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samedi 18 juin 2016

LIBERTÉS – Des ONG en France montrent de nouveau le Maroc du doigt…




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Au menu de la table ronde qui eu lieu le jeudi à Paris, le procès du 29 juin prochain à Rabat où seront jugés Maâti Monjib, Abdessamad Aït Aïcha, Hicham Mansouri, Hisham Khribchi, Mohamed Sber, Rachid Tarik et Maria Moukrim, a-t-on appris samedi.
C’est une table ronde/conférence de presse sur les droits de l’homme et la liberté d’expression au Maroc qui a attiré pas mal de monde, et beaucoup de personnes n’ont malheureusement pu y accéder, selon un communiqué rendu public.
Organisée par le député français Jean-Louis Roumégas, elle rassemblait les associations suivantes : ASDHOM, AMDH, RSF (Reporters sans frontières), FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), Amnesty international et Free press unlimited.
Le journaliste Omar Brouksy a brossé le contexte politique marocain avant que chacune d’entre elles ne prenne la parole.
Ce procès, déjà reporté trois fois, est particulièrement suivi en France chez les parlementaires des deux chambres représentées comme chez les militants et simples amis, mais aussi dans un certain nombre d’autres pays du monde. Comme l’ont souligné quasiment tous les intervenants, s’il y a eu des avancées significatives au Maroc, il reste inquiétant et inacceptable que le Maroc ne respecte même pas ses engagements internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et sa propre Constitution qui garantissent la liberté d’expression, souligne le communiqué .
Ces journalistes sont accusés, pour certains d’avoir perçu des subventions de l’étranger sans l’avoir déclaré au secrétariat général du gouvernement, pour les autres d’atteinte à la sûreté nationale/de l’État. Cette dernière accusation, très grave, vise un universitaire et de jeunes journalistes militant pour les droits humains et la liberté d’expression, et se base principalement sur la formation à l’utilisation et la promotion de Story maker, une application pour smartphone permettant de réaliser des reportages de qualité avec des moyens simples, le tout étant développé par l’ONG néerlandaise Free press unlimited (et promu par le journal The Guardian), précise le communiqué .
Cette ONG  a expliqué qu’elle était présente au Maroc depuis 2006, seul pays au monde avec lequel il y a des problèmes liés à ces formations. Pourtant Story maker permet de partager l’information en toute sécurité par les téléphones mobiles et de rester connectés au monde où, on le sait, les nouvelles circulent vite. Le Maroc voudrait-il, dès lors, se déconnecter du monde en interdisant story maker ?
On sait que le Maroc est bien mal placé dans le classement des pays qui respectent la liberté d’expression : 131ème sur 180. Beaucoup de journalistes sont intimidés, menacés, harcelés, arrêtés et accusés de façon insidieuse (on pense notamment à Ali Anouzla sous le coup d’une accusation grave depuis 2013 mais non encore jugé à ce jour).
Le durcissement en matière de liberté d’expression -donc le non respect de la Constitution et des engagements internationaux- concerne aussi les associations dont soit les statuts ne sont pas enregistrés soit les activités sont interdites (l’AMDH étant principalement visée), tout comme les manifestations pacifiques (arrêter des chômeurs handicapés qui manifestaient devant le Parlement est pour le moins singulier et aberrant).
Ce 23 juin, deux des co-accusés avaient pu effectuer le déplacement pour témoigner de cela dans leur vie et leur quotidien, affirme la même source.
Quant à Maâti Monjib, retenu par d’autres obligations, attaqué ces dernières semaines dans des médias proches des services -comme si sa réputation n’avait pas été assez entachée par cette affaire- , on veut en faire un opposant politique ni plus ni moins alors qu’il prône toujours la modération et le dialogue et qu’il analyse systématiquement les mécanismes du pouvoir politique puisqu’il s’agit de sa spécialité académique.
À l’Assemblée nationale, ce 23 juin, le moment était grave mais intéressant et mobilisant, riche de précisions et d’échanges. Toutes les associations présentes et intervenantes s’affirment solidaires de ces sept co-accusés et demandent aux autorités marocaines d’abandonner toutes les charges à leur encontre, ajoute le communiqué .
Affaire à suivre !

mercredi 1 avril 2015

Yemen : Le roi déclare la guerre aux houthistes sans passer par le gouvernement et le parlement


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Par Ali Lmrabet, 31/3/2015

Ce n’est pas une interprétation hasardeuse, mais en se joignant à la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, le royaume du Maroc a manifestement « déclaré la guerre » au Yémen, ou plus exactement aux houthistes, ces membres d’une secte chiite dissidente qui ont pris le pouvoir dans ce pays.

Pourquoi Mohamed VI a-t-il décidé de se joindre à une coalition armée pour attaquer militairement un lointain pays où le Maroc n’a aucun intérêt, ni économique ni stratégique ? Les houthistes n’ont jamais menacé le Maroc, et l’eussent-ils fait, ce serait de la vaine rhétorique.
C’est l’Arabie saoudite, une autre monarchie qui n’est ni exemplaire ni démocratique, qui a forcé la main au Maroc. Comme elle l’avait fait en 2009 quand elle avait poussé Rabat à rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran après une insipide déclaration des Iraniens mettant en cause la souveraineté de … Bahreïn. Une lointaine taïfa arabe.
Ce zèle diplomatique avait à l’époque « surpris » l’Iran, et fait sourire nombre d’analystes internationaux amusés de voir comment les Marocains suivaient à la lettre les « recommandations » saoudiennes autour de conflits qui ont lieu à l’autre bout du monde.
Aujourd’hui, l’histoire se répète. Le Maroc s’implique dans une guerre qui ne le concerne ni de près ni de loin. L’immense majorité des Marocains ne sait rien de la rébellion houthie, ni des houthistes en général, et encore moins des conflits fratricides qui opposent les uns aux autres dans ce pays arabe depuis toujours instable. Quant à la menace chiite mise en avant par l’Arabie saoudite il faut savoir que cinq pays sunnites séparent géographiquement le royaume chérifien du Yémen.

vendredi 4 avril 2014

Objet : Etat des lieux des droits humains des citoyens et populations amazighs au Maroc

A Son Excellence,
                                                           M. John Kerry,
                                                           Secrétaire d’Etat américain

Objet : Etat des lieux des droits humains des citoyens et populations amazighs au Maroc

Excellence,

Nous avons l’honneur de vous souhaiter la bienvenue à notre région de Tamazgha (Afrique du Nord) et nous profitons de votre présence au Maroc pour attirer votre attention sur les violations des droits humains en ce qui concerne les citoyens amazighs, (populations autochtones), en vous demandant de vous pencher sur cet épineuse question avec les autorités marocaines.

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

L’examen de l’évolution des droits des imazighen (berbers) au Maroc est assez décevant. Dans ce sens, nous vous exprimons notre profonde déception quant au recul de l’Etat et du gouvernement marocains en ce qui concerne leurs engagements suite aux revendications du Mouvement de la jeunesse du vingt février 2011, notamment la reconnaissance, dans la constitution marocaine, de l’Amazighe en tant que langue officielle pour tous les Marocains. En dépit du temps passé, deux années et neuf mois, les principes constitutionnels qui devaient être traduits sous forme de lois organiques, de décrets, arrêtés et circulaires d’applications, comme la loi organique devant consacrer le caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que la loi organique devant préciser le droit à l’autonomie des régions n’ont pas encore vu le jour.

Excellence,

Exception faite de quelques déclarations politiques de forme et la récente circulaire autorisant les prénoms amazighs, nous continuons à constater la perpétuation de la discrimination et de la ségrégation contre l’amazighité et les Amazighs au Maroc. Ainsi, à titre d’exemple :
-  Interdiction de l’utilisation de l’amazighe, à l’écrit et à l’oral, au sein des différentes institutions de l’Etat marocain, dont le parlement ;
-  Absence de la langue amazighe et de son écriture dans les nouvelles monnaies nationales ;
- Absence d’évolution dans le dossier de l’apprentissage de l’amazighe, et le frein à sa généralisation dans l’enseignement primaire et secondaire ;;
- Absence d’intégration de l’amazigh dans les programmes de l’alphabétisation des adultes et dans la formation ;
- Frein d’intégration de l’amazigh dans les médias audio-visuels et absence totale de politique de « discrimination positive », sachant que la langue amazighe a été privée de jouir de ses droits depuis l’indépendance du pays, soit depuis cinquante huit ans ;
- Les prisonniers politiques amazighs, notamment Mustapha Oussaya et Hamid Aadouch continuent à être incarcérés à la prison de Meknès, sans que le Conseil Consultatif des Droits Humains, ni le ministère de la Justice s’en préoccupent pour ouvrir de nouveau leur dossier juridique caractérisé par de graves anomalies ;
- Diverses promotions de diplômés amazighs dans différents domaines et en  langue amazighe sont confinées au chômage et subissent de continuelles répressions policières devant le parlement, à l’instar des sévices contres des enseignants. 
- La ségrégation continue à persister en ce qui concerne le soutien de l’Etat  au cinéma, à l’art, aux journaux, à la culture, aux auteurs amazighs et aux associations... A propos de ce dernier point, le sit in que notre ONG, l’Assemblée Mondiale Amazighe voulait organiser à la frontière algéro-marocaine, le 9 février dernier, en solidarité avec les populations amazighes du Mzab algérien et en faveur de l’ouverture des frontières, a été formellement interdite par les autorités marocaines par écrit ;
- A ce jour, le bilan du gouvernement en cours est très négatif en ce qui concerne la question amazighe. En outre, durant le mandat des derniers gouvernements conservateurs, on a pu relever des décisions racistes, des pratiques ségrégationnistes et des répressions inédites contre les populations Amazighs (Ayt Bu Ayache/Imzuren, Tinghir, Imider, Ayt Sgugu à Mrirt, Ait Baha au sud, Targuist…) ;
- La continuation de la spoliation des terres collectives des tribus amazighes par des décrets de l’époque coloniale;
- Malgré le rapport accablant du Conseil de l’Europe (CDE) qui dénonce la corruption généralisée au Maroc, placé à la 91e place dans l’Indice de perception de la Corruption, le gouvernement marocain continue à être sourd à ces rapports. Par exemple, il insiste à maintenir à son poste M. Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, et il le charge de diriger l’opération de nouveau recensement de la population en septembre prochain. (Ce monsieur, mis en cause par le rapport de Driss Jettou, président de la Cour des Comptes, dans le détournement des fonds publics, est très connu pour son penchant discriminatoire anti-amazigh, du fait de son appartenance idéologique à une formation politique, liée au défunt Mehdi Ben Barka, qui selon les mémoires de Mahjoubi Aherdan, est mis en cause dans l’assassinat d’Abbass Messaadi, le chef amazigh de l’armée de libération. M. Ahmed Lahlimi, du fait de sa profonde haine envers les autochtones, a falsifié délibérément le nombre des amazighophones, en les réduisant à un chiffre dérisoire de 28,4 % de la population lors de recensement de 2004, soit moins de 8 millions et demi de la population, alors que la communauté amazighs constitue la majorité !!!

En vous remerciant de votre diligence à interpeller les autorités marocaines afin qu’elles changent de cap et respectent effectivement les droits humains en général dont ceux des citoyens et populations amazighs, veuillez agréer, Excellence, l’assurance de notre considération fort distinguée.

Signé: Rachid RAHA
 Président et chargé des Relations Internationales de l’AMA

mercredi 5 février 2014

Le conseil constitutionnel : « C’est le roi qui nomme les dirigeants du conseil économique et social »

  • Par : Soufiane Sbiti, Telquel, 3/2/2014
Le conseil constitutionnel : « C’est le roi qui nomme les dirigeants du conseil économique et social »Si dans la loi organique adoptée au parlement, les députés avaient décidé de conférer au chef du gouvernement le pouvoir de nommer le secrétaire général du Conseil économique et social (CES), le conseil constitutionnel en a décidé autrement. C’est au roi que revient ce pouvoir selon le conseil des sages.

En effet, dans une de ses dernières décisions, le conseil constitutionnel a reconnu comme étant inconstitutionnels plusieurs articles de la loi organique organisant le CES. Parmi lesquels l’article 29 de la loi qui dispose que le secrétaire général du CES doit être nommé par décret, donc par le chef du gouvernement. Sauf que les membres du conseil constitutionnel ne sont pas du même avis. Selon eux, au nom de l’indépendance de ladite institution constitutionnelle, ce n’est pas à Abdelilah Benkirane de nommer le secrétaire général, mais plutôt au chef de l’Etat, en l’occurrence le roi.
Contacté par nos soins, le député de l’USFP, Hassan Tariq explique que : « la décision du conseil constitutionnel s’inscrit dans le cadre de l’interprétation présidentielle du texte constitutionnel ». Une interprétation qui confère au chef de l’Etat, c'est-à-dire le roi, plus de pouvoir qu’au chef du gouvernement. A noter que le président du CES est aussi nommé par le roi.