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samedi 7 juin 2014

L’intersection d’une naïveté et d’une bêtise locales donne un ridicule « national »

Par Ali Fkir, 31/5/2014

Des jeunes « apolitiques », des jeunes qui ont réussi leurs études, sans problèmes particuliers avec les gens du quartier. Ce qui est rare dans notre bled d’aujourd’hui.
Leur principal handicap reste leur naïveté. Ils croient à ce que racontent les médias officiels.
De quoi s’agit-il ?
Avec l’apparition du Mouvement 20 février qui a pu secouer les colonnes sur lesquelles s’est bâti un régime despotique, la police a permis la floraison de hordes de voyous , d’agresseurs, de violeurs qui s’en prennent aux citoyens « simples ». Il n’est pas question de toucher aux habitants des quartiers chics. C’est une opération de classes sociales. Ces groupes de névrosés, issus des « bas-fonds » de la société, s’attaquent en premier lieu aux femmes.

 La police laisse faire. Elle encourage la terreur. Il faut obliger les gens à « souhaiter » l’intervention de la police, à « aimer » la police et donc le makhzen. Aux populations terrorisées devrait (selon le plan du ministère de l’intérieur) incomber la responsabilité de l’insécurité, au mouvement de la lutte pour les droits humains, au mouvement du 20 février, aux forces radicales (progressistes et islamistes)…L’AMDH et le MVT20FEVRIER sont désignés du doigt. Les conséquences sont désastreuses. Des dizaines de jeunes du MVT20FEVRIER, de militants de l’AMDH sont arbitrairement coffrées.
« L’instinct de conservation », a poussé la société à réagir spontanément au plan machiavélique des forces occultes makhzeniennes. De ses entrailles nait le phénomène « tcharmil ». A l’origine de « tcharmil », il y a des jeunes qui veulent dénoncer ( à leur manière) cette guerre menée contre les citoyens et surtout contre les citoyennes. Le mouvement « tcharmil » est une manifestation de l’instinct de conservation de la société. C’est une réaction (peut-être inconsciente) face à l’implication de la police dans la « déstabilisation » de la vie quotidienne des habitant-es des quartiers populaires. C’est une opération de sensibilisation.
« Tcharmil », est un phénomène social « incompris ». Les « intellectuels » et autres « analystes » sont complètement hors-jeux. Seule la police, et donc le makhzen , a compris la nature du phénomène. C’est pourquoi elle l’a réprimé. Quant aux groupes de névrosés, de violeurs d’agresseurs… ils continuent tranquillement leur boulot de terreur. Les blogueurs « tharmilistes », les militants de l’AMDH, du MVT20FEVRIER se sont retrouvés dans les prisons telle la sinistre prison de Oukacha à Casablanca
A Mohammedia des jeunes naïfs, qui ont cru à « la bonne foi » du makhzen, ont voulu participer à cette lutte contre les groupes de névrosés, d’agresseurs. COMMENT ? En réalisant un film documentaire sur le phénomène. Des jeunes intellectuels, parmi eux un diplômé dans le domaine (infographiste)…Leur naïveté, car ils croyaient qu’ils aidaient l’État à « réinstaurer » la sécurité dans les quartiers populaires, les a poussés à faire appel aux « services » de « repentis » et ce, pour mieux illustrer des scènes « d’agression ». Ils ont cherché un grand couteau, déposé leurs portables et montres et ont commencé à filmer des scènes en présence de badauds et sous la muraille de la prison, à l’ombre des arbres. Ils sont tellement naïfs et croyaient bien faire qu’ils sont venus frapper à la porte de « la tanière » de l’ogresse.
Les autres caméras, celles  de la prison, filment les scènes, alertent la police qui embarque ces innocents qui croyaient bien faire. Pauvres garçons !
Aujourd’hui, le 31 mai 2014 ils se trouvent toujours en prison. La maman d’un jeune détenu nous a déclaré : "ils ont jeté mon petit dans une cellule de 46 détenus (des condamnés à 6 et 8 ans)". Signalons que cette  cellule  est conçue pour un maximum de 10 détenus. Il n’a pas de place pour s’allonger. Ils lui bouffent sa nourriture. Il va soit mourir, soit devenir fou.
 L’INTERSECTION DE LA NAÏVETÉ DE CES 14 JEUNES ET LA BÊTISE DE LA POLICE NOUS A « OFFERT » UN RIDICULE « NATIONAL »
L’AMDH, section de Mohammedia, a décidé d’assister ces jeunes. Des centaines de jeunes et de moins jeunes du quartier Derb Marrakech étaient venu-es en masses demander la solidarité de l’AMDH.
Des jeunes qui ont cru en la « bonne foi » de l’État se sont retrouvés coffrés par cet État.
       La solidarité nous interpelle


samedi 27 juillet 2013

Immigration : Plusieurs centaines de Subsahariens raflés au nord du Maroc

Un récit qui rappelle certaines rafles...
 

Hier, mardi 24 juillet, la police et les militaires marocains ont raflé des centaines d’hommes et de femmes subsahariens dans les villes du nord du pays pour les expulser. Hommes, femmes enceintes, enfants et blessés ont été indifféremment embarqués dans des bus à destination d’Oujda. Un Congolais de 40 ans, grièvement blessé est peut être mort après avoir été propulsé hors d'un bus lancé à pleine vitesse.














« Ce genre de chose est monnaie courante, mais hier c’était vraiment exceptionnel : ils ont cassé toutes les maisons des Africains », raconte Mohamadou*, encore sous le choc, alors que son épouse gémit derrière lui. « Les policiers ont frappé ma femme et depuis ce matin elle n’arrête pas de vomir, elle est sous le choc », explique-t-il. 
Hier, mercredi 24 juillet, à l’aube, la police marocaine a effectué des rafles dans les quartiers où habitent les Subsahariens à Tanger, mais aussi « Nador, El Hoceima, Taourirt et Ksar El Kebir », précise Saïd Tbel, membre de l’AMDH. Selon Mohamadou, 700 personnes ont été interpelées dans le seul quartier de Boukhalef à Tanger.

Mohamadou raconte que les policiers ont défoncé sa porte et lui ont demandé de se lever, avec sa femme, immédiatement « en donnant un coup de pied dans le lit », se rappelle-t-il. Les hommes voulaient inspecter la chambre et leur ont demandé d’aller au salon. « Je leur ai dit de me dire ce qu’ils cherchaient et que je leur donnerai, mais ils n’ont pas voulu. Ils nous ont frappé et nous ont tirés dans le salon pendant qu’ils fouillaient la chambre. Ils ont trouvé la cachette où l’on plaçait nos objets de valeurs et notre argent, ils ont tout pris, même l’alliance de ma femme », dit-il excédé. Sans demander s’ils étaient en situation régulière, ils les ont obligés à descendre dans la rue. Là, le couple a découvert des dizaines d’habitants du quartier expulsés eux aussi par la force et prêts à être emmenés par la police.

« Il est passé par la fenêtre »
L’opération était vaste et bien organisée. « Des bus attendaient les gens en bas de leurs quartiers. Tout le monde était embarqué : les femmes, les enfants, les blessés », ajoute Aminata Tagni, chargée de suivi juridique au GADEM, association de défense des droits des migrants. « Quand on a compris que le bus ne nous emmenait pas au commissariat, mais que nous allions à Oujda, alors nous nous sommes énervés violemment. Il y avait des femmes enceintes et deux petites jumelles. La police et les militaires ont arrêté le bus, on est sorti, on se battait contre les militaires. Ils nous ont frappés et certains ont pu s’échapper », raconte Haïdara*. La jeune femme a profité de la bagarre pour s’enfuir avec d’autres. « Nous étions dans un petit village, on se savait pas où l’on était », explique-t-elle. Puis, ils ont pu héler un taxi et sont finalement revenus à Tanger.

Prévenus dès le début des rafles les associations ont pu intervenir dans certains cas. « Près de Fès, Nous avons fait descendre les femmes et les 3 mineurs de l’un des bus en provenance de Tanger et à destination d’Oujda », précise Saïd Tbel. De la même façon, un groupe de 14 Congolais et de Sénégalais, interpelé à Tanger a été emmené en bus banalisé en direction d’Oujda. « Ils nous ont frappés pour nous faire entrer dans le bus », indique Moussa*, l’un des Congolais. Pendant le trajet, les immigrés furieux se révoltent et des coups sont échangés avec les policiers. « Pendant la bagarre, sur l’autoroute au niveau d’Asilah, un policier est venu à côté d’un Congolais et l’a poussé, il est passé par la fenêtre et il est tombé sur la route alors que le bus roulait à pleine vitesse ! », raconte-t-il. Le conducteur ne voulait pas s’arrêté « mais on s’est mis à crier et un Sénégalais a glissé son pied sur le frein. Nous avons vu notre frère : du sang lui sortait des oreilles, des yeux de la bouche. »
Finalement, ce Congolais, 40 ans, père de deux enfants, détenteur d’une carte de résidence en règle, habitant à Rabat, est transporté à l’hôpital Mohammed V de Rabat en ambulance et ses compagnons prennent la fuite. Moussa et ses amis ont pu le voir aujourd’hui, dans un état critique aux soins intensifs mais ne sont pas sûrs de croire les médecins, ils pensent que l’homme est mort. Selon Moussa, il était venu à Tanger pour aider un ami malade et sans argent, il avait prévu de repartir à Rabat, hier, le jour du drame.

Représailles ?
« Nous ne savons pas encore pourquoi le ministère de l’Intérieur a subitement décidé cette vaste opération d’arrestation, mais il est facile de faire le lien avec les centaines de migrants Subsahariens qui ont tenté de franchir la frontière de Mélilia, en début de semaine », note Aminata Tagni. Hier, déjà, le secrétaire d’Etat espagnol à l’Intérieur, Francisco Martinez, a annoncé des investissements immédiats sur les frontières de Sebta et Mélilia pour résister aux tentatives de passages massives des migrants. Il a affirmé nécessaire « d'agir avec une grande prudence, en attaquant le phénomène de la traite des êtres humains en étroite coopération avec le Maroc. » Les rafles sont-elles la réponse par anticipation du Maroc à l’appel de l’Espagne à une collaboration toujours plus intense en la matière ?

« Nous souffrons trop. Il y a des gens qui sont en train de fuir Tanger, soupire Mohamadou. Je suis un père de famille, est-ce qu’ils vont me frapper comme un enfant ? Est-ce que je vais pleurer devant ma fille ? » « Nous acceptons que les migrants en situation irrégulière soient expulsés, mais pas de cette façon. Il faut respecter le droit : chacun d’eux doit passer devant le procureur qui prendra une décision. Il est impossible de les renvoyer à la frontière par bus entier », assure Saïd Tbel. 

« Nous acceptons que l’on fouille nos maisons. S’ils trouvent des moteurs, des rames ou des zodiacs, alors, oui, ils peuvent les emporter, mais ils ne peuvent pas nous voler notre argent, ils ne peuvent pas nous frapper. Les Marocains en Afrique Subsaharienne sont respectés ! », s’indigne Mohamadou.

* les noms ont été changés
 http://www.yabiladi.com/articles/details/18671/immigration-plusieurs-centaines-subsahariens-rafles.html

samedi 11 août 2012

L’armée marocaine noie une trentaine d’immigrants

Les clandestins subsahariens tentaient de rejoindre l’Espagne
Effroyable, le mot est faible pour nommer cet acte d’une rare cruauté commis par l’équipage d’un navire de la marine marocaine le 28 avril dernier qui a fait noyer une trentaine d’immigrants subsahariens dont 4 enfants au large d’El Hoceima au nord-est du Maroc.

Cette information rapportée par le quotidien espagnol El Pais et confirmée par une ONG marocaine met à nu une réaction d’une rare violence de la part de soldats marocains qui ont délibérément fait couler un canot pneumatique à bord duquel 70 immigrants tentaient de faire la traversée vers l’Espagne. Se basant sur des témoignages de rescapés maliens et nigérians, le journaliste d ’El Pais rapporte que l’embarcation de fortune a été crevée à coups de couteau par les soldats du royaume alaouite. « Deux heures après le début de la traversée, un navire de la marine marocaine s’est approché et a mis à l’eau une embarcation rapide qui s’est mise contre le canot des clandestins. Un des soldats a enfoncé légèrement un couteau dans le caoutchouc et nous a dit maintenant allez vers l’Espagne si vous voulez », confie à El Pais, Campos, un des survivants de cette attaque dénuée d’humanisme et défiant toute légalité. « Nous avons essayé de mettre une rustine et nous avancions difficilement, mais je crois que nous y serions arrivés s’ils n’étaient pas revenus », rétorque Erik, un pêcheur nigérian de 31 ans, dont la femme et la fille de 3 ans ont péri noyées.

Revenant à la charge, les soldats marocains avaient décidé d’aller jusqu’au bout de leur forfait. « Un soldat a commencé à nous menacer avec un couteau attaché à un bâton. Nous leur demandions qu’ils nous ramènent avec eux vers le Maroc parce qu’avec le canot dans cet état, il nous était presque impossible de continuer. Nous les supplions qu’ils regardent nos enfants et nos bébés », témoigne encore Campos. Les yeux éplorés et innocents des enfants n’ont eu aucun effet sur le gradé marocain qui « a pris le couteau des mains du soldat et a donné quatre coups en différents endroits du canot, qui a coulé en quelques secondes. Tout le monde s’est mis à crier et à pleurer », rapporte El Pais. Une autre vedette marocaine est venue après secourir les naufragés, alors que rapportent des témoins, « les soldats se disputaient sur la première vedette ». 

Le Maroc a voulu étouffer cette tragédie en transportant les survivants près des frontières algériennes. « Les survivants ont été transportés rapidement par les militaires marocains à Oujda, près de la frontière algérienne, dans l’intention de les obliger à rentrer en Algérie, comme ils l’ont déjà fait avec des milliers d’immigrants subsahariens », précise El Pais.
Légende : Photo de Juan Medina, Grand Prix 2005 Care International du reportage humanitaire dans le cadre du Visa pour l’image de Perpignan


jeudi 26 janvier 2012

Retour sur les évènements du 18 janvier


Par Mamfakinch, 25 janvier 2012

 Avertissement : cet article contient des images susceptibles de heurter la sensibilité de certains lecteurs
Le comité médias du «groupe des cadres supérieurs exclus du PV de 20 juillet» a diffusé la vidéo entière de l’immolation par le feu des diplômés chômeurs le 18 janvier dernier. Abdelwahab Zeidoun, 27 ans, est décédé aujourd’hui suite à cette immolation.

Le 5 janvier dernier un groupe des diplômés chômeurs appelé «groupe des cadres supérieurs exclus du PV de 20 juillet» organise un sit-in permanent dans le siège d’une annexe du ministère de l’Education nationale, Quartier des Orangers à Rabat.
Selon le comité médias du groupe, pour tenter de déloger les diplômés-chômeurs du bâtiment, les autorités locales ont empêché la fourniture de la nourriture aux contestataires.

Le 18 Janvier la configuration est la suivante.Le bâtiment est encerclé par les forces de l’ordre


Aux pieds du bâtiment quelqu’un a déposé du pain à destination des diplômés –chômeurs :

Sur le toit du bâtiment du ministère des diplômés se préparent à aller chercher le pain.
 
Selon le comité médias du groupe « trois cadres, parmi ceux qui sont en sit-in, ont alerté les autorités policières de ne pas s’approcher d’eux et les laisser récupérer la nourriture sinon ils s’immoleront » . Puis ils s’aspergent d’essence.
Les diplômés-chômeurs sautent de l’Immeuble pour aller chercher le pain. Ils sont accueillis par les matraques des forces de l’ordre
Le feu a pris au corps d’un premier diplômé-chômeur
Abdelwahab Zeidoun  essaye de sauver son ami et éteindre le feu, oubliant que lui-même s’est  aspergé une minute plus tôt
Il est à son tour pris par le feu:

Pendant que les autres diplômés essaient de sauver leurs deux collègues, certains éléments de force de l’ordre continuent leur basse besogne
Adelwahab Zeidoun est décédé mardi 24 janvier vers 5 heures des suites de ses blessures.
Vidéo des évènements du 18 janvier : http://youtu.be/MIOZ5x9phyg