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jeudi 7 avril 2016

Rappel : Le Maroc n'a aucun droit sur les missions de l’ONU au Sahara occidental

Londres, 23 mars 2016 (SPS) Le Maroc n’a aucun droit sur les mandats des missions de l’ONU dans des territoires qui ne sont pas sous son autorité, et lui permettre de s'autoriser ce droit, serait un grave précédent, a affirmé mercredi à Londres, l’organisation internationale de soutien au Sahara Occidental au Royaume Uni, le "Western Sahara Action Forum" (WSAF).

"Le Maroc ne peut pas être autorisé à dicter les mandats de la mission de paix des Nations Unies dans les territoires qui ne sont pas les siens, et le lui permettre serait un précédent dangereux pour la primauté du droit international, à l'exercice du droit à l'autodétermination et au principe de l'intégrité territorial", a affirmé WSAF dans un communiqué adressé à la représentation du Front Polisario à Londres.
L'Organisation a également exprimé ses "inquiétudes" face à la réaction marocaine après la visite du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon aux camps des réfugiés sahraouis et aux territoires libérés à Bir Lehlou, estimant que l’occupant n’a aucun droit sur les missions onusiennes.
L’organisation a qualifié la réaction marocaine de "mépris total pour la personnalité de Ban Ki-moon, pour le Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi pour le droit international."
L’ONU a confirmé mardi la fermeture de son bureau de liaison militaire à Dakhla dans les territoires sahraouis occupés suite aux nouvelles mesures de rétorsion du Maroc visant la composante militaire de la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso).
Par la fermeture de cette structure, le dialogue entre la Minurso et l’armée marocaine devient presque impossible, avait souligné le porte-parole adjoint de Ban Ki-moon, Farhan Haq, qui a dit attendre une position ferme et claire du Conseil de sécurité pour répondre aux dépassements du Maroc.
Auparavant, le Maroc avait expulsé 72 membres civils de la Minurso. M. Haq avait averti que cette décision n’aura pas seulement des répercussions sur la Minurso mais sur toutes les missions de maintien de la paix de l’ONU.
Elle explique que le mandat de la Minurso a été dicté par une situation qu’il fallait régler pour la dernière colonie en Afrique, mais que le Maroc, qui continue à exploiter les richesses des Sahraouis, a "encore fait preuve d’un non-respect flagrant des libertés et du droit international", regrette l’organisation.
Le WSAF a également estimé qu’il était temps d’organiser le référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui, et de mettre fin aux dépassements, surtout qu’"il n y a aucun pays au monde qui reconnaît l’autorité marocaine sur la Sahara occidental, jamais revendiqué par l’occupant lorsqu’il été une colonie  espagnole".
Elle a soutenu que la population du Sahara occidental "a subi 40 ans d'occupation, de répression et d'exploitation", et qu’il était temps que ça se termine et que le Conseil de sécurité des Nations Unies fixe enfin une date pour une tenue du référendum, objectif principal de la création de la Minurso.
Le WSAF en Grande-Bretagne est très active, notamment sur les réseaux sociaux, et avait participé à la campagne de la surveillance des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, et à la revendication d’élargir le mandat de la Minurso au respect des droits de l’homme.
L'Organisation a toujours affirmé que l’ONU avait des responsabilités morales et juridiques envers le peuple sahraoui. 38 organisations de soutien au Sahara occidental, de tous les continents, activent au sein du WSAF. (SPS)

samedi 28 mars 2015

Rabat en mode silencieux



Par L'EXPRESSION, 26/3/2015

 CHRISTOPHER ROSS EN VISITE DANS LES CAMPS DE RÉFUGIÉS SAHRAOUIS


Les autorités marocaines se sont abstenues de commenter cette ultime tournée de l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental, à un peu plus d'un mois du vote d'une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité.
L'objectif de cette visite: préparer un nouveau round de négociations entre le Maroc et le Front Polisario. «Durant son séjour chez la partie sahraouie, Christopher Ross tiendra des réunions avec des responsables du Front Polisario et des membres du gouvernement sahraoui», indique l'agence de presse officielle sahraouie SPS. Rabat s'est mis en mode silencieux. Les autorités marocaines se sont abstenues de commenter cette ultime tournée de l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental, à un peu plus d'un mois du vote d'une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité qui doit prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). Elle doit être sanctionnée par un rapport que le diplomate américain doit présenter au Conseil de sécurité avant la fin du mois d'avril 2015 avant l'expiration du mandat de la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental). Un document qui devrait, logiquement, être rédigé sur fond de violation des droits de l'homme. Et pour cause. La visite du représentant personnel du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies intervient dans la foulée d'un rapport rendu public par le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (Remdh) qui a effectué une mission du 14 au 21 septembre 2014 au Maroc et dans les territoires occupés du Sahara occidental. «Au Sahara occidental (occupé), des restrictions à la liberté de réunion et de manifestation continuent d'être imposées plus qu'ailleurs. Les manifestations politiques et de solidarité sont systématiquement interdites ou réprimées dans la violence par les forces de police qui agissent en toute impunité», fait observer le rapport du Remdh, qui souligne que la torture «demeure également une pratique courante». Le document tombe comme un cheveu sur la soupe pour le pouvoir marocain. Dans un peu plus d'un mois, d'ici le 30 avril 2015, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies doit voter une nouvelle résolution qui doit prolonger le mandat de la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental). La question récurrente de doter la Minurso d'un mécanisme de surveillance des droits de l'homme reviendra inévitablement sur le tapis. Le processus serait déjà en marche. «L'Union européenne (UE) devrait intégrer la composante des droits de l'homme pour le Sahara occidental dans son accord de Politique européenne de voisinage (PEV) avec le Maroc et soutenir la mise en place de mécanismes internationaux permanents pour contrôler et garantir le respect des droits de l'homme dans le Sahara occidental» avait révélé le document du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme.

samedi 3 mai 2014

Sahara: une "bonne" résolution pour le Maroc . Au désespoir du peuple sahraoui, le lobbying a payé...

Sahara: une "bonne" résolution pour le Maroc


h24info.ma  29/04/2014
Présente depuis 1991, la Minurso est principalement censée surveiller le cessez-le-feu dans le Sahara.
Présente depuis 1991, la Minurso est principalement censée surveiller le cessez-le-feu dans le Sahara. © DR
L'ONU a adopté ce mardi la fameuse résolution reconduisant le mandat de la Minurso: si elle appelle à améliorer les droits de l'homme au Sahara, elle n'instaure pas de mécanisme de contrôle.
Un diplomate du Conseil de sécurité de l'ONU l'avait indiqué la semaine dernière, le Conseil a bien adopté aujourd'hui une résolution "neutre", renouvelant le mandat de la Minurso (Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara) pour une année supplémentaire, sans changement et sans instaurer de mécanisme international de contrôle des droits de l'Homme sur la région.

La résolution, adoptée à l'unanimité, se contente "d'encourager les parties prenantes à travailler avec la communauté internationale pour élaborer et appliquer des mesures crédibles et indépendantes visant à assurer le plein respect des droits de l'homme".

Petit "coup de chaud" début avril
Si, contrairement à l'an dernier, quand les Etats-Unis avaient proposé d'élargir le rôle de la Minurso afin d'y inclure une mission d'observation des droits de l’homme, il n'y a pas eu de bras de fer diplomatique entre Rabat et Washington, le Maroc a néanmoins "eu chaud" au début du mois.

En effet, le 10 avril dernier, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, remettait un rapport au Conseil de sécurité, dans lequel il appelait à "une surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l'homme" au Sahara, comme à Tindouf.

La mise en garde de Mohammed VI
Le roi Mohammed VI était alors intervenu, le 12  avril, mettant en garde Ban Ki-moon, lors d'un entretien téléphonique, "d'éviter les approches partiales, et les options périlleuses". Selon le quotidien panarabe Achark Al Awssat, qui citait une source diplomatique "fiable" à New York, le roi Mohammed VI avait même fait allusion à "la possibilité de mettre fin à la mission de la Minurso" si les "dérapages" contenus dans le dernier rapport onusien sur le Sahara ne sont pas corrigés.

Et dans un deuxième temps, l'ambassadeur marocain à l'ONU avait été remplacé en plein milieu des négociations sur la résolution.
Finalement, cette dernière "salue les récentes mesures et initiatives prises par le Maroc" en faveur des droits de l'homme. Lors du premier trimestre 2014, Rabat a en effet annoncé de nouvelles mesures pour améliorer l'efficacité du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) ou pour mettre fin aux poursuites contre des civils devant des cours militaires.

La résolution mentionne néanmoins –et ce n'est pas anodin- "les libertés d'expression et d'association", parmi les droits de l'homme à respecter particulièrement.  Le Conseil demande "à toutes les parties de coopérer pleinement" avec la Minurso et de continuer à négocier "sans conditions préalables et de bonne foi" sur ce dossier.
D'autre part, les effectifs de la Minurso seront renforcés par 15 observateurs militaires supplémentaires.
De son côté, le ministère marocain des Affaires étrangères s'est félicité de ce vote du Conseil de sécurité. La résolution "réitére le soutien (des membres du Conseil de sécurité) au processus de facilitation actuel et se sont clairement démarqués des recommandations dangereuses, des insinuations provocatrices, des approches partiales et des options périlleuses contenues dans le dernier rapport du Secrétariat général des Nations unies".
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 Le lobbying du Maroc a payé…

La Minurso ne s’occupera pas des droits de l’homme

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Hassan Moali, El Watan, 30/4/2014

Les Sahraouis devront reporter à un autre jour, peut-être, leur espoir de voir le Conseil de sécurité de l'ONU contraindre, via un mécanisme concret, le Maroc à cesser ses violations des droits de l’homme dans les territoires occupés.

Comme il fallait s’y attendre, le Conseil de sécurité a adopté hier une résolution sans relief, qui permet au Maroc de s’en sortir à bon compte. C’est le moins qu’on l’on puisse dire… Le texte de la résolution ne mentionne aucune mesure coercitive en matière de respect des droits de l’homme dans les territoires occupés. Le document se contente d’«encourager les parties prenantes à travailler avec la communauté internationale pour élaborer et appliquer des mesures crédibles et indépendantes visant à assurer le plein respect des droits de l'homme». Une façon bien diplomatique de botter les attentes des Sahraouis, sans cesse violentés sur la touche.
Hier, le couple américano-marocain s’est reconstitué pour le meilleur et pour le pire… Mais auparavant, le monarque M6 est personnellement intervenu auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lui demandant d’éviter des «options périlleuses». Un conseil qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd bien que M. Ban se soit fendu d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés. Face à la décision de la France et des Etats-Unis de faire front contre la protection des droits de l’homme au Sahara occidental, le secrétaire général de l’ONU ne pouvait que calmer ses ardeurs.

Maigre consolation pour les Sahraouis : la résolution adoptée à l’unanimité invite les deux parties à collaborer avec la communauté internationale pour appliquer des «mesures crédibles et indépendantes pour le respect des droits de l’homme». Et parmi ces droits, «les libertés d'expression et d'association». Mais le makhzen n’a pas de souci à se faire puisque rien ne l’oblige à respecter une simple exhortation onusienne. Pas de quoi rassurer les Sahraouis qui souffrent à El Ayoun, Dakhla et Smara. En revanche, le vénérable Conseil de sécurité a cru bon saluer «les récentes mesures et initiatives prises par le Maroc en faveur des droits de l'homme».

Pas un mot évidemment sur les 25 prisonniers civils sahraouis condamnés par le tribunal militaire à de lourdes peines et qui croupissent dans la prison de Salé. C’est donc une mauvaise nouvelle pour le peuple sahraoui et tous ceux qui soutiennent son droit à l’autodétermination. La Minurso est et restera la seule mission onusienne au monde à ne pas avoir un droit de regard sur le respect des droits de l’homme.