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samedi 6 décembre 2014

Le palais marocain aux abois


Parce qu’elle a rappelé ses positions constantes à l’égard de la question sahraouie, l’Algérie a eu droit à une volée de bois vert de la part du Maroc. Et c’est son agence de presse officielle qui s’est chargée de mener les attaques contre notre pays. 
C’est dire que ce royaume se sent réellement morveux. Sinon, en quoi le rappel de positions, maintes fois réitérées, le gêneraient-ils ? Le respect des droits de l’homme fait partie intégrante de la déclaration universelle des droits de l’homme. Et si le Maroc respectait le principe de la libre expression et circulation, il aurait certainement fait l’économie d’attaques que rien ne justifie.
Pour sa part, Mohamed VI n’a pas tari de critiques virulentes à l’égard de l’Algérie. C’était à l’occasion d’un discours qu’il a prononcé devant ses parlementaires à l’occasion de l’ouverture de leur session. Il a été jusqu’à qualifier sans la citer l’Algérie d’ennemi. Ce qui s’apparente à une véritable déclaration de guerre. Totalement sur la défensive, il a battu le rappel de ses troupes pour déverser tout le venin sur l’Algérie. Il a même sommé ses parlementaires de s’y mettre sérieusement.
« Nous avons, en effet, constaté quelques défaillances dans la manière d'aborder notre cause nationale primordiale, nonobstant les initiatives sérieuses entreprises par certains parlementaires, mais qui demeurent, malgré tout, insuffisantes. Voilà qui est de nature à encourager nos adversaires à passer à la vitesse supérieure dans leurs manœuvres pour porter préjudice à notre pays ». Le mot est lâché. Le successeur de Hassan II considère l’Algérie comme adversaire de son pays et un ennemi déclaré qu’il faudra contrecarrer.
Il faut savoir raison garder
Ce discours a été relayé par l’agence de presse marocaine qui s’en est donné à cœur joie en jetant tout son fiel sur notre pays. Des propos qui n’ont pas laissé de glace le chef de la diplomatie algérienne. Lequel a estimé inadmissibles et inacceptables de telles attaques. Cela, en dépit du fait que l’Algérie s’est imposée de la retenue. Une retenue que n’a pas su adopter la partie marocaine. D’où l’acharnement médiatique. A chaque fois que l’Algérie « éternue, le Maroc est atteint de grippe ».
En fait, cette animosité envers l’Algérie et la multiplication de ces attaques gratuites trouve son origine dans la décision de fermeture des frontières terrestres décidée par l’Algérie en 1994. Une décision intervenue après que le royaume chérifien eut décidé d’imposer le visa aux Algériens à la suite de l’attentat de Marrakech. Le Maroc n’a pas hésité à pointer du doigt les services de sécurité algériens les accusant d’être derrière cet attentat, oubliant qu’il a lui-même déroulé le tapis rouge à un terroriste qui était recherché (El Ayada) en tentant de l’utiliser contre son voisin de l’est.
Même avec la levée de l’exigence du visa, l’Algérie a maintenu les frontières terrestres fermées, consciente des enjeux économiques, dès lors que les dites frontières sont devenues un passage privilégié pour la contrebande. Tous les produits algériens subventionnés ou pas par l’Etat transitaient frauduleusement par la frontière ouest, faisant les beaux jours du royaume. La guerre menée par les services des gardes frontières, de l’ANP et de la gendarmerie contre les « Hallaba » pour empêcher la fuite du carburant vers le Maroc n’a pas arrangé les affaires du Palais, contraint d’augmenter le prix de l’essence à la pompe. Ce qui a provoqué le courroux de ses sujets et donc l’éventualité d’une fronde sociale.
Avec cette fermeture des frontières, le Maroc a compris qu’il perdait beaucoup sur le plan économique, puisque le flux des touristes algériens s’amenuisait de plus en plus. C’est donc un manque à gagner en devises pour les caisses du Trésor marocain.
Ce n’est pas tout. Depuis la réalisation du medgaz (souterrain), le Maroc n’a plus le droit de regard sur le gaz algérien qui transitait par son territoire moyennant une taxe de 7% exigée par le voisin de l’ouest, alors que la Tunisie n’en exigeait que 5%. Le Medgaz souterrain est donc venu mettre un terme à ce chantage. Ce qui n’est pas du goût du Mekhzen qui perd également dans l’affaire. D’où le déclenchement des représailles.
Avec en prime l’inondation de notre territoires de centaines de tonnes de drogue, dont il est l’un des plus importants producteurs du monde en sachant que les plus grandes terres de culture de cannabis appartiennent au palais. Le rappel des positions de l’Algérie sur l’autodétermination du Sahara occidental et l’exigence pour la Minurso de s’élargir pour veiller au respect des droits de l’homme dans les territoires occupés ne sont qu’un prétexte fallacieux qu’a trouvé Mohamed VI pour se venger des décisions souveraines de l’Algérie qui lui portent un préjudice économique important. D’où son recours récurrent au FMI pour l’aider à sortir de sa crise.

dimanche 12 janvier 2014

La France expulse le président centrafricain du pouvoir : chasse aux musulmans à Bangui

Soldats français en Afrique (Photo DR)
Soldats français en Afrique (Photo DR)

Pillages, tirs, affrontements meurtriers: Bangui n’a pas retrouvé la paix samedi, après la « démission » la veille du président Michel Djotodia qui laisse la Centrafrique sans exécutif jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’Etat par le Parlement provisoire.
En fait, selon le quotidien français Le Monde, c’est la France qui a précipité le départ de Michel Djotodia.

Depuis, c’est la chasse aux musulmans à Bangui. Fuyant les violences et le climat de haine, les étrangers établis en Centrafrique – Tchadiens musulmans surtout mais aussi ouest-africains – continuent de quitter le pays en masse. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) organise de nouveaux vols à partir de samedi pour évacuer dans un premier temps 800 Tchadiens.
Au total, 60.000 immigrés africains ont demandé de l’aide à leurs ambassades respectives, selon l’OIM.

Samedi matin, au carrefour de la Réconciliation, au centre-ville, des pillards vidaient des commerces après avoir défoncé les portes, ont constaté des journalistes de l’AFP. Au moins deux personnes ont été blessées par balle pendant ces pillages.
« Il y a des pillages depuis hier (vendredi). Ce sont les magasins musulmans qui ont été pillés dans le secteur », a expliqué Berson, étudiant à l’AFP.: « il y a beaucoup de Séléka (ex-rébellion, soutien de Djotodia) dans le coin. Il faut qu’on les désarme vite, sinon c’est un carnage », redoutait-il.

Mosquée démembrée
Des scènes similaires se déroulaient dans d’autres secteurs de la capitale, quadrillée par les blindés français de l’opération Sangaris et des détachements de la force africaine (Misca), ont constaté des journalistes de l’AFP.
Au quartier Bimbo, dans le sud, un groupe majoritairement composé de jeunes hommes vidait et démembrait une mosquée, emportant toiture et briques. « C’est impossible de vivre avec des musulmans. On ne veut pas des Arabes en Afrique centrale », lançait un des pillards, Béranger.

Selon le président de la Croix-rouge centrafricaine, le pasteur Antoine Mbaobogolui, il y a eu « énormément de pillages » pendant la nuit. « Ceux qui ont été pillés à l’arrivée des Séléka (en mars, à la prise du pouvoir par M. Djotodia) pillent à leur tour. Pour eux, c’est le 14 juillet », a expliqué à l’AFP le pasteur.

Des tirs, entendus durant la nuit, ont fait au moins trois morts par balle: un civil, un « anti-balaka » (milicien hostile à l’ancien président) et un ex-séléka (combattant issu du mouvement de M. Djotodia), selon la Croix-rouge.

Le président Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences inter-religieuses qui ont tourné en tueries de masse, a démissionné vendredi à N’Djamena sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale qui l’y avaient convoqué pour un sommet extraordinaire.

Trouver au plus vite un nouveau président
Désormais sans exécutif, puisque le Premier ministre de transition Nicolas Tiangaye a lui aussi démissionné, la Centrafrique doit se trouver – au plus vite a demandé la France qui souhaitait le départ de Djotodia – un nouveau président de transition. Comme à la bonne époque, qui n’est pas finie, de la Françafrique.
La tâche revient au Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), composé de 135 membres nommés après la prise de pouvoir en mars de M. Djotodia, issus des différents partis politique, du mouvement Séléka, de la société civile et d’institutions publiques.
Le CNT doit ouvrir une session spéciale en début de semaine pour élire le nouveau chef de l’Etat, une fois que la Cour constitutionnelle provisoire aura constaté la vacance du pouvoir.
L’intérim, 15 jours au maximum, sera assuré par le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet. « Nous attendons que la Cour Constitutionnelle nous notifie la démission du chef de l’Etat de transition. C’est à partir de cet instant que je vais assumer la vacance (du pouvoir) » en vertu de la Constitution de transition, a-t-il expliqué vendredi à l’AFP.
Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux afin de pouvoir organiser des élections générales, que la France souhaite voir se tenir « avant la fin 2014″.
Demain avec AFP
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