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dimanche 4 décembre 2016

Maroc. Le régime ne tolère que les applaudisseurs


Marrakech a accueilli du 27 au 30 novembre (2015 ndlr) le Forum mondial des droits de l’homme. Cette rencontre se tient dans un pays où les libertés sont bafouées, dénonce le chroniqueur Salah Elayoubi qui se penche, dans une interview, sur la situation des journalistes.


RIDA BENOTMANE : L’Etat marocain prend-il au sérieux la résolution des Nations unies, dont il est signataire, pour défendre les journalistes sur son territoire ?


SALAH ELAYOUBI : Le régime de Mohammed VI n’en a cure. C’est un régime autoritaire qui, moyennant un alignement systématique sur les positions des puissances occidentales comme la France et les USA, pour ne citer que ces ceux-là, bénéficie de leur appui inconditionnel. En tant que tel, il se soucie bien peu de protéger les journalistes qui échappent à son influence ou qui dénoncent ses pratiques.


Le régime fait même preuve d’un cynisme à nul autre pareil, en organisant à Marrakech du 27 au 30 novembre (2015 ndlr) , un Forum mondial des droits de l’homme, au moment même où il est dénoncé par quasiment tout ce que compte le monde d’organisations internationales.


Quelles sont les mesures que devrait adopter le gouvernement marocain ?


Il n’y a rien d’autre à entreprendre que faire appliquer la loi. Le code pénal marocain est suffisamment étoffé, pour dissuader les agresseurs éventuels et protéger les journalistes, tout comme il est supposé le faire pour les autres citoyens marocains. Mais il faut encore que les autorités soient disposées à appliquer la loi.


Quelles sont les formes de pression qui empêchent un journaliste marocain de mener à bien son activité professionnelle de manière indépendante ?


L’éventail est plutôt large. Il va de l’intimidation verbale à l’emprisonnement, en passant par les amendes colossales, la saisie de numéros censurés, les redressements fiscaux, les écoutes téléphoniques, les pressions familiales, les convocations de police, les tracasseries administratives, les menaces des agents d’autorité. Même les affaires de divorce peuvent devenir un instrument de pression aux mains du pouvoir.


Le régime marocain semble ne plus rien tolérer d’autres que ses applaudisseurs. Quelle misère intellectuelle ! Quelle indigence journalistique ! 


Vous semble-t-il que la protection des journalistes est similaire selon que l’activité est au Sahara occidental, à Ceuta et Melilla ou dans d’autres régions ?


Le journalisme au Maroc a depuis toujours été un bien périlleux métier, s’il vous prenait l’envie d’aller à l’encontre des thèses officielles. Et puisque vous évoquez la question du Sahara et celle des deux présides occupés [Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles], remarquez les deux poids deux mesures du régime sur ces deux dossiers. Face à l’Espagne, qui fait partie du flanc sud de l’Otan, le Maroc n’en mène pas large, alors qu’il déploie tout le savoir-faire et la brutalité de ses forces de sécurité, contre des populations civiles au Sahara occidental, et abreuve notre peuple de mensonges à propos de la prétendue reconnaissance de la marocanité du Sahara, par la communauté internationale.


Aucun journaliste marocain n’oserait aborder frontalement la question de ce mensonge d’État, ni dire la forfaiture dont s’est rendu coupable Hassan II, puis Mohammed VI, faisant de ce dossier une chasse gardée du Palais et le confiant à des diplomates médiocres, tricheurs, incompétents, corrompus et corrupteurs.


Pensez-vous que la société civile puisse être intéressée à rejoindre le combat contre l’impunité ?


Absolument pas ! Nous sommes dans le degré zéro de toute conscience. D’abord parce que nous sommes dans notre grande majorité, un peuple analphabète. Quel pourcentage de la population est concerné par la presse ? Promenez-vous dans l’une de nos villes et observez combien de personnes attablées dans un café lisent un journal. Le chiffre avoisine le zéro.


En même temps qu’il poussait l’école publique vers le désastre, le régime marocain a mis en place le pire des poisons, avec la télévision marocaine qui distille des programmes où le mensonge d’Etat et l’ignorance le disputent à la bêtise et perpétuent chez le petit peuple son accoutumance à la superstition et à la mystification.


Comment renforcer les capacités des journalistes au point de vue de la sécurité et de la protection juridique ?


Vous évoquez les journalistes comme s’il s’agissait d’une corporation soudée et agissant avec solidarité, alors que nous sommes dans le scénario inverse. Voyez combien de journalistes ont été emprisonnés ou harcelés sans soulever la moindre émotion parmi leurs confrères. Certains n’ont pas hésité à se fendre d’articles indignes, pour enfoncer leurs collègues et défendre l’insupportable.


Vous parlez de protection juridique, il faudrait d’abord qu’il y ait une justice indépendante et que les journalistes soient à l’abri de la vindicte du pouvoir ce qui n’est pas le cas au Maroc. S’il existait une réelle justice, les journalistes n’auraient pas besoin de protection particulière. Et s’il existait une justice indépendante au Maroc, cela se serait su.

vendredi 8 août 2014

: La direction de la police demande qu’un journaliste marocain soit interdit de 10 ans de pratiquer la profession


Par Mohammed Jaabouk, 5/8/2014 

Hamid Mahdaoui, fondateur du site Badil.info / DR
Le dernier journaliste marocain condamné à dix ans d’interdiction de pratiquer la profession de journaliste est Ali Lmrabet. C’était en 2004. Hamid Mahdaoui, le directeur du tout jeune site d’actualité Badil.info risque la même peine. C’est du moins la sentence que demande la direction générale de la police. L’affaire est devant la justice.

Le directeur du site d’actualité, badil.info, risque une interdiction de dix ans d'exercice du métier de journaliste. C’est l’une des deux demandes -en plus du paiement de 250 mille dh de dédommagement-, figurant sur la plainte déposée à son encontre par la direction générale de la sûreté nationale. La DGSN accuse, en effet, Hamid Mahdaoui d’ « insultes et de diffamations ».
Comme il fallait s'y attendre, la justice s’est immédiatement saisie du dossier. La première audience du procès a débuté hier après-midi, au tribunal de première instance de Casablanca. Après plus de deux heures de discussions, la cour a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 6 octobre prochain.

« Je n’ai fait que relater des faits »
Le directeur de badil.info, fortement soutenu par des avocats et des représentants d’associations des droits de l’Homme, venus en masse assister au procès, a essayé devant les juges, de clamer son innocence face aux accusations portées contre lui par la défense de la DGSN.
Dans des déclarations à Yabiladi, Mahdaoui s’interroge sur les raisons de la plainte des services de Bouchaib Rmil. « Je n’ai fait que relater des faits liés à l’affaire du décès de Karim Lachkar à Al Hoceima. J’ai rapporté la version de la police comme celle de l'AMDH. C'est tout. En revanche, d’autres supports en ligne et des publications de la presse écrite sont même allés au-delà de ce seuil. Dans ce contexte, pourquoi mon site est-il visé alors que les autres n’ont pas été inquiétés ? ».
Et d’enchainer en suggérant la possibilité que « notre ligne éditoriale dérange certaines personnes ». La création du site en question est très récente. En tout, Badil.info n'a que trois mois d’existence. C’est exclusivement un effort personnel de Hamid Mahdoui. Celui-ci était auparavant, la cheville ouvrière de la version arabophone de Lakome.com, site censuré par l’ANRT dans le sillage du procès contre son directeur Ali Anouzla, suite à la diffusion de la fameuse vidéo d’AQMI sur le Maroc, en septembre 2013.
Copyright Yabiladi.com

lundi 28 juillet 2014

Non à la confiscation du droit à l’organisation et au contrôle despotique de l’espace médiatique par l’Etat marocain



Freedom Now-Maroc, Rabat le 24/7/2014
Communiqué de presse

Dans un contexte de restriction des libertés de la presse et d’expression au Maroc, caractérisé par une campagne agressive menée par les autorités contre de nombreuses associations, organismes démocratiques et organes de presse indépen
dants, le ministère de l’Intérieur lance une campagne hostile aux droits humains qui consiste à faire l’amalgame entre la défense de ces droits et le terrorisme. 
 Le ministre l’a clairement clamé devant le parlement le 15 juillet dernier. Dans ce climat visant à étouffer les voix appelant au changement, à la démocratie et à l’abolition des lignes rouges imposées aux libertés de la presse et d’expression, le tribunal administratif de Rabat a rendu un jugement le 22 juillet 2014, privant l’association « Freedom Now » de la personnalité juridique et ce nonobstant la profusion d’une jurisprudence allant à l’encontre de la solution retenue. Ainsi, pour justifier son verdict, le tribunal s’est aligné sur une décision abusive invoquée par la Wilaya de Rabat, ce qui montre bien que l’objectif était d’obstruer l’action de « Freedom Now ».

Sur la base de ce qui précède, le bureau exécutif de l’association déclare que :
 
1) Ce jugement contribue à la régression des acquis du peuple marocain en termes de libertés de la presse et d’expression, vide les dispositions constitutionnelles relatives aux droits d’organisation et de rassemblement de toute leur substance et corrobore l’échec du mythe de « l’application démocratique de la Constitution », trois années après son entrée en vigueur.

2) Ce jugement est une dépossession expresse du droit d’organisation. Le bureau exécutif de « Freedom Now » appelle l’ensemble des organismes démocratiques et les compétences nationales de défense des droits humains qui luttent contre l’ingérence autoritariste de l’Etat marocain dans les affaires de la société civile et de l’espace médiatique, à diversifier les initiatives critiques vis-à-vis des politiques publiques dans les domaines de l’audio-visuel et de la liberté de la presse et d’expression.

3) Des actions seront entreprises pour arracher le droit à l’existence juridique de l’association et contribuer à l’édification d’une société démocratique à travers un espace médiatique libre et indépendant.

Le bureau exécutif de Freedom Now.

jeudi 24 octobre 2013

Maroc: la liberté de la presse recule-t-elle depuis Hassan II? Mohammed VI pire que Hassan II ?








SlateAfrique

 



Manifestation devant le Parlement, le 22 août 2012, à Rabat. REUTERS/Stringer
Manifestation devant le Parlement, le 22 août 2012, à Rabat. REUTERS/Stringer

Maroc: la liberté de la presse recule-t-elle depuis Hassan II?

Le pluralisme des médias marocains n'est qu'un artifice. La majorité des journaux vendus dans les kiosques sont rentrés dans le moule prédéfini par la monarchie.


Au pays de Mohammed VI, il y a des lignes à ne pas franchir. Sauf que celles-ci, mises les unes à côté des autres, ne laissent pas beaucoup de place à la liberté d'expression et au débat d'opinion. Trois champs sont minés: l'islam, l'intégrité territoriale et la monarchie.
«En fait, il n'est pas permis de remettre en cause les prérogatives de la monarchie ou de critiquer sa façon de gouverner le pays», résume le site d'information Lakome, dont le co-fondateur du site arabophone, Ali Anouzla, est poursuivi par la justice pour avoir diffusé une vidéo d'Aqmi menaçant directement le Maroc.
Le boulot de journaliste s'avère, dans ces conditions, périlleux. Le regard critique du journaliste est comme anihilé. Or cela n'a pas toujours été le cas. Comme le rappelle le site Lakome, la presse indépendante qui a fleuri sur la Toile a connu une période faste dans les années 1990. L'essor du modèle capitaliste et le boom des marchés publicitaires a permis la création de journaux indépendants. Ce qui fait dire au site que Mohammed VI fait pire que son père Hassan II.
Comment le régime de Mohammed VI s'y est il pris pour museler une nouvelle vague de médias indépendants, s'interroge le site. Mohammed VI n'a rien inventé: tous les instruments de muselage de la presse existaient déjà, il les a seulement réactionnés.
Jusqu'en 2003, le royaume se sert de l'article 77 pour interdire une publication sur simple décision administrative du Premier ministre. Après l'abolition de cette loi, néfaste à l'image d'une monarchie qui se veut libérale, le royaume passe à autre levier, celui de la justice. Une cascade de procès en diffamation est intentée contre des journalistes et des patrons de presse «hors système».
«Les condamnations à payer des dommages et intérêts astronomiques vont se multiplier, mettant en faillite les journaux visés et renforceront la tendance à l'auto-censure chez les autres», poursuit le site Lakome.
Le dernier levier de muselage, et certainement le plus efficace, est financier: les journaux qui ne franchissent pas les lignes rouges bénéficient de recettes publicitaires plus avantageuses que les autres. Le roi Mohammed VI n'est pas seulement le commandeur des croyants, il aussi l'homme d'affaire le plus puissant du pays.
Lu sur Lakome

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vendredi 26 avril 2013

Caricature de Salah Elayoubi pour la Journée mondiale de la liberté de la Presse

J'ai participé à un concours de dessins, organisé en commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Voici ma caricature !

mardi 26 février 2013

Liberté de la presse. L'incroyable rapport d'El Khalfi

Traduit de l'arabe (Lakome) par Soufiane Sbiti
Tout va bien selon le ministère de El Khalfi. C'est ce que vient nous dire un récent rapport officiel qui dresse un portrait flatteur de la liberté de la presse au Maroc. Ceci, alors même que 2012, l'année dont il est question dans ce rapport, est la période qui a enregistré le plus d'exactions à l'encontre des journalistes qui pourtant ne faisaient que leur travail en couvrant des manifestations. A propos de cela, le rapport se contente seulement de mentionner que des mécanismes ont conjointement été mis en place pour protéger les journalistes. Mais aussi que le gouvernement en place s'est engagé à enquêter sur toutes les violations présumées de la liberté de presse, et qu'aussi le ministère de tutelle s'est déjà et d'ores chargé d'ouvrir ces enquêtes. Le rapport en question ne mentionne à aucun moment où en sont arrivés ces enquêtes.

Le rapport qui a été élaboré, en partenariat avec l'Institut National de l'Information et de la Communication, mais aussi avec un nombre considérable d'organismes a confirmé l'absence de violences ou de violations graves de la liberté des journalistes.

Projet de réformes

Le rapport indique que l'année 2012 s'est caractérisée par le lancement du processus de réforme du cadre juridique de la presse et de l'adoption d'un code de la presse et de l'édition, ce qui ne reste en réalité que des projets de lois.
Le rapport a aussi indiqué que des mesures ont été prises pour faciliter l'accès à l'information, conformément à ce qui est stipulé dans la nouvelle constitution, signalant que le Maroc est classé 2ème dans le monde arabe pour ce qui est de l'accès à l'information. Cependant, le rapport a omis de mentionner l'affaire des deux fonctionnaires du ministère des finances, actuellement poursuivis pour avoir fuité des informations révélant la corruption sévissant au sein dudit ministère. Des poursuites qui sont considérées comme des indicateurs négatifs.

Des journalistes marocains privés d'accréditation

Le rapport mentionne aussi la « forte présence » des médias étrangers et des agences de presse internationales au Maroc, oubliant que deux journalistes marocains, correspondants de l'AFP à Rabat avaient été privés de pratiquer leur profession, ainsi que trois autres journalistes du bureau d'Al Jazeera. Une interdiction de la part du gouvernement qui n'a pas été levée jusqu'à aujourd'hui.
Plus que cela, le rapport dit du cas d'Omar Brousky, journaliste de l'AFP s'étant vu confisquer son accréditation, que cela a été fait à cause de considérations professionnelles, cela conformément à la loi en vigueur. A rappeler que le retrait de l'accréditation du journaliste Omar Brousky est dû à une de ses dépêches, expliquant que le fondateur du Parti de l'Authenticité et de la Modernité (PAM) n'est autre qu'un ami du Roi, en l'occurrence Fouad Ali El Himma.

Le rapport n'évoque pas le cahier des charges de l'audiovisuel

Selon le rapport, un cahier des charges consacré à l'audio-visuel avait été préparé, il y était question de promouvoir le service public, de réaffirmer le pluralisme des courants ayant accès à ce moyen et d'encourager la créativité nationale. Mais ledit rapport ne fait à aucun moment mention de la forte opposition à cette initiative, principalement de la part de haut-fonctionnaires de l'État, avant le Roi n'intervienne en personne pour imposer une refonte.
Le même rapport insiste sur le fait que ce cahier des charges avait pour but de promouvoir le pluralisme politique en donnant un libre accès aux partis de l'opposition. Sachant que jusqu'à présent diverses personnes et associations restent privées de ce secteur.

La pub, tout va bien..

Selon le rapport en question, plus de 65 millions de dirhams ont été consacrés pour la promotion de la presse écrite durant l'année 2012. Le document estime que le marché publicitaire pèse 5.63 milliards de dirhams, dont 35 % consacrés à la télévision, 25 % aux affiches publicitaires, et 22 % pour la presse, alors que la radio représente 16 % du marché total de la publicité. Le rapport ne mentionne bien évidemment pas que la publicité est un instrument de pression pour contrecarrer la presse indépendante.

De s'être fait tabasser pour s'être interposé entre policiers et militants ne lui a pas suffi pour comprendre qu'au Maroc on n'a pas le droit d'avoir des opinions, ni même les plus élémentaires sentiments humains ? NDLR

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Liberté de la presse au Maroc : L'hypocrisie du rapport officiel 

 

 
 

Le ministère de la Communication vient de publier son rapport sur la liberté de la presse au Maroc. C'est le premier du genre depuis l'adoption de la nouvelle constitution. Il offre un bilan bien trop positif, éloigné de la réalité.
Le « rapport annuel sur les efforts de promotion de la liberté de la presse au titre de l'année 2012 », publié par le ministère de la Communication, samedi 23 février, présente la sphère de la presse au Maroc sous un jour que l'on ignorait. Alors que les atteintes à liberté de la presse au Maroc ont régulièrement fait l'actualité l'an dernier, c’est d'un tout autre bilan que se flatte le document publié de la tutelle.

Aucune détention de journaliste?
Tout au long de l’année 2012, « aucun cas de détention d’un journaliste » n’a été enregistré, indique le rapport. Le cas de Rachid Niny, directeur de publication d'Al Massae, le plus grand quotidien arabophone du pays, n'est pas évoqué, alors que sa détention a valu au Maroc de nombreuses critiques de la part par d’ONG internationales, notamment Human right watch [HRW] et Reporters sans Frontières [RSF].

Rachid Nini, condamné depuis juin de l’année 2011, n’avait pas bénéficié, en 2012, le 11 janvier exactement, de la grâce royale accordée à de nombreux détenus à l’occasion de 68e anniversaire de la présentation du « Manifeste de l'Indépendance ». Il n’a été libéré qu’au printemps, l'an dernier, et le rapport n’y fait même pas allusion.
2013 est déjà entâchée, à son tour, par la condamnation du citoyen-journaliste Mohamed Attaoui, prononcée le 14 février dernier, et déjà dénoncée par RSF. Sans parler du cas de l'éditeur marocain Youssef Jajili qui risque un an de prison, accusé d'avoir diffusé de fausses informations, suite à un article publié en juin 2012, dans lequel il rapporte que le ministre de l'Industrie aurait dépensé 10 000 dirhams des fonds publics à un diner privé lors de son séjour officiel au Burkina Faso.

La violence à l’encontre d’Omar Brousky ignorée
Le rapport stipule également qu’il n’y a eu « aucun cas de violence ou exaction commise à l’encontre des journalistes », alors que les médias du monde entier ont relayé l’affaire d’Omar Brousky, journaliste et correspondant de l'AFP. Il a été frappé par la police pendant une manifestation, en août 2012, à Rabat.
La tutelle se félicite de la plus forte présence au Maroc de la presse étrangère accrédité, citant 106 journalistes étrangers, de 26 nationalités, accrédités pour exercer le journalisme dans le pays pendant l’année 2012. Parmi eux, 32 journalistes représentent 15 agences étrangères, note le rapport.
Le rapport minimise le retrait d’accréditation d’Omar Brousky, estimant que la sanction était due à des considérations professionnelles, conformément à la loi en vigueur. Le journaliste s'était vu retiré son accréditation pour avoir assimilé les candidats du Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM) à des « proches du palais royal » dans son reportage sur les élections partielles de Tanger.

Pas de référence aux multiples censures d’El Pais
De manière générale, 2000 titres étrangers, dont au moins 61 quotidiens, 120 hebdomadaires, 560 mensuels et 213 périodiques, sont distribués au Maroc. En 2012, 29 millions d’exemplaires de ces titres étrangers ont été distribués dans le pays. Selon le rapport, il n’y a eu que des « cas assez rares de non autorisation de distribution de titres étrangers » au cours de l’année dernière, dus « principalement à la publication d’images pornographiques ». Que dire des différentes censures politiques subies par l’hebdomadaire espagnol El Pais ? Le rapport du ministère n’y fait aucunement référence.

Droit d’accès à l’information : Aucune réforme, rien que des projets
En matière de droit d’accès à l’information, le rapport indique que des mesures ont été prises pour faciliter l'accès à l'information, conformément à ce que stipule la nouvelle constitution, soulignant que le Maroc est classé deuxième pays du monde arabe où l’accès à l’information est le plus facilité. Cela n’empêche pas certains responsables politiques de refuser de répondre aux questions des journalistes, Yabiladi en sait quelque chose.
Le rapport annonce que le projet de loi globale sur le droit d’accès à l’information fera l’objet d’un débat national parallèlement à sa présentation au Parlement courant 2013. Il faut maintenant espérer que ce débat se déroule dans les règles de l’art et les recommandations de la profession soient prises en compte de manière objective. D'autant que la loi sur l'accès à l'information est attendue depuis 2011.