’indices permettant de penser qu’il y a eu discrimination, et c’est à la partie défenderesse de prouver que sa décision n’est pas fondée par un motif discriminatoire. «Ce sera au ministère de l’intérieur de justifier qu’il y avait un motif objectif à chaque contrôle d’identité, par exemple, un cambriolage venait de se produire et la personne contrôlée correspondait au profil du voleur», explique Me Slim Ben Achour.

Interrogé par les avocats sur les motifs de chacun des contrôles, le ministère de l’intérieur a temporisé, répondant par courrier mi-mars 2012 que la direction générale de la police nationale avait été saisie pour un «examen approprié» de la «démarche».
               
A l’origine de cette action, le collectif contre le contrôle au faciès a mené un vrai travail de terrain et mis en place au printemps 2011 un numéro spécial pour les victimes de contrôles d’identité abusifs.

«Vous êtes sur le répondeur du collectif contre le contrôle au faciès. Après tout contrôle d’identité hors véhicule et sans motif, retenez la date, l’heure, le lieu, les personnes qui étaient avec vous ou les caméras à proximité, le motif annoncé, le déroulement du contrôle et le résultat, et envoyez “contrôle” par SMS. Vous serez rappelé en 24 heures.»
Depuis le lancement de ce numéro, le collectif a reçu quelque 500 SMS pour signaler des contrôles d’identité sans motif, perçus comme abusifs, ou accompagnés de violences policières. Une série vidéo, où des sportifs, comédiens, humoristes et musiciens racontent leur premier contrôle, a contribué à faire circuler ce numéro sur Internet.

«C’est là qu’on s'aperçoit qu’il existe une véritable attente et un sentiment d’injustice des citoyens, qui ne savent pas vers qui se tourner, explique le collectif. Le plus jeune était un petit de 11 ans à Belleville. Nous avons aussi eu des mamans pour leurs fils de 12 ans. Quand ce sont des enfants, ils ne comprennent pas forcément, surtout si les policiers sont en civil. Ils pensent qu’ils vont se faire kidnapper !»

Selon les cas, le collectif a ensuite orienté les personnes qui le souhaitaient vers des avocats travaillant sur les contrôles abusifs, ou vers des avocats pénaux pour les allégations de violence. «Nous faisons aussi de l’éducation civique sur ce qui est légal ou pas, explique le collectif. C’est rappeler aux jeunes que les policiers font leur métier et que s’ils voient une dizaine de jeunes dans un hall à 23 heures, ils peuvent légitimement se poser des questions.»

Les quinze premières assignations ont été envoyées au trésorier payeur général et déposées symboliquement devant le Palais de justice de Paris ce 11 avril. «D’autres personnes vont se joindre à nous dès qu’elles auront connaissance de la procédure et le courage de dépasser leurs peurs», espère Me Slim Ben Achour.

L'an passé, un collectif d'une cinquantaine d'avocats avait tenté une autre offensive contre les contrôles d'identité au faciès, en déposant des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) pour chaque dossier présenté devant les tribunaux d’Ile-de-France, de Lyon et de Lille. La démarche était légèrement différente : il s'agissait d'attaquer la loi elle-même, et non pas la pratique policière. Pour les avocats concernés, l'article 78-2 du code de procédure pénal, qui encadre les contrôles, est «rédigé de façon tellement vague qu’il permet potentiellement un abus».

La Cour de cassation a toutefois refusé en 2011 de transmettre ces QPC au Conseil constitutionnel. Les avocats ont donc changé de stratégie et décidé d'attendre le «dossier parfait» pour déposer une nouvelle requête. «Nous attendons le dossier où le contrôle s'est fait exclusivement au faciès, précise Me Joseph Breham, membre du collectif. J'ai, par exemple, eu un cas où les forces de l'ordre écrivaient : “Avisons trois personnes d’origine nord-africaine, attablées à la terrasse d’un café, qui se passent un sac. Dès lors, décidons de contrôler l’identité.” Il est évident que la seule raison qui a poussé les policiers à contrôler ces personnes est le fait qu'elles étaient nords-africaines. Ce n'est pas l'une des “raisons plausibles” prévues par la loi.»

Pour lutter contre ces dérives, plusieurs organisations préconisent la remise d’une attestation à chaque contrôle d’identité, un dispositif qui a fait ses preuves en Espagne, ainsi qu’un encadrement législatif plus strict des contrôles.

L'idée est d'obliger les candidats à la présidentielle à se positionner, et notamment François Hollande qui a promis, en cas de victoire de la gauche le 6 mai, une «circulaire sur la lutte contre les “délits de faciès” lors des contrôles d’identité». Sans plus de précisions.
http://www.mediapart.fr/journal/france/100412/la-police-sommee-de-justifier-ses-controles-au-facies-devant-la-justice

lundi 16 janvier 2012

On meurt beaucoup dans les commissariats en France

On meurt beaucoup dans les commissariats, lors de contrôle de police ou d'interpellations :
  
-Marignane : Karim Aouad  30 ans, 26 février 2004

-Paris : Lamine Dieng  25 ans, le 17 juin 2007

-Grasse : Hakim Ajimi  22 ans, le 9 mai 2008

-Argenteuil : Ali Ziri  69 ans, le 9 juin 2009

-Valentigney : Mohamed Boukrounou  41 ans, le13 novembre 2009

-Colombes : Mamadou Maréga  38 ans,  le 30 novembre 2010

-Clermont Ferrand : Wissam El Yamni  30 ans, le 1er janvier 2012

-Aulnay sous Bois : Abdelah El-Jabri 25 ans, le 13 janvier 2012

Sur le dernier drame d'Aulnay, le préfet de Seine-Saint-Denis Christian Lambert a lui expliqué que «les trois personnes étaient assises, menottées», tout en précisant que « le menottage s'était passé sans aucune violence..."

Non seulement leur racisme tue mais en plus ils font preuve à chaque bavure  d'un incroyable cynisme.
 
Siffloter l'Internationale dans le commissariat du 3ème arrondissement de Paris peut aussi être passible  d'un tabassage policier comme il est arrivé à Denis Godard, 47 ans, militant de Act Up et du NPA le 6 janvier 2012. Blessures qui lui ont valu 12 jours d'ITT.
 
On va supporter ça longtemps ?

JAITE Mohamed
Pour le bureau
Tél : 06.12.84.33.64
De la part de Jean-Claude APARICIO de la Ligue des Droits de l'Homme 13

jeudi 7 juillet 2011

Brutalités policières : en France aussi

Emmaüs International s’associe, avec d’autres organisations à la saisine du Défenseur des Droits sur les violences policières à Calais.
post non vérifié par la rédaction

Brutalités policières contre les migrants : Halte à l’impunité des Etats !


Emmaüs International, dont les associations membres sont nombreuses en France et présentes partout dans le monde notamment dans tous les pays européens, est déterminé à mettre en lumière, partout où cela est possible, les graves dérives des Etats en matière de protection des migrants et de respect de leurs droits. Sur des faits avérés et dont No Border a tenu la triste chronique, il importe que l’opinion publique soit informée et que le Défenseur des Droits puisse s’en saisir et formuler ses observations et recommandations.

En s’associant à cette initiative aux côtés d’une vingtaine d’organisations dont l'Acat, la FIDH, la LDH, le Gisti, le Mrap, le Syndicat de la magistrature, etc., il s’agit pour Emmaüs International de lutter contre l’impunité des Etats et des formes inacceptables de violence institutionnelles qu’elles exercent à l’encontre des migrants : les pratiques policières relatées sont contraires aux conventions internationales au bas desquelles la France a apposé sa signature ; ces méthodes détestables contribuent à la banalisation du rejet des migrants promues par les responsables politiques au plus haut niveau de l’Etat. Elles doivent donc être vigoureusement combattues.

Pour plus d’informations :


http://www.rue89.com/2011/06/22/violences-policieres-a-calais-un-rapport-et-des-videos-210372 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110622.OBS5688/violences-policieres-le-rapport-coup-de-poing-des-no-border.html http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110622.OBS5688/violences-policieres-le-rapport-coup-de-poing-des-no-border.html http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/66921/date/2011-06-22/article/les-no-border-produisent-un-rapport-et-des-videos-sur-les-violences-policieres-a-calais/

Lire l'article en ligne sur le site.

Le partager sur Facebook et Twitter.


http://www.visapourlemonde.org/

et

http://emmaus-international.org/

mardi 25 janvier 2011

France : Pétition de soutien citoyen à Sihem Souid

Collectif de soutien citoyen à Sihem Souid

Bavures, homophobie, racisme, sexisme, politique du chiffre et même abus de pouvoir et pressions : c'est aussi le quotidien de certains fonctionnaires de police, garants de l'ordre public comme des valeurs de notre République.
Sihem Souid a vécu cela de l'intérieur, et a recueilli témoignages, documents, comptes-rendus, rapports, procès-verbaux et ne fait que décrire des vérités.
Le collectif de soutien à Sihem Souid est un collectif citoyen, humain, qui défend les valeurs de la République et de notre Démocratie, dans une société ou chacun a des droits, comme des devoirs et des obligations.
Le combat mené par Sihem Souid est juste et courageux, un combat d'honneur et de droit, un combat digne et responsable, un combat citoyen, un combat réellement humain et exemplaire, celui de défendre une police républicaine et légitime, c'est ce que défend également le Collectif.
Mais c'est aussi celui d'avoir le courage d'alerter l'opinion comme les politiques sur des faits condamnables et inacceptables qui méritent un aménagement nécessaire afin d'éviter que de tels faits, décrits précisément dans son ouvrage "Omerta dans la Police", ne se reproduisent, parce que cette Police, notre Police nationale que nous aimons, faite d'hommes et de femmes, qui servent au quotidien, est une Police qui se doit d'être exemplaire et de servir la collectivité comme le citoyen.
Nous soutenons pleinement Sihem Souid et nous en appelons à une mobilisation importante et réellement citoyenne, dans chaque ville, département et région, pour relayer l'information sur son combat, lui apporter un soutien moral et médiatique, politique et associatif.
Nous avons besoin de vous !
Oui j'adhère, et je signe cette pétition en ligne et marque ainsi mon soutien public à Sihem Souid dans ce combat responsable, digne, et républicain. 
Vous pouvez signer la pétition publique à l'adresse suivante
Merci de votre engagement.
Les signataires
La Pétition de soutien à Sihem Souid, auteure de "Omerta dans la Police", sera adressée au Collectif de soutien citoyen à Sihem Souid. Elle est créée et écrite par la communauté Collectif de soutien citoyen à Sihem Souid.
Cette pétition se trouve hébergée sur Internet sur le site Pétition Publique qui met à disposition un service public gratuit pour les pétition en ligne.
Au cas où vous auriez une question pour l’auteur de la pétition, vous pourrez l’envoyer par l’intermédiaire de la page de contact ci-dessus.
Service communication LDH


dimanche 5 juillet 2009

La police française pratique largement le délit de faciès

Par C.J. Le Figaro, 30/06/2009


Pour la première fois, une étude scientifique montre l’ampleur de la discrimination dans les contrôles de police en fonction de l’apparence physique. « Des contrôles de police injustifiés et discriminatoires ». Ces accusations à l’encontre des forces de l’ordre sont des griefs récurrents de la part des citoyens d’origine étrangère. Pour la première fois une étude du CNRS, publiée mardi, prouve la réalité et l’ampleur du phénomène.

En moyenne, les « Arabes » (les personnes originaires d’Afrique du Nord, selon la définition du rapport) et les « Noirs » (les individus originaires d’Afrique et des Antilles) ont respectivement 7,8 fois et 6 fois plus de risques d’être contrôlés que des Blancs, démontrent les travaux de Fabien Jobard et René Lévy. Une même inégalité a été observée en ce qui concerne les fouilles : les Noirs ont été fouillés à l’issue de 9,9% des contrôles d’identité, les Arabes 12,4%, alors que les Blancs ont été inspectés 3,1 % du temps.
Ces résultats découlent de l’analyse de 525 contrôles d’identité effectués entre octobre 2007 et mai 2008 aux abords et dans la gare du Nord et la station de RER Chatelet-les Halles. Pour recueillir méthodologiquement des données sur ces contrôles, les chercheurs ont d’abord cherché à définir leur « population témoin ». Des enquêteurs ont observé les caractéristiques des populations fréquentant le secteur des Halles et de la Gare du Nord. Ensuite ils ont analysé le profil des personnes, parmi ce public, qui se faisaient contrôler. Les enquêteurs ont observé discrètement les contrôles, inscrivant notamment le sexe, l’apparence physique et la tenue vestimentaire de celles-ci. Lorsque les policiers avaient terminé leur travail, ces « guetteurs » ont demandé aux personnes contrôlées de répondre à un questionnaire sur les conditions de leurs inspections.
« Les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être », souligne le rapport, qui a été financé par la fondation du milliardaire américain Georges Soros, l’Open society Justice Initiative. Conséquence de cette prépondérance de l’apparence physique, les contrôles d’identité sont non seulement influencés par le type physique des personnes interrogées mais aussi par leur style vestimentaire. Les personnes, surtout des jeunes, affichant des tenues « hip-hop, » « tecktonic, » « punk » ou « gothique », constituent 10% de la population française mais représentent 47% des individus contrôlés par les forces de l’ordre.
« Le profilage racial réduit l’efficacité de la police »
Sans surprise, les jeunes sont surreprésentés dans les contrôles en raison de leur tenue mais aussi parce que, rappelle le rapport, « les jeunes forment la population qui participe la plus activement aux activités délinquantes de voie publique ». Par exemple à la station RER de la Gare du Nord, un jeune a 7.9 fois plus de risque de se faire inspecter qu’un adulte. Enfin, le rapport s’étonne que les policiers ciblent plutôt les passants sans bagage que ceux équipés de sacs à dos, alors que ces sacs pourraient receler des explosifs ou des armes dangereuses.
Cette propension des policiers à viser les jeunes appartenant aux minorités sensibles est dangereuse et inefficace, préviennent Fabien Jobard et René Lévy. « Le profilage racial réduit l’efficacité de la police, qui dépend profondément de la coopération du public pour obtenir le signalement des infractions et des témoignages. Le contrôle au faciès peut aussi entraîner des conflits entre la police et les groupes visés, et un niveau accru de violence comme en témoignent les épisodes émeutiers récents », écrivent-ils.
Des contrôles répétés basés sur l’apparence et non le comportement permettent-ils une meilleure prévention de la délinquance ? Rien ne le garantit. « Le fait que l’on ait laissé repartir 78% des personnes contrôlées, sans qu’il y ait apparemment besoin de les emmener au poste conduit à s’interroger sur l’efficacité des contrôles dans la détection des infractions », pointent les chercheurs. Ces contrôles au faciès violent aussi la législation française, qui garantit l’égalité de tous indépendamment de l’origine ethnique, raciale ou nationale, remarquent Fabien Jobard et René Lévy.